Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs

 

 

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs,

Publié aux éditions Bayard,

2012, 432 pages.

 

Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Miss Peregrine et les enfants particuliers est le premier tome d’une trilogie qui a eu un telle succès qu’elle a été adaptée au cinéma. Cela faisait un petit moment que ce roman me faisait de l’œil et j’avais envie de me faire ma propre opinion avant de le classer parmi les navets ou à l’inverse les très bons romans jeunesses. J’ai été particulièrement surprise par ce livre. Je m’attendais à quelque chose de plus enfantin, de beaucoup plus jeunesse et au final, j’ai adoré découvrir ce premier tome. Son succès n’est donc pas démérité…

Jacob a seize ans et vit en Floride. Il travaille l’été dans un des nombreux supermarchés tenus par sa famille. Un jour, son grand-père, dont il est très proche, l’appelle complètement paniqué. Abe semble en proie à des hallucinations: il prétend se faire attaquer par des créatures étranges. Jacob retrouve son grand-père mort, affreusement mutilé et lui aussi aperçoit une des fameuses créatures. Et si depuis tout ce temps, les histoires fantastiques racontées par Abe était véridiques? Jacob, en proie à d’horribles cauchemars, décide de retourner là où tout à commencer pour mener l’enquête: sur une île britannique, perdue au milieu de l’océan, dans un orphelinat en ruines…

Ce premier tome m’a donc particulièrement surprise car je le trouve très sombre, très noir. Il commence par le meurtre atroce d’un grand-père. Même si l’auteur ne rentre pas dans les détails par égard pour ses jeunes lecteurs, on devine quand même la noirceur du problème auquel il va confronter Jacob. J’ai aimé aussi que l’univers fantastique, dans lequel Jacob va pénétrer plus tard, n’est pas totalement admis comme tel dès le départ. Jacob hésite beaucoup. Les photos des fameux enfants particuliers sont peut-être des montages, des créations de toute pièce. Pendant très longtemps Jacob va douter des paroles d’Abe.

La manière dont la bascule monde réel/monde fantastique est faite est très bien trouvée. Pas de magie grandiloquente ou d’esbroufe: l’auteur va tout simplement jouer sur l’étirement du temps et le passage d’une dimension à l’autre. Jacob va donc se retrouver subitement dans le monde des enfants particuliers et là encore, j’ai trouvé que c’était très très bien pensé pour l’auteur. L’histoire, loin de s’emplir de magie et de paillettes, devient sombre voire glauque. L’auteur nous met en présence d’enfants bien flippants: en tout cas, c’est comme ça que j’ai ressenti les choses. On est face à des êtres issus du folklore freak. Les photos noir et blanc viennent renforcer ce sentiment de malaise. Je vous assure que face à certains clichés, je n’étais pas bien fière! Ajoutez à cela un orphelinat perdu dans les marais et vous avez une ambiance de dingue.

L’histoire très étrange délivre un sentiment de malaise que j’ai apprécié parce que le lecteur, qu’il soit ado ou adulte, n’est pas pris pour un imbécile. Il y a des trucs glauques dans ce roman, des morts qui ne sont pas enterrés, des enfants psychopathes sur les bords qui jouent les créateurs, des histoires d’amour ratées limite incestueuses et un humour parfois en-dessous de la ceinture qui m’a bien fait rire! Mention spéciale pour les monstres qui reprennent en fait toutes les peurs enfantines, primitives auxquelles nous n’aimerions pas du tout, du tout être confronté.

Ce premier tome est donc une vraie découverte pour moi et une véritable réussite. Si vous ne connaissez pas encore Miss Peregrine et les enfants particuliers, lisez cette merveille sombre et poisseuse.

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Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry

 

 

Le Garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry,

Publié aux éditions Lynks,

2018, 356 pages.

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Le roman de David Bry entraîne son lecteur dans un Paris réinventé, au 19ème siècle. L’empire a mis en place une police de la Norme qui, grâce au concours de l’Église, parque sur une île (l’île de la Cité?) les anormaux. Les anormaux sont tous ceux qui sont différents: les malades, les obèses, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les malades mentaux. Regroupés dans une cour des miracles (coucou Victor Hugo!), ils vivotent de larcins et de petits boulots qu’on veut bien leur attribuer.

