La trilogie du Mississippi, Tome 1: Brasier noir de Greg Iles

 

 

 

La trilogie du Mississippi, tome 1: Brasier noir de Greg Iles,

Publié aux éditions Actes Sud,

2018, 1056 pages.

Ancien procureur devenu maire de Natchez, Mississippi, sa ville natale, Penn Cage a appris tout ce qu’il sait de l’honneur et du devoir de son père, le Dr Tom Cage. Mais aujourd’hui, le médecin de famille respecté de tous et pilier de sa communauté est accusé du meurtre de Viola Turner, l’infirmière noire avec laquelle il travaillait dans les années 1960. Penn est déterminé à sauver son père, mais Tom invoque obstinément le secret professionnel et refuse de se défendre. Son fils n’a alors d’autre choix que d’aller fouiller dans le passé du médecin. Lorsqu’il comprend que celui-ci a eu maille à partir avec les Aigles Bicéphales, un groupuscule raciste et ultra-violent issu du Ku Klux Klan, Penn est confronté au plus grand dilemme de sa vie : choisir entre la loyauté envers son père et la poursuite de la vérité. Imprégnées de l’atmosphère poisseuse du Sud, tendues par une écriture au cordeau et un sens absolu du suspense, les mille pages de ce Brasier noir éclairent avec maestria la question raciale qui continue de hanter les Etats-Unis. Dans ce volume inaugural d’une saga qui s’annonce comme l’un des projets les plus ambitieux du polar US, Greg Iles met à nu rien de moins que l’âme torturée de l’Amérique.

Il m’aura fallu un peu de temps pour laisser reposer cette lecture et la digérer comme il se doit. Les quelques 1050 pages de ce premier tome ont été denses et intenses. Sans aucun temps mort, Greg Iles pose les bases d’une œuvre magistrale qui a le mérite de tenir en haleine le lecteur d’un bout à l’autre.

Dans les années 60, à Natchez, dans le Mississippi, Franck Knox fonde les aigles bicéphales, une charmante branche dissidente du Ku Klux Klan. Une poignée d’hommes ultra-violents s’en prend à des noirs, les pourchasse et les tue en toute impunité. De nos jours, Henry Sexton, journaliste à Natchez tente d’élucider tous ces meurtres commis 40 ans plus tôt. Parallèlement, Tom Cage, le père du maire de Natchez est accusé d’avoir tué son ancienne infirmière noire, Viola Turner. Médecin respecté par toute la communauté, Tom ne veut pas dire la vérité sur cette nuit où Viola est morte. Penn Cage, son fils, va alors tout faire pour innocenter son père alors que toutes les preuves l’accablent.

Brasier noir c’est d’abord une plongée dans la violence la plus pure. La partie qui se déroule dans les années 60 s’inspire de faits réels. Les aigles bicéphales, groupuscule raciste, s’en prend à de jeunes noirs afin d’imposer leur supposée suprématie blanche. Greg Iles décrit à la perfection cette période pendant laquelle la communauté noire a enfin accéder aux droits fondamentaux de tout citoyen américain. L’atmosphère est pesante et en même temps on sent ce papillonnement de la jeunesse noire qui prend sa liberté à bras le corps. Greg Iles fournit une description fidèle des passages à tabac, des chasses à l’homme et des exactions commises par la bande de Franck Knox, car on sait dès le départ qui sont les coupables. Cette partie historique m’a passionnée.

La partie qui se déroule 40 ans plus tard se fait sous forme d’enquête. Il y a d’abord l’enquête d’Henry Sexton, le journaliste qui cherche à faire la lumière sur ces crimes raciaux alors même que le FBI ne bouge même pas le petit doigt. Il y a également l’enquête de Penn Cage qui cherche à savoir si oui ou non son propre père aurait tué Viola Turner, son ancienne infirmière. Les deux enquêtes vont bien sûr se rejoindre. Penn et Henry vont vite se rendre compte que les aigles bicéphales existent encore et qu’ils n’en ont pas fini avec leur vieilles rancœurs raciales.

