Zénith, Tome 1: Les forces du passé

 

Zenith, Tome1: Les forces du passé de Sasha Alsberg et Lindsay Cummings,

Publié aux éditions Bayard Jeunesse,

2019, 631 pages.

Un gang de filles sanguinaires règne sur la Galaxie Mirabel.
Surentraînées, expertes en maniement des armes, pilotes de génie, ces rebelles ne respectent qu’une loi : la leur !
À leur tête, Androma Racella, alias la Baronne Sanglante, criminelle recherchée dans tous les Systèmes Unifiés, compte les morts qu’elle laisse sur son passage. Mais quand Dex, une sombre figure du passé, resurgit pour leur proposer un marché, leur errance s’arrête brutalement. Andi se retrouve face à un terrible dilemme : mourir ou trahir.
Si la Baronne Sanglante n’a plus rien à perdre, elle a une dernière mission à accomplir : la vengeance.
Et Androma est plutôt douée dans son genre.

Zenith est une réception Babelio, un roman plutôt estampillé « Young adult » mais qui m’a attirée à cause de son résumé alléchant. Une bande de filles, badass, survole les nombreuses galaxies, se livrant au passage à toutes sortes de trafic: drogue, rançon, blanchiment, … Il y a Lira, une pilote talentueuse, Gilly et Breck les artilleuses et Androma dite « Andi », la capitaine, la « Baronne sanglante » qui sème la terreur dans tout l’univers. Mélangez tout ça à une sauce Space opera et vous obtenez Zenith! Enfin, presque…

Sur le papier, ça faisait rêver mais la lecture a été ardue parfois même douloureuse. Les premiers chapitres m’ont assez plu. On suit ces quatre filles qui ne font pas dans la dentelle. Androma sort d’une mission périlleuse avec son équipe. Elle a du tuer et elle grave sur ses sabres des encoches comme autant d’hommes morts au combat. On fait doucement la connaissance de ce gang de filles: elles viennent toutes de planètes différentes. Lira a par exemple des écailles bleues sur tout le corps; Breck est une géante que les balles n’atteint pas. On se dit: « tiens, ça va être sympa de les suivre en mission et de découvrir cet univers ».

Et puis, badaboum, tout s’effondre au bout de quelques pages. L’arrivée de Dex vient bouleverser la donne et fait basculer, selon moi, le roman dans un truc archi cucu. Dex intercepte le vaisseau d’Androma et la met en face d’un choix cornélien: la jeter en prison pour tous ses crimes ou s’associer avec lui pour aller sauver Valen, le fils du général des Univers unifiés (ou un truc du genre), détenu sur Lunamere, une prison de haute sécurité. Et là où ça n’a pas matché pour moi c’est que Dex n’est autre que l’Ex d’Androma. Vous voyez venir le truc à 100 kilomètres? C’est normal! Ils se détestent, se sont aimés, quittés en mauvais terme et là ils doivent faire équipe! Le roman vire alors dans un truc de midinette très prévisible car Androma a un petit cœur qui souffre sous sa carapace…

Ajoutez à cela des méchants pas du tout crédibles, des personnages d’un creux abyssal, et vous obtenez un ennui mortel. Je suis allée au bout des 630 pages quand même pour voir (car je garde toujours espoir). Mais non, ça ne l’a pas fait du tout. L’intrigue est embrouillée, décousue et prévisible. Les pirates de l’espace ne sont pas du tout crédibles. J’ose le dire: c’est mauvais, vraiment mauvais et je ne comprends pas quel public peut être visé par ce genre de bouquin. Je me suis accrochée pourtant mais là, rien, c’est le vide absolu. C’était mauvais, un point c’est tout.Androma est une caricature de toutes les héroïnes à elle seule: un passé douloureux, très douloureux, des cheveux à la L’Oréal. Elle est trop belle même avec ses cicatrices. Elle sait trop bien se battre et tout et tout et en plus elle est sensible. Non mais allô, quoi? On écrit encore ça aujourd’hui?

Le Zenith a vite décliné avec moi: des personnages sans profondeur, une intrigue prévisible et simpliste, une héroïne caricaturale! Passez votre chemin avec ce bouquin (et épargnez votre temps).

 

Publicités

Les Nocturnes de Tess Corsac

 

 

 

Les Nocturnes de Tess Corsac,

Publié aux éditions Lynks,

2018, 370 pages.