Dans les beaux quartiers, vit Romain. Il est issu d’une famille noble et fortunée. Son père est le chef de la police de la Norme. Romain est un adolescent mal dans sa peau. Chaque nuit il fuit la maison familiale pour espionner, scruter le peuple de l’île. Il est notamment fasciné par un certain Lion, un adolescent comme lui, aux cheveux flamboyants. Romain se sent proche de tous ces exclus car lui aussi se considère comme anormal. Il cache en effet un lourd secret. Mais un jour, tout bascule: Romain apprend que l’Empire veut éliminer définitivement tous les anormaux….

David Bry plonge son lecteur dans un Paris fantasmé qui n’est pas sans rappeler les romans de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas. Les ruelles sont souvent mal famées, les troquets sont légions et on y dégaine facilement la rapière. A mi-chemin entre le roman de cape et d’épées et le roman social, David Bry imagine une société où la différence n’existe pas. Si elle existe, elle est cachée, honnie, dissimulée aux yeux des nantis. Romain, un adolescent pas comme les autres, va prendre partie pour tous ces exclus considérés comme anormaux.

David Bry propose également à son lecteur un vrai roman d’aventures. Chaque nuit, Romain fait le mur. Il va de rencontre en rencontre. Côtoyant des personnages presque fantastiques comme Joséphine dans son bolide, les redoutables Lames noires au service de l’Empire. On pénètre aussi facilement dans le cimetière des Innocents qu’au cœur d’une demeure bourgeoise du 19ème siècle. L’auteur nous promène dans un Paris où toutes les couches de la société sont représentées: les pauvres, les miséreux, les bourgeois jusqu’aux plus nobles.

L’intrigue ne connaît aucun temps mort puisque Romain à l’aide de ses amis va devoir déjouer un complot et qu’il ne possède que quelques jours pour y parvenir. De cimetières en égouts, on suit Romain et ses amis, bien souvent en danger de mort. S’il se sort parfois rapidement de certaines situations, les adolescents apprécieront le rythme soutenu qui colle à la peau de ce héros différent.

Le seul bémol que j’apporterai au roman est qu’il n’est pas assez creusé à mon goût. J’aurais aimé savoir pour quelles raisons la société en est arrivée à ce point de non retour, pour quelles raisons les anormaux ont-il été parqués, exclus sur l’île.

Au final, Le Garçon et la ville qui ne souriait plus est un roman d’aventures qui entraîne la lecteur dans un monde dystopique intéressant. Avec délicatesse, David Bry aborde le thème de la différence et de l’exclusion tout en montrant la violence d’un monde qui néglige l’Autre trop grand, trop gros, trop malade.

 

7 nuits de Pa Ming Chiu

 

 

7 nuits de Pa Ming Chiu,

Publié aux éditions Ynnis,

2018, 191 pages.

 

 

1993. La fin du printemps approche et l’été arrive doucement. S. , Mulot et Marie, trois camarades de classe du collège, s’amusent à faire le mur la nuit pour se faire peur. Jusqu’à se retrouver face à un mystère macabre… Par ailleurs, le temps est venu d’affronter ses propres sentiments et de grandir un peu.

Merci aux éditions Ynnis de m’avoir fait découvrir le roman de Pa Ming Chiu. Je lis peu de littérature jeunesse et young adult car j’ai toujours peur que le style fasse trop jeunesse justement avec tous les tics d’écriture que cela implique. J’ai été très agréablement surprise ici. Pa Ming Chiu prouve qu’on peu écrire pour la jeunesse et écrire bien.

L’intrigue est simple. Mulot, S. et Mary sont trois copains du collège. Un soir, ils décident de faire le mur. Entre peur et excitation, ils découvrent leur ville de nuit. Ils explorent des recoins cachés et poussent l’expérience toujours plus loin. De leurs aventures naîtront l’amitié, l’amour et le courage.

