La danse du mal de Michel Benoît

 

 

La Danse du mal de Michel Benoît,

Publié aux éditions Albin Michel,

2017, 328 pages.

 

Au coeur du désert syrien, un manuscrit du Coran, datant du VIIe siècle, pourrait bouleverser l’équilibre du monde… A Rome, ils sont trois moines qui étudient l’origine du christianisme et la naissance de l’islam. Quand Georges, catholique syriaque, disparaît, son ami le frère Nil s’engage dans un voyage périlleux au cœur du désert syrien pour retrouver un dangereux manuscrit du Coran. Depuis son bureau de l’ancienne Inquisition, un prélat aussi discret que redoutable est décidé à s’en emparer pour lutter contre la poussée musulmane.
Nil échappera-t-il aux djihadistes acharnés à détruire ce manuscrit ? A l’émissaire du Vatican lancé à ses trousses ? Sauvera-t-il Sarà, la belle Juive au passé ténébreux ? Après Le Secret du Treizième apôtre, best-seller mondial, Michel Benoît nous entraîne dans un thriller initiatique traversé par les fureurs de notre temps, le calvaire des chrétiens d’Orient et la recrudescence d’un messianisme devenu l’arme fatale de l’axe du Mal.

Gagné grâce à vendredi lecture, j’ai pu découvrir ce polar/thriller mystico-ésotérique. La quatrième de couverture vendait du rêve: la découverte d’un manuscrit qui pourrait remettre en question pas mal de choses dans le monde. Mais au final, ça a fait pschiiiiiit! J’ai été extrêmement déçue par cette lecture pesante.

L’auteur décide de s’attaquer aux religions avec ce roman. L’idée de départ n’était pas si mal. Un archéologue retrouve un rouleau très important. En effet, il serait la preuve que le Coran découle bien du judéo-christianisme et que contrairement à ce que pensent les croyants en l’Islam, il n’aurait jamais été transmis directement au prophète. C’est une catastrophe pour l’équilibre du monde: les islamistes font tout pour étouffer l’affaire tout comme un certain Monsignore du Vatican. Le professeur Erwin, à l’origine de la découverte, est arrêté. Mais il a remis le précieux manuscrit à son assistant qui a pour mission de le confier à un prêtre, retranché dans le désert syrien.

A Rome, au même moment, le frère Georges disparaît. Nil, poussé par son ami Anselm, part à sa recherche. Aidé par la sœur de Georges, Sara, il se rend également en Syrie afin de retrouver le fameux manuscrit.

Il y avait tout pour me plaire dans ce roman: le mystère, le côté révélation qui bouleverse tout mais ça n’a pas pris. J’ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que certains chapitres n’étaient pas complets, pas aboutis. On passe rapidement d’une décision à l’autre sans réelle réflexion, sans exploration.

Les personnages sont manichéens. Monsignore est grotesque: c’est le vrai méchant, sans scrupule. Moktar est une caricature de l’islamiste fondamental. Quant à Nil, le « héros », il est d’une naïveté sas faille. Bref, les personnages sont plats, lisses et ne suscitent ni compassion ni haine.

L’intrigue est somme toute banale et n’a finalement rien d’extraordinaire. La super révélation n’a pas lieu et m’a vraiment laissé sur ma faim. L’auteur glisse quelques citations religieuse censées faire réfléchir à la puissance des religions mais aussi à leur dangerosité. Au final, on lit une sorte de thriller sans réel intérêt.

La danse du mal est donc un échec total pour moi. Les personnages caricaturaux et l’intrigue bien trop légère à mon goût ne m’ont pas convaincue.

Petite sœur la mort de William Gay

 

 

Petite sœur la mort de William Gay,

Publié aux éditions Seuil,

2017, 272 pages.

 

 

En 1982, David Binder, jeune auteur que son éditeur a convaincu d’écrire un roman de genre, s’installe avec sa femme – enceinte et réticente – et leur petite fille dans l’ancienne maison d’une famille de planteurs, à Beale Station, Tennessee. La demeure n’a pas bonne réputation : un fantôme cruel et facétieux en a tourmenté les occupants au début du XIXe siècle, persécutant plus particulièrement la jeune Virginia. Sur la propriété, la pierre tombale de Jacob Beale est éloquente : « 1785-1844. Torturé par un esprit. » Il semblerait que le fantôme ait été une dame, et qu’elle rôde encore dans les murs. Or David s’est laissé envoûter par le lieu… La vie quotidienne, et conjugale, des Binder va s’en ressentir, jusqu’au drame.

