La Femme à la fenêtre de A.J Finn

 

 

La Femme à la fenêtre de A.J Finn,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2018, 528 pages.

Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bétabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russel – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité pour m’avoir permis de découvrir ce très très bon thriller. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman tel que celui-là, capable de m’embarquer tout de suite et surtout de me faire douter.

A.J Finn est un auteur à suivre de près. Dans ce thriller, salué par Stephen King ou encore Gillian Flynn (c’est peu dire!), le lecteur suit Anna. Pédopsychiatre réputée, Anna vit recluse dans sa maison de New-York suite à un traumatisme. Elle a développé un syndrome d’agoraphobie. Séparée de son mari Ed et de sa fille Olivia, Anna vit donc seule dans une immense maison. Elle s’occupe en jouant aux échecs en ligne, en donnant des conseils sur un forum psy et surtout en épiant ses voisins. Cela fait dix mois qu’elle connaît presque tout de leur vie: les clubs de lecture, les enfants qui jouent, les disputes. Mais la belle harmonie d’Anna est brisée le jour où la famille Russel emménage.

A.J Finn montre dès le début de son intrigue la  monotonie de la vie d’Anna. Il ne se passe pas grand chose dans son quotidien. Anna est désespérément seule et isolée d’autant plus qu’elle mélange allégrement vin et médicaments. Elle se traîne bon an mal an dans sa torpeur jusqu’au jour où ses certitudes volent en éclat. Anna pense avoir été le témoin d’un meurtre. Et c’est là où le talent de l’auteur apparaît. Anna n’est pas crédible. Elle est alcoolique, shootée aux bêtabloquants. Qu’a-t-elle réellement vu? Est-elle la proie d’hallucinations, elle qui passe ses journées à regarder des films en noir et blanc? A-t-elle été le témoin d’une scène de meurtre?

A.J Finn est vraiment malin et joue avec nos nerfs. Il sème le doute dans l’esprit du lecteur. Anna est-elle folle? Dit-elle la vérité? Il multiplie les rebondissements qui montrent qu’Anna s’enferme de plus en plus dans le mensonge. Alors qui croire d’autant plus que chaque personnage est soupçonnable.

C’est fin, audacieux, prenant. La paranoïa s’installe de plus en plus jusqu’à l’ultime scène digne d’un film de Hitchcock!

La Femme à la fenêtre mérite amplement l’engouement qu’il suscite. Ce thriller psychologique saura vous embarquer au cœur du mensonge et de la paranoïa la plus pure! Ne passez pas à côté de ce roman, vous ne le regretterez pas.

 

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La dernière confidence d’Hugo Mendoza de Joaquin Camp

 

La Dernière confidence d’Hugo Mendoza de Joaquin Camps,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 652 pages.

 

Malgré les menaces de la mafia russe à qui il doit de l’argent et les accusations de viol formulées à son encontre par l’une de ses étudiantes, le séduisant professeur de littérature Victor Vega accepte une proposition insolite : découvrir pourquoi, chaque 3 décembre, la veuve du célèbre écrivain Hugo Mendoza reçoit sous pli anonyme un nouveau manuscrit de son défunt mari.
Épaulé par Paloma, mathématicienne obèse férue de poésie et d’humour graveleux, Santa Tecla, bonne soeur diplômée en informatique, et une femme à la beauté énigmatique dont il tombe éperdument amoureux, Victor s’engouffre dans une enquête baroque et échevelée, jalonnée de secrets de famille, de trahisons et d’usurpations d’identité.

Merci aux éditions Presses de la Cité pour m’avoir permis de découvrir ce roman qui m’aura tenue en haleine une semaine. Pour un premier roman, Joaquin Camps s’en sort très très bien. Avec audace, il propose une intrigue centrée autour de la littérature car en effet, ce sont ici les livres, les œuvres d’un homme trop tôt disparu qui sont l’enjeu de ce roman.

