Département V, Tome 4: Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen

 

 

 

Département V, Tome 4: Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen,

Publié au Livre de Poche,

2016, 665 pages.

 

A la fin des années 80, quatre personnes disparaissent mystérieusement en l’espace de quelques jours. Jamais élucidée, l’affaire se retrouve sur le bureau du Département V. Carl Morck et ses improbables assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent pas à remonter jusqu’aux années 50 où s’ouvre un sombre chapitre de l’histoire danoise : sur la petite île de Sprögo, des femmes sont internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad, obsédé par l’idée d’un peuple  » pur « .
Plongé dans une terrible histoire de vengeance, Mørck enquête cette fois dans le milieu politique opaque d’une société danoise où l’influence des extrêmes se fait sentir. Jussi Adler-Olsen se surpasse en entremêlant passé et présent d’une main de maître, sans renoncer à son humour plus acéré que jamais.

Les enquêtes du Département V sont toujours la promesse de passer un moment très intéressant aux côtés de personnages hors du commun. J’avais adoré les trois premiers tomes de cette saga qui met à l’honneur des policiers danois.

Le département V c’est un secteur un peu spécial de la police danoise. Carl et son équipe, Rose et Assad, s’occupent des « cold case ». Il s’agit de rouvrir de vieilles enquêtes qui n’ont jamais abouties. Avec cette quatrième enquête, les policiers sont servis! Entre parti d’extrême-droite, eugénisme et stérilisation forcée de femmes, Carl et ses ses assistants mettent le pied dans une machination diabolique dont les racines remontent aux années 50.

Jussi Adler-Olsen nous offre ici une très bonne enquête. Il s’est basé sur l’existence réelle d’un camp d’internement pour femmes, sur l’île de Sprögo. Là-bas, les femmes considérées comme asociales ou de mauvaise vie, sont internées de force puis stérilisées. Au cœur de cette organisation bien rôdée: Curt Wad, une sorte de néo-nazi qui décide d’épurer la société danoise. Il y a ici des relents de nazisme qui font peur et qui prennent le lecteur aux tripes.

L’intrigue navigue entre l’enquête menée par Carl et ses assistants et le passé d’une certaine Nete, elle-même internée de force à Sprögo. C’est toujours aussi dynamique. On ne s’ennuie pas une seule seconde malgré les 665 pages du roman. Menée tambour battant, l’intrigue nous fait pénétrer au cœur d’un monde devenu fou dans lequel les médecins se prennent pour Dieu, décidant de vie ou de mort. Et ce qui est toujours intéressant, c’est de voir que le lecteur a toutes les réponses en main: il regarde simplement comment Carl parvient à faire la lumière sur le passé et j’apprécie toujours beaucoup ce genre de livre.

Si la fin apparaît un peu alambiquée, Dossier 64 reste un thriller très efficace qui prend aux tripes: le genre de roman impossible de lâcher avant la fin!

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L’unité Alphabet de Jussi Adler Olsen

 

 

 

L’Unité Alphabet de Jussi Adler Olsen,

Publié aux éditions Albin Michel,

2018, 640 pages.

 

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

J’ai repéré ce roman sur la chaîne de Pikiti Bouquine. Je connais déjà cet auteur grâce à sa série du Département V que j’apprécie beaucoup. Avec L’unité Alphabet, Jussi Adler Olsen place son intrigue pendant la seconde guerre mondiale et nous dévoile un pan de l’histoire nazie bien sombre.

Seconde guerre mondiale. Bryan et James sont deux pilotes de la RAF. En reconnaissance au-dessus de l’Allemagne, leur avion est abattu. Pour échapper à la milice nazie, ils sautent dans un train sanitaire de la croix rouge qui traverse une vaste plaine enneigée. Dans les wagons successifs, les deux anglais sont d’abord intrigués puis horrifiés par ce qu’ils voient. Des hauts dignitaires de l’armée allemande sont hospitalisés. Ils sont inconscients ou ont l’air hagard. Que leur est-il arrivé? James et Bryan n’ont pas d’autre choix que de prendre la place de deux d’entre eux….

1972: Bryan a pu s’échapper de l’hôpital nazi dans lequel il séjournait mais il a laissé derrière lui James. Décidé à le retrouver, il retourne sur les lieux de leur internement en Allemagne…

La première partie du roman se déroule donc en 1944. Les premières pages sont tout simplement haletantes car on suit Bryan et James qui tentent de survivre et qui vont se faire passer pour des malades mentaux allemands afin d’échapper à la mort. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils vont faire partie d’un programme baptisé Unité Alphabet. Jussi Adler Olsen nous fait découvrir une partie bien sombre de l’histoire nazie: le traitement infligé aux malades mentaux. La description des traitements infligés est terrible: électrochocs, douches glacées, coups. Et encore! Bryan et James sont considérés comme des dignitaires allemands. Ils ne sont pas condamnés à mort comme d’autres milliers de simples soldats.