Petite sœur la mort est une formule empruntée à William Faulkner et résume parfaitement l’atmosphère glaçante de ce roman. Je ne connaissais pas du tout William Gay. La préface de Tom Franklin, longue d’une vingtaine de pages, consacrée à l’auteur est très intéressante et éclairante sur sa personnalité. William Gay est finalement un génie, mal connu, disparu bien tôt.

Avec Petite sœur la mort, il plonge son lecteur dès les premières pages dans une Amérique hantée, torturée, violente et poussiéreuse. Le premier chapitre happe le lecteur au cœur de la noirceur humaine. En 1785, un médecin est emmené de force dans une maison pour y soigner une femme. Il n’en ressortira pas vivant. Ces quelques pages m’ont scotchée dès le départ par leur beauté et par leur violence profonde.

Le deuxième chapitre et les nombreux autres qui suivront sont consacrés à Binder et à sa famille en 1982. Binder est un écrivain ou se rêve écrivain. Après un certain succès, c’est le calme plat. Son agent littéraire lui propose d’écrire un roman à sensation écrit vite fait bien fait histoire de renflouer le navire. Binder choisit comme thème une lugubre histoire de fantômes. Il s’installe ainsi dans la maison de la famille Beale: maison réputée hantée. Alors que Binder s’efforce d’écrire, des manifestations étranges commencent à se faire voir: bruits, apparitions, hallucinations. Peu à peu Binder semble perdre le contrôle de lui-même.

De manière habile, l’auteur alterne les chapitres se déroulant en 1982 et ceux plus anciens qui témoignent de la dangerosité de la maison. Les époques se succèdent ainsi et montrent que la maison est littéralement « habitée » par une entité. Alors bien sûr, certains passages sont prenants et effrayants mais Petite sœur la mort n’est pas un roman d’épouvante. C’est un roman avant tout sur le pouvoir de la création. Binder est un écrivain en manque d’inspiration. La maison est-elle vraiment hantée ou est-ce Binder qui se laisse déborder par ses émotions? Rien n’est jamais clairement dit et c’est au lecteur d’interpréter les faits comme bon lui semble.

David est un personnage fasciné par la maison au point qu’il en négligerait presque sa femme et sa fille. L’atmosphère se fait de plus en plus pesante à mesure que l’intrigue se déroule. Les phrases roulent comme des promesses de mort et le lecteur devient lui aussi fasciné par cette étrange maison. Est-ce David qui nourrit ses fantasmes sur la maison ou l’inverse?

Petite sœur la mort est un roman qui plonge le lecteur au cœur de la noirceur la plus pure. L’histoire sombre au possible le happe. William Gay ne livre pas toutes les réponses et laisse le lecteur se débattre avec de nombreuses zones d’ombre. Intense, magnifique et sublime!

Le Doute de S.K Tremayne

 

 

Le Doute de S.K Tremayne,

Publié aux éditions Pocket,

2017, 384 pages.

 

 

 

Un an après la mort accidentelle de Lydia, 6 ans, ses parents et sa jumelle Kristie prennent un nouveau départ en s’installant sur une petite île écossaise isolée. Mais l’étrange comportement de Kristie sème bientôt le trouble. Elle demande à se faire appeler Lydia… Qui est-elle vraiment ?

Après avoir lu La Menace, les éditons Presses de le Cité ont eu la délicate attention de m’envoyer le premier roman de S.K Tremayne paru en France chez Pocket. J’ai beaucoup aimé cette lecture qui garde l’esprit de La Menace avec une atmosphère inquiétante et oppressante et une suspens garanti jusqu’au bout!

Dans Le Doute, Sarah et Angus ont eu le malheur de perdre une de leurs jumelles, Lydia, dans un banal accident domestique. Il reste Kirstie, déboussolée depuis la mort de sa sœur, sa moitié, son tout. La famille est au bord de l’éclatement: Angus n’a plus de boulot, tout va mal avec Sarah. Après avoir hérité d’un cottage sur une petite île écossaise, Angus embarque femme et enfant pour tenter de reconstruire ce qui leur reste.

Les choses se compliquent quand Kirstie commence à douter de sa propre personnalité. Elle demande à ses parents de l’appeler Lydia…Et si Angus et Sarah s’étaient trompés? Et si la fillette qu’ils pensaient morte n’est pas la bonne?

