Le Chant de Kali de Dan Simmons

 

 

 

Le Chant de Kali de Dan Simmons,

Publié aux éditions Pocket,

2018, 368 pages.

 » Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l’on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m’aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s’il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n’étais qu’un imbécile.  » Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d’édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d’un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l’adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille… Luczak comprendra – mais trop tard – que rien n’arrête le chant macabre de Kali.

C’est totalement par hasard que j’ai découvert ce titre de Dan Simmons puisque je l’ai remporté sur Twitter lors d’un concours organisé par les éditions Pocket. J’avais hâte de m’y plonger, Dan Simmons étant un maître dans l’art de la terreur. Si je n’ai guère frissonné à la lecture ce ce roman, j’ai pourtant beaucoup apprécié la plume et l’intrigue de cette histoire.

Dès le départ, Dan Simmons adopte un ton résolument vieillot qui procure tout son charme à l’ouvrage. J’ai pu lire ici et là que ce style avait dérangé certains lecteurs. Pour ma part, j’ai grandement apprécié ce parti pris. Dan Simmons situe son roman dans les années 70 et emploie un ton un peu suranné qui donne tout son charme au livre. J’ai adoré les références humoristiques à Stephen King, jugé « médiocre » par le narrateur » ou encore au premier volet de « Star Wars » perçu comme totalement inintéressant par la femme du personnage principal!

L’auteur a choisi de situer son récit à Calcutta, en Inde. Robert Luczak a pour mission de ramener aux États-Unis, le manuscrit de Das, un poète très célèbre, présumé mort voilà quelques années. Robert se rend donc avec femme et enfant dans cette ville dont il ne connaît rien. Dès le départ, le lecteur est happé par la description de cette ville tentaculaire, moite et sale. Sans aucun doute, Calcutta est le personnage principal de ce roman. Dan Simmons nous renvoie une description poussiéreuse et misérable de cette cité qui semble engloutir tout. Les pauvres, les mendiants, les bidonvilles, la sueur, la touffeur de la mousson mais surtout la violence d’une ville gangrenée par la saleté, la pègre et les immondices qui en tapissent le sol. On étouffe littéralement à la lecture de ces pages. Dan Simmons en rajoute peut-être un peu à tel point qu’on ressent la ville comme un immense cloaque puant et misérable.

Le personnage de Robert va donc évoluer dans cette ville horrible pour retrouver le manuscrit de Das. Il va aller de rencontres étranges en rencontres étranges, lui qui ne maîtrise aucun code lié à cette ville. Et puis il y a la rencontre avec l’un des derniers hommes à avoir croisé le chemin de Das. Celui-ci est-il réellement mort comme on le prétend? Derrière l’ombre de Das, plane celle de Kali, la déesse de la mort qui envoûte de son chant funèbre et qui annonce la fin du monde.

Si j’ai trouvé finalement assez convenue l’évolution de l’histoire, j’ai été bluffée par la fin. Dan Simmons nous entraîne là où ne l’attendait pas et j’ai vraiment eu de la peine pour Robert et sa quête dont il paiera un prix inestimable.

Le Chant de Kali est un très bon roman qui mêle fantasy et enquête. D’une noirceur intense, le lecteur ne ressortira pas indemne de ce chant funèbre porteur de malheur.

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Les Sentiers des Astres, Tome 3: Meijo de Stefan Platteau

 

 

Les Sentiers des Astres, Tome 3: Meijo de Stefan Platteau,

Publié aux éditions Les Moutons électriques,

2018, 460 pages.

 

Pour avoir mis à mort la Croque-Carcasse, l’ourse sacrée du Lempio, la jeune Nisu s’est vue bannie de son île natale, il y a près de dix ans. Pourchassée par une ombre, hantée par l’Outre-songe, elle s’embarquait vers l’Héritage, en compagnie de son amant Meijo.