Victor Vega, professeur à l’université de Valence, est contacté par Ana, la veuve d’Hugo Mendoza. Ce dernier a disparu mystérieusement quelques années plus tôt, laissant une œuvre littéraire somptueuse. Ana est troublée. Alors que son époux est mort, elle reçoit chaque 23 novembre un nouveau manuscrit. Qui l’envoie? Hugo est-il bien mort? Pourquoi ces manuscrits réapparaissent-ils? Dans quel but? Victor, spécialiste de l’œuvre de Mendoza, va mener l’enquête.

J’ai adoré l’enquête menée par Victor Vega, un anti-héros complet qui mène une vie de « raté ». Ruiné, divorcé, forcé d’habiter avec des étudiants de la faculté dans laquelle il enseigne, il va de déconvenue en déconvenue. Passionné par l’œuvre de Mendoza, il va mener sa petite enquête et va se retrouver face une organisation qui le dépasse. L’auteur nous plonge au cœur d’un mystère. Dès les premières pages, j’ai été happée par cette histoire qui s’épaissit au fil des pages et dont je ne soupçonnais pas le dénouement.

Les personnages imaginés par l’auteur sont truculents. Il y a bien sûr Victor Vega, ce prof d’université un peu raté; Paloma, le petit génie des maths obèse qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui sauve la mise plus d’une fois à Victor; sœur Clavier, une nonne, prodige de l’informatique.

Les lieux sont également importants. Joaquin Camps nous fait voyager à travers toute l’Espagne: Valence, Madrid, Barcelone. Je n’ai qu’une envie: aller sur les traces des personnages moi aussi. L’auteur fait vivre ces différentes villes de belle manière et nous donne à voir pour un temps l’art de vivre des Espagnols.

Certes, il y a quelques maladresses dans les dialogues (parfois stéréotypés) et l’intrigue prend de temps en temps des directions surprenantes mais pour un premier roman, l’auteur s’en sort très bien, mêlant l’enquête initiale sur ces fameux manuscrits à une découverte plus grave et dramatique. C’est bien ficelé et jusqu’au bout je n’ai pas su dire si oui ou non Hugo Mendoza était vivant.

Avec ce premier roman, Joaquin Camps entraîne son lecteur dans une enquête haletante. En mettant la littérature au cœur de son enquête, il livre ici une œuvre originale. Un très très bon moment de lecture pour moi!

Millénium, Tome 4: Ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz

 

 

Millénium 4, Ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz,

Publié aux éditions Actes Sud,

2015, 482 pages.

Quand Mikael Blomkvist reçoit un appel d’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle qui affirme détenir des informations sensibles sur les services de renseignement américains, il se dit qu’il tient le scoop qu’il attendait pour relancer la revue Millénium et sa carrière. Au même moment, une hackeuse de génie tente de pénétrer les serveurs de la NSA…
Dix ans après la publication en Suède du premier volume, la saga Millénium continue.

J’avais adoré la trilogie Millénium de Stieg Larsson. Ce dernier, mort prématurément, laissa derrière lui un manuscrit inachevé. C’était l’occasion pour les maisons d’éditions de continuer les aventures de Mikael Blomkvist et de Lisbeth Salander (et de se faire du fric au passage). Comme je suis curieuse de nature et qu’on me l’a prêté, je n’ai pas hésité et j’ai sauté sur l’occasion.

Alors oui, je reconnais que David Lagercrantz a du talent et qu’il a su parfaitement prolonger le récit du défunt Stieg. On retrouve son style avec exactitude et je ne suis pas du tout déçue de ce côté-là. En revanche, j’ai trouvé que l’intrigue manquait de profondeur et elle m’a parue brouillonne, moins travaillée comme aurait pu le faire l’auteur original.