Le romancier a le chic pour semer le trouble chez son lecteur et son personnage. Ce roman porte bien son nom car des doutes, il va y en avoir pas mal tout au long du roman. D’abord sur l’identité de la jumelle survivante. Kirstie et Lydia étaient des jumelles monozygotes: rien ne peut les différencier ni physiquement ni génétiquement. Dès le début, Sarah émet des doutes sur la véritable identité de Kirstie. Cette dernière adopte d’ailleurs un étrange comportement. La folie s’empare-t-elle de la fillette qui croit voir le fantôme de sa sœur dans les miroirs?

L’ambiance contribue beaucoup au suspens. Sarah et sa famille vont se retrouver isolés sur une île dans un cottage humide et glacé. Le vent hurle à l’assaut de la maison; les vasières mortelles encerclent ce qu’ils pensaient être leur paradis. Bref, l’atmosphère devient de plus en plus glaçante toute comme l’entente entre Sarah et Angus. Les époux au bord de la rupture commencent par se soupçonner l’un l’autre. Et si la mort de Lydia n’était pas un accident? Quand l’amour devient de la haine, les plus folles théories sur l’autre font surface.

Jusqu’au bout, jusqu’à la dernière page, S.K Tremayne m’a tenu en haleine. Avec Le Doute, il est certain qu’il marquera les esprits pour longtemps.

Inséparables d’Elie Darco

 

 

Inséparables d’Elie Darco,

Publié aux éditions Magnard Jeunesse,

2017, 220 pages.

 

 

 

Ballotés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa sœur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles. Mais quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, loin de toute animation, l’ennui les gagne….

Je remercie d’abord Elie Darco et les éditions Magnard jeunesse pour m’avoir fait parvenir ce roman que j’ai énormément apprécié. Estampillé « jeunesse », je pense qu’il plaira aussi aux jeunes adultes et aux adultes tant le style et l’intrigue du roman sont extrêmement travaillés.

Elie Darco m’a d’abord étonnée par son écriture et son style. Loin de simplifier les choses sous prétexte qu’elle s’adresserait à des lecteurs plus jeunes, elle maîtrise parfaitement sa plume. Son écriture est très moderne. Les phrases sont percutantes et pleine de vie. Elle parvient en quelques lignes à instaurer toute une atmosphère: que ce soit par la complicité entre Beryl et Alec ou par l’ambiance inquiétante  de la ville de Morran. Bon point de ce côté-là donc pour moi.

Elle noue ensuite une intrigue très intéressante à tel point qu’elle mène son lecteur par le bout du nez. En effet, l’histoire débute par l’entrée en scène d’Alec et de Beryl. Ils sont frère et sœur, inséparables. Un peu livré à eux-mêmes, ils font les 400 coups. Leurs parents tous les deux militaires travaillent beaucoup. Alec et Beryl ont déménagé plusieurs fois. Ils ont donc l’habitude de se serrer les coudes et d’avancer de front. Très complices, ils s’aiment à la vie à la mort et ont besoin l’un de l’autre pour ne pas succomber à la routine et à l’ennui.

Un jour, ils déménagent une nouvelle fois dans une petite ville: Morran. Elie Darco ne situe pas exactement son intrigue et laisse volontairement les pistes brouillées. Elle décrit une petite ville paumée, grise et sombre, sous la pluie. A Morran tout le monde se connaît. La forêt entoure la ville et la coupe un peu du monde. On comprend aussi que le monde dans lequel Alec et Beryl vivent n’est pas vraiment le nôtre (ou alors il le sera dans quelques temps). L’énergie est économisée. On n’écrit plus sur du papier mais sur des tablettes. L’eau, l’essence sont rationnées. Bref, cela ajoute un sentiment d’oppression.

Alec et Beryl s’ennuient car il n’y a rien à y faire. Et puis un soir, alors qu’ils « jouent » à tirer dans les bois avec une arme, un drame survient.

L’auteur fait monter la pression petit à petit. Elle plante le décor. En lisant ce roman, j’imaginais parfaitement la petite ville de Morran repliée sur elle-même dégoulinante de pluie, assombrie par cette forêt qui la ceinture. L’atmosphère n’est pas des plus amicales et la tension monte de plus en plus jusqu’au soir du drame où les événements vont alors s’enchaîner. On se demande réellement où l’auteur nous entraîne. Elle parvient à semer le doute dans l’esprit de son lecteur. On va de découverte en découverte en se posant énormément de questions. Je ne peux guère vous en dire plus. Sachez seulement que le mystère s’épaissit au fil des pages. On bascule alors dans le thriller: qui a raison? Qui a tort? Le personnage est-il fou? J’ai élaboré des tas d’hypothèses avant de connaître le fin mot de l’histoire. 

