Le Prieuré de L’oranger de Samantha Shannon

 

Le Prieuré de L’oranger de Samantha Shannon,

Publié aux éditions De Saxus,

2019, 958 pages.

 

Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille. La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle… Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.
Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela. De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…
Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Et voilà! J’en suis venu à bout de cette brique de 958 pages! Un beau bébé qui pèse son poids. Le Prieuré de l’oranger est un énorme roman de pure fantasy comme on n’en fait plus! Samantha Shannon a eu le courage de publier ce one shot qui m’a beaucoup plu! S’il y a quelques longueurs (vu la taille du truc, c’est normal), j’ai globalement aimé cette histoire pleine de personnages et de rebondissements.

Le Prieuré de l’oranger c’est d’abord l’histoire d’un reinaume. En effet, dans ce livre, la part belle est faite aux femmes qui la plupart du temps gouvernent, héritent, prennent les décisions. Ouvertement féministe, le roman dépoussière tout ce que l’on a lu dans les romans de fantasy. Il y a d’abord la reine Sabran, aussi belle que froide et sévère; Ead, une supposé demoiselle de compagnie qui s’avèrera être une protectrice hors pair; et enfin Tané, la dragonnière au destin sombre. Les hommes ont au final peu d’importance (sauf Loth peut-être) et sont relégués au second plan.

Ajoutez à cela une intrigue politique et religieuse plutôt bien fichue. En gros l’Est et l’Ouest s’affrontent sur le plan des idéologies religieuses avec au milieu de tout ça, le fameux prieuré de l’oranger, sorte de sanctuaire magique. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteure menait ses intrigues en parallèle puisqu’on passe sans cesse de l’Est à l’Ouest en se demandant de quelle manière elle va réussir à rassembler tout ça.

Côté fantasy, on retrouve bien sûr la mythologie des dragons, celle des sorcières et des mages mais aussi des vouivres. Ce qui est original, c’est qu’on sent que l’auteur a puisé dans le répertoire des légendes asiatiques pour mieux réinterpréter les choses. Tout cela fonctionne vraiment bien et donne une touche orientale au roman. J’ai beaucoup aimé découvrir cet univers bien fouillé et bien développé.

Samantha Shannon n’hésite pas non plus à faire vivre à ses personnages des amours homosexuelles qui ne tournent ni au voyeurisme ni au ridicule. C’est une belle prise de risque et cela apporte vraiment de la nouveauté!

Le seul hic vient pour moi de la dernière partie du roman où tout se précipite un peu trop vite à mon goût. Les rebondissements s’enchaînent rapidement et l’affrontement finale m’a laissé sur ma faim.

« Le Prieuré de l’Oranger » est un magnifique roman de fantasy bien construit avec un univers ultra développé.

Désolation de Jean-Philippe Jaworski et Melchior Ascaride

 

 

Désolation de Jean-Philippe Jaworski et Melchior Ascaride,

Publié aux éditions Les Moutons électriques,

2020, 144 pages.

Pour une caravane de montagne, c’est une solide bande : vingt guerriers nains bardés de fer, trente gnomes chargés comme des baudets et autant de mules qui croulent sous les paquetages. Pourtant, un calme lugubre fige le camp : ni chanson à boire, ni chamaillerie, ni plaisanterie salace. Ils ont la frousse.

Avec ce titre, les éditions des Moutons électriques continuent de construire leur belle bibliothèque dessinée. J’avais lu Ce qui vient la nuit et j’avais adoré le concept: adapter des histoires, des nouvelles sous forme graphique. Les illustrations de Melchior Ascaride sont canons et le jeu des couleurs marchent bien.

Dans Désolation, Melchior Ascaride choisit l’orange et le noir pour raconter la nouvelle de Jean-Philippe Jaworski, pour rappeler peut-être les flammes du Dragon qui gardent la Cité interdite…

Désolation est clairement un hommage rendu à Tolkien, non seulement au Seigneur des anneaux mais aussi au Hobbit. Au détour d’une sombre vallée, vingt guerriers nains et trente gnomes s’apprêtent à gravir la montagne pour porter secours à un roi, cerné par les gobelins. Rusés, les nains qui connaissent la montagne comme leur poche, choisissent de passer par la Cité interdite, ravagée par le dragon. Mais le danger n’est pas celui auquel ils pensent…

On suit ainsi les déambulations des nains et des gnomes au creux de ces montagnes noires, imposantes qui prennent sans cesse l’aspect de visages humains terrifiants. Le sentiment d’écrasement, de piège est permanent. Les nains devront se hâter pour regagner leur liberté et se sortir de cette caverne monstrueuse qui pourrait être leur dernière demeure.

