La dernière expérience de Annelie Wendeberg

 

 

La Dernière expérience de Annelie Wendeberg,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 298 pages.

 

 

Après une première enquête menée avec Sherlock Holmes (voir Le Diable de la Tamise), Anna Kronberg s’est retirée dans son cottage du Sussex. La jeune femme médecin pensait qu’elle et son célèbre coéquipier étaient parvenus à annihiler une organisation secrète qui expérimentait des bactéries pour en faire des armes de guerre. Mais le professeur Moriarty, véritable dirigeant de l’organisation, a survécu.
Et il a décidé d’utiliser Anna pour entamer des recherches sur la peste… Pour arriver à ses fins, Moriarty kidnappe Anna ainsi que son père. Si la jeune femme veut revoir ce dernier en vie, elle devra obéir. Vivant désormais sous haute surveillance entre la demeure luxueuse de son geôlier à Londres et un entrepôt où elle réalise ses expériences, Anna tente de trouver un moyen pour prendre contact avec Holmes.
Alors qu’elle fomente le meurtre de Moriarty, une relation ambiguë s’instaure avec cet homme violent, manipulateur et effrayant.

Merci aux éditions Presses de la Cité pour l’envoi de ce roman en avant première que j’ai dévoré! La Dernière expérience est la suite des aventures de Anna Kronberg dont le premier tome s’intitulait Le Diable de la Tamise. C’est dans ce premier tome qu’Anna faisait la connaissance de Sherlock Holmes et qu’à eux-deux ils formaient un duo d’enquêteurs. Je n’ai pas lu ce premier tome pour ma part. J’ai donc été un peu déconcertée au début de ma lecture car l’auteur nous plonge dans le roman in media res autrement dit, elle ne revient pas sur ce qu’il s’est passé dans le livre précédent. On découvre donc une Anna en bien mauvaise posture puisqu’elle est ligotée pieds et poings liés et qu’elle risque d’y passer à tout moment!

Bien heureusement, l’auteur glisse suffisamment d’indices pour que son lecteur novice s’y retrouve donc si vous êtes dans mon cas, pas d’inquiétude, vous pouvez vous plonger dans ce deuxième tome sans avoir lu le premier.

On découvre donc Anna Kronberg, une jeune allemande, médecin et bactériologiste de surcroît, aux mains de Moriarty, l’ennemi suprême de Sherlock. Et si Moriarty a besoin d’Anna, c’est qu’il a une bonne raison: il veut qu’elle mette au point une arme bactériologique. C’est donc toujours la même rengaine: devenir le maître du monde et s’en mettre plein les poches. Oui mais voilà, Anna n’est pas vraiment d’accord. Moriarty va alors lui faire du chantage – plutôt odieux- et la belle va devoir se mettre au boulot.

La Dernière expérience plonge donc le lecteur au cœur de la demeure de James Moriarty. Sherlock n’apparaît que très tardivement et l’intrigue se concentre surtout sur Anna. Il n’y a pas véritablement d’enquête ici. Anna va devoir obéir à Moriarty et le lecteur va assister à un étrange ballet entre ces deux personnages. En effet, l’auteur a concentré son roman sur la relation vénéneuse Moriarty/Anna. Tous les deux vont jouer à un jeu dangereux. Ce sont d’abord deux esprits brillants: Moriarty est un génie; Anna l’est tout autant. L’auteur insiste sur la position d’Anna peu commune à l’époque. C’est une femme intelligente qui plus est médecin et Moriarty n’a pas vraiment l’habitude de ce cas de figure et de ce type d’adversaire. Ils vont se jauger, se confronter, s’affronter pour finalement se séduire. Et c’est là que le roman est véritablement intéressant. Moriarty peut-il éprouver des sentiments? Anna a-t-elle le droit de jouer avec lui ou est-elle sincère? Qui ment? Qui dit la vérité? J’ai adoré observer ces deux fauves jetés ensemble dans la même cage. Tout au long du roman, les personnages se livrent au jeu du chat et de la souris et c’est avec délectation que le lecteur s’en repaît.

Outre ce pas de deux exécuté par nos personnages avec brio, j’ai découvert beaucoup de choses sur les armes bactériologiques. L’auteur s’est bien documentée et truffe son récit d’anecdotes scientifiques très intéressantes sur la manière de faire la guerre à son voisin à distance. J’ai vraiment beaucoup aimé cet aspect documentaire.

J’ai dit un peu plus haut que Sherlock arrivait tard mais cela ne m’a pas dérangée. Son personnage n’est pour une fois qu’un faire-valoir par rapport à Anna, la véritable héroïne du roman. En tout cas, l’auteur en fait un portrait très drôle. Sherlock est le roi de la réplique et du costume!

Avec La dernière expérience, Annelie Wendeberg réussit son pari en campant une héroïne intéressante. Elle livre sans srcupule ses personnages à un jeu dangereux presque pervers qui ravira le lecteur. Un roman placé sous le signe de Sherlock Holmes et qui sort des sentiers battus.

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3 réflexions sur “La dernière expérience de Annelie Wendeberg

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