Greg Iles nous décrit une fois de plus un Mississippi dans lequel subsiste des relents raciaux nauséabonds. Il entraîne son lecteur au cœur des marécages où les alligators ont fait disparaître plus d’une preuve. C’est le cœur des USA qui résonne dans ce livre: le problème du racisme, la violence des armes, la corruption, le jeu politique lié à tous les trafics possibles. Sans aucune pause, Greg Iles entraîne son lecteur dans une intrigue foisonnante, aux multiples rebondissements. C’est d’ailleurs cette dernière particularité qui pour moi est la seule faiblesse du roman: la multiplication des scènes d’actions m’aura un poil lassée.

Ce « Brasier noir » tient en tout cas toutes ses promesses. Les deux prochains tomes m’attendent dans ma PAL et ils n’y feront pas long feu!

La Rumeur de Lesley Kara

 

La Rumeur de Lesley Kara,

Publié aux éditions Les Escales,

2020, 384 pages.

Nourrissez la rumeur…Puis regardez-la vous engloutir.
Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans. C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines. Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

La Rumeur….Qui n’a jamais colporté un ragot, un ouï-dire pour se faire bien voir? Pour devenir le centre d’intérêt le temps d’une pause, d’une soirée? Le roman de Lesley Kara commence tout en douceur. On suit Joanna, maman d’Alfie. Revenue dans sa ville natale, elle a du mal à s’intégrer, à lier connaissance. Alfie est souvent la cible de moqueries. Alors pour son fils, pour qu’il puisse aller à des anniversaires, pour qu’il puisse manger avec d’autres petits garçons de son âge à la cantine, Joanna va lancer une rumeur.

Sally McGowan, une tueuse d’enfant, serait dans leur petite ville. Elle s’y cacherait sous une fausse identité, tentant de reconstruire sa vie. Mais la rumeur enfle, se développe et elle n’est pas sans conséquences…

Lesley Kara promène d’abord son lecteur dans cette petite ville charmante du bord de mer anglais. On suit Joanna, mère de famille. La première partie du roman tourne autour de cette rumeur lancée au détour d’une conversation. Et puis tout s’emballe ensuite. J’ai particulièrement adoré la seconde partie du roman dans laquelle la tension se fait sentir. Sally McGowan habite-t-elle bien dans cette ville? Qui fait-elle? Joanna mène l’enquête. Chaque personne est tour à tour désignée, soupçonnée. La tension monte de plus en plus.

Les pistes sont brouillées. Mais au-delà d’une très bonne intrigue psychologique, Lesley Kara pose les bonnes questions. Peut-on tout pardonner? C’est un thriller sur le deuil, sur la faute et la culpabilité qui donne matière à réflexion. Et la dernière phrase du roman est là pour tout remettre en question telle une bombe!

« La Rumeur » est un excellent thriller psychologique au suspens parfaitement maîtrisé.

L’Âme du mal de Maxime Chattam

 

 

 

L’Âme du mal de Maxime Chattam,

Publié aux éditions Pocket,

2003, 517 pages.

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d’outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

L’Âme du mal avait tout pour me plaire. Des meurtres sordides, un tueur en série insaisissable, une enquête bien menée et pourtant, ça ne l’a pas vraiment fait.

Brolin, jeune profiler, travaille pour la police de Portland. Quand on découvre un premier cadavre de femme atrocement mutilé, on fait appel à ses services. Grâce à ses talents d’enquêteur, Brolin arrête le tueur mais un an plus tard, la série de meurtres continue avec la même signature. Comment cela est-il possible? Le tueur serait-il revenu d’entre les morts? Cette histoire qui dépasse complètement Brolin va l’amener aux frontières du Mal absolu.

J’ai d’abord adoré la première partie du roman qui permet à l’auteur de déployer toute l’étendue des talents de Brolin qui parvient à neutraliser in extremis le tueur tant recherché. Lorsque la seconde partie démarre, j’avais tout aussi hâte d’en savoir plus. Alors oui, Maxime Chattam sait faire dans le sensationnel. Il maîtrise bien les arcanes du mal, flirtant même avec l’ésotérisme, bien que cette piste ne soit pas suffisamment exploitée. Il connaît sur le bout des doigts les procédures policières. C’est même parfois un peu too much à mon goût. J’ai, certes, beaucoup aimé cette manière de nous faire pénétrer au cœur des techniques policières mais l’exercice tourne parfois à l’étalage de tout ce que l’auteur sait.