Le texte vient suppléer aux dessins de Melchior Ascaride, empiétant tantôt sur les images, prenant parfois tout l’espace ou laissant au contraire les figures et les formes se déployer.

La fin de la nouvelle m’a scotchée, offrant au lecteur une morale bien noire.

« Désolation » est un petit bijou que tout fan de Tolkien devrait posséder dans sa bibliothèque.

Fils-des-brumes, Tome 1: L’Empire ultime de Brandon Sanderson

 

 

Fils-des-brumes, Tome 1: L’Empire ultime de Brandon Sanderson,

Publié aux éditions Le Livre de Poche,

2013, 906 pages.

La jeune Vin ne connait de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux.
Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.

Ce premier tome de la saga des Fils-des-brumes traînait dans ma bibliothèque et j’avais peur de le sortir, vu la taille du pavé qui compte à peine plus de 900 pages. Je l’ai littéralement dévoré et j’avoue ne pas avoir vu les pages défiler!

Dès le début du roman, Brandon Sanderson plonge son lecteur dans un univers de fantasy complexe et riche. A Luthadel, les Skaa sont des esclaves complètement soumis aux nobles et au Seigneur Maître qui règne sur tout le royaume. Alors que la cendre tombe sans discontinuer sur la Cité et que les brumes l’envahissent le soir venu, seule une poignée d’hommes ose s’opposer au Seigneur Maître. Kelsier fait partie de ceux-là. Il est Fils-des-brumes et seul survivant des forges du Seigneur. Pratiquant l’allomancie, le pouvoir des métaux, il va tenter de renverser le gouvernement…

Dès le départ, l’auteur déploie donc un univers bien particulier centré sur l’opposition Skaa/nobles. Si la situation des premiers est terrible, les seconds, organisés en grandes maisons, se livrent à des intrigues de cours. Les Fils-des-brumes sont eux, des hommes capables de synthétiser les métaux et de s’en servir pour grimper, pousser, voler, sentir et ils osent dénoncer l’injustice que vivent les Skaa.

Ce qui est intéressant ici, c’est que l’auteur propose d’abord une intrigue politique. Il s’agit pour Kelsier et son équipe de renverser le gouvernement du Seigneur Maître. C’est ensuite l’univers de fantasy qui prend le pas. Brandon Sanderson base le pouvoir de ses personnages sur l’allomancie et c’est vraiment intrigant de suivre le déploiement de son imagination sans borne. On en apprend au fil des pages sur le pouvoir de chaque métal, réparti en huit familles. Enfin, le personnage féminin de Vin, qui paraît d’abord comme un personnage secondaire, devient l’un des membres les plus importants du roman donnant des accents résolument féministes à l’intrigue.

Il y a des scènes d’actions, de stratégies, des dialogues construits et bien amenés. Il y aussi des scènes violentes tout à fait justifiées qui laissent à penser qu’il s’agit bien de fantasy pour adulte. J’ai dû cependant passer les deux cents premières pages pour me sentir embarquer dans ces mystérieuses brumes et ne plus pouvoir lâcher mon pavé. Mes scènes préférées restent celles des bals dans lesquels évolue Vin. Il y a une telle intensité dans ces passages que j’avais bien du mal à lâcher mon bouquin.

« L’Empire ultime » est le premier tome d’une saga riche et complexe qui saura vous emporter dans son univers fantasy passionnant.

Le Sorceleur, Tome 1: Le dernier vœu de Andrzej Sapkowski

 

 

Le Sorceleur, Tome 1: Le dernier vœu de Andrzej Sapkowski,

publié aux éditions Bragelonne,

2019, 308 pages.

Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur. Il est unique.

Comme beaucoup, je suis faible et voyant que Le Sorceleur allait être adapté sur Netflix, je me suis lancée dans la saga (en 7 tomes). Ce premier tome est clairement introductif. Il n’en demeure pas moins intéressant.

On suit donc Geralt de Riv, sorceleur de son état. Il va de ville en ville proposer ses services pour débarrasser les habitants des bestioles et autres monstres peuplant les forêts et les rivières. Dès les premières pages, le lecteur est plongé au cœur de la fantasy la plus traditionnelle: magie, elfes, sorcières et autres peuples étranges. C’est assez bien amené et assez plaisant.