Par quels caprices du destin l’apprentie chamane est-elle devenue la Courtisane Shakti ? Pour le savoir, le Barde Fintan et ses compagnons devront patienter un peu. Car le répit offert par les Teules, propice aux bons récits, aura bientôt vécu : déjà les flammes rugissent, la forêt boréale résonne d’abois fauves et de cors démoniaques. Il est temps de reprendre la quête du Roi-diseur, de marcher dans les pas des géants ! Et puisqu’il faut déjouer la traque, l’heure est peut-être venue d’emprunter enfin les Sentiers des Astres…

Quel bonheur de retrouver Fintan et ses compagnons mais quelle tristesse de les laisser de nouveau, une fois la lecture achevée! Avec ce troisième tome, Stefan Platteau nous offre un roman d’une maturité incroyable et d’une richesse infini. Je crois que c’est avec ce tome 3 que je me rends enfin compte que cet auteur a toute sa place aux côtés des grands auteurs de fantasy tel Tolkien.

Le Sentier des Astres c’est la quête d’une dizaine de guerriers qui cherchent à rencontrer le Roi-Diseur. Mais rien ne se passe comme prévu à commencer par le sauvetage du Bâtard, Manesh, qui se révélera bien utile dans la suite du récit. Stefan Platteau plonge son lecteur dans un univers de fantasy construit et riche. Il créé une mythologie aux accents hindous et celtes d’une précision géniale.

Le récit s’articule principalement autour du Dit de Fintan, le Barde de l’équipage. L’histoire est racontée de son point de vue mais cette narration est entrecoupée par celle de Shakti, la courtisane, qui dévoile enfin son passé. Ce récit enchâssé participe ainsi à la dynamique de l’intrigue sans jamais lasser le lecteur!

Pour rencontrer ce fameux Roi-Diseur, Fintan et ses compagnons doivent ruser et s’enfoncer dans les marécages pour échapper aux redoutables Nendous, des guerriers terrifiants et sanguinaires. Leur présence est souvent suggérée et j’ai eu bien des sueurs froides à les imaginer. Stefan Platteau parvient à créer un climat angoissant reposant sur nos peurs enfantines: des monstres étranges et difformes, le vent qui devient un ennemi en colportant la nouvelle de la présence de Fintan et des siens, les oiseaux eux-mêmes qui se comportent comme des espions à la solde des horribles Nendous. Et que dire de la confrontation entre les guerriers et la déesse Nendou? Je peux vous assurer qu’elle me hante encore l’esprit…

A côté de ce récit d’aventures, Shakti est contrainte de se livrer sur son passé. Là aussi, j’ai complètement adhéré. Elle nous entraîne dans d’autres contrées, d’autres villes et nous laisse constater toute l’ampleur de la lâcheté de Meijo. Ce dernier est un personnage d’une antipathie rare. J’avais subodoré dans le deuxième tome qu’il cachait bien son jeu et qu’il pouvait s’avérer filou, roublard et lâche. Je ne suis pas déçue ici! Elle nous décrit sa misère, ses espoirs et son récit permet de comprendre comment est elle devenue celle qu’elle est. Ce récit enchâssé et entrecoupé pourra peut-être en rebuter certains. Je trouve pour ma part qu’il fait tout le sel de ce roman grandiose, captivant le lecteur, laissant planer le doute et le suspens.

Avec ce troisième tome, Stefan Platteau entraîne son lecteur toujours plus loin dans la quête de ses personnages. Je conseillerais cependant cette saga aux amateurs de fantasy, pas forcément aux novices car la langue de l’auteur est extrêmement riche tout comme l’univers décrit. Il manie le verbe à la perfection, perdant parfois son lecteur dans une langue contemplative et magique, créant ainsi un monde mythique digne des plus grands auteurs de fantasy.

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs

 

 

 

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tome 1 de Ransom Riggs,

Publié aux éditions Bayard,

2012, 432 pages.

 

Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Miss Peregrine et les enfants particuliers est le premier tome d’une trilogie qui a eu un telle succès qu’elle a été adaptée au cinéma. Cela faisait un petit moment que ce roman me faisait de l’œil et j’avais envie de me faire ma propre opinion avant de le classer parmi les navets ou à l’inverse les très bons romans jeunesses. J’ai été particulièrement surprise par ce livre. Je m’attendais à quelque chose de plus enfantin, de beaucoup plus jeunesse et au final, j’ai adoré découvrir ce premier tome. Son succès n’est donc pas démérité…