Parlons de l’intrigue justement. On retrouve avec une certaine joie notre chère Lisbeth Salander. Celle-ci a piraté le site de la NSA, rien que ça. Défi? Risque démesuré? Quand Lisbeth fourre son nez quelque part c’est qu’elle a une bonne raison. Cette raison est bien valable et on en apprend énormément sur le passé trouble de Lisbeth. J’ai vraiment aimé ce côté-là de l’intrigue qui renoue bien avec le style de Stieg Larsson.

D’un autre côté, on retrouve Mikael Blomkvist, journaliste d’investigation à Millénium. Il a reçu un « tuyau » sur un ingénieur en informatique menacé de mort. Comme par hasard, celui-ci est assassiné, laissant derrière lui son fils autiste August, seul témoin de la scène. Les deux intrigues vont donc se rejoindre. Lisbeth et Mikael vont enquêter chacun de leur côté pour faire éclater la vérité. Et c’est là que le côté « brouillon » de la chose survient (pour moi, en tout cas). Je n’ai pas vraiment compris pourquoi Lisbeth se retrouvait là au milieu de tout ce bazar (enfin j’ai compris les grandes lignes). L’intrigue prend un tournant assez compliqué.

Cependant, hormis cet impair, le rythme du récit est dense, parfois même peut-être trop dense. Une fois entamée, je reconnais qu’il est difficile de stopper la lecture de ce roman. Tous les éléments sont là: la personnalité de Lisbeth, un mensonge de niveau international et des méchants sans pitié. L’auteur mène tout ça d’une main de maître. Cela va tellement vite, que je n’aurais pas craché sur quelques pages de plus.

Millénium 4 est une belle surprise. Même si l’intrigue retorse ne m’a pas complètement convaincue, j’ai passé un excellent moment de lecture, prenant plaisir à retrouver Lisbeth. Le tome 5 m’attend sagement dans ma PAL avec bonheur!

Solomon Creed: La route de Redemption de Simon Toyne

 

 

Solomon Creed, La route de Redemption de Simon Toyne,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 485 pages.

 

Redemption, désert de l’Arizona, à quelques kilomètres de la frontière du Mexique. Un avion se crashe au-dessus de la ville, sous les yeux des quelques habitants recueillis autour de la tombe d’un élu municipal. Au même moment, un homme accourt, hagard, les vêtements déchiquetés, incapable de se souvenir des raisons de sa présence sur les lieux. Plus loin, quelqu’un scrute le ciel à la recherche d’une précieuse cargaison. Le lien entre ces destins est enfoui dans les secrets de Redemption. Des secrets que Solomon Creed, accompagné de Holly, séduisante veuve, devra percer pour exhumer sa propre mémoire. Mais certaines personnes sont prêtes à faire appel aux forces les plus obscures pour l’empêcher d’accéder de nouveau à la lumière…

Merci aux éditions Presses de la Cité pour l’envoi de ce roman. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un bouquin avec autant d’empressement! Solomon Creed est un thriller qui envoie du lourd, du très lourd….

Tout commence dans la petite ville de Redemption. Un avion se crashe; l’incendie menace la ville. Un homme, très étrange, semble surgir des décombres du crash. Il est albinos, ne se souvient de rien, pas même de son nom. Il s’avère qu’il s’appelle Solomon Creed. Que faisait-il sur les lieux du crash? Pourquoi ne se souvient-il de rien? Et pourquoi est-il persuadé qu’il est doté d’une mission?

Dès le départ, Simon Toyne nous plonge dans la confusion la plus totale. Il y a d’abord le crash de cet avion près de la ville de Redemption, l’incendie qui menace de tout dévaster, les autorités locales qui semblent particulièrement louches et cet homme, Solomon Creed.

Qui est-il? C’est ce que le roman va tenter de déterminer tout au long de l’intrigue. Solomon a perdu la mémoire en ce qui le concerne mais c’est un homme doué, très doué. Il semble posséder des connaissances infinies. Solomon Creed c’est un peu Jason Bourne puissance 10! Plus on avance dans le récit, plus il se découvre des connaissances et des capacités hors du commun.

