La Nuit du faune de Romain Lucazeau

La Nuit du faune de Romain Lucazeau,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

2021, 250 pages.

Au sommet d’une montagne vit une petite fille nommée Astrée, avec pour seule compagnie de vieilles machines silencieuses. Un après-midi, elle est dérangée par l’apparition inopinée d’un faune en quête de gloire et de savoir. Le faune veut appréhender le destin qui attend sa race primitive. Astrée, pour sa part, est consumée d’un ennui mortel, face à un cosmos que sa science a privé de toute profondeur et de toute poésie. Et sous son apparence d’enfant, se cache une très ancienne créature, dernière représentante d’un peuple disparu, aux pouvoirs considérables. À la nuit tombée, tous deux entreprennent un voyage intersidéral, du Système solaire jusqu’au centre de la Voie lactée, et plus loin encore, à la rencontre de civilisations et de formes de vies inimaginables.

La Nuit du faune est objet littéraire non identifié. A mi-chemin entre le roman de fantasy, l’exploration SF et le conte philosophique, je n’ai pas du tout adhéré à l’œuvre. J’ose dire que je m’y suis même ennuyée.

Astrée est une petite fille qui vit seule, au milieu des machines. Elle a le corps d’une fillette mais possède un esprit millénaire. Un jour, un faune lui rend visite pour lui demander la connaissance (enfin c’est ce que j’ai cru comprendre). Astrée et le faune se changent en étoiles filantes pour explorer la galaxie.

J’ai d’abord eu beaucoup de mal avec le style de l’auteur. C’est très emphatique, ampoulé et poétique. La lecture est peu fluide. Le vocabulaire trop recherché ne m’a pas permis de tout comprendre. Ensuite, l’auteur alterne entre considérations métaphysiques et aventures initiatiques. Je suis restée totalement hermétique à son sujet. Certaines pages m’ont même paru incompréhensibles!

Au final, je ne sais pas bien ce que j’ai lu: un conte? Une fable philosophique? Une quête initiatique? Sûrement un peu tout cela à la fois et je n’ai guère compris les propos de l’auteur (me sentant même bête parfois). Qu’on m’explique donc ce que ce roman a de si génial?

« La nuit du faune » est un gros flop pour moi. Il faut aimer la philosophie pour comprendre tous les tenants et aboutissants de ce livre dérangeant.

La troisième griffe de Dieu de Adam-Troy Castro

La troisième griffe de Dieu de Adam-Troy Castro,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

2021, 464 pages.

En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée? elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements. Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent. A peine arrivée au port orbital, des assassins tentent de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.

Avec La troisième griffe de Dieu, Adam-Troy Castro nous plonge dans une nouvelle enquête de la Procureure Andrea Cort. J’avais adoré le premier tome de cette saga SF. Avec ce second tome, l’auteur m’a une fois de plus embarquée.

C’est d’abord et toujours le personnage d’Andrea Cort qui me séduit ici. J’ai trouvé qu’il y avait une nette évolution du personnage. Peut-être un peu moins froide, dotée d’un sens de l’humour plus présent, j’ai adoré la retrouver dans cette enquête.

Alors qu’elle voyage avec ses compagnons inseps, Andrea est victime d’un attentant raté. Elle se retrouve bien vite coincée dans une sorte d’ascenseur spatiale. C’est dans ce huis-clos qu’un crime particulièrement horrible va être commis. Andrea enquête une fois de plus.

L’originalité de ce tome réside finalement dans le système de huis-clos qui reste un classique du polar. Adam-Troy Castro s’amuse avec ses codes. Cet ascenseur spatial censé rallier Xana, une planète allouée à la richissime famille des Bettelhine, contient bien des mystères. C’est toujours un plaisir de suivre les aventures d’Andrea car au-delà de l’enquête, l’auteur travaille sur des questions éthiques et philosophiques très intéressantes. Il sera ici question notamment de bonheur. J’aime vraiment cet angle de lecture car j’ai l’impression de lire un roman de SF profond, intelligent qui donne à réfléchir. J’ai même préféré ce second tome au premier. Les personnages secondaires sont très intéressants et leurs motivations m’ont parfois déconcertée!

Avec « La troisième griffe de Dieu », Adam-Troy Castro nous offre un polar SF intelligent qui se lit tout seul!

Émissaires des morts de Adam-Troy Castro

Émissaires des morts de Adam-Troy Castro,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

2021, 709 pages.

Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».