Ce qui est intéressant dans cette première partie, c’est de voir que nos deux personnages ne sont pas les seuls simulateurs de l’hôpital dans lequel ils sont internés. Au fur et à mesure, les menteurs sont démasqués. Beaucoup de soldats nazis, voyant la défaite s’approcher à grands pas, ont simulé la maladie mentale pour échapper à la guerre. Il n’y a aucune pitié pour les simulateurs qui sont fusillés sans procès. La tension du roman est donc croissante car on suit nos deux anglais qui doivent d’abord être crédibles dans leur rôle de fou et qui doivent ensuite chercher un moyen de s’évader de cette prison.

Le seul bémol que je reprocherais à cette partie c’est qu’il y a pas mal de longueurs. L’intrigue avance lentement et on assiste souvent aux mêmes scène avec cette impression de tourner en rond.

La seconde partie du roman est consacrée à Bryan, en 1972. Il a réussi à s’évader. Rongé par le remord, il décide de retourner en Allemagne pour tenter de retrouver James. Là-bas, il va devoir affronter ses anciens bourreaux car il n’est pas le seul à s’être évadé de l’hôpital militaire…

Cette partie est clairement plus dynamique. On assiste à un jeu du chat et de la souris entre Bryan et ses anciens bourreaux. Bryan cherche à savoir ce qu’il s’est passé 30 ans plus tôt et il ne sait pas encore qu’il va risquer sa vie à force de poser des questions embarrassantes. Il y a beaucoup moins de temps mort dans cette partie. Bryan mène son enquête avec les moyens du bord et il va se heurter à la violence de trois hommes bien décidés à conserver la liberté qu’ils ont chèrement acquise. J’ai peut-être davantage aimé cette partie de l’intrigue car elle se déroule comme une enquête de police. Qu’est devenu James? Que sont devenus ses anciens bourreaux? De filatures en recherches d’indices, Bryan va se heurter à un passé au goût bien amer.

L’unité Alphabet n’est pas un coup de cœur pour moi mais j’ai tout de même beaucoup aimé ce roman bien ficelé qui oscille entre le thriller et le roman historique.

Helena de Jérémy Fel

 

 

 

Helena de Jeremy Fel,

Publié aux éditions Rivages,

2018, 732 pages.

 

Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.
Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial.
Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire.
Et il y a Helena…

J’ai commencé Helena la veille d’Halloween, histoire de me mettre dans l’ambiance. Je n’ai pas été déçue un seul instant tant cette histoire m’a prise aux tripes même si j’ai senti le soufflé quelque peu retomber. Il faut dire que tenir le rythme sur 730 pages n’est pas donné à tous les auteurs. Jérémy Fel en a fait le pari et le remporte presque haut la main.

Jérémy Fel plonge son lecteur en plein cœur du Kansas, dans des villes paumées, dans une Amérique faite de champ de blé et de silos qui ne fait pas beaucoup rêver. Il nous fait côtoyer ses personnages: il y a Hayley, la fille branchée du lycée; Norma, la mère célibataire qui élève seule ses trois enfants, rêvant de faire de la dernière une mini-miss; Graham, le fils aîné de Norma, le beau gosse qui réussit tout; et enfin Tommy, le second fils de Norma, le tordu, le mal-aimé, le vicieux, celui qui torture les animaux, psychopathe asocial en puissance.

Les chapitres s’alternent, tournant autour de ces quatre personnages dont la vie va se fissurer peu à peu. Alors qu’elle part rejoindre sa tante, Hayley tombe en panne au milieu de nulle part. Secourue par Norma, elle reste dormir chez son hôte mais bientôt sa nuit se transforme en cauchemar. La peur s’installe alors chez le lecteur avec l’angoisse et la nausée qui montent petit à petit….

A partir d’une intrigue somme toute simple, Jérémy Fel déploie un univers qui part complètement en morceaux, qui éclate de tous les côtés. Les personnages se révèlent violents, menteurs, torturés. Les clichés sont démontés et explosés les uns à la suite des autres pour nous livrer un récit qui va à cent à l’heure avec une tension toujours plus grande et des pages qui se tournent sans que l’on s’en rende compte.