 

 

125 Rouges. 125 Verts. 250 amnésiques. Et combien de Nocturnes ? Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ?
Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ? Un nom, un bloc, une couleur d’uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d’If, entrés dans l’institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir. Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d’élèves… Qui sont ces  » Nocturnes  » qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l’institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d’If et échapper à l’administration. Y parviendront-ils en apprenant qu’ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

Avec ce résumé mystérieux et cette couverture magnifique, je ne pouvais que succomber à l’appel des Nocturnes. Un institut en pleine nature, 125 Verts et 125 Rouges pour la plupart des ados, la disparition de l’une d’eux. Pourquoi sont-ils enfermés ici? Pourquoi leur manque-t-il certains pans de leur mémoire? Et surtout qui sont ces Nocturnes? Pourquoi veulent-ils savoir?

Tess Corsac sait où elle mène ses personnages. Au départ, à l’image de Natt, le narrateur, le lecteur est perdu, perplexe. Quelles expériences fait-on subir aux élèves de cet institut? Pourquoi la disparition de Laura met-elle en émoi tous les médecins et les professeurs? On flotte dans un brouillard épais et glacé à l’image de cette nature sauvage et rude qui cerne les murs de l’institut. Et puis peu à peu, en soulevant un pan du voile, on comprend.

Les Nocturnes c’est un roman sur le pouvoir de la connaissance. Pourquoi vouloir savoir ce que tout le monde refuse de voir, de reconnaître? Pourquoi vouloir prendre des risques là où on pourrait rester au chaud, au calme? Qu’apporte la connaissance finalement? Natt va faire partie de ceux qui veulent savoir, qui cherchent à connaître la vérité, pour ne plus rester ignorant. Tess Corsac amène les choses petit à petit sans que l’on s’en doute vraiment jusqu’à ce que tout nous saute au visage. J’ai d’abord été sceptique sur l’intrigue que je trouvais trop convenue, trop vue et puis je me suis laissée complètement happer par ce récit qui met en jeu des questions cruciales.

Pourquoi veut-on savoir mais surtout doit-on tout savoir? Est-ce que Natt aurait mieux fait de ne pas savoir pourquoi il est Rouge et pas Vert? Un peu comme Adam et Eve qui déclenche l’ire de Dieu en voulant savoir, Natt et ses amis Les Nocturnes vont déclencher une véritable guerre en accédant au savoir. J’ai trouvé vraiment passionnant de suivre ces personnages en proie à leurs affres intérieures. Il y a ceux qui sauront composer avec la vérité et ceux qui ne s’en remettront pas.

Sans temps mort, l’intrigue est menée sur un rythme soutenu qui fait progresser le lecteur de découverte en découverte. Il a été difficile de lâcher ce roman pour me consacrer à autre chose. Une fois refermé, l’histoire me laisse encore avec beaucoup de questions en suspens. Qu’aurais-je fait à la place de Natt? Aurais-je voulu savoir?

Les Nocturnes est un roman intelligent et bien construit qui questionne le lecteur sur ses choix les plus intimes. Lisez-le!

L’Aube sera grandiose de Anne-Laure Bondoux

 

 

 

L’Aube sera grandiose de Anne-Laure Bondoux,

Publié aux éditions Gallimard Jeunesse,

2017, 299 pages.

 

 

Titania emmène sa fille, Nine, seize ans, dans une mystérieuse cabane au bord d’un lac. Il est temps pour elle de lui dévoiler des événements de sa vie qu’elle lui a cachés jusqu’alors. Nine écoute, suspendue aux paroles de sa mère. Flash-back, anecdotes, personnages flamboyants, récits en eaux troubles, souvenirs souvent drôles et parfois tragiques, bouleversants, fascinants secrets… Peu à peu jaillit un étonnant roman familial, qui va prendre, pour Nine, un nouveau tour au matin..

L‘Aube sera grandiose est un roman, classé jeunesse/Young adult, sorti en 2017. Comme je fais tout à contre-courant, c’est seulement maintenant que je le découvre! J’ai beaucoup aimé ce roman qui évoque une histoire familiale tourmentée.

Titania emmène donc sa fille Nine, dans une cabane, loin de tout. Elle veut lui raconter son histoire, celle de sa propre mère, celle de ses frères car jusque là Titania a menti à sa fille. De leur arrivée à la cabane jusqu’au petit matin, Titania déroule en une nuit le fil de sa vie.

En effet, la narration se fait d’un seul tenant, en une seule nuit. Titania raconte son enfance avec sa mère Rose-Aimée, une enfance faite d’errances, de squats, de départs précipités. Pourquoi n’a-t-elle jamais révélé l’existence de cette grand-mère fantasque à Nine? Pourquoi Titania a-t-elle fui toute sa vie jusqu’à changer d’identité?