Avec Inséparables, Elie Darco mène son lecteur par le bout du nez. L’atmosphère pesante et mystérieuse de la ville de Morran ajoute du suspens au roman. Les personnages vont de découverte en découverte. Jusqu’à la dernière page, l’auteur tient son lecteur en haleine. Une vraie réussite! 

La Menace de S.K Tremayne

 

La Menace de S.K Tremayne,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 380 pages.

 

 

 

 

Quand Rachel épouse David Kerthen, un bel et brillant avocat, sa vie prend enfin un sens. Loin de Londres et de ses années de célibat elle y gagne le grand amour, la richesse, un sublime manoir en Cornouailles et un beau-fils affectueux, Jamie. Une existence parfaite en apparence.
Mais la jeune femme déchante rapidement. Les lieux, hantés par l’ombre de Nina la première épouse de David, ressemblent à une sinistre prison. L’atmosphère devient étouffante le jour où Jamie commence à faire des prédictions dérangeantes. A-t-il sombré dans la folie? Et si la mort de Nina n’était pas un accident? Qu’est-il arrivé à Nina ? Que lui cache son mari? Tandis que la suspicion commence à ronger le couple, Jamie prédit à Rachel qu’elle mourra à Noël…

Merci aux éditions Presses de la Cité qui une fois de plus m’ont fait découvrir un auteur plutôt doué. Avec La Menace, S.K Tremayne entraîne son lecteur dans un jeu dangereux où la folie n’est jamais très loin de la vérité.

La Menace c’est d’abord toute une ambiance. L’intrigue se déroule sur une lande battue par les vents, en Cornouailles, dans un immense manoir érigé là depuis des siècles. Rachel, nouvelle épouse de David Kerthen, emménage rapidement dans cette demeure somptueuse. Le manoir est un personnage à lui tout seul. Immense, labyrinthique, parfois lugubre comme avec la salle des moines, il suscite tantôt l’admiration, tantôt la peur. Niché au creux d’un vallon, isolé de tout, le lieu va donner des sueurs froides à l’héroïne Rachel.

Ensuite, c’est l’histoire de la famille Kerthen qui va hanter le roman. Les aïeuls de David ont bâti leur richesse sur l’exploitation des mines d’étain. Ces mines ont la particularité d’être construites sous la mer. Les récits de la vie des mineurs, des morts innombrables et des accidents vous donneront la chair de poule. D’autant plus que la mine Morvellan, puits sans fond, domine la lande, ajoutant du lugubre au décor. C’est justement dans ce puits que Nina, l’ancienne femme de David, est morte. Suicide? Accident? Assassinat? Les circonstances de son décès sont troubles.

Rachel, la nouvelle femme de David, a des doutes sur la mort de Nina. Quelque chose la trouble profondément. Jamie, son beau-fils de 10 ans, fait de drôles de prédictions et semble voir sa mère apparaître dans les couloirs du manoir. Nina est-elle en vie? Jamie voit-il des fantômes ou est-ce Rachel qui sombre peu à peu dans la folie?

L’auteur brouille parfaitement les pistes et jusqu’au bout, il nous mène par le bout du nez. Il réunit tous les ingrédients pour une intrigue parfaite: la lande déserte, le manoir isolé, l’ombre de Nina qui vient hanter les habitants de Carnhallow. On sent clairement l’influence de Daphné du Maurier et on pense à sa Rebecca. En tout cas, j’ai adoré me plonger dans cette ambiance lugubre et sombre qui fait douter jusqu’à la dernière page.

La Menace est un thriller réussi qui saura tenir en haleine son lecteur. Les personnages torturés sèment le doute. Les paysages rudes et arides sauront parfaire l’ambiance terrifiante. Bref, du très bon thriller psychologique!!

Représailles de Hans Koppel

 

 

Représailles de Hans Koppel,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2016, 283 pages.

 

 

 

 

Calle Collin, journaliste free-lance, rédige pour un hebdomadaire le portrait de Kent, un adolescent mort des années plus tôt dans un tragique accident. Il rencontre son frère, Mattias, homme de main et amant de Sara, redoutable femme d’affaires mafieuse.
Après avoir lu l’article, Anders Malmberg, célèbre chroniqueur, qui était en classe avec Kent, est choqué. Il décide de rétablir la vérité sur la personnalité de Kent, son harceleur, son pire cauchemar… au risque de provoquer Mattias, et surtout Sara, qui aurait préféré que certains secrets restent enfouis.
Les représailles de la jeune femme, qui seront d’une cruauté proche de la folie, ne font que commencer… Personne ne sera à l’abri.