J’ai trouvé que dans l’ensemble, l’enquête traînait en longueur. Brolin s’enfonce dans des considérations bavardes qui ne mènent nulle part. Mais surtout, je n’ai pas ressenti de peur, à aucun moment. C’est là que le bât blesse. Je m’attendais réellement à avoir la frousse et rien….Pas un seule petite frayeur. Tout est trop bien maîtrisé par le personnage de Brolin. C’est vraiment dommage car j’aurais aimé connaître le frisson de l’angoisse.

Seule la fin me console un peu car je l’ai trouvée assez bien amenée même si je me suis douté de pas mal de choses.

Au final, je sors déçue de ma lecture. J’attendais plus de frissons et d’adrénaline de ce premier tome qui me laisse bien mitigée.

La Peur de C.L Taylor

 

 

La Peur de C.L Taylor,

Publié aux éditions Marabout, collection Black Lab,

2020, 298 pages.

Lorsque Lou, encore adolescente, s’est enfuie en France avec Mike son professeur de karaté, elle était convaincue qu’il était l’amour de sa vie. Mais Mike ne tarde pas à se montrer tel qu’il est et Lou est détruite. Dix-huit ans plus tard, Lou revient dans sa ville natale et elle découvre que Mike a engagé une relation avec une adolescente. Pour éviter que l’histoire ne se répète, elle est déterminée à le dénoncer. Mais Mike est un prédateur de la pire espèce. Alors que Lou tente de le traîner en justice, elle est à nouveau menacée de redevenir sa proie.

La Peur est un roman psychologique qui met en scène Lou, alors qu’elle a la trentaine. Après la mort de son père, Lou s’installe dans le cottage de ses parents pour tenter de fuir sa vie londonienne et de se reconstruire. Quand elle croise, Mike, un homme de 50 ans avec lequel elle a eu une relation alors qu’elle était mineure, tous les souvenirs de Lou refont surface d’autant plus qu’elle le prend en flagrant délit avec Chloe, une adolescente de 14 ans. Pour arrêter ce pédophile, Lou est prête à tout.

Alors que Le Consentement de Vanessa Springora vient de paraître, j’ai trouvé tout à fait à propos de me plonger dans ce livre qui met aussi en scène, de façon fictionnelle ici, l’emprise d’un homme adulte sur une adolescente. Par un jeu de va et vient, l’auteure nous plonge dans le passé de Lou et les conséquences que sa relation avec Mike a eu sur sa vie de femme. Lorsqu’elle a 14 ans, Lou tombe éperdument amoureuse de Mike, son prof de karaté. Elle noue une relation intime avec cet homme de vingt plus vieux qu’elle qui ira jusqu’à l’enlever et qui se révèlera être un pervers.

A travers ce récit, l’auteur dissèque les mécanismes qui font qu’une gamine tombe sous l’emprise d’un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Le roman bascule dans le thriller quand Lou, par hasard, tombe sur Chloe et Mike. Elle va alors tout mettre en œuvre pour le mettre hors d’état de nuire.

J’ai vraiment aimé ce bouquin d’un bout à l’autre. Outre l’aspect psychologique, l‘auteure nous plonge dans un livre aux nombreux rebondissements. La victime a-t-elle le droit de devenir le bourreau? De se venger? J’ai été happée, ferrée par cette intrigue complexe qui ne laisse pas deviner sa fin et quelle fin! J’en suis encore scotchée.

« La Peur » est un excellent thriller psychologique qui me marquera longtemps. 

Alerte rouge de James Patterson et Marshall Karp

 

 

Alerte rouge de James Patterson et Marshall Karp,

Publié aux éditions de L’Archipel,

2020, 347 pages.