Anne-Laure Bondoux prend le lecteur par la main et l’entraîne dans le sillage de cette drôle de famille menée par Rose-Aimée tantôt émouvante, tantôt exaspérante. On devine peu à peu que Rose-Aimée n’a pas vraiment choisi le chemin qu’elle a emprunté et qu’on lui a forcé la main. Des années 60 jusqu’aux années 90, l’auteur nous conte cette épopée familiale saupoudrée de drame.

J’ai aimé me laisser prendre au jeu du secret de famille, comprendre pourquoi cette fuite en avant incessante. Il m’a cependant manqué un petit soupçon d’émotions pour que le coup de cœur soit réel. En étoffant davantage sa narration, l’auteur aurait gagné en profondeur, entraînant avec elle les lecteurs restés à la surface des émotions.

L’Aube sera grandiose est un roman intéressant qui nous livre le secret, bien lourd, d’une famille unie jusqu’au bout.

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs

 

 

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs,

Publié aux éditions Bayard,

2012, 432 pages.

 

Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Miss Peregrine et les enfants particuliers est le premier tome d’une trilogie qui a eu un telle succès qu’elle a été adaptée au cinéma. Cela faisait un petit moment que ce roman me faisait de l’œil et j’avais envie de me faire ma propre opinion avant de le classer parmi les navets ou à l’inverse les très bons romans jeunesses. J’ai été particulièrement surprise par ce livre. Je m’attendais à quelque chose de plus enfantin, de beaucoup plus jeunesse et au final, j’ai adoré découvrir ce premier tome. Son succès n’est donc pas démérité…

Jacob a seize ans et vit en Floride. Il travaille l’été dans un des nombreux supermarchés tenus par sa famille. Un jour, son grand-père, dont il est très proche, l’appelle complètement paniqué. Abe semble en proie à des hallucinations: il prétend se faire attaquer par des créatures étranges. Jacob retrouve son grand-père mort, affreusement mutilé et lui aussi aperçoit une des fameuses créatures. Et si depuis tout ce temps, les histoires fantastiques racontées par Abe était véridiques? Jacob, en proie à d’horribles cauchemars, décide de retourner là où tout à commencer pour mener l’enquête: sur une île britannique, perdue au milieu de l’océan, dans un orphelinat en ruines…

Ce premier tome m’a donc particulièrement surprise car je le trouve très sombre, très noir. Il commence par le meurtre atroce d’un grand-père. Même si l’auteur ne rentre pas dans les détails par égard pour ses jeunes lecteurs, on devine quand même la noirceur du problème auquel il va confronter Jacob. J’ai aimé aussi que l’univers fantastique, dans lequel Jacob va pénétrer plus tard, n’est pas totalement admis comme tel dès le départ. Jacob hésite beaucoup. Les photos des fameux enfants particuliers sont peut-être des montages, des créations de toute pièce. Pendant très longtemps Jacob va douter des paroles d’Abe.

La manière dont la bascule monde réel/monde fantastique est faite est très bien trouvée. Pas de magie grandiloquente ou d’esbroufe: l’auteur va tout simplement jouer sur l’étirement du temps et le passage d’une dimension à l’autre. Jacob va donc se retrouver subitement dans le monde des enfants particuliers et là encore, j’ai trouvé que c’était très très bien pensé pour l’auteur. L’histoire, loin de s’emplir de magie et de paillettes, devient sombre voire glauque. L’auteur nous met en présence d’enfants bien flippants: en tout cas, c’est comme ça que j’ai ressenti les choses. On est face à des êtres issus du folklore freak. Les photos noir et blanc viennent renforcer ce sentiment de malaise. Je vous assure que face à certains clichés, je n’étais pas bien fière! Ajoutez à cela un orphelinat perdu dans les marais et vous avez une ambiance de dingue.

L’histoire très étrange délivre un sentiment de malaise que j’ai apprécié parce que le lecteur, qu’il soit ado ou adulte, n’est pas pris pour un imbécile. Il y a des trucs glauques dans ce roman, des morts qui ne sont pas enterrés, des enfants psychopathes sur les bords qui jouent les créateurs, des histoires d’amour ratées limite incestueuses et un humour parfois en-dessous de la ceinture qui m’a bien fait rire! Mention spéciale pour les monstres qui reprennent en fait toutes les peurs enfantines, primitives auxquelles nous n’aimerions pas du tout, du tout être confronté.

Ce premier tome est donc une vraie découverte pour moi et une véritable réussite. Si vous ne connaissez pas encore Miss Peregrine et les enfants particuliers, lisez cette merveille sombre et poisseuse.

Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry

 

 

Le Garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry,

Publié aux éditions Lynks,

2018, 356 pages.

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Le roman de David Bry entraîne son lecteur dans un Paris réinventé, au 19ème siècle. L’empire a mis en place une police de la Norme qui, grâce au concours de l’Église, parque sur une île (l’île de la Cité?) les anormaux. Les anormaux sont tous ceux qui sont différents: les malades, les obèses, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les malades mentaux. Regroupés dans une cour des miracles (coucou Victor Hugo!), ils vivotent de larcins et de petits boulots qu’on veut bien leur attribuer.

Dans les beaux quartiers, vit Romain. Il est issu d’une famille noble et fortunée. Son père est le chef de la police de la Norme. Romain est un adolescent mal dans sa peau. Chaque nuit il fuit la maison familiale pour espionner, scruter le peuple de l’île. Il est notamment fasciné par un certain Lion, un adolescent comme lui, aux cheveux flamboyants. Romain se sent proche de tous ces exclus car lui aussi se considère comme anormal. Il cache en effet un lourd secret. Mais un jour, tout bascule: Romain apprend que l’Empire veut éliminer définitivement tous les anormaux….

David Bry plonge son lecteur dans un Paris fantasmé qui n’est pas sans rappeler les romans de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas. Les ruelles sont souvent mal famées, les troquets sont légions et on y dégaine facilement la rapière. A mi-chemin entre le roman de cape et d’épées et le roman social, David Bry imagine une société où la différence n’existe pas. Si elle existe, elle est cachée, honnie, dissimulée aux yeux des nantis. Romain, un adolescent pas comme les autres, va prendre partie pour tous ces exclus considérés comme anormaux.

David Bry propose également à son lecteur un vrai roman d’aventures. Chaque nuit, Romain fait le mur. Il va de rencontre en rencontre. Côtoyant des personnages presque fantastiques comme Joséphine dans son bolide, les redoutables Lames noires au service de l’Empire. On pénètre aussi facilement dans le cimetière des Innocents qu’au cœur d’une demeure bourgeoise du 19ème siècle. L’auteur nous promène dans un Paris où toutes les couches de la société sont représentées: les pauvres, les miséreux, les bourgeois jusqu’aux plus nobles.

L’intrigue ne connaît aucun temps mort puisque Romain à l’aide de ses amis va devoir déjouer un complot et qu’il ne possède que quelques jours pour y parvenir. De cimetières en égouts, on suit Romain et ses amis, bien souvent en danger de mort. S’il se sort parfois rapidement de certaines situations, les adolescents apprécieront le rythme soutenu qui colle à la peau de ce héros différent.

Le seul bémol que j’apporterai au roman est qu’il n’est pas assez creusé à mon goût. J’aurais aimé savoir pour quelles raisons la société en est arrivée à ce point de non retour, pour quelles raisons les anormaux ont-il été parqués, exclus sur l’île.

Au final, Le Garçon et la ville qui ne souriait plus est un roman d’aventures qui entraîne la lecteur dans un monde dystopique intéressant. Avec délicatesse, David Bry aborde le thème de la différence et de l’exclusion tout en montrant la violence d’un monde qui néglige l’Autre trop grand, trop gros, trop malade.

 

7 nuits de Pa Ming Chiu

 

 

7 nuits de Pa Ming Chiu,

Publié aux éditions Ynnis,

2018, 191 pages.

 

 

1993. La fin du printemps approche et l’été arrive doucement. S. , Mulot et Marie, trois camarades de classe du collège, s’amusent à faire le mur la nuit pour se faire peur. Jusqu’à se retrouver face à un mystère macabre… Par ailleurs, le temps est venu d’affronter ses propres sentiments et de grandir un peu.

Merci aux éditions Ynnis de m’avoir fait découvrir le roman de Pa Ming Chiu. Je lis peu de littérature jeunesse et young adult car j’ai toujours peur que le style fasse trop jeunesse justement avec tous les tics d’écriture que cela implique. J’ai été très agréablement surprise ici. Pa Ming Chiu prouve qu’on peu écrire pour la jeunesse et écrire bien.

L’intrigue est simple. Mulot, S. et Mary sont trois copains du collège. Un soir, ils décident de faire le mur. Entre peur et excitation, ils découvrent leur ville de nuit. Ils explorent des recoins cachés et poussent l’expérience toujours plus loin. De leurs aventures naîtront l’amitié, l’amour et le courage.