Grâce aux éditions Presses de la Cité, j’ai pu lire Représailles, sortie littéraire de la rentrée de janvier. Ce thriller plutôt court sort des sentiers battus. L’intrigue est assez simple même si le résumé de la quatrième de couverture ne rend pas justice au roman.

Calle Collin est journaliste free-lance à Stockholm. Il rédige des chroniques sur des personnes décédées à la demande des familles, ultime hommage à leurs chers disparus. Il est un jour contacté par la mère de Kent, un adolescent mort tragiquement à 13 ans dans un accident de la route.

Parallèlement, on suit Sara, une jeune danoise aux dents longues. Elle tient des boîtes de nuit aux allures de peep show à Copenhague, donne dans le proxénétisme et n’a aucun scrupule à supprimer les collaborateurs qui lui font faux bond. Son homme de main du moment s’appelle Mattias, frère de Kent.

Tout ce petit monde va se retrouver dans une histoire bien tordue et Calle Collin va en souffrir bien malgré lui….

Dans ce roman, l’auteur n’y va pas par quatre chemins. L’intrigue file vite. Sara, la méchante, est plutôt flippante. C’est une femme froide, calculatrice, dénuée de tous sentiments. Elle fait exécuter à tout va sans que cela ne lui pose problème. Sa perversité est telle qu’elle parvient même à persuader un homme de se suicider!!

Calle Collin incarne quant à lui un journaliste sans grandes ambitions amoureuses ni professionnelles. Les flics qui enquêtent forment un duo plutôt comique. Ils ne pensent qu’à manger et régler les choses le plus vite possible. Les personnages peuvent paraître superficiels, brouillons mais je pense qu’il s’agit d’une volonté propre de l’auteur. A part Sara, les personnages sont banals. On peut les croiser chaque jour dans la rue et je pense que c’est là que réside la force de ce thriller. La violence peut venir heurter chacun d’entre nous, comme ça, de plein fouet, pour une phrase anodine prononcée un peu trop fort.

La fin du thriller est d’ailleurs assez déroutante. Là encore, l’auteur a choisi de brouiller les pistes. Il ne s’encombre pas de fausse morale ce qui laisse un goût bien amer voire acide au lecteur.

Avec Représailles, Hans Koppel nous offre un thriller original et déroutant. Il brouille les pistes habituelles pour mieux perdre son lecteur dans les méandres de la violence la plus pure.

Ainsi fleurit le Mal de Julia Heaberlin

 

Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2016, 560 pages.

 

 

 

 

 

 

 

« J’ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. »
À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d’ossements humains et au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des « Marguerite » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd’hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n’ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?

Merci aux éditions Presses de la Cité pour la découverte de ce thriller que j’ai dévoré en quelques jours. Haletant, terrifiant, angoissant, sont autant de qualificatifs pour ce roman réussi et brillant!

L’auteur nous plonge dans l’histoire trouble de Tessie devenue Tessa à la suite d’un drame. A 16 ans, Tessie est enlevé par un serial killer. Elle est retrouvée vivante, à moitié enterrée parmi les corps des autres victimes. Tessie devient alors Tessa, une mère célibataire toujours sur le qui-vive et qui pense, à juste titre, avoir envoyé un innocent dans le couloir de la mort. Tessa va alors explorer les méandres de sa mémoire pour rétablir la vérité.

Avec ce roman vous serez happé dans l’histoire tortueuse de Tessa. L’auteur joue habilement avec son lecteur en alternant les chapitres où Tessie a 16 ans. On la suit alors lors de son procès et chez son psy. Les autres chapitres sont consacrés à Tessa devenue adulte et qui tente de découvrir ce qu’il lui est réellement arrivé. Mais justement, Tessa ne se souvient pas ou ne veut pas se souvenir. Sans parler de la menace qui rôde dehors quand Tessa se rend compte que le tueur lui laisse des indices bien macabres.

L’auteur brouille les cartes avec intelligence au point que chaque personnage est un suspect à commencer par Tessa elle-même. Elle développe un thriller psychologique au suspens glaçant. Ne cherchez pas de sensations fortes à travers des course-poursuites ou autre face à face final avec le tueur. Tout est bien plus subtil dans ce roman. Chaque chapitre amène de nouveaux éléments mais surtout de nouvelles interrogations qui poussent le lecteur à tourner les pages du roman à la vitesse grand V. L’auteur joue clairement avec nos nerfs!

La fin du livre est tout simplement bluffante et j’ai été scotchée car je ne m’attendais pas du tout à cela!

Bref, lisez Ainsi fleurit le mal, un thriller psychologique brillant et intelligent.