Une nouvelle enquête du NYPD Red, unité d’élite chargée de protéger les rich and famous, confronté à un génie du mal caché à Manhattan. Par James Patterson, n°1 mondial du suspense. A New York, le crime ne connaît pas de trêve. Le NYPD Red non plus… La haute société new-yorkaise est réunie au Pierre, l’un des plus prestigieux hôtels de la ville, pour un gala de charité. Soudain, une explosion souffle la salle.
Plusieurs blessés, une victime. Acte terroriste ou vengeance personnelle ? A quelques kilomètres de là, dans les entrailles d’un hôpital désaffecté de Roosevelt Island, est retrouvé le corps d’une célèbre réalisatrice de documentaires. Etranglée. Une séance SM qui aurait mal tourné ? Deux enquêtes cousues main pour Zach Jordan et sa partenaire Kylie MacDonald, du NYPD Red, l’unité d’élite chargée de la protection des célébrités.

Pour bien commencer l’année, je vous propose de vous pencher sur un roman au rythme effréné. Alerte rouge est la quatrième enquête du duo Kylie MacDonald et Zach Jordan. Vous n’avez absolument pas besoin de lire les trois premiers tomes pour suivre! Les auteurs nous rappellent rapidement quels sont les liens entre les personnages.

Kylie et Zach sont deux enquêteurs qui travaillent à la brigade du Red de New-York. Ils sont chargés de protéger et d’enquêter sur les personnalités publiques et très riches. Alors qu’ils protègent la maire de New-York lors d’un gala de charité, une bombe explose, tuant un seul homme. Bien vite, Kylie et Zach se rendent compte que cette bombe n’est pas l’élément d’un attentat mais visait bien un seul homme. Pour quelle raison?

Parallèlement, les deux enquêteurs sont appelés sur le lieu d’un crime. Aubrey Davenport, réalisatrice de films, a été retrouvée étranglée, dans une mise en scène macabre, au beau milieu d’un asile désaffecté. Adepte de pratiques SM, Aubrey aurait été tuée lors d’un jeu sexuel. Le duo va devoir user de toute son intelligence et de son intuition pour résoudre les deux enquêtes…

Comme je le disais en introduction, Alerte rouge est le roman idéal pour vous sortir d’une panne de lecture. L’intrigue se noue à un rythme effréné. Le fait de mettre en parallèle les deux crimes permet de dynamiser le tout. C’est efficace. On ne s’ennuie pas un seul instant d’autant plus que les chapitres sont courts.

J’ai eu tendance à préférer l’intrigue concernant Aubrey car c’est un personnage intéressant. Adepte du SM, elle a développé une addiction au sexe extrême. C’est une femme pleine de souffrances qui nous est présentée ici. J’ai préféré ce fil conducteur à l’autre car l’auteur nous fait pénétrer dans le côté glauque et pervers de la société auquel prennent part de nombreuses personnalités publiques.

J’ai également beaucoup aimé le duo Kylie/Zach. Au-delà d’un duo de flics conventionnel, ils ont une relation très particulière qui vient ajouter de l’enjeu au texte. Je n’en dirai pas plus mais j’ai beaucoup aimé la manière qu’ils ont de s’envisager l’un, l’autre , de se protéger, de se jalouser. J’ai beaucoup aimé le personnage de Kylie vraiment bien amené, plein de réparties et loin des clichés.

« Alerte rouge » est un roman efficace à l’intrigue captivante qui saura vous mener à un train d’enfer.

Intérieur nuit de Marisha Pessl

 

 

Intérieur nuit de Marisha Pessl,

Publié aux éditions Gallimard,

2015, 720 pages.

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott Mc Grath ne voit pas les choses du même oil. Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, Mc Grath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’ouvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, Mc Grath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore.

C’est sur les conseils de Jessica (Le maître mot) que je me suis lancée dans cette lecture commune avec Laure du blog Boulimie livresque et comme nous avons bien fait! Quelle lecture! Intérieur nuit est le genre de bouquin que vous avez du mal à lâcher. L’intrigue y est dense et bien menée tout ça dans une sorte d’aura mystérieuse.

L’intrigue débute avec Scott McGrath. Il est journaliste free-lance à New-York et sa vie par à vau-l’eau! Sa femme l’a quitté avec sa petite fille Sam; il est en disgrâce, après un scandale, dans son milieu professionnel. Mais une affaire va tout changer: le corps d’Ashley Cordova, fille du célèbre réalisateur de films d’horreur, est retrouvé sans vie. Ashley se serait suicidée mais Scott n’en est pas si sûr. Il enquête alors pour faire éclater la vérité.