Le sentiment d’étrangeté se resserre d’autant plus que Solomon possède un physique lui aussi hors du commun. Albinos de la tête aux pieds, il détone complètement dans cette petite ville de l’Arizona écrasée par la chaleur. Il se sent également investi d’une mission: celle de sauver James Coronado. Problème: le gus est mort quelques jours plus tôt.

Simon Toyne a l’art de mener son lecteur en bateau. Les chapitres sont courts, percutants, se terminant toujours sur un cliffhanger de folie. Les chapitres s’alternent entre les différents personnages du récit: Solomon; le lieutenant Morgan; Holly, la veuve de James Coronado ou encore Mulcanhy, un type à la botte des narcotrafiquants.

Les cartes sont sans cesse rebattues d’autant plus que l’auteur mêle le journal d’un certain Jack Cassidy, fondateur de la ville de Redemption dont la légende voudrait qu’il ait enterré un trésor….

Bref, comme je le disais un peu plus haut, l’auteur fait ce qu’il veut de nous. Son roman va à cent à l’heure et se concentre sur une seule et même journée!! Les méchants sont vraiment méchants et flippants; le mystère Solomon Creed s’épaissit au fil des pages laissant le lecteur en quête de vérité.

Salomon Creed est une vraie réussite! Simon Toyne embarque son lecteur pour un petit tour en enfer. Lisez Solomon Creed, vous ne le lâcherez plus! A quand la suite?

 

Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

 

 

Mon amie Adèle de Sarah Pinborough,

Publié aux éditions Préludes,

2017, 336 pages.

 

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise… Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Avec son hashtag #FindeDINGUE et son matraquage sur pas mal de blogs, j’ai moi aussi voulu me lancer dans l’aventure de Mon amie Adèle, le nouveau thriller paru aux éditions Préludes. Je serai peut-être l’une des voix dissonantes dans les avis multiples que l’on peut trouver sur la toile. Mon amie Adèle ne m’a pas fait frissonner et la fin ne m’a guère surprise. Bon, il y a quand même des choses positives dans ce thriller qui n’a pas tenu toutes ses promesses dans mon cas.

C’est d’abord un roman qui se lit très facilement. C’est le genre de livre que j’aurais bien lu sur la plage cet été. Pas prise de tête, pas compliqué à suivre. C’est vrai que les pages se tournent toutes seules et ça c’est appréciable.

L’intrigue est assez bien construite, je le reconnais. On suit Adèle et Louise dans des chapitres à chaque fois alternés. Louise est sortie avec le mari d’Adèle lors d’une soirée; les deux femmes ne se connaissaient pas et ont fini par devenir amies. Le hic c’est que Louise n’ose pas avouer à Adèle qu’elle a eu une aventure avec son mari David. Cette amitié bancale va envahir le quotidien de Louise.

Cette dernière est d’ailleurs une anti-héroïne. Célibataire avec enfant, buvant et fumant trop, elle s’investit énormément dans sa relation avec Adèle mais aussi avec David, son amant. Elle va devenir l’enjeu de ce trio diabolique. Qui croire? Adèle, l’amie et femme trompée? David, le mari infidèle? Bref, Sarah Pinborough nous emmêle bien les pinceaux et on finit par se laisser prendre à son piège.

Oui mais voilà, la mayonnaise n’a pas totalement pris pour moi et je pense que c’est en grande partie dû au style de l’auteur avec lequel je n’ai pas du tout accroché. Comme je l’ai dit plus haut, Mon amie Adèle est une lecture facile, pas prise de tête. Et c’est justement ça qui m’a manqué. Le style de l’auteur est trop ras des pâquerettes pour moi, je n’ai pas été assez immergée dans la tête d’Adèle ou de Louise. J’aurais aimé stresser, angoisser. Je n’ai pas eu cette sensation grisante que l’on retrouve dans bon nombre de thrillers. Je n’ai pas frissonner et c’est vraiment ce que j’attendais le plus de ce bouquin. La fin m’en a donc été en partie gâchée. Oui, c’est une bonne fin à laquelle on ne s’attend pas (même si on la devine plus ou moins au tiers du roman). Mais voilà, je n’ai pas été soufflée, subjuguée et je le regrette profondément.

