Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Matha Hall Kelly

 

 

 

Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly,

Publié aux éditions Charleston,

2018, 574 pages.

 

 

 

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé. De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, laisse de côté son enfance pour travailler dans la résistance et faire passer des messages. Mais la moindre erreur peut être fatale. Pour l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre d’enfin montrer toutes
ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes…
La vie de ses trois femmes va se retrouver liée à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Ne vous y trompez pas, Le Lilas ne refleurit bien qu’après un hiver rigoureux a beau être un titre long, il n’a rien à voir avec tous ces romans guimauves aux titres infinis. Le livre de Martha Hall Kelly est une pure merveille, un récit poignant et émouvant qui restera gravé longtemps dans ma mémoire parce qu’il fait écho à un passé douloureux mais aussi à ma propre histoire familiale.

Martha Hall Kelly choisit de raconter trois histoires de femmes dans trois pays différents et dans trois positions sociales diverses. En Amérique, à New-York, il y a Caroline Ferriday, riche héritière, qui œuvre pour les orphelins français. La main sur le cœur, elle est prête à tout pour lever des fonds et venir en aide aux plus démunis. En Pologne, Kasia, jeune fille de seize ans, assiste à l’envahissement de son pays par les nazis. Elle s’enrôle dans la résistance mais se fait rapidement arrêtée avec sa mère et sa sœur. Elle seront déportées à Ravensbrück, un camp de rééducation pour femmes. En Allemagne, Herta fait partie des jeunesses hitlériennes. Elle hait les juifs et les polonais. Médecin, la jeune femme va exercer « son art » à Ravensbrück.

A partir de ces trois destins, l’auteur plonge son lecteur dans la tourmente, en plein cœur de la seconde guerre mondiale avec un point de vue exclusivement féminin. On avance, on chemine petit à petit aux côtés de Caroline; on hait Herta; on pleure pour Kasia et les siennes.

L’histoire qui m’a le plus touchée est celle de Kasia bien sûr. Résistante polonaise, elle est envoyée à Ravensbrück, camp situé en Allemagne du Nord. Là-bas, elle va subir les intimidations, la peur, la faim, les appels sans fin à quatre heure du matin mais pire encore, elle va servir de cobaye aux médecins allemands. Le récit de Kasia est glaçant et pourtant tellement réaliste! L’auteur s’est énormément documentée pour raconter le calvaire des femmes emprisonnées à Ravensbrück. Ma propre grand-mère y a été déportée. Comme dans le roman, elle m’a racontée les appels interminables, le tri à l’arrivée du train, le souffle des bergers allemands sur les mollets des femmes, la faim et la maladie qui en ont emporté plus d’une! Ces pages sont tellement atroces. On ressent toute la souffrance et la détresse de Kasia et des siennes.

A côté de cela, l’histoire d’Herta apparaît comme glaçante et terrifiante. Convaincue du bien-fondé du parti nazi, Herta devient cruelle presque insensible. Elle ne considère pas les prisonnières comme des femmes mais comme de possibles cobayes sur lesquels elle peut se livrer à des expériences terribles. On ne peut que haïr ce personnage dont l’armure se fend pourtant un peu aux côtés d’Halinna. Savoir qu’elle a réellement existé et qu’elle a pu terminer sa vie assez paisiblement ne peut que révolter le lecteur.

Enfin l’histoire de Caroline est poignante bien que plus lointaine. C’est elle qui s’avèrera être le noeud de l’histoire, celle qui permettra de relier tous les fils de l’histoire. Elle mène un combat incroyable pour les orphelins français, n’hésitant pas à franchir les océans pour la bonne cause. Femme moderne pour son époque, elle marque les esprits par sa répartie et son courage hors du commun.

Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux est un coup de cœur pour moi. Ce livre plein d’humanité m’a émue aux larmes et restera longtemps gravé dans ma mémoire!

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3 réflexions sur “Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Matha Hall Kelly

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