Ce tome est constitué de plusieurs nouvelles, assez longues d’ailleurs, qui mettent en scène à chaque fois Geralt dans  une aventure différente. On peut le suivre ainsi en train de traquer une strige ou encore un kikimorrhe (comprenez une créature des marais). J’ai finalement bien aimé cette façon de faire car on découvre au fur et à mesure des nouvelles, l’étendue des pouvoirs de Geralt. Capable de magie, c’est aussi un fin combattant. Au cours de ses aventures, il sera rejoint par le barde Jaskier qui apporte une touche comique au roman et qui permet aussi de redynamiser l’ensemble.

La lecture est fluide et je n’ai eu aucune peine à plonger dans cet univers riche et sombre. Les nouvelles permettent finalement d’aborder le personnage de Geralt sous différents angles pour le plus grand plaisir du lecteur.

Ce premier tome du Sorceleur est une belle entrée en matière et nul doute que je continuerai la saga.

Terres du Nord, Tome 1: La quête du Sampo de Monia Sommer

 

 

Terres du Nord, Tome 1: La quête du Sampo de Monia Sommer,

Publié aux éditions Séma,

2019, 252 pages.

 

Alors que la Finlande menace de s’effondrer face à l’invasion suédoise, Satu, une jeune journaliste, part en quête du Sampo, un objet légendaire, seul élément capable de les sauver, elle et son pays.
Sur fond d’apocalypse et de légendes finnoises, Terres du Nord propose une quête initiatique qui pose les fondations d’une fantasy à la fois futuriste et magique, dont le Kalevala sert de point d’ancrage et de guide intemporel.

Terres du Nord est le premier tome d’une saga mettant à l’honneur les légendes finnoises. Dans un futur proche, l’Europe n’existe plus. Certains pays ont conclu des alliances. La Finlande, seule, résiste mais son peuple est décimé par un curieux virus. Satu, journaliste de dix-neuf ans, part en quête du Sampo, un objet magique, capable de sauver son peuple….

Monia Sommer propose dans ce roman fantasy de suivre Satu dans une quête initiatique. Le début du roman est un peu chaotique car l’auteure fait un portrait plutôt sombre de la vie en Finlande mais elle y passe trop peu de temps et n’y revient pas, laissant son lecteur plein de questions. Comment la situation politique en est-elle arrivée là? Il y a trop de zones d’ombre qui sont vite écartées via le personnage de Satu qui prend alors toute la place.

Rapidement (peut-être trop), Satu réalise qu’elle a le pouvoir de se métamorphoser en loup et qu’elle doit accomplir une mission cruciale pour sauver son peuple. Là encore, ça va trop vite. En quelques pages, Satu a la révélation de son don, elle perd tout et accepte sa mission. C’est vraiment trop rapide, à peine esquissé. Les rebondissements s’enchaînent et étourdissement le lecteur. On passe parfois du coq à l’âne et les relations entre les personnages sont prévisibles à tel point que j’ai levé les yeux au ciel à de nombreuses reprises.

Ce qui sauve le roman, c’est le fond légendaire de l’intrigue consacré aux légendes finnoises, que je connais fort mal. L’auteur puise dans la mythologie nordique. On nous parle du Sampo, de la sorcière Louhi, des esprits et des dieux finnois. J’ai beaucoup aimé cet univers, hélas, trop peu développé à mon goût.

Le reste du roman paraît bâclé, rapide, les quêtes secondaires sont bien floues et prévisibles.

« Terres du Nord » est une déception pour moi. Malgré la tonalité nordique du roman, l’auteure n’a pas su réellement m’emballer.

Déracinée de Naomi Novik

 

 

 

Déracinée de Naomi Novik,

Publié aux éditions Pygmalion,

2017, 504 pages.

Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

Je n’avais entendu que du bien de ce roman. Je m’y suis lancée avec beaucoup d’enthousiasme et force est de constater que j’en ressors mitigée.

Déracinée s’ancre dans une littérature Young adult et ça (bête que je suis!), je ne l’avais pas vu! Le young adult n’est définitivement plus ma tasse de thé car ce sont toujours les mêmes défauts qui m’irritent. Une narration à la première personne pour un personnage adolescent (ce qui donne forcément des réflexions d’ado); la découverte de l’amour souvent contrarié (c’est le cas ici); des tournures parfois maladroites (Naomi Novik multiplie les comparaisons de manière inquiétante). Tout ça fait que je n’ai pu m’empêcher de lever les yeux au ciel de nombreuses fois à la lecture du roman.

Cependant, si je suis allée au bout dudit bouquin, c’est qu’il y avait quand même matière intéressante. Si je passe outre le schéma mille fois vu et revu de la fille qui ne voulait pas être choisie, qui n’a pas de capacités exceptionnelles et qui en fait est choisie pour ses capacités exceptionnelles, le fond du bouquin fait mouche. Naomi Novik place sa magicienne/sorcière dans la tradition de la wicca et ça change un peu des habituels romans de magie. Elle donne du souffle à ses tours et potions.