Pa Ming Chiu nous propose ici une histoire simple mais belle. Le roman se veut très court mais il raconte beaucoup. Ne vous attendez pas à une histoire dans laquelle il se passerait des tonnes de choses et dans laquelle il y aurait des tas de rebondissements. On va suivre simplement ces trois ados qui découvrent la peur, l’amour, l’amitié, le désir…

Ce que j’ai aimé, c’est que tout sonne vrai sous la plume de l’auteur. Il raconte l’histoire du point de vue de S. Il n’y a aucune fausse note et j’ai retrouvé moi-même ce que j’avais pu ressentir lorsque j’étais ado: le frisson de l’interdit, le premier amour, le sentiment d’être invincible. J’ai trouvé que tout sonnait juste. S. nous offre ici le récit de son premier amour et c’est tout simplement beau car l’auteur évite l’écueil de l’histoire guimauve.

J’ai aussi adoré les références aux musiques et aux animés de la fin des années 90! Pas sûr que les plus jeunes connaissent mais c’est assez bien vu de la part de l’auteur. Sans nostalgie, il donne de vraies références au monde de son personnage pour le plus grand plaisir du lecteur!

7 nuits est un roman que je conseille vivement aux ados et même aux plus âgés. Avec une plume poétique et vraie, Pa Ming Chiu écrit un roman adolescent qui saura vous envoûter!

Les Hauts-Conteurs, Tome 4: treize damnés

 

 

 

 

Les Hauts-Conteurs, Tome 4: Treize damnés de Patrick McSpare,

Publié aux éditions Pocket,

2014, 384 pages.

 

 

Perdu dans une grotte glacée, Roland est amnésique et prisonnier de sorcières qui l’empêchent de recouvrer la mémoire. Il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l’esprit mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu et même un Cœur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant les réponses aux questions qu’il s’est toujours posées sont à portée de voix… Car ses geôlières semblent tout savoir du Livre des Peurs. A Rome, Alexandrie ou dans les Alpes, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l’Insondable et Corwyn le Flamboyant collectent des indices partout et progressent vers le nord de l’Europe, sur la piste des 13 damnés et des origines du Livre des Peurs. Sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n’avait seulement osé imaginer ? Voici venue l’histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations…

Ma lecture du quatrième tome des Hauts-Conteurs est arrivée à point nommé puisque je l’ai lu dans le cadre du #Pumpki AutumnChallenge. Je me suis tout simplement régalée avec ce tome intense en émotions qui colle parfaitement à l’esprit du challenge automnal.

On retrouve Roland, notre jeune haut conteur, prisonnier de la montagne hurlante. Cela fait plus de deux ans qu’il vit dans sa misérable cellule. Ses geôliers sont d’étranges sorcières, terribles et sanguinaires, qui s’amusent parfois à le laisser s’échapper pour mieux l’enfermer et le retenir. Roland est seul, d’autant plus qu’il est complètement amnésique. Il n’a aucun souvenir de son ancienne vie, de Mathilde son professeur ou encore d’Elena, sa promise. Ses compagnons hauts-conteurs ne l’ont pas oublié et font tout pour le retrouver. Roland aurait été enlevé par une secte se faisant appeler « les treize damnés ».

Le lecteur chemine donc aux côtés de Roland qui cherche à savoir où il se trouve et pourquoi. Dès le départ, Patrick McSpare captive son lecteur en le plongeant dans une atmosphère lourde, sombre et oppressante. Le livre se déroule en partie sous la montagne, dans une ville troglodyte plongée dans le noir, dans laquelle Roland va tenter de trouver une échappatoire. Entres courses-poursuite dans les labyrinthes maudits de cette cité, rencontres fortuites avec des morts-vivants et énigmes insolubles, Roland a fort à faire!

A l’extérieur, le décor est glaçant. Un seul village est établi au pied de la montagne, bloqué par un fjord et par les neiges. Lors de ses excursions, Roland se rend compte que les villageois sont étranges. Ils vivent comme des automates, refaisant sans cesse les mêmes gestes, sans parler, sans communiquer. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est pris dans cet univers horrifique et dantesque.

Ce tome est beaucoup plus sombre que les précédents. Plus mature, Roland affronte des entités mythiques et démoniaques. J’avoue avoir eu quelques frayeurs à certains passages car l’auteur joue habilement sur notre peur ancestrale du noir et des spectres. En outre, l’auteur nous en dit plus sur le fameux livre des peurs et le voile se lève un peu sur l’enjeu du manuscrit ancestral.

Ce tome sombre, aux teintes horrifiques est pour le moment mon tome préféré. Le dernier volume m’attend sagement dans ma PAL…