Jacob a seize ans et vit en Floride. Il travaille l’été dans un des nombreux supermarchés tenus par sa famille. Un jour, son grand-père, dont il est très proche, l’appelle complètement paniqué. Abe semble en proie à des hallucinations: il prétend se faire attaquer par des créatures étranges. Jacob retrouve son grand-père mort, affreusement mutilé et lui aussi aperçoit une des fameuses créatures. Et si depuis tout ce temps, les histoires fantastiques racontées par Abe était véridiques? Jacob, en proie à d’horribles cauchemars, décide de retourner là où tout à commencer pour mener l’enquête: sur une île britannique, perdue au milieu de l’océan, dans un orphelinat en ruines…

Ce premier tome m’a donc particulièrement surprise car je le trouve très sombre, très noir. Il commence par le meurtre atroce d’un grand-père. Même si l’auteur ne rentre pas dans les détails par égard pour ses jeunes lecteurs, on devine quand même la noirceur du problème auquel il va confronter Jacob. J’ai aimé aussi que l’univers fantastique, dans lequel Jacob va pénétrer plus tard, n’est pas totalement admis comme tel dès le départ. Jacob hésite beaucoup. Les photos des fameux enfants particuliers sont peut-être des montages, des créations de toute pièce. Pendant très longtemps Jacob va douter des paroles d’Abe.

La manière dont la bascule monde réel/monde fantastique est faite est très bien trouvée. Pas de magie grandiloquente ou d’esbroufe: l’auteur va tout simplement jouer sur l’étirement du temps et le passage d’une dimension à l’autre. Jacob va donc se retrouver subitement dans le monde des enfants particuliers et là encore, j’ai trouvé que c’était très très bien pensé pour l’auteur. L’histoire, loin de s’emplir de magie et de paillettes, devient sombre voire glauque. L’auteur nous met en présence d’enfants bien flippants: en tout cas, c’est comme ça que j’ai ressenti les choses. On est face à des êtres issus du folklore freak. Les photos noir et blanc viennent renforcer ce sentiment de malaise. Je vous assure que face à certains clichés, je n’étais pas bien fière! Ajoutez à cela un orphelinat perdu dans les marais et vous avez une ambiance de dingue.

L’histoire très étrange délivre un sentiment de malaise que j’ai apprécié parce que le lecteur, qu’il soit ado ou adulte, n’est pas pris pour un imbécile. Il y a des trucs glauques dans ce roman, des morts qui ne sont pas enterrés, des enfants psychopathes sur les bords qui jouent les créateurs, des histoires d’amour ratées limite incestueuses et un humour parfois en-dessous de la ceinture qui m’a bien fait rire! Mention spéciale pour les monstres qui reprennent en fait toutes les peurs enfantines, primitives auxquelles nous n’aimerions pas du tout, du tout être confronté.

Ce premier tome est donc une vraie découverte pour moi et une véritable réussite. Si vous ne connaissez pas encore Miss Peregrine et les enfants particuliers, lisez cette merveille sombre et poisseuse.

Magie Ex Libris, Tome 2: Lecteurs nés de Jim C.Hines

 

 

Magie Ex libris, Tome 2: Lecteurs nés de Jim C.Hines,

Publié aux éditions de L’Atalante,

2017, 360 pages.

 

Isaac Vainio est un bibliomancien. Membre de Die Zwelf Portenaere, les Douze Gardiens des Portes, une organisation secrète fondée par Johannes Gutenberg, il dispose d’une magie très particulière : il peut puiser à volonté dans les livres et en tirer n’importe quel objet du récit, ce qui n’est pas sans intérêt quand les Gardiens l’envoient sur le terrain combattre les menaces magiques guettant la Terre. Or Isaac est un vrai fan de science-fiction et de fantasy… Désormais Isaac n’est plus relégué comme catalogueur et a accompli son rêve : il est devenu chercheur au service des Gardiens pour lesquels il explore les secrets de la magie, en partenariat (étroit) avec la dryade Lena Greenwood. Il accepte de venir en aide à une meute de loups-garous rendus très inquiets par le meurtre d’un wendigo dans les bois environnants. Dès qu’Isaac et Lena s’intéressent à l’affaire, l’arbre qui abrite l’essence de la dryade est attaqué par une myriade d’insectes extrêmement résistants et dotés d’une forme d’intelligence collective…

Je continue doucement mais sûrement d’avancer dans mon Cold Winter challenge avec ce titre de fantasy. J’avais lu le premier tome au mois d’octobre et j’avais adoré cet univers loufoque fait de livres et de personnages étranges.