Elle construit aussi un univers intéressant basé sur le merveilleux du conte de fée. La tour-bibliothèque du Dragon m’a conquise; le bois super flippant est bien amené. Il y a des scènes assez violentes qui reflètent bien la cruauté du monde dans lequel évolue l’héroïne. Tout n’est donc pas à jeter dans ce roman puisque j’y ai trouvé mon compte au final. Bon il y a bien quelques longueurs! L’auteur aurait pu abréger les tourments de l’héroïne qui se demande sans cesse pourquoi elle a été choisie mais ça fait partie du jeu!

« Déracinée » est un roman parfois maladroit dans son intrigue qui n’évite pas les écueils du young adult. J’y ai apprécié cependant le traitement de la magie et cette ambiance de conte de fée assez sombre.

Rivages de Gauthier Guillemin

 

 

Rivages de Gauthier Guillemin,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

243 pages, 2019.

 

On l’appelle le Voyageur. Il a quitté une cité de canalisations et de barbelés, un cauchemar de bruit permanent et de pollution qui n’a de cesse de dévorer la forêt. Sous la canopée, il s’est découvert un pouvoir, celui de se téléporter d’arbre en arbre. Épuisé, il finit par atteindre un village peuplé par les descendants de la déesse Dana, une communauté menacée par les Fomoires, anciennement appelés “géants de la mer”. Là, il rencontre Sylve, une étrange jeune femme au regard masqué par d’impénétrables lunettes de glacier. Pour rester avec elle, dans ce village interdit aux Humains, le Voyageur devra mériter sa place.

Rivages est un roman paru chez Albin Michel, dans leur collection Imaginaire. Je me réjouissais, rien qu’à la vue de la couverture, de plonger dans cette histoire d’arbres et de magie. Je suis déçue de ma lecture car je ne m’attendais pas vraiment à ça.

Pourtant, cette histoire commençait bien. Le Voyageur (qui n’aura pas d’autre nom) quitte la Cité des hommes, une ville monstrueuse, cernée par le béton. Chacun peut quitter la ville mais personne n’a le droit d’y revenir. Or quitter les hommes, c’est se condamner à plus ou moins court terme car alors l’homme pénètre dans une forêt mystérieuse et dangereuse, appelée le Dômaine. Le Voyageur est décidé: il part. Il s’aperçoit vite qu’il a le don de voyager très vite en allant d’arbres en arbres de manière magique.

J’ai beaucoup aimé le début de ce roman. On découvre un personnage qui se confronte à la forêt, lieu de tous les dangers. Les premiers chapitres sont empreints de merveilleux et de poésie. L’auteur y rend un vibrant hommage aux arbres et à leurs pouvoirs. C’était envoûtant. Il y a un côté utopique dans cette description de la nature reprenant ses droits. J’ai aimé ce message.

Mais la suite s’est gâtée. Épuisé, le voyageur trouve refuge dans un village peuplé par les Ondins. Il y tombe amoureux de Sylve et décide de vivre avec elle. L’auteur décrit alors la vie du village, somme toute sympathique. Les Ondins sont un peuple pacifique qui pratique la magie et qui est lié à la Nature. Ainsi Sylve est herboriste. Il y a tout un côté qui donne une ambiance médiévale à ces habitants et à ce village et puis d’un autre côté il y a des dialogues, des attitudes qui entrent en contradiction. Quand je lisais ce roman, j’avais l’impression d’être dans une atmosphère qui me faisait penser au Seigneur des anneaux: des nains, des sortes d’elfes, des mages, des paysages enchanteurs. Mais il n’y a rien eu à faire, les dialogues m’ont semblé décalés, à contre-temps.

J’avais même parfois l’impression de retomber dans un roman Young-adult avec des dialogues par vraiment bien tournés et même, une intrigue rapide. Ainsi, les Ondins vont être confrontés aux Fomoires, un autre peuple. Mais cette animosité entre les deux peuples est à peine esquissée, et surtout pas du tout achevée. L’auteur part dans des intrigues secondaires qui restent totalement ouvertes, peu construites et bâclées. Voilà, il manquait quelque chose pour faire prendre la sauce: du peps, une intrigue prenante que je n’ai pas trouvée.

Malgré un thème intéressant et une plume poétique, « Rivages » n’a pas su m’emporter. Il m’a manqué une intrigue captivante et aboutie.