Né d’aucune femme de Franck Bouysse

 

 

Né d’aucune femme de Franck Bouysse,

Publié aux éditions Le Livre de Poche,

2020, 332 pages.

  « Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile ». – Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandais-je. – Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. – De quoi parlez-vous ? – Les cahiers… Ceux de Rose. Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Comme souvent, j’arrive après la bataille mais que voulez-vous, j’attends que l’engouement retombe autour d’un livre pour m’en faire ma propre opinion! Quel roman que celui-ci! Franck Bouysse nous livre ici une histoire d’amour et de mort. J’ai frissonné, suffoqué aux côtés de Rose. Quelle puissance d’évocation!

Les premiers chapitres du roman nous mettent en présence du Père Gabriel. Lors d’une confession, une femme lui demande d’aller bénir au plus vite le corps d’une femme à l’asile. Rien d’extraordinaire à cela si ce n’est qu’il doit récupérer au passage des cahiers, ceux d’une certaine Rose, cachée sous la robe de la défunte. Gabriel va alors découvrir l’histoire de Rose jusqu’à la terrible vérité.

Franck Bouysse réussit à nous faire lire un roman tel qu’on en voit peu. Il m’a été impossible pour moi de lâcher ce roman d’une rudesse implacable. On voit le piège se refermer autour de Rose, on l’accompagne dans ce manoir aux allures de château de conte de fée, le maître a en tout cas l’aspect d’un ogre, d’un Barbe-bleue terrifiant. En lisant ce livre, je ressentais l’atmosphère pesante, le regard de « la vieille » sur Rose, la violence prête à exploser à tout moment. J’étais oppressée et fascinée par cette chute à laquelle Rose ne peut échapper, telle une souris prise au piège.

La prose de Franck Bouysse est d’une beauté infinie. Il convoque parfois des images solaires qui mettent en avant l’amour d’un père pour une fille, celui d’une mère qui n’a pas su protéger ses enfants ou encore celui d’un homme, brisé, qui ne saisit pas l’opportunité de ne plus être lâche. Il y a de la beauté dans la misère et la crasse. Ses mots remue jusqu’au fond de l’âme.

« Né d’aucune femme » est un roman époustouflant qui restera longtemps gravé en moi.

2 réflexions sur “Né d’aucune femme de Franck Bouysse

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