Avec ce deuxième tome, Jim C.Hines signe un roman complexe et parfois érudit. Isaac Vainio vient en aide à une meute de loups-garous dont l’un des membres a été retrouvé mort. Qui a commis ce crime et surtout comment puisque les loups-garous sont des adversaires quasiment indestructibles? Avec Lena, sa dryade chérie, Isaac mène l’enquête.

Dans ce deuxième tome, l’intrigue est plutôt complexe. Elle démarre d’abord sur les chapeaux de roue. Mieux vaut avoir le tome 1 bien en tête pour l’entamer! Ensuite, l’auteur n’hésite pas à entremêler fantasy et science-fiction. Aux vampires et loups-garous classiques se joint le steampunk sous l’apparence d’insectes mécaniques enchantés et dévoreurs. Isaac va donc jouer sur tous les tableaux: enquêter sur la disparition des loups-garous et surtout protéger Léna, sa Dryade, dont l’arbre est menacé.

L’intrigue est assez lente à se mettre en place et il est vrai qu’il faut un peu s’accrocher mais par la suite l’auteur mêle avec perfection action et humour pour créer un cocktail détonant qui fonctionne vraiment. C’est un vrai plaisir que de retrouver Isaac et sa bande. A nouveau, il pioche dans des livres pour en sortir des objets de toutes sortes utiles à sa quête! Quel pouvoir extraordinaire que celui-là!

Les clins d’œil à la littérature sont toujours aussi nombreux et c’est un régal de les débusquer!

Ce deuxième tome est donc une vraie réussite! Bien écrit, très drôle, parfois complexe, Lecteurs nés est un roman de pure fantasy qui ravira les adeptes.

La Main de l’empereur d’Olivier Gay

 

 

La Main de l’empereur, Tome 1 d’Olivier Gay,

Publié aux éditions Bragelonne,

2018, 480 pages.

 

Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ? DANS LA MAIN D’UN EMPEREUR, LES MORTELS NE SONT QUE DES PIONS.

J’ai rencontré Olivier Gay lors du dernier salon de l’imaginaire de Lambesc. C’est un auteur connu surtout pour ses romans YA. La Main de l’empereur est le préquel de sa saga Les épées de glace. Il y raconte les origines de Rekk, ancien gladiateur adulé, devenu combattant pour l’empereur Bel Ier. Olivier Gay présente ici un roman destiné aux adultes dans lequel la guerre devient l’épicentre de son intrigue. S’il est classé dans la catégorie fantasy c’est parce qu’il y invente un monde imaginaire fortement inspiré de l’antiquité romaine.

Dans ce premier tome, le lecteur fait la connaissance de Rekk. Il vit dans la caserne des gladiateurs à Mushein, sorte de Rome revisitée. Rekk est en fait le fils d’un célèbre gladiateur et d’une femme mariée. Rejeté à sa naissance, il sera élevé par une prostituée. Son chemin est tout tracé puisqu’il devient lui-même gladiateur. Par un concours de circonstances, Rekk s’engage dans l’armée impériale pour bouter et conquérir le peuple des Koushites. Dans la jungle, Rekk se révèle être un bon soldat qui va vite grimper les échelons.

La première partie du récit est pour moi la plus réussie. Olivier Gay s’inspire de la Rome antique pour construire son intrigue. On y retrouve le monde des gladiateurs. Rekk évolue dans un univers violent dans lequel il reçoit pourtant l’amour d’une mère adoptive. Ce monde là est bien décrit et bien construit. J’ai beaucoup aimé cet aspect du récit qui se fonde finalement sur une réalité historique.

