Ernetti et l’énigme de Jérusalem de Roland Portiche

Ernetti et l’énigme de Jérusalem de Roland Portiche,

Publié aux éditions Albin Michel,

2021, 396 pages.

Une expédition clandestine à la recherche du Temple de Salomon révèle un énigmatique cube de pierre, vieux de trois mille ans. A l’intérieur : un secret qui pourrait remettre en cause la véracité de la Bible et déstabiliser des milliards de croyants. Une seule solution pour éviter le chaos : mener l’enquête dans le passé. Sur ordre du pape Jean-Paul II, le père Pellegrino Ernetti remonte le chronoviseur, cette extraordinaire machine capable de voir dans le temps, qui aurait été conçue en 1964 et demeure le secret le mieux gardé du Vatican. Ce qu’elle va dévoiler emmènera le père Ernetti plus loin encore qu’à l’époque du roi Salomon, jusque dans l’Égypte ancienne, sous le règne de l’éblouissante Nefertiti qui pourrait bien détenir la clé de l’énigme.

Ernetti et l’énigme de Jérusalem est le deuxième roman de Roland Portiche mettant en scène le Père Pellegrino Ernetti. Je n’ai pas lu le premier tome et cela ne m’a pas vraiment gênée, de nombreux rappels étant faits lors du récit.

En 1980, à Rome, les religions monothéistes semblent toutes menacées par une découverte inédite. Sous l’esplanade des mosquées, à Jérusalem, un cube a été mis à jour. Il renferme un objet qui remet en question tout un pan de la religion, notamment chrétienne. Le Père Ernetti est sollicité par le pape Jean-Paul II pour remettre en état le chronoviseur et faire un bond dans le temps pour faire toute la lumière sur cette découverte…

Je vais commencer par les points positifs du roman. On est clairement dans un roman d’aventures. Mêlant histoire, théologie et ésotérisme, Roland Portiche plonge son lecteur au cœur d’une découverte archéologique incroyable, susceptible de remettre en cause la foi des croyants. Les sauts dans le temps effectués au moyen du chronoviseur sont bien menés. On navigue de siècle en siècle, d’époque en époque, de pays en pays. Le rythme est soutenu et haletant et je n’ai pas vu passer les pages. J’ai aussi apprécié les différentes hypothèses émises par les personnages et j’avoue avoir appris beaucoup de choses sur la dynastie du roi Toutankhamon.

Malheureusement cette qualité de narration est aussi le gros défaut du livre. Il aurait fallu 200 pages de plus pour que l’intrigue soit approfondie. Les chapitres nous donnent parfois l’impression de sauter du coq à l’âne. L’action est bien trop rapide. Les personnages acceptent les missions sans se poser de questions; les réussites et les échecs sont narrés en quelques lignes. C’est vraiment dommage car ça manque souvent de profondeur. L’intrigue cavale à toute vitesse, nous laissant trop souvent sur notre faim! J’aurais tellement aimé que l’auteur prenne le temps de développer.

Forcément les personnages paraissent superficiels et frisent la caricature. Les méchants sont très méchants et les gentils sont bien récompensés à la fin. Je reste donc mitigée quant à cette lecture!

« Ernetti et l’énigme de Jérusalem » est un roman idéal pour lire cet été à la plage mais les férus d’histoire ne s’y retrouveront pas.

Tombes oubliées de Preston and Child

 

 

Tombes oubliées de Preston and Child,

Publié aux éditions de L’Archipel,

2020, 354 pages.

Nora Kelly, de l’Institut archéologique de Santa Fe, est approchée par l’historien Clive Benton pour localiser le Campement perdu de l’expédition Donner, introuvable depuis 1847, afin d’y effectuer des recherches historiques… et mettre la main sur un trésor. Benton a en effet trouvé le journal d’une victime de l’expédition, au cours de laquelle des pionniers, coincés par une tempête de neige dans la Sierra Nevada, n’ont eu d’autre choix que de s’entredévorer pour survivre… Mais, outre de vieux ossements et quelques pièces d’or, ce qu’ils vont découvrir va faire grimper la température de plusieurs degrés. D’autant que la jeune agente du FBI Corrie Swanson, qui a rejoint Nora et son équipe, leur apprend que les fouilles en cours ont un lien avec des exactions commises de nos jours…

Le duo Preston  and Child attaque une nouvelle saga avec Nora Kelly, une archéologue que l’on déjà pu croiser dans d’autres romans. Vous l’avez peut-être déjà croisée au détour d’un autre roman et c’est bien normal puisqu’elle connaît le célèbre inspecteur Pendergast. Clin d’œil ou cross-over, les deux auteurs ont en tout cas de la ressource.

Nora Kelly est contactée par un certain Clive Benton, historien, qui enquête pour retrouver le célèbre et sinistre campement perdu. En 1847, des pionniers se sont perdus dans les montagnes. Piégés par le blizzard, ils ont eu recours au cannibalisme pour survivre en attendant les secours. Clive Benton, passionné, cherche à retrouver ce campement disparu grâce à un journal de bord, retrouvé par miracle dans une maison abandonnée. Car le campement perdu ne cache pas que des légendes, il recèle également un trésor

On change clairement de ton avec ce premier tome qui nous propulse dans un roman d’aventures. Nora Kelly accepte de participer à l’expédition. On la suit en qualité d’archéologue et je dois dire que j’ai adoré ce côté « Tomb raider ». Toute une légende sinistre et sanglante entoure ce campement perdu et les traces de cannibalisme sur les squelettes retrouvés par Nora viennent confirmer ce mythe. Le campement rendrait fou. Les morts d’ailleurs s’accumulent autour de Clive et Nora.

On suit parallèlement un autre personnage. Corrie Swanson vient d’intégrer le FBI. En qualité de novice, on lui colle toutes les anciennes affaires. Quand des cadavres ayant trait au campement perdu commencent à être déterrés, Corrie saisit sa chance.

Les deux intrigues vont bien sûr se rejoindre. Si vous avez envie d’aventures, de grands espaces, d’un soupçon d’histoire, ce roman est fait pour vous. J’ai passé un excellent moment, tentant, comme Nora et Clive, de découvrir où se situait ce fichu trésor.

Le seul bémol concerne l’explication finale qui m’a semblé bien tirée par les cheveux. Les auteurs auraient pu rester sur quelques chose de plus terre à terre.

« Tombes oubliées » remplit le job. Preston and Child nous offre une tranche d’histoire qui fait tout de même froid dans le dos. Mêlant archéologie et anthropologie, les auteurs proposent un roman addictif.

Zénith, Tome 1: Les forces du passé

 

Zenith, Tome1: Les forces du passé de Sasha Alsberg et Lindsay Cummings,

Publié aux éditions Bayard Jeunesse,

2019, 631 pages.

Un gang de filles sanguinaires règne sur la Galaxie Mirabel.
Surentraînées, expertes en maniement des armes, pilotes de génie, ces rebelles ne respectent qu’une loi : la leur !
À leur tête, Androma Racella, alias la Baronne Sanglante, criminelle recherchée dans tous les Systèmes Unifiés, compte les morts qu’elle laisse sur son passage. Mais quand Dex, une sombre figure du passé, resurgit pour leur proposer un marché, leur errance s’arrête brutalement. Andi se retrouve face à un terrible dilemme : mourir ou trahir.
Si la Baronne Sanglante n’a plus rien à perdre, elle a une dernière mission à accomplir : la vengeance.
Et Androma est plutôt douée dans son genre.

Zenith est une réception Babelio, un roman plutôt estampillé « Young adult » mais qui m’a attirée à cause de son résumé alléchant. Une bande de filles, badass, survole les nombreuses galaxies, se livrant au passage à toutes sortes de trafic: drogue, rançon, blanchiment, … Il y a Lira, une pilote talentueuse, Gilly et Breck les artilleuses et Androma dite « Andi », la capitaine, la « Baronne sanglante » qui sème la terreur dans tout l’univers. Mélangez tout ça à une sauce Space opera et vous obtenez Zenith! Enfin, presque…

Sur le papier, ça faisait rêver mais la lecture a été ardue parfois même douloureuse. Les premiers chapitres m’ont assez plu. On suit ces quatre filles qui ne font pas dans la dentelle. Androma sort d’une mission périlleuse avec son équipe. Elle a du tuer et elle grave sur ses sabres des encoches comme autant d’hommes morts au combat. On fait doucement la connaissance de ce gang de filles: elles viennent toutes de planètes différentes. Lira a par exemple des écailles bleues sur tout le corps; Breck est une géante que les balles n’atteint pas. On se dit: « tiens, ça va être sympa de les suivre en mission et de découvrir cet univers ».

Et puis, badaboum, tout s’effondre au bout de quelques pages. L’arrivée de Dex vient bouleverser la donne et fait basculer, selon moi, le roman dans un truc archi cucu. Dex intercepte le vaisseau d’Androma et la met en face d’un choix cornélien: la jeter en prison pour tous ses crimes ou s’associer avec lui pour aller sauver Valen, le fils du général des Univers unifiés (ou un truc du genre), détenu sur Lunamere, une prison de haute sécurité. Et là où ça n’a pas matché pour moi c’est que Dex n’est autre que l’Ex d’Androma. Vous voyez venir le truc à 100 kilomètres? C’est normal! Ils se détestent, se sont aimés, quittés en mauvais terme et là ils doivent faire équipe! Le roman vire alors dans un truc de midinette très prévisible car Androma a un petit cœur qui souffre sous sa carapace…

Ajoutez à cela des méchants pas du tout crédibles, des personnages d’un creux abyssal, et vous obtenez un ennui mortel. Je suis allée au bout des 630 pages quand même pour voir (car je garde toujours espoir). Mais non, ça ne l’a pas fait du tout. L’intrigue est embrouillée, décousue et prévisible. Les pirates de l’espace ne sont pas du tout crédibles. J’ose le dire: c’est mauvais, vraiment mauvais et je ne comprends pas quel public peut être visé par ce genre de bouquin. Je me suis accrochée pourtant mais là, rien, c’est le vide absolu. C’était mauvais, un point c’est tout.Androma est une caricature de toutes les héroïnes à elle seule: un passé douloureux, très douloureux, des cheveux à la L’Oréal. Elle est trop belle même avec ses cicatrices. Elle sait trop bien se battre et tout et tout et en plus elle est sensible. Non mais allô, quoi? On écrit encore ça aujourd’hui?

Le Zenith a vite décliné avec moi: des personnages sans profondeur, une intrigue prévisible et simpliste, une héroïne caricaturale! Passez votre chemin avec ce bouquin (et épargnez votre temps).

 

Les émeraudes de Satan de Mathieu Bertrand

 

 

Les émeraudes de Satan de Mathieu Bertrand,

Publié aux éditions Eaux troubles,

2019, 384 pages.

 

1306, Poitiers : Le dernier Grand Maître Jacques de Molay, sentant la fin de l’Ordre des Templiers approcher, informe le Pape Clément V qu’il est en possession d’une couronne ayant appartenu à Satan lui-même. Par peur de ne plus pouvoir en assurer la protection, il la confie au Saint-Père. Ce dernier lui promet de la faire enterrer dans les ruines du Temple de Salomon, seul endroit sur Terre en mesure de limiter ses pouvoirs démoniaques. 2013, Rome : Le Père Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican, est sollicité par le Pape qui vient de découvrir d’étranges courriers hérités de ses prédécesseurs. Le prêtre a pour mission de se rendre en France et de retrouver sept émeraudes, ornement d’une couronne ramenée de Terre Sainte au onzième siècle par un chevalier Croisé. Durant cette quête, le prêtre sera épaulé par Elaheh, une mystérieuse Iranienne, membre de la secte des Assassiyine, faction criminelle censée avoir disparu depuis près de mille ans. Des châteaux d’Aquitaine aux remparts de Carcassonne, d’un couvent dans les montagnes corses aux chapelles du Vatican, l’aventure du prêtre catholique et de la jeune musulmane va se transformer en une union sacrée qui leur permettra de se confronter aux forces du Mal tout en essayant d’échapper aux tueurs du mystérieux Ordre Epsilon.

Les émeraudes de Satan m’a été gentiment proposé par son auteur. Très intriguée par le résumé de ce thriller ésotérique, j’ai sauté sur l’occasion pour le lire. Quand je pense thriller ésotérique, je pense tout de suite à Dan Brown et à son Da Vinci Code. A l’époque, j’avais beaucoup aimé (bon, j’étais beaucoup plus jeune et naïve). Mathieu Bertrand nous propose un genre de thriller à la Dan Brown pour le côté énigme et ambiance mais il prend une direction tout autre puisqu’il s’empare de thèmes religieux bien précis, osant même flirter avec le merveilleux le fantastique.

Le résumé en dévoile beaucoup à mon goût. Je vous laisse donc le parcourir si ce n’est déjà fait. Après son élection, le pape reçoit la visite de l’ange Gabriel qui lui annonce l’Apocalypse. Pour la contrer, une seule solution: rassembler les sept émeraudes de Satan, disséminées au Moyen-âge, dans des lieux saints. Pour y parvenir, le pape dépêche l’agent spécial Kaminsky, prêtre de son état. Il va faire équipe avec Elaheh, une jeune musulmane, chargée de protéger et d’aider le prêtre.

On retrouve au final une intrigue plutôt classique dans ce roman: un duo d’enquêteurs que tout semble opposer. Ici le prêtre catholique doit faire équipe avec Elaheh, de confession musulmane. Si au départ, le prêtre ne comprend pas pourquoi elle s’allie avec lui, les révélations nombreuses font lui faire accepter cette drôle de partenaire qui manie aussi bien les langues étrangères que les couteaux. Ce duo doit donc remplir une mission de la plus haute importance: retrouver les émeraudes de Satan pour sauver le monde! Ils devront ainsi se confronter à des énigmes de toutes sortes faisant fonctionner leurs muscles et leur cervelle. J’ai bien aimé la manière dont les personnages menaient leur quête. C’est rythmé. On explore la France: de châteaux en fontaines en passant par l’Aquitaine et la Corse.

Il y a un petit côté ésotérique proche du merveilleux qui m’a bien plu. Les miracles côtoient les sorcières et les démons orientaux. Il faut être ouvert au fantastique pour lire ce livre et ne pas s’attendre à des explications exclusivement rationnelles et réelles. L’auteur possède une solide culture religieuse qu’elle soit chrétienne ou musulmane et c’était assez intéressant à découvrir.

Il y a en revanche des petits trucs qui m’ont moins plu. J’ai d’abord trouvé que l’intrigue allait parfois beaucoup trop vite. Quelques chapitres de plus ne m’auraient pas dérangée. Les personnages parviennent finalement sans trop de mal au bout de leur mission. L’autre point noir pour moi est l’organisation Epsilon, une sorte d’ordre qui menace Kaminsky. Je n’ai pas cru une seule seconde à ces personnages de méchants. Je comprends qu’ils sont là pour apporter plus de tension au récit mais selon moi on pouvait s’en passer. J’aurais aimé que l’auteur explore plus cette piste en profondeur afin de nous peindre des personnages plus dessinés et moins timides!

Les émeraudes de Satan est un thriller ésotérique sans temps mort que j’ai aimé découvrir. Même s’il n’est pas exempt de petits défauts, j’ai trouvé intéressante la quête de nos deux personnages hors du commun.