Au-delà ce cette histoire tortueuse et brutale, Jérémy Fel pose les questions de la paternité et de la maternité. Jusqu’où peut-on aller pour sauver son enfant? Quelles conséquences ont les actes des parents sur la vie de leur enfants? Même si je trouve que ce sont les mères qui portent un peu trop le chapeau dans ce roman, Jérémy Fel démontre avec brio comment faire d’un enfant un vrai psychopathe.

Alors j’ai bien une chose à reprocher à l’auteur sans quoi l’histoire aurait été impeccable. Les 730 pages sont un peu longues dans le sens où il arrive énormément de choses aux personnages notamment à Tommy, ce qui m’a un peu lassée au final. En outre, j’en attendais beaucoup de cette « Helena » mentionnée dans la quatrième de couverture. L’éditeur n’aurait pas dû en faire mention car ce personnage arrive en toute fin de récit et la révélation tant attendue n’a pas vraiment lieu!

Avec un rythme soutenu, des personnages terriblement violents et une histoire brutale, Helena m’a laissée KO. Un récit rare, comme on en voit peu, à ne pas mettre entre toutes les mains…

Club Dumas d’Arturo Pérez-Reverte

 

 

 

Club Dumas d’Arturo Pérez-Reverte,

Publié aux éditions Le Livre de poche,

448 pages, 1999.

 

Lucas Corso est un détective d’un genre particulier, il est chasseur de livre. Il se voit confier deux missions : d’une part authentifier un manuscrit des ‘Trois mousquetaires’, comme étant de la main même de Dumas, de l’autre, enquêter sur un mystérieux livre de sorcellerie italien du XVe siècle. Sur son chemin, les cadavres s’amoncellent, une mystérieuse jeune femme le protège, des personnages échappés des romans de Dumas l’espionnent. Entre Tolède et Paris, le diable semble mener la danse…

Comme beaucoup, j’ai vu l’adaptation (assez mauvaise) de ce roman sous le titre La Neuvième porte. J’avais envie de me plonger dans le roman initial afin de me faire un avis plus tranché. Je peux dire que le livre n’a presque rien voir avec l’adaptation et j’ai passé un excellent moment de lecture.

A Madrid, Lucas Corso est un libraire un peu particulier. Il « chasse » les livres rares et précieux pour ses clients. Un jour, on lui demande d’authentifier un livre du XVème siècle dont il ne reste que trois exemplaires. Ce mystérieux livre donnerait la possibilité d’invoquer le diable. Lucas Corso se met en quête des fameux exemplaires tandis que les cadavres jonchent son chemin.

Dès le début du roman, l’auteur nous met dans une ambiance secrète, crépusculaire. Mythe ou réalité? Avec cette histoire de diable, le lecteur ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Lucas Corso est comme nous. Il ne croit d’abord pas à cette histoire diabolique. Il cherche des livres à comparer, un point c’est tout. Pourtant petit à petit, ce qui était au départ une enquête érudite glisse vers le thriller, avec des morts à gogo.

L’auteur fait mener de front deux enquêtes à son personnage pour mieux nous berner. Au fur et à mesure, on se plaît à penser que le livre recherché est peut-être bien diabolique. C’est en tout cas passionnant d’un bout à l’autre et j’ai vraiment eu du mal à m’arrêter de lire tellement je souhaitais connaître le fin mot de l’histoire.

Il faut parfois s’accrocher car le roman possède des passages très techniques qui intéresseront les plus bibliophiles d’entre vous mais l’intrigue ne faiblit à aucun moment et devient pesante à l’image du sac de Lucas qu’il traîne, tentant d’échapper à la mort.

Club Dumas est sans conteste un excellent roman que je recommande. Arturo Pérez-Reverte nous entraîne sur les traces du diable dans un rythme effréné.

Long Island de Christopher Bollen

 

 

 

Long Island de Christopher Bollen,

Publié aux éditions Points,

768 pages, 2018.

 

 

Orient, petite bourgade idyllique à la pointe de Long Island, est un lieu sublime à la nature sauvage. L’été, au grand dam des locaux, elle est néanmoins envahie de New-Yorkais fortunés. Paul, un architecte quinquagénaire propriétaire d’une immense villa, vient y passer ses vacances accompagné de Mills, un jeune fugueur pour qui il s’est pris d’affection.
C’est alors que de sombres événements viennent chahuter la sérénité d’Orient : le corps d’un résident est retrouvé dans la baie, puis un mystérieux incendie fait des ravages… Dans ce huis clos inquiétant où la psychose se propage, tous les regards se braquent aussitôt sur le seul « outsider » : Mills. Beth, une autochtone de retour de Manhattan après y avoir échoué en tant qu’artiste, va tenter de découvrir la vérité avant que les habitants ne fassent du jeune intrus le coupable idéal.