Pa Ming Chiu nous propose ici une histoire simple mais belle. Le roman se veut très court mais il raconte beaucoup. Ne vous attendez pas à une histoire dans laquelle il se passerait des tonnes de choses et dans laquelle il y aurait des tas de rebondissements. On va suivre simplement ces trois ados qui découvrent la peur, l’amour, l’amitié, le désir…

Ce que j’ai aimé, c’est que tout sonne vrai sous la plume de l’auteur. Il raconte l’histoire du point de vue de S. Il n’y a aucune fausse note et j’ai retrouvé moi-même ce que j’avais pu ressentir lorsque j’étais ado: le frisson de l’interdit, le premier amour, le sentiment d’être invincible. J’ai trouvé que tout sonnait juste. S. nous offre ici le récit de son premier amour et c’est tout simplement beau car l’auteur évite l’écueil de l’histoire guimauve.

J’ai aussi adoré les références aux musiques et aux animés de la fin des années 90! Pas sûr que les plus jeunes connaissent mais c’est assez bien vu de la part de l’auteur. Sans nostalgie, il donne de vraies références au monde de son personnage pour le plus grand plaisir du lecteur!

7 nuits est un roman que je conseille vivement aux ados et même aux plus âgés. Avec une plume poétique et vraie, Pa Ming Chiu écrit un roman adolescent qui saura vous envoûter!

Les Hauts-Conteurs, Tome 4: treize damnés

 

 

 

 

Les Hauts-Conteurs, Tome 4: Treize damnés de Patrick McSpare,

Publié aux éditions Pocket,

2014, 384 pages.

 

 

Perdu dans une grotte glacée, Roland est amnésique et prisonnier de sorcières qui l’empêchent de recouvrer la mémoire. Il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l’esprit mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu et même un Cœur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant les réponses aux questions qu’il s’est toujours posées sont à portée de voix… Car ses geôlières semblent tout savoir du Livre des Peurs. A Rome, Alexandrie ou dans les Alpes, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l’Insondable et Corwyn le Flamboyant collectent des indices partout et progressent vers le nord de l’Europe, sur la piste des 13 damnés et des origines du Livre des Peurs. Sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n’avait seulement osé imaginer ? Voici venue l’histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations…

Ma lecture du quatrième tome des Hauts-Conteurs est arrivée à point nommé puisque je l’ai lu dans le cadre du #Pumpki AutumnChallenge. Je me suis tout simplement régalée avec ce tome intense en émotions qui colle parfaitement à l’esprit du challenge automnal.

On retrouve Roland, notre jeune haut conteur, prisonnier de la montagne hurlante. Cela fait plus de deux ans qu’il vit dans sa misérable cellule. Ses geôliers sont d’étranges sorcières, terribles et sanguinaires, qui s’amusent parfois à le laisser s’échapper pour mieux l’enfermer et le retenir. Roland est seul, d’autant plus qu’il est complètement amnésique. Il n’a aucun souvenir de son ancienne vie, de Mathilde son professeur ou encore d’Elena, sa promise. Ses compagnons hauts-conteurs ne l’ont pas oublié et font tout pour le retrouver. Roland aurait été enlevé par une secte se faisant appeler « les treize damnés ».

Le lecteur chemine donc aux côtés de Roland qui cherche à savoir où il se trouve et pourquoi. Dès le départ, Patrick McSpare captive son lecteur en le plongeant dans une atmosphère lourde, sombre et oppressante. Le livre se déroule en partie sous la montagne, dans une ville troglodyte plongée dans le noir, dans laquelle Roland va tenter de trouver une échappatoire. Entres courses-poursuite dans les labyrinthes maudits de cette cité, rencontres fortuites avec des morts-vivants et énigmes insolubles, Roland a fort à faire!

A l’extérieur, le décor est glaçant. Un seul village est établi au pied de la montagne, bloqué par un fjord et par les neiges. Lors de ses excursions, Roland se rend compte que les villageois sont étranges. Ils vivent comme des automates, refaisant sans cesse les mêmes gestes, sans parler, sans communiquer. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est pris dans cet univers horrifique et dantesque.

Ce tome est beaucoup plus sombre que les précédents. Plus mature, Roland affronte des entités mythiques et démoniaques. J’avoue avoir eu quelques frayeurs à certains passages car l’auteur joue habilement sur notre peur ancestrale du noir et des spectres. En outre, l’auteur nous en dit plus sur le fameux livre des peurs et le voile se lève un peu sur l’enjeu du manuscrit ancestral.

Ce tome sombre, aux teintes horrifiques est pour le moment mon tome préféré. Le dernier volume m’attend sagement dans ma PAL…

Witchcraft de Raphaël Payet

 

 

 

Witchcraft de Raphaël Payet,

Publié aux éditions Bergame,

2018, 112 pages.

 

La prophétie autrefois annoncée par les sorciers est en marche. Elle est dorénavant synonyme d’espoir pour des hommes implorant un meilleur avenir pour leur descendance dans ce royaume prohibant la magie et devenu chaotique. Longtemps tenue en captivité par les Rages Noirs, Tasha Lunar, l’une des dernières sorcières, se retrouve dans l’obligation de fuir afin de survivre. Espérant retrouver son ancienne vie, elle se met à la recherche de son père, et, dans sa quête, sera aidée par Vaco Tomas, un vagabond solitaire au passé trouble. Beaucoup d’épreuves les attendent, testant leur courage et leur caractère… La prophétie des sorciers est en marche, portée par la dernière des sorcières.

Je remercie les éditions Bergame de m’avoir fait parvenir ce roman. La quatrième de couverture m’a tout de suite attirée. Avant de vous lancer dans ce roman, il faut vous dire qu’il s’adresse davantage à des ados et qu’il faut donc le lire dans cette optique.

C’est d’abord un roman très court: 112 pages qui se lisent vite. On suit au début de l’histoire Vaco Tomas. C’est un homme solitaire, quasi ermite, qui vit de vols. Il découvre, une boîte mystérieuse, alors qu’il s’en prend à un convoi. Même si elle est impossible à ouvrir, il décide pourtant de la conserver avec lui. Un peu plus tard, il fait la connaissance de Tasha. Il découvre bientôt qu’elle est une sorcière et qu’elle est à la recherche de son père.

Objectivement, je dirais que ce petit roman est une bonne entrée en matière pour tous les enfants ou ados qui veulent se frotter à la fantasy. Raphaël Payet mêle magie, combats de sorciers et découvertes d’univers merveilleux dans un récit où tout s’enchaîne très vite. Il y a beaucoup d’actions et le rythme est soutenu. Les plus jeunes lecteurs ne s’ennuieront pas!

Cependant, l’action peut en gêner plus d’un. J’ai eu l’impression parfois de lire une grosse introduction de roman. L’univers imaginé est esquissé à peine. C’est dommage car on sent qu’il y a du potentiel pour faire une histoire plus longue et plus fouillée. L’auteur a voulu miser sur les péripéties au détriment parfois des explications. On saute du coq à l’âne aux moments où justement on aimerait davantage se poser pour comprendre comment fonctionne le monde dans lequel évolue les personnages. Quand Tasha apprend par exemple à maîtriser ses pouvoirs de sorcière, l’auteur n’y consacre qu’un paragraphe et ça va beaucoup trop vite pour la lectrice exigeante que je suis.

A d’autres moments, l’univers décrit par l’auteur est très beau. Il y a de magnifiques passages que j’ai trouvés très travaillés tant au niveau du style que de l’intrigue. Cependant, à nouveau, à force de vouloir trop en faire, l’auteur vient en quelque sorte « gâcher » ces moments de lecture par une action trop rapprochée et trop répétitive.

Witchcraft est un roman de fantasy qui ravira les ados par son côté actions et aventures. L’univers mériterait cependant d’être plus développé.

 

L’autre chemin du petit chaperon rouge de Coralie Valageas

 

L’autre chemin du petit chaperon rouge de Coralie Valageas,

Publié aux éditions Lito,

2017, à partir de 2-3 ans.

Tout le monde connaît l’histoire du Petit chaperon rouge. Mon fils adore ce conte. J’ai les deux versions à la maison: celle où tout est bien qui finit bien et l’originale dans laquelle grand-mère et chaperon ne ressortent pas vivants de l’histoire! Quand j’ai vu que Babelio proposait cette version dans sa dernière masse critique, je n’ai pas hésité! Merci donc à Babelio et aux éditions Lito pour la découverte de ce Chaperon rouge pas comme les autres…

Tout débute pourtant comme dans la version initiale. Le petit chaperon rouge, appelé ainsi à cause de sa cape rouge, doit rendre visite à sa grand-mère pour lui porter un petit pot de beurre et une galette. Sa mère lui recommande même de ne pas s’attarder dans les bois. Le chaperon rouge rencontre le loup qui la questionne. Ne se doutant de rien, l’enfant répond naïvement et le rusé loup de lui indiquer le chemin le plus long tandis que lui prend le raccourci