Andrea Cort est enquêtrice pour le bureau du procureur. Elle est envoyé sur les lieux d’un crime, sur une planète ou plutôt un habitat inhospitalier, peuplé d’humains et d’extraterrestres. Elle doit ménager les susceptibilités pour mener son enquête à bien. Mais entre la toute-puissance des intelligences artificielles et les coups-bas de humains, Andrea Cort devra plus qu’à n’importe quel autre moment faire preuve de sang-froid…

Avec ce roman de SF, l’auteur nous présente un personnage de SF vraiment bien construit. Andrea Cort a assisté, lorsqu’elle avait 8 ans, à un génocide. Cette tragédie a fait d’elle un être à part, seul, solitaire et presque froid mais d’une impartialité sans faille car elle connaît trop bien le prix du sang. Ce fardeau, elle le porte à bout de bras comme une croix. Ses enquêtes sont pour elle une manière d’expier ses péchés et peu importe le prix à payer. J’ai vraiment adoré ce personnage d’une complexité rare pour un roman de SF.

En préambule du roman, l’éditeur a placé quatre nouvelles qui permettent au lecteur de se familiariser avec cet univers bien particulier. On y rencontre des peuples étranges (des extraterrestres!), des habitats inhospitaliers, des coutumes différentes. C’est vraiment un univers riche et passionnant.

Dans le roman, l’auteur nous livre une enquête complexe mais très bien menée qui amène des questions éthiques et philosophiques non négligeables. C’est de la SF, certes, mais qui soulèvent des questions profondes et judicieuses. J’ai tout simplement hâte de lire la suite des enquêtes d’Andrea Cort, un personnage marquant!

Avec « Émissaires des morts », Adam-Troy Castro réussit un pari audacieux, celui de faire lire un roman de SF accessible et profond.

L’Hiver du monde de A.G Riddle

L’Hiver du monde de A.G Riddle,

Publié aux éditions Bragelonne,

2021, 441 pages.

Dans un futur proche, un nouvel âge glaciaire a commencé, précipitant l’humanité au bord de l’extinction. Mois après mois, le froid avance, les glaciers s’étendent et les populations fuient vers les dernières zones habitables. Les scientifiques envoient des sondes à travers le système solaire et, près de Mars, repèrent un mystérieux objet se déplaçant vers le soleil. Est-ce la cause du règne glaciaire sur terre, ou au contraire un espoir de survie ? Ce que va découvrir l’équipage de la mission est inimaginable… Commandante de la Station spatiale internationale, Emma Matthews a observé depuis le ciel le déclin de la planète bleue. Mais c’est pour sa propre existence qu’elle va devoir se battre… Scientifique parmi les plus éminents, esprit en avance sur son temps, James Sinclair est contacté par la NASA pour assister la mission. Ses compétences sont indispensables à son succès – et au sauvetage d’Emma. Les jours de leur espèce sont comptés. C’est alors que James fait un choix qui va déterminer le sort de la race humaine toute entière…

L’Hiver du monde est un roman de SF qui imagine que la terre court à sa perte, piégée par l’avancée des glaciers. Le monde est à la dérive. Les pays les plus riches s’organisent pour mettre à l’abri leurs ressortissants dans les quelques contrées situées au niveau au-dessous de la mer. Dans l’espace, Emma Matthews est à la tête de l’ISS. Elle doit trouver une solution pour sauver la planète. Dans le même temps, James Sinclair, scientifique de renom, emprisonné, est contactée par la NASA pour embarquer pour une nouvelle mission spatiale et tenter de savoir ce qui bloque le rayonnement solaire…

Les chapitres qui alternent entre l’histoire d’Emma et celle de James donnent beaucoup de dynamisme au roman. On est embarqué dans cette mission spatiale afin de trouver une solution au problème de l’ère glaciaire. On suit l’expédition depuis les débuts. C’est très vulgarisé et on apprend plein de choses sur « le montage » d’une expédition spatiale. J’ai vraiment adoré que ce soit la préparation en elle-même que la mission. L’alternance des chapitres sert le récit. Au début, le lecteur est happé car Emma va connaitre une avarie sur son vaisseau et on se sent enfermé avec elle. Angoissant à souhait!

Un peu plus tard, on apprend enfin pour quelle raison la Terre subit une ère glaciaire et j’avoue que cela fait froid dans le dos. L’auteur imagine un scénario qui serait plausible et catastrophique si cela arrivait! Je verrais bien ce roman adapté en série. Il est prenant et tient en haleