Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry

 

 

Le Garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry,

Publié aux éditions Lynks,

2018, 356 pages.

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Le roman de David Bry entraîne son lecteur dans un Paris réinventé, au 19ème siècle. L’empire a mis en place une police de la Norme qui, grâce au concours de l’Église, parque sur une île (l’île de la Cité?) les anormaux. Les anormaux sont tous ceux qui sont différents: les malades, les obèses, les handicapés, les homosexuels, les noirs, les malades mentaux. Regroupés dans une cour des miracles (coucou Victor Hugo!), ils vivotent de larcins et de petits boulots qu’on veut bien leur attribuer.

Dans les beaux quartiers, vit Romain. Il est issu d’une famille noble et fortunée. Son père est le chef de la police de la Norme. Romain est un adolescent mal dans sa peau. Chaque nuit il fuit la maison familiale pour espionner, scruter le peuple de l’île. Il est notamment fasciné par un certain Lion, un adolescent comme lui, aux cheveux flamboyants. Romain se sent proche de tous ces exclus car lui aussi se considère comme anormal. Il cache en effet un lourd secret. Mais un jour, tout bascule: Romain apprend que l’Empire veut éliminer définitivement tous les anormaux….

David Bry plonge son lecteur dans un Paris fantasmé qui n’est pas sans rappeler les romans de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas. Les ruelles sont souvent mal famées, les troquets sont légions et on y dégaine facilement la rapière. A mi-chemin entre le roman de cape et d’épées et le roman social, David Bry imagine une société où la différence n’existe pas. Si elle existe, elle est cachée, honnie, dissimulée aux yeux des nantis. Romain, un adolescent pas comme les autres, va prendre partie pour tous ces exclus considérés comme anormaux.

David Bry propose également à son lecteur un vrai roman d’aventures. Chaque nuit, Romain fait le mur. Il va de rencontre en rencontre. Côtoyant des personnages presque fantastiques comme Joséphine dans son bolide, les redoutables Lames noires au service de l’Empire. On pénètre aussi facilement dans le cimetière des Innocents qu’au cœur d’une demeure bourgeoise du 19ème siècle. L’auteur nous promène dans un Paris où toutes les couches de la société sont représentées: les pauvres, les miséreux, les bourgeois jusqu’aux plus nobles.

L’intrigue ne connaît aucun temps mort puisque Romain à l’aide de ses amis va devoir déjouer un complot et qu’il ne possède que quelques jours pour y parvenir. De cimetières en égouts, on suit Romain et ses amis, bien souvent en danger de mort. S’il se sort parfois rapidement de certaines situations, les adolescents apprécieront le rythme soutenu qui colle à la peau de ce héros différent.

Le seul bémol que j’apporterai au roman est qu’il n’est pas assez creusé à mon goût. J’aurais aimé savoir pour quelles raisons la société en est arrivée à ce point de non retour, pour quelles raisons les anormaux ont-il été parqués, exclus sur l’île.

Au final, Le Garçon et la ville qui ne souriait plus est un roman d’aventures qui entraîne la lecteur dans un monde dystopique intéressant. Avec délicatesse, David Bry aborde le thème de la différence et de l’exclusion tout en montrant la violence d’un monde qui néglige l’Autre trop grand, trop gros, trop malade.

 

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Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud

 

 

Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud,

Publié aux éditions Amazon,

2018, 451 pages.

 

Chacun d’entre nous a, un jour ou l’autre, ressenti la part d’invisible qui nous gouverne. L’intuition. Le déjà-vu. L’empathie. Les pressentiments. Et s’ils n’étaient que d’infimes fenêtres de perception sur la véritable nature du monde ? Anton est né avec un talent extraordinaire : il lit dans les pensées. Mais un talent extraordinaire, quand on ne le contrôle pas, ça peut vite virer au cauchemar. Lorsque sa bien-aimée disparaît, Anton entreprend un voyage initiatique au cours duquel il va rencontrer d’autres individus doués de talents similaires au sien. Et découvrir la menace qui pèse sur chacun d’entre eux : dans l’ombre, un homme les traque, avec le dessein d’utiliser leurs pouvoirs pour ouvrir une porte auparavant fermée à l’Humanité.

Atlas des courants invisibles m’a été gentiment proposé par son auteur Thomas Gerbaud. L’histoire qui mêle science-fiction, fantasy et roman d’aventures m’a beaucoup plu et je l’ai lu en quelques jours, happée par l’intrigue aux rebondissements multiples.

Le roman s’ouvre sur la vie de Tara et d’Anton, tous les deux patients d’un hôpital psychiatrique en région parisienne. Tara, d’origine indienne, a des tocs étranges puisqu’elle aime que tout soit aligné, droit, carré. Anton, souffre d’un mal plus mystérieux. Il ressent des choses, entend des sortes de voix et n’arrive pas à les maîtriser. Sont-ils fous? C’est ce que leur famille pense en tout cas.

Bientôt, Anton observe le manège d’un homme qu’il appelle « le veilleur« . Ce dernier vient, s’assoit sur un banc puis repart comme si de rien n’était. Anton se décide à lui parler et l’homme, Richard, propose de lui en dire plus sur cet étrange mal qui l’enferme dans cet hôpital car il en est frappé aussi. Anton découvre alors qu’il possède un don, un talent et qu’il n’est pas le seul puisque bientôt Tara disparaît…. Anton s’élance alors sur les traces de Tara et découvre qu’il est au centre d’une gigantesque expérience.

Atlas des courants invisibles est un roman qui va très vite. On passe de l’hôpital psychiatrique d’Anton à un laboratoire secret en Suisse pour finir au Népal sur les traces d’un enfant bien mystérieux. Si vous aimez l’aventure, ce livre est fait pour vous car il n’y a aucun temps mort. Tout s’enchaîne très rapidement. Si le début du roman laisse le lecteur dans le flou quant à la nature d’Anton et de Tara, le lecteur a bien vite des réponses à ses questions. L’intrigue prend alors une tournure plus scientifique voire carrément fantastique puisque l’auteur nous oriente vers des personnages aux talents extraordinaires. On voyage beaucoup aussi: de la Suisse au Népal en passant par la Russie, l’auteur promène son lecteur multipliant les flash-back pour nous en révéler plus.

J’ai beaucoup aimé ce côté de l’histoire car on en apprend toujours plus au fur et à mesure que les pages se tournent. Pourquoi en veut-on à Tara puis à Anton? Dans quelles circonstances nos personnages ont-ils développé leurs dons? Comment peuvent-ils parvenir à les maîtriser? J’ai aimé aussi le fait que leurs talents n’étaient pas spectaculaires au sens où on ne parle pas ici de magie mais plutôt de capacités physiques et intellectuelles hors du commun et c’était assez intéressant.

Le seul reproche que je ferais au roman est qu’il va parfois bien trop vite. En tout cas pour moi. J’aurais peut-être apprécié que certaines scènes soient plus détaillées, davantage décrites (oui, j’aime les descriptions). J’ai eu l’impression qu’on sautait d’une scène à l’autre et je préfère me poser, prendre mon temps dans la lecture.

Atlas des courants invisibles est un roman qui vous emmènera sur les pas de personnages hors du commun, dans une intrigue à cent à l’heure, tout au bout du monde!

Le Monde perdu d’Arthur Conan Doyle

 

 

Le monde perdu de Conan Doyle,

Publié aux éditions Hatier,

2016, 288 pages.

 

 

 

 

 

Trois Anglais prêts à tout prennent part, au bout du monde, , à l’expédition du Professeur Challenger. Perdus, traqués par des hommes-singes, frôlés par des ailes monstrueuses, les voyageurs découvrent alors l’impossible : la Préhistoire n’est pas morte!
Et, luttant pour survivre entre les ptérodactyle et les mégalosaures, ils se demandent : « Comment faire croire cela à Londres? »…

Si on connaît Conan Doyle pour son célèbre détective Sherlock Holmes, on sait peut-être moins que c’est lui qui a écrit Le monde perdu, roman qui a tant inspiré Spielberg dans le film éponyme.

Dans ce roman d’aventures, Conan Doyle nous propose un voyage plein de dangers et de découvertes. L’intrigue se déroule juste avant la première guerre mondiale. Le professeur Challenger, archéologue et zoologue de renom, cherche à monter une expédition pour prouver qu’il existe, dans un coin reculé du monde, des dinosaures.

Il part avec le professeur Summerlee, un scientifique qui servira de conscience critique et sceptique au groupe d’explorateurs. Lord Roxton, un aventurier hors pair, roi de la gâchette est aussi du voyage. Le dernier membre de l’équipe est Ned Malone, journaliste qui cherche à impressionner Gladys, sa bien-aimée.

Tout ce petit monde se retrouve donc en Amérique du sud à la recherche d’un plateau montagneux abritant les derniers dinosaures. J’ai vraiment apprécié cette histoire à plusieurs points de vue.

L’intrigue ravira d’abord les plus jeunes. En effet, avant d’atteindre le fameux plateau, nos aventuriers devront traverser une partie de l’Amazonie avec tous les dangers que cela comporte: tribus hostiles et cannibales, moustiques, crocodiles, chaleur étouffante. Parvenus au pied du plateau, ils devront encore s’unir pour y parvenir. Là-bas, ils découvriront un monde qui n’a pas bougé depuis des millions d’années. La mort les guettera à tous les tournants et ils devront faire preuve d’imagination et de courage pour parvenir à leur but.

Les plus grands apprécieront les relations entre les aventuriers. Challenger possède un ego surdimensionné ce qui peut agacer mais ce qui finalement déclenche bien souvent le rire tellement il apparaît imbu de lui-même et stupide; Summerlee lui cherche sans cesse querelle et c’est assez drôle de voir ces deux scientifiques de renom s’écharper pour un rien. Conan Doyle maîtrise bien les dialogues qui apparaissent tantôt cyniques tantôt cocasses. Même si on tombe souvent dans le cliché, j’ai aimé suivre ces quatre hommes qui quitte tout pour amour de la science.

Quand au héros du roman, Ned Malone, ce voyage lui tiendra lieu de rite initiatique. Il peut parfois apparaître comme niais ou naïf. Rappelons qu’il part pour les beaux yeux d’une femme. Ce voyage fera de lui un homme accompli et lui ouvrira les yeux sur pas mal de choses.

On peut cependant noter dans le roman les idées de Conan Doyle sur la supériorité de la race blanche qui font passer les noirs pour des demeurés, les mayas pour des peuples enfantins et immatures ou encore les indiens pour des êtres cruels et violents. C’est à la fois consternant et fascinant de voir comment on pensait les peuples il y a encore un siècle.

Le monde perdu est un roman d’aventures qui plaira autant aux grands qu’aux enfants. Conan Doyle dévoile ici une facette plus cynique et plus violente et c’est un plaisir de faire ce voyage aux côtés des quatre aventuriers. Et puis, qui n’a jamais rêvé de croiser un dinosaure? 

Le Testament de Galilée, la trilogie de Sébastien Tissandier

 

 

 

 

 

 

 

Le Testament de Galilée, Tomes 1, 2 et 3 de Sébastien Tissandier,

Publié aux éditions L’Ivre Book,

2015.

Nous sommes tous génétiquement différents. Nos capacités dépendent de notre patrimoine génétique. Et ce n’est pas Jules Galio qui dira le contraire : il est l’assistant de recherches d’un des Professeurs les plus renommés dans le domaine de la génétique.
Mais lorsque la NASA fait appel à eux pour étudier le génome d’individus aux capacités particulières, Jules est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer : ces individus sont mystérieusement assassinés par une organisation se faisant appeler « Les Originels ».
Jules et ses nouveaux amis partent en quête des survivants, mais ce qu’il découvre est sur le point d’ébranler ses certitudes de scientifique et l’amène à se retrouver impliqué de force dans un affrontement fondé sur les travaux de Galilée il y a plus de 400 ans !
Entre amitiés, passions, trahisons et affrontements, seules les capacités pourront faire la différence !

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas livre que je vais chroniquer aujourd’hui mais trois d’un coup. En effet, je me suis (enfin!) attaquée à la trilogie de Sébastien Tissandier pendant mon week-end au Salon du Livre et je peux dire que j’ai passé un agréable moment en compagnie de ses personnages.

L’auteur nous entraîne dans un monde dans lequel certains humains ont développé des capacités hors du commun grâce à la mutation de certains de leurs gènes. Jules Galio et le professeur Lombard travaillent conjointement, à Marseille, sur cette mutation. Bientôt, ils sont contactés par la NASA, en Floride afin de livrer les résultats de leurs recherches et d’étudier des cas réels.

Rapidement, l’équipe de scientifiques se rend compte que certains de ces humains aux capacités extraordinaires sont enlevés ou assassinés. La mission de Jules devient double: protéger les membres de « la liste des 32 », des personnes aux pouvoirs uniques mais également mener l’enquête pour découvrir quelle mystérieuse organisation criminelle cherche à les éliminer. De Marseille à Paris jusqu’aux États-Unis, il n’y a qu’un pas!

L’auteur nous entraîne dans un rythme effréné sur les pas de Jules et de ces fameux « 32 ». Petit à petit les choses se mettent en place. Un peu à la manière des X-Men, le lecteur découvre les capacités de chacun des personnages. On ne s’ennuie à aucun moment et on sent clairement l’influence de certains films américains sur la plume de l’auteur. J’ai adoré en apprendre plus sur chacun de ses personnages et constater de quelle manière ils maîtrisaient leurs pouvoirs.

Parallèlement à l’intrigue pleine de rebondissements et d’actions, le narrateur mène l’enquête sur le fameux testament de Galilée. J’ai trouvé cette partie intéressante. C’est en lisant les tomes suivants qu’elle est, d’ailleurs, plus développée. J’aurais même aimé en savoir un peu plus car la théorie de l’auteur est intéressante et cohérente. Il a su très bien vulgariser des théories scientifiques et biologiques et son hypothèse tient la route.

Les personnages du roman sont attachants. Étrangement, ce n’est pas le personnage principal de Jules qui m’a le plus convaincue. J’ai, de loin, préféré Kurtis. Dans le premier tome, on ne sait pas vraiment sur quel pied danser avec lui tant son rôle apparaît ambiguë. C’est ce que j’ai préféré chez ce personnage toujours entre le noir et le gris, jamais totalement neutre dans ses actions. Le personnage de Jules est également intéressant d’autant plus que l’auteur nous réserve pas mal de surprises le concernant!

Je reprocherai peut-être au roman de faire de ses personnages des être trop manichéens surtout pour le camp des « méchants » mais on pardonnera facilement à l’auteur.

Le style est fluide et se lit facilement. J’ai cependant remarqué une certaine évolution entre le tome 1 et le tome 3, beaucoup plus travaillé au niveau de la langue selon moi! Tout comme ses personnages, l’auteur a évolué et c’est assez positif.

Je resterai assez générale sur l’intrigue pour ne pas dévoiler trop de choses. Le conseil que je pourrais donner serait de lire, si possible, les tomes les uns à la suite de l’autre afin de s’imprégner de l’ambiance survoltée du roman et de suivre pas à pas les aventures de Jules! Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

La Tour de Cécile Duquenne

   La Tour de Cécile Duquenne,

   ebook auto-édité,

   juin 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu’elle se trouve au sous-sol d’une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d’en sortir est de monter jusqu’au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l’ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués… Et les révélations. Car Jessica n’a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l’envie de se venger prend le pas sur l’envie de s’échapper… Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?

Attention, si vous vous lancez dans cette lecture, vous ne pourrez plus vous arrêter avant d’en connaître le fin mot. Cécile Duquenne a écrit La Tour en trois jours suite à un défi lancé sur Internet. On peut dire que son roman est abouti, addictif et terriblement bien ficelé. Bref, j’ai adoré!

L’héroïne s’appelle Jessica. Elle se réveille dans une sorte de sous-sol ressemblant plus à un égout qu’à autre chose. Elle se rend compte qu’il s’agit même d’un marigot envahi de crocodiles! Que fait-elle là? Elle n’a plus aucun souvenirs. Jessica se rend vite compte qu’elle n’est pas seule dans ce lieu étrange. Avec ses compagnons d’infortune, elle cherche désespérément à fuir cet endroit dangereux. Les personnages comprennent que l’issue se trouve en haut. Jessica comprend alors qu’elle est prisonnière d’une tour et que si elle souhaite s’en sortir, elle doit en gravir tous les étages.

Chaque étage correspond grosso modo à un chapitre. Ainsi à l’horizontalité de la lecture correspond la progression verticale de Jessica. Le jeu est pervers puisqu’à chaque étage, l’héroïne doit affronter de nouveaux dangers toujours plus forts, plus éprouvants. Les choses se compliquent également au niveau des souvenirs: en effet, à chaque étape de franchie, la mémoire revient peu à peu aux personnages du roman. C’est ainsi que Jessica comprend qu’elle n’est pas dans cette tour par hasard. On les y a conduit, mais pourquoi?