Et puis la machine s’emballe lorsque Rekk est obligé d’abandonner son métier de gladiateur et de s’engager dans l’armée impériale. Il doit combattre le peuple des Koushites réputé cannibale, violent, sanguinaire et traître. C’est la partie de l’intrigue qui m’a le moins plu. J’ai trouvé que l’histoire tournait en rond. Les scènes dans la jungle sont très répétitives. Et surtout, tout est prévisible. J’avais deviné sans peine l’issue de l’intrigue. Comme dans un film de guerre, les scènes clés apparaissent: la défaite puis la remontée extraordinaire, l’attaque finale, la victoire. Je n’ai pas trouvé que c’était très innovant. Je me suis presque ennuyée à certains passages.

Mais la chose qui m’a le plus dérangée ce sont les personnages que j’ai trouvé creux. Ce préquel est censé nous expliquer pourquoi Rekk est devenu le personnage froid et sanguinaire des Épées de glace (que je n’ai pas lu!). Mais justement, ce tome ne creuse pas assez les choses. On brosse le portrait du personnage de manière assez superficielle. Je suis restée sur ma faim car il m’a manqué un petit truc pour trouver de l’épaisseur aux personnages. Seule Dareen tire son épingle du jeu pour moi. Quant à Bishia, c’est une vraie caricature ambulante sans aucun intérêt.

Au final La Main de l’empereur est un roman qui m’aura laissé une impression mitigée. J’ai aimé la partie historique du livre mettant en scène les gladiateurs et s’appuyant sur des références précises. En revanche la superficialité des personnages et l’intrigue trop prévisible m’auront déçue.

Les Haut Conteurs, Tome 5: La mort noire de Patrick McSpare

 

 

Les Haut Conteurs, Tome 5: La mort noire de Patrick McSpare,

Publié aux éditions Pocket,

2014, 440 pages.

 

 

 

Rome, dernière destination du périple européen des Haut-Conteurs. Un tome double pour conclure une série à succès.
Rome, automne 1193. Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville. Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d’un ennemi fait d’ombres et de secrets. Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l’heure est venue de tout comprendre, comme Roland le pressentait, lui, l’enfant maudit piégé dans un combat inégal contre son destin. Pourtant, il n’abandonne pas et se battra jusqu’au bout de son ultime aventure. Car nul mieux qu’un Haut-Conteur ne sait quand une histoire doit trouver sa fin…

J’ai enfin terminé la saga des Haut-Conteurs avec ce dernier tome! Mais quel tome! Patrick McSpare ne se fiche pas de son lecteur en lui offrant un dénouement digne et triste.

Nous voilà plongés au cœur de la Rome médiévale. Les Haut-Conteurs sont appelés à élucider des crimes commis de manière odieuse. Des hommes se faisant passer pour des Haut-Conteurs sèment la mort noire c’est à dire la peste. Bientôt, la peur et la haine dominent la Cité éternelle. Mathilde, Roland et Salim doivent mener l’enquête incognito tandis que l’ombre du démon Trezdané plane toujours…

Dans ce tome, l’intrigue ne connaît aucun temps mort. J’ai beaucoup aimé le cadre de l’enquête des Haut-Conteurs puisque nous sommes plongés dans la Rome médiévale. Ainsi les ruines grandioses de l’Empire côtoient les ruelles les plus sordides. Patrick McSpare choisit ici de réunir l’intrigue romanesque à une intrigue plus historique. Car si on accuse les Hauts-conteurs à tort c’est parce qu’on veut se débarrasser en plus haut lieu de cet ordre païen qui gêne l’installation de la religion catholique. 

Il clôt également sa saga par une intrigue très sombre où les morts s’accumulent. La mort noire sème des cadavres partout sur son chemin et l’auteur n’a aucune pitié avec ses personnages comme il n’a aucune pitié envers son lecteur. La fin de sa saga est surprenante, incroyable, un peu frustrante aussi mais finalement très juste.

Je ne m’étalerai pas plus sur ce tome 5 mais je vous donnerai des arguments pour vous décider à lire cette saga:

– C’est d’abord un univers médiéval où la fantasy s’invite de manière subtile. On baigne dans l’atmosphère médiévale avec ces haut-conteurs qui fonctionnent comme une caste, un ordre antédiluvien venant au secours de plus faibles, à la manière des chevaliers.

– Les intrigues de chaque tome sont bien ficelés et comportent beaucoup d’actions. On ne s’y ennuie pas une minute.