Intérieur nuit est donc une enquête d’investigation poussée et détaillée. Bien sûr, Scott cherche à faire la lumière sur le suicide d’Ashley mais il cherche avant tout à en savoir plus sur Cordova. Ce dernier est apparu dans les médias, pour la dernière fois, en 1977. Il a acheté une immense propriété, le Peak, dans laquelle il y tourne tous ses films. Sa famille semble frappée d’une étrange malédiction: suicides à répétition, accidents, … . Ses acteurs disent qu’avoir tourné avec lui a changé complètement leur façon de voir la vie, la mort. Ses films sont interdits à la vente. Les spectateurs ne peuvent que les visionner lors de projections privées ou cryptées. Voir un film de Cordova c’est comme traverser les feux de l’enfer. On ne s’en remet pas. Bref, ce personnage est un mystère total.

Et que dire d’Ashley, cette jeune femme qui envoûte quiconque se trouve sur son passage? Que cache son âme torturée? Plus l’enquête avance, plus les choses basculent peu à peu dans un sorte de fantastique. Et c’est bien là le but de l’œuvre de l’auteure: comment interpréter ce qui arrive à Scott? De manière rationnelle? Peut-on croire aux superstitions? Aux fantômes? Chacun se fera son avis à l’issue de sa lecture.

L’enquête devient totalement captivante lorsque l’auteure glisse des documents officiels dans l’ouvrage: coupures de presse, dossier médical, compte-rendu de la police. Tout est fait pour que le lecteur soit immergé, totalement, dans l’enquête aux côtés de Scott. J’ai été captivée d’un bout à l’autre et j’ai dévoré ce pavé sans aucun ennui.

« Intérieur nuit » restera une lecture marquante qui garde ses mystères jusqu’à la dernière page. Lisez cette merveille si ce n’est déjà fait!

Mr Mercedes de Stephen King

 

 

 

Mr Mercedes de Stephen King,

Publié aux éditions Le Livre de Poche,

661 pages, 2016.

 

 

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaine de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

Mr Mercedes est un le genre de thriller que vous ne lâcherez pas. Stephen King prouve qu’il est à l’aise dans tous les domaines et mène son intrigue de main de maître.

Le roman débute par le massacre d’une foule de chômeurs par un déséquilibré en Mercedes. Le chauffard s’est bien sûr volatilisé, laissant pour morts et blessés des dizaines de personnes. Un an après ce massacre, Bill Hodges, policier à la retraite, reçoit une lettre étrange. Le tueur à la Mercedes le défie de le retrouver. Bill, dépressif et au bord du suicide, reprend goût à la vie et décide de mener l’enquête.

Quel roman! Quel suspens! Stephen King concentre tout son génie dans ce thriller. Les chapitres alternent entre l’enquête menée par Bill Hodges et les « aventures » de notre tueur à la Mercedes. En effet, dès le début, le lecteur sait qui a perpétré le massacre et en connaît les raisons. Le roman va donc reposer uniquement sur la manière dont Hodges mène méticuleusement son enquête.

Bill est un personnage très attachant. Obèse, dépressif, il reprend du service de manière confidentielle. Il va s’attacher à des éléments négligés lors de la premières enquête pour faire avancer la sienne et démasquer le coupable. C’était passionnant. J’ai adoré suivre cette enquête aux côtés de Bill, enquêteur chevronné: ses tâtonnements, ses avancées, ses échecs, c’était vraiment bien mené.

J’ai tout simplement adoré ce bouquin. J’y ai aimé les passages dans lesquels Hodges mène l’enquête mais aussi les chapitres dans lesquels le tueur agit. J’ai adoré l’ambiance du roman qui nous fait vivre le quotidien d’une petite ville perdue. C’était excellent jusqu’au style de l’auteur, parfait. Les phrases font mouche; l’écriture est fluide, acérée et pointe une fois de plus les travers de l’Amérique. L’intrigue est menée d’une main de maître.

Mr Mercedes est un excellent thriller qu’il est impossible de lâcher. L’intrigue palpitante vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière ligne.