Mon amie Adèle reste un bon thriller qui plaira au plus grand nombre mais qui ne surprendra pas les plus mordus.

Le secret des orphelins de Elly Griffiths

 

Le secret des orphelins de Elly Griffiths,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 316 pages.

 

 

Encore un os à ronger pour Ruth Galloway !

Un squelette d’enfant décapité est retrouvé sous la porte d’une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S’agit-il d’un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d’un petit pensionnaire échappé de l’orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ? Experte en datation, l’archéologue Ruth Galloway rejoint l’équipe de l’inspecteur Harry Nelson, partenaire d’investigation – et parfois plus dans l’intimité. Tandis que Ruth remonte la piste du drame et croise le chemin de prêtres retraités, magnats de l’immobilier et druides chevelus, quelqu’un semble décidé à littéralement la faire mourir de peur…

Le Secret des orphelins est un thriller sur fond de fouilles archéologiques. Il s’agit en fait de la deuxième enquête de Ruth Galloway mais pas de panique si vous n’avez pas lu le premier tome (comme moi!). Cette pauvre Ruth se serait bien passé des événements macabres auxquels elle va se confronter tout au long du roman. Cette universitaire, un peu boulotte, passionnée par son métier est, malgré elle, toujours embarquée dans des affaires sordides.

En tant qu’archéologue médico-légal, elle est appelée sur le chantier d’une vieille bâtisse. Sous une arche, les ouvrier ont retrouvé le squelette, probablement celui d’un enfant. Chose étrange, il lui manque la tête. Les choses se corsent quand Ruth découvre que ce manoir était un ancien orphelinat tenu par des religieux. Quand elle apprend qu’un garçon et une petite fille ont mystérieusement disparu dans les années 50, Ruth commence à douter, épaulée de Nelson, le flic chargé de mener l’enquête….

Clairement, le point fort du roman est sans nul doute le personnage de Ruth. Cette universitaire, célibataire, qui vit seule au milieu des marais avec son chat, est très attachante. Elle n’a rien d’une héroïne même si, comme le remarque Nelson, c’est une femme qui ne se laisse pas faire et qui reste déterminée. J’ai vraiment apprécié ce personnage loin des clichés souvent véhiculés par les thrillers. Ruth se sert avant tout de sa tête et espère mener sa petite vie le plus tranquillement possible.

Le deuxième intérêt du roman réside dans le métier exercé par Ruth. Elle est archéologue médico-légal et qui plus est, une pointure. Qui ne s’est jamais rêvé archéologue, déterreur de trésor? L’auteur mêle donc habilement connaissances scientifiques et historiques et les références sont passionnantes. Dans ce roman, l’intrigue tourne autour des rites romains. J’ai vraiment apprécié ce côté: les fouilles, la mise au jour de murs romains et d’objets. C’est instructif sans être pompant et toujours au service de l’intrigue.

L’intrigue justement, parlons-en. Elly Griffiths a le don de mener son lecteur en bateau. Le doute s’installe. Les intrigues se mêlent autour de la découverte de ce squelette. L’auteur joue clairement avec nos nerfs et brouille les pistes avec brio jusqu’au final assez déroutant.

Le secret des orphelins est un thriller comme on les aime. Une héroïne attachante, une ambiance mystique presque ésotérique! A découvrir…

L’appel de Satan de Jean Vigne

 

L’Appel de Satan de Jean Vigne,

Publié aux éditions Pavillon noir,

2012, 383 pages.

