Néachronical, Tome 1: Memento mori de Jean Vigne

 

 

Néachronical, Tome 1: Memento Mori de Jean Vigne,

Publié aux éditions du Chat Noir,

2014, 301 pages.

 

 

 

Après avoir fait le mur pour aller à un rendez-vous nocturne, Néa, 15 ans, se réveille à demi-embourbée dans les marais locaux. Sur le chemin du retour, l’esprit embrumé, elle tente de rassembler des souvenirs qui lui échappent. D’autant plus qu’une fois chez elle, ses parents, sous le choc, lui apprennent que son absence a en fait duré plus de cinq ans.
C’est désormais une jeune femme qui doit reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, c’est à dire au lycée. Seulement, le fossé avec ses camarades se creusent de jour en jour, pas seulement à cause de l’âge, mais également parce qu’une série d’événements inexplicables la rend différente du lycéen lambda. Et du genre humain…

Maintenant, Néa n’a plus qu’une idée en tête : retrouver la mémoire afin de comprendre ce qu’il lui arrive.

Je continue à dépoussiérer ma PAL avec ce titre qu’un collègue m’avait gentiment ramené dédicacé des Aventuriales de Ménétrol l’année passée. J’avais lu la chronique du Bazar de la littérature qui m’avait donné envie de lire ce roman. Puis je l’ai oublié!! Quelle erreur! Cela faisait bien longtemps qu’un roman fantasy ne m’avait pas autant emportée. Je l’ai adoré d’un bout à l’autre et moi qui ne suis pas friande de saga, me voilà à lorgner sur le tome suivant.

 Le tome 1 de Néachronical c’est d’abord une couverture qui en jette. On y voit l’héroïne Néa en compagnie de charmantes bêbêtes mais c’est surtout la mouche et le sous-titre qui m’ont interpellée. Jean Vigne, à travers cette couverture, nous donne des indices sur son intrigue et pas des moindres. En effet, la mouche a longtemps été un symbole de vanité au même titre que le crâne ou le miroir dans les natures mortes. Le sous-titre memento mori indique aussi cette fugacité du temps qui passe à travers cette expression bien connue du « souviens-toi que tu vas mourir ». Parce qu’en effet, mourir, il va en être pas mal question dans ce premier tome.

L’intrigue débute avec Néa, 15 ans, tête à claque et rebelle à tout. A la suite d’une punition parentale, Néa a la bonne idée de faire le mur. Elle se réveille dans un marais, entourée de toutes sortes de bestioles. Lorsqu’elle frappe à la porte de chez elle, elle a le choc de constater que ça ne fait pas qu’une nuit qu’elle a disparu mais cinq ans! Où a-t-elle été tout ce temps? Qu’a-t-elle fait? Néa ne se souvient plus de rien. Avec cette héroïne, Jean Vigne frappe fort. Bizarrement, j’ai beaucoup aimé Néa. D’habitude je déteste les héroïnes vulgaires, trop sûre d’elle et tête brûlée. Ici j’ai aimé le caractère bien trempé de Néa. Certes, elle dit pas mal de grossièretés mais je ne sais pas pourquoi, j’ai trouvé que cela fonctionnait bien avec le personnage et qu’elle n’en faisait pas des tonnes. Néa a 15 ans lorsqu’on la voit au début du roman. Cette rébellion adolescente m’a plu parce qu’elle m’a paru tout à fait normale et banale. Finalement, moi aussi j’ai été un peu Néa au cours de ma vie.

Quand elle réapparaît cinq ans plus tard, Néa n’a plus 15 ans mais presque 21. Elle va réintégrer une vie normale dans la maison de ses parents et au lycée. C’est assez drôle, car elle apparaît comme une grand gigue au milieu d’ados de seconde. Elle a un regard assez distancé sur ses camarades et sans le vouloir, elle va mener la zizanie.

Peu à peu l’intrigue va se corser. D’abord Néa est revenue mais elle est différente. Elle va s’apercevoir bien malgré elle qu’elle est dotée d’étranges pouvoirs qui font plutôt flipper. Ces pouvoirs concernent les animaux mais ils sont aussi en étroit rapport avec la mort. Néa doit ainsi composer avec sa nouvelle vie mais aussi sa nouvelle identité.

Alors que le roman se tourne résolument du côté de la fantasy, Jean Vigne a eu l’intelligence d’y ajouter un (gros) soupçon de thriller. Une étrange organisation semble avoir été à la base de l’enlèvement de Néa et continue de perpétuer ses actes. Avec à sa tête le beau mais sadique Bezan, l’auteur ne dit jamais vraiment clairement en quoi consiste cette fameuse organisation. Certaines scènes mettent mal à l’aise et nous laisse imaginer le pire. Néa va plus ou moins enquêter sur ces criminels et ce qu’elle va découvrir sur son propre passé fait froid dans le dos.

Le seul bémol que j’aurais serait à porter sur les sentiments de Néa. Elle va être confrontée à des événements tragiques dans son entourage et je trouve que la manière dont ils sont rapportés sont un peu « light » à mon goût. Alors, je sais, tout s’explique par la nouvelle identité de Néa mais je pense que l’auteur aurait pu insister sur les « sentiments » du personnage. La fin du roman laisse encore pas mal de questions en suspens et j’espère que la suite de la saga pourra m’éclairer.

Avec ce premier tome de Néachronical, j’ai été agréablement surprise et emballée. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Néa. L’univers de Jean Vigne ne m’a pas laissée indifférente. Flirtant entre la fantasy et le thriller, Jean Vigne nous livre ici un roman fort à la suite prometteuse.

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7 réflexions sur “Néachronical, Tome 1: Memento mori de Jean Vigne

  1. Pingback: Néachronical, Tome 2: Post mortem de Jean Vigne | Carolivre

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