Il faut attendre la fin du roman pour le savoir et je vous assure qu’il est difficile de se retenir de sauter les pages pour découvrir la vérité. Cécile Duquenne déploie une telle tension que je n’ai eu de cesse d’avancer dans ma lecture, dévorée par la curiosité! Elle renoue avec le genre du survival pur et dur et ça marche! Surtout que l’histoire personnelle de Jessica est complexe. Son personnage n’est pas manichéen. Elle réussit à lui insuffler en quelques pages une personnalité profonde. A la fin du roman, je n’ai pas pu trancher véritablement et c’est bien là la force du personnage. Je m’arrêterai là dans ma chronique car j’ai peur de trop vous en dévoiler et de vous gâcher le plaisir de la découverte!

Si vous voulez connaître l’histoire de Jessica et savoir si elle sort vivante de La Tour, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Un grand merci à Cécile pour cette belle découverte!

Tomb Raider et l’amulette de pouvoir, Mike Resnick

   Auteur: Mike Resnick

   Titre: Tomb Raider et L’amulette du pouvoir

   Éditions: Fleuve Noir, 2004

  

Michael Diamond Resnick, plus connu sous le pseudonyme de Mike Resnick, est un auteur américain. Il est l’auteur de romans et nouvelles de science-fiction. Il s’inspire beaucoup de l’Afrique dans ses œuvres.

 

 

 

L’amulette de Mareish… Objet de toutes les convoitises. Source de pouvoir, d’invincibilité et d’immortalité pour celui qui la possédera. Un vrai danger pour le monde, heureusement bien caché depuis plus d’un siècle. Mais Lara Croft, bien malgré elle, se verra contrainte d’aller la rechercher. A vrai dire, elle n’a pas trop le choix. C’est ça ou passer le reste de sa vie à esquiver les attentats. Parce que certains s’imaginent qu’elle l’a, et d’autres ne veulent pas qu’elle la retrouve. Pas très confortable, comme situation… Mais fidèle à elle-même, elle saura mettre tout le monde d’accord – à sa manière…

 

   Voilà une lecture détente, totalement assumée! En tant que fan de Lara Croft, j’avais repéré depuis longtemps les romans la mettant en scène. Malheureusement épuisés, il sont introuvables neufs. J’ai reçu le 1er tome en cadeau pour Noël.

   Je ne vais rien spoiler/gâcher en disant que ce roman est vraiment mal écrit et mal traduit. En même temps, avec ce genre de livres, on s’y attend. Ne nous voilons pas la face, la série consacrée à Lara Croft est une commande de la part des éditeurs des jeux afin de se faire encore plus de monnaie sur le dos la belle. Vraisemblablement la qualité stylistique n’est pas le premier des soucis de l’éditeur. Mais je m’y attendais même si certaines formules me hérissent le poil: « il avait entendu parler de l’amulette comme quoi elle accordait un pouvoir immense ». Le traducteur ne s’est pas trop creusé les méninges ici! C’est donc maladroit et répétitif, mais je n’en attendais pas moins de la part d’un roman de gare.

   La qualité scénaristique n’est pas non plus le point fort du roman. Pour résumer, Lara est à la recherche bien malgré elle d’une amulette qui accorderait, à celui qui la possède, un pouvoir immense et un contrôle total sur les hommes. Ok, passe encore. Mais ce qui devient vraiment pénible, c’est quand une armée de « méchants » se lancent aux trousses de Lara. L’auteur ne manque pas d’imagination! C’est simple: il se passe quelque chose à chaque chapitre. Un chapitre = un rebondissement. C’est très répétitif, complètement invraisemblable et cela en devient drôle, de manière tout à fait ironique!

   Alors que retenir de cette lecture? Le scénario est trop éloigné à mon goût de l’univers que l’on peut retrouver par exemple dans les jeux vidéos. Exit les temples antiques, les énigmes et les pièges ancestraux! Lara se contente d’échapper à ses poursuivants et de mener sa  quête sans trop se poser de questions. Par contre, j’ai quand même aimé la retrouver. L’auteur développe le personnage de Lara et je trouve que c’est assez bien réussi de ce côté-là. Sûre d’elle, avec toujours le mot qui fait mouche et jamais sans ses flingues, c’est un plaisir de retrouver mon personnage fétiche.

   Ce roman ne représentera aucun intérêt pour quiconque ne s’intéresse pas à la saga Tomb Raider. Par contre pour les fans comme moi, on pardonne tout à Lara, même les aventures dans lesquelles elle est embarquée bien malgré elle!