Long Island est un sacré pavé auquel je me suis attaquée consciencieusement. Dans la même veine que les romans de Joël Dicker, Christopher Bollen nous plonge à Orient, charmante petite bourgade de la côte est des États-Unis, à une heure de route à peine de New-York.

On y découvre Mills, jeune homme perdu, orphelin, drogué, recueilli par Paul qui l’emmène à Orient pour l’éloigner de New-York et de ses tentations. En échange, Mills devra s’acquitter de menus travaux dans la vieille maison de Paul. Mais l’arrivée à Orient se fait remarquer. On y tolère déjà tout juste les résidents saisonniers; on n’y supporte pas la présence de Mills, cet étranger qui risque de corrompre la communauté comme s’il traînait dans son sillage tous les péchés du monde. Et puis, il y a ce premier mort: l’homme à tout faire d’Orient, Jeff Trader, est retrouvé noyé. Accident ou meurtre? Beth, la voisine de Paul, va mener l’enquête avec Mills tandis que les morts s’enchaînent.

Ce roman de 760 pages vous plongera donc au cœur d’Orient, cette parfaite petite bourgade où tout le monde vit en harmonie, où tous se connaissent jusqu’à ce qu’un élément extérieur vienne perturber ce bel équilibre. Christopher Bollen prend son temps pour immerger le lecteur au sein d’une petite communauté. On comprend vite les rancœurs, les jalousies, les tromperies que cachent les belles façades des maisons anciennes. Le lecteur pénètre dans l’intimité de cette micro-communauté et observe les travers des personnages.

Et puis tout s’emballe. Les morts se collectionnent comme les timbres-poste. Tout porte à croire que ce Mills, cet étranger, est porteur de tous les problèmes. On tombe doucement dans le thriller, sans vraiment s’en rendre compte. L’auteur parvient à nous instiller une dose de suspens incroyable car, oui, on veut savoir qui est derrière tout ça! Mills ou pas Mills? J’ai dévoré la deuxième moitié du roman qui m’a passionnée.

Long Island est le genre de bon gros pavé idéal pour les vacances, histoire que vous ne quittiez pas d’un poil votre serviette sur la plage!

Le village de Dan Smith

 

 

 

Le Village de Dan Smith,

Publié aux éditions du Cherche Midi,

2014, 462 pages.

 

 

Hiver 1930. Vyriv, un petit village isolé de l’ouest de l’Ukraine.

Dans la steppe enneigée, Luka, vétéran de la guerre de Crimée, recueille un homme inconscient. Dans son traîneau, deux corps d’enfants atrocement mutilés.

Lorsque Luka revient au village, les habitants s’affolent. Avec l’arrivée au pouvoir de Staline, la paranoïa règne…

Quand une fillette du village disparaît, Luka promet solennellement de la retrouver.

À travers les étendues gelées de cette région hostile déchirée par la guerre, où la survie est un souci de chaque instant, il se lance alors à la poursuite d’un prédateur particulièrement retors.

Attention! Gros coup de cœur pour ce thriller. Le Village est un roman qui vous happe dès les premières lignes et qu’il est bien difficile de lâcher.

Nous sommes en 1930, quelque part en Ukraine, dans un petit village bien isolé baptisé Vyriv. C’est l’hiver. Il fait froid, la neige recouvre tout. Luka et ses deux fils, Petro et Viktor, sont partis chasser. Soudain, Luka aperçoit une forme au loin. S’agit-il d’un envoyé de la Guépéou, venu mettre à sac le village? Ce n’est qu’un traîneau tiré par un homme à bout de force, au bord de la mort. Mais ce que découvre Luka et ses fils est terrifiant: l’homme transporte deux enfants, morts et atrocement mutilés! Qui est cet homme? Est-ce lui qui a causé la mort des deux enfants?

Luka décide de ramener l’homme chez lui mais bientôt les habitants du village s’affolent et l’accusent d’abriter un tueur d’enfants. Quand Dariya, une fillette du village disparaît, Luka décide de s’élancer à sa recherche…

Difficile de vous parler de ce roman sans trop vous en dévoiler. Sachez qu’une fois le nez dedans, vous aurez du mal à en décoller. Les cent premières pages nous plongent au cœur d’un petit village, complètement isolé, coupé du monde et qui cherche à se faire oublier des communistes qui viennent rafler les hommes pour les mettre dans les camps de travaux forcés. Aussi quand Luka ramène un étranger, chaque villageois prend peur. A partir de là, l’intrigue s’emballe complètement. Luka tente de défendre son point de vue et veut savoir qui est cet homme agonisant qu’il a recueilli mais les villageois sont d’un autre avis.