– Les personnages sont bien fouillés. Mention excellente à Mathilde et à Salim, deux personnages qui m’auront marquée.

– Enfin, Le fameux livre des Peurs, cherché par tous les Haut-conteurs, marque les tomes de son ombre menaçante et révèle tous ses secrets dans l’ultime tome!

Les Haut-Conteurs est une saga que je ne peux que recommander. Complexe, fouillée, toujours intéressante, elle fait partie des grandes sagas de fantasy française.

 

Magie Ex Libris, Tome 1: Le bibliomancien de Jim C.Hines

 

 

 

Magie Ex libris, Tome 1: Le bibliomancien de Jim C.Hines,

Publié aux éditions L’Atalante,

2016, 352 pages.

Isaac Vainio est un bibliomancien. Membre de Die Zwelf Portenaere, les Douze Gardiens des Portes, une organisation secrète fondée par Johannes Gutenberg, il dispose d’une magie très particulière : il peut puiser à volonté dans les livres et en tirer n’importe quel objet du récit. Et Isaac, en vrai fan de science-fiction et de fantasy, préfère par-dessus tout utiliser des pistolets laser, des ceintures-bouclier de Dune et des sabres laser de Star Wars quand les Gardiens l’envoient sur le terrain combattre les menaces magiques qui guettent la Terre. Sauf que, deux ans plus tôt, manquant perdre la raison et la vie au cours d’une mission qui a mal tourné, Isaac a été mis au placard. Réduit au rang de simple catalogueur, il ne conserve de son ancienne vie d’agent de terrain que Titache, sa fidèle araignée-flamme, qui a la particularité de prendre feu en présence d’un danger. Son existence rangée bascule le jour où trois vampires débarquent dans sa bibliothèque pour le tuer. Les Gardiens auraient déclaré la guerre aux morts-vivants…

Le résumé du tome 1 de Magie Ex libris est le genre de résumé qui envoie du rêve. On parle de bibliothèques, de bouquins et de possibilité de puiser à volonté dans les-dits bouquins au sens propre. Moi je dis banco! Et du rêve j’en ai eu!

Le lecteur suit Isaac, bibliothécaire le jour, bibliomancien la nuit! Il fait partie d’une organisation secrète: les douze gardiens des Portes. Sa faculté en ferait envier plus d’un puisque Isaac peut aller piocher dans les livres à peu près ce qu’il peut. Il n’a qu’à tendre la main et avec un peu de magie il peut rapporter un sabre laser ou la potion pour rapetisser d’Alice aux pays des merveilles. Plutôt cool comme pouvoir.

Mais il y a un hic! Un jour, trois vampires bien énervés débarquent dans sa bibliothèque et ce n’est pas vraiment pour emprunter des livres. Isaac manque de se faire tuer. Il va alors enquêter aux côtés de Lena, une dryade, et comprendre pourquoi les vampires ont les crocs…

Ce roman est juste incroyable. L’auteur nous entraîne, à un rythme hallucinant, dans la vie d’un homme qui vit pour les livres. Avec ses défauts et ses qualités! Les vampires peuvent le tuer mais en revanche toucher à ses précieux bouquins, pas question!

Le roman est truffé de références classiques ou plus contemporaines à la littérature. On passe aisément de Bram Stocker à J.K Rowling sans aucun problème et c’est totalement jouissif de voir étalée, là, sous, nos yeux, la littérature de SFFF. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir plonger au cœur d’un bouquin pour en rapporter la baguette d’Harry? L’auteur joue avec les fantasmes du lecteur grâce à Isaac, son lecteur ultime!

L’intrigue est vraiment bien menée. On suit les aventures d’Isaac, pas forcément très doué, qui cherche à en savoir plus. Il va croiser des personnages loufoques et s’en sortir grâce aux livres qu’il porte dans sa veste, un peu comme des armes de pointe. C’est aussi souvent drôle et cocasse car Isaac a le don pour se mettre dans les situations les plus extrêmes et les plus embarrassantes!

Ce premier tome est un coup de cœur! C’est drôle, bourré d’inventivité et intelligent. J’ai hâte de me plonger dans le tome 2…En plus il compte pour mon #PumpkinAutumnChallenge dans la catégorie « Vous prendrez bien un verre de True Blood? »