Jusque là rien d’anormal. Mais voilà, le petit chaperon rouge, en prenant le chemin le plus long, va aller de rencontre en rencontre. L’auteur a pris le parti de lui faire rencontrer d’autres personnages issus des contes et ces rencontres se font via leur maison. Ainsi, le chaperon rouge va d’abord rencontrer Blanche-neige et les sept nains dans leur toute petite maison, puis Hansel et Gretel dans la maison en pain d’épice (ma préférée!), les trois ours et enfin la Belle au bois dormant dans son château.

Elle demande à chaque fois son chemin. Chaque personnage le lui indique mais lui demande un service en échange. Blanche-neige lui demande ainsi de retrouver sa pomme. C’est là que les flaps (comprenez les petits volets à soulever) entrent en jeu. L’enfant doit chercher, en ouvrant chaque fenêtre, l’élément demandé. Mon loulou s’est bien amusé à mener l’enquête.

A noter que les dessins sont très beaux et très colorés. Nous avons adoré lire l’intrigue principale mais regarder également tous les détails qui se glissent dans chaque dessin: les petits animaux, les différentes sortes de bonbons, …

L’autre chemin du petit chaperon rouge est un album très réussi qui détourne avec beaucoup d’humour le conte initial! Nous l’avons lu au moins 5 fois depuis hier, c’est dire! Je le recommande vraiment aux parents qui veulent faire découvrir une autre facette des contes à leur enfant.

 

Penny Cambriole, Tome 3: Les rouages du temps de Cécile Duquenne

 

 

Penny Cambriole, Tome 3: Les rouages du temps de Cécile Duquenne,

Publié aux éditions Safran,

2017, 91 pages.

 

La fin des vacances à Lambesc approche pour Penny. Aspirée par une faille spatio-temporelle, elle se retrouve à bord du Nautilus qui navigue vers l’Atlantide. Là-bas, elle découvre un danger plus grand que tout ce qu’elle a affronté auparavant et retrouve Arsène Lupin, un ancien ennemi qui pourrait devenir un allié.

Penny Cambriole est une série jeunesse mettant en scène Penny entourée des futurs Jack London, Marie Curie et Jules Verne. Les enfants ont déjà vécu pas mal d’aventures dans le tome 1 et le tome 2, devenant « Les veilleurs du temps ». En effet, ils ont la possibilité de voyager dans le temps afin d’anticiper ou de réparer le cours des choses.

Dans ce troisième opus, Cécile Duquenne entraîne Penny à Marseille. Alors qu’elle se régale d’un aïoli en compagnie de ses grands-parents, elle reçoit le message de détresse du futur Jules Verne. Aspirée par une faille spatio-temporelle, elle se retrouve à bord du Nautilus. Le cours du temps est en danger puisqu’un général Atlante, décidé à sauver l’Atlantide de sa chute, a modifié le cours du temps. Avec ses compagnons, Penny va essayer de réparer les dégâts.

Ce troisième tome m’a beaucoup plu. Il explore d’abord le mythe de l’Atlantide qui me fascine particulièrement. Le refus de voir sombrer cet archipel millénaire mène un cruel mais désespéré général à modifier le cours du temps quitte à révolutionner l’avenir de la planète entière.

J’ai aussi aimé la manière dont Cécile Duquenne joue avec le lecteur. Penny Cambriole est un roman jeunesse qui se situe à plusieurs niveaux. Il y a bien sûr les aventures et les rebondissements pour les plus jeunes des lecteurs. Mais il y aussi les sous-entendus, les non-dits destinés à un public plus mûr. Ainsi Penny s’amuse souvent du fait qu’elle en sait plus que ses camarades sur leur avenir et elle anticipe de nombreuses choses en faisant des clins d’œil au lecteur adulte que nous sommes. J’aime beaucoup cet humour délicat et cette ironie fine dans lesquels je reconnais bien l’auteur.

Laissez-vous donc tenter par le tome 3 de Penny Cambriole qui ravira tous les publics et plongez au cœur du mythe de l’Atlantide!