Je ne m’attendais pas du tout au tour pris par les événements. L’auteur nous entraîne dans une première direction puis une toute autre avec la traque du voleur d’enfant. Luka, avec ses fils, s’élance en plein cœur de l’hiver russe pour traquer un monstre. De chasseurs, ils deviennent bientôt les proies. Les situations se renversent totalement. Il y a une telle tension dans ces pages. Le lecteur est aux côtés de Luka, écoutant chaque bruit de la steppe, épiant chaque mouvement. Le suspens est au rendez-vous à chaque ligne, chaque page. J’ai rarement ressenti cette atmosphère de traque comme cela!

Dan Smith se renouvelle à chaque fois dans son intrigue et nous emmène là où l’on ne s’y attendait pas du tout. L’intrigue ne s’essouffle à aucun moment. Plus Luka avance dans sa traque, plus il pénètre dans l’obscurité et la violence la plus totale, laissant son lecteur sur le carreau.

Le Village est assurément un grand thriller qui entraîne le lecteur aux portes de l’enfer. Brillant!

La perfection du crime de Helen Fields

 

 

 

La Perfection du crime d’Helen Fields,

Publié aux éditions Marabout,

2018, 364 pages.

Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d’identifier les restes carbonisés de l’avocate Elaine Buxton. Dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d’Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir.
L’inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l’affaire de la disparition d’Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Bientôt, une autre jeune femme disparaît, et Callanach se trouve embarqué dans une course contre la montre. Du moins le pense-t-il…
Le véritable sort des deux femmes se révélera être bien plus terrible tout ce qu’il pourrait imaginer.

La Perfection du crime est arrivé entre mes mains un peu par hasard puisque je l’ai reçu gentiment dans ma BAL grâce aux éditions Marabout (que je remercie d’ailleurs pour la surprise). C’est toujours sympa de recevoir des livres, encore plus quand ils sont intéressants et captivants.

La Perfection du crime est un roman qui tient à la fois du roman policier classique mais aussi du thriller. Ce qui est intéressant dans ce livre et qui ne plaira peut-être pas à tous d’ailleurs, c’est que l’on connaît dès le départ l’identité du tueur et son modus operandi. Je crois que c’était Simenon qui disait qu’on reconnait un bon roman policier au fait que l’identité du tueur est sue dès les premières pages du livre et que l’intrigue doit se concentrer sur l’enquête. C’est exactement le cas ici.

Dès le départ, donc, le lecteur sait qui enlève et tue. Les motivations du tueur sont un peu plus mystérieuses cependant. L’histoire se recentre alors sur la manière dont la police va gérer l’affaire et enquêter. Helen Fields introduit alors son personnage principal: Luc Callanach. Il vient d’arriver à Édimbourg et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fait pas l’unanimité. A moitié français et écossais, il est perçu comme un arriviste, un étranger. Luc doit à la fois gérer son intégration au sein de son unité mais aussi cette série de meurtres qui lui tombe dessus. Si le personnage de Luc ne m’a pas tout à fait convaincue (parce qu’il est trop beau et que son passé difficile ne m’a pas vraiment touchée), j’ai aimé le fait qu’il ne soit pas montré justement comme un héros. C’est d’abord le petit frenchy pour ses équipiers, celui qui ne comprend pas toujours l’accent écossais ou les expressions idiomatiques. C’est aussi un personnage parfois arrogant qui peut se tromper et qui a des failles gigantesques.

J’ai aussi aimé la manière dont l’auteur nous raconte cette enquête. Nous, lecteurs, sommes du bon côté puisque nous savons qui est le tueur et comment il opère. Les passages qui le concernent sont d’ailleurs effrayants. On bascule dans la noirceur de l’âme humaine la plus totale. La police, elle, n’a rien, aucune piste, aucun témoin, aucun suspect. En effet, comme l’indique le titre du roman, les crimes commis sont parfaits et ne laissent place à aucun détail oublié. C’est donc très intéressant de voir comment Luc va s’accrocher à la moindre petite intuition qui le conduira enfin sur la bonne piste.

L’intrigue prend donc son temps et il ne faut pas s’attendre à lire un roman haletant dans lequel il se passe quelque chose à chaque page. L’auteur pose les choses et montre comment elles évoluent, un peu comme le ferait une véritable enquête, rendant le tout très crédible.

Avec La Perfection du crime, Helen Fiels signe ici un roman intense et captivant qui prend le lecteur par la main pour l’emmener sur les traces d’un tueur maniaque et minutieux. Diabolique et bien ficelé…