 

 

 

 

Des rituels étranges, des meurtres sataniques, des infanticides, des individus crucifiés… une vague de,  crimes sans précédent submerge les cinq continents.
Le Vatican dépêche Pierre, l’un de ses théologiens, auprès d’Antonio Alonzo, lieutenant de police chevronné, afin de comprendre la folie qui s’empare de l’humanité.
L’enquête va les plonger dans les ténèbres d’écrits antédiluviens et les mettre sur la piste d’un ennemi dont l’ombre menaçante plane au-dessus d’eux et dont personne n’ose prononcer le nom…

Grâce au concours organisé par Maureen du Bazar de la littérature, j’ai eu la chance de gagner L’appel de Satan de Jean Vigne qui plus est, dédicacé. Jean Vigne est un auteur que j’apprécie beaucoup notamment avec sa trilogie Néachronical (il me reste le dernier tome à me procurer!). J’étais donc curieuse de le lire dans un tout autre genre.

L’Appel de Satan est un thriller que je qualifierais d’ésotérique. En effet, on va y retrouver l’inspecteur Antonio Alonzo confronté à une série de meurtres tous plus horribles les uns que les autres et portant étrangement des marques de satanisme. Alors coup monté? Folie meurtrière? Satanisme avéré? Alonzo, flanqué d’un jeune prêtre envoyé par le Vatican, va mener l’enquête à sa sauce.

J’ai apprécié la manière dont les chapitres étaient présentés. L’intrigue alterne entre l’enquête menée par Alonzo et l’histoire d’un livre, le Cantus deorum Mali. Ce dernier serait une anti-bible, un anti-testament maudit qu’il serait impossible de détruire (au risque de voir le mal se propager). Ce sont donc des moines qui, de siècles en siècles, se le sont transmis afin qu’il ne tombe pas en de mauvaises mains. J’ai aimé ces différentes voyages dans le temps: les croisades, les guerres de religion, la seconde guerre mondiale. C’est assez bien amené et bien trouvé. L’histoire de ce livre maudit m’a beaucoup intriguée car il a une aura mystique assez mystérieuse. Malheureusement, je suis un peu restée sur ma faim. J’aurais vraiment aimé en savoir plus!

L’auteur relie donc l’existence de ce livre ancien aux séries de meurtres. Ces derniers ont tous un point commun: ils s’apparentent tous à des meurtres rituels sataniques avec crucifixion et compagnie. C’est là que l’on découvre le personnage d’Alonzo. C’est un flic plutôt baraqué, hanté par la perte de son amour Lorna. Insomniaque, torturé, il carbure au blanc sec dès le matin. Bon, si on passe outre le cliché du flic alcoolique, mal dans sa peau, le personnage d’Alonzo est assez intéressant car c’est un anti-héros, un loser. Il n’est pas vraiment beau, il est plutôt mal élevé et sa hiérarchie veut à tout prix le renvoyer dans un placard à balai. On s’y attache à ce personnage cabossé. Le personnage n’est peut-être pas encore bien défini. Il manque d’épaisseur mais on décèle déjà pas mal de potentiel. C’est là selon moi le point fort du roman.

En revanche, ce qui manque au roman, c’est un petit « je ne sais quoi » qui fait que l’on est transporté sur les lieux du crime, que l’on tourne les pages de manière fébrile en attente de la révélation. Comme le dit l’auteur lui-même, il s’agit pour lui d’un premier thriller. Il ne maîtrise donc pas encore tous les codes du genre et c’est bien normal! C’est peut-être ce qui m’a manqué, ce petit truc en plus pour que la mayonnaise monte.

L’Appel de Satan reste toutefois un thriller intéressant et bien construit. L’alternance entre les différentes époques m’a plu et le mystérieux livre maudit m’a vraiment captivée. A quand un autre roman avec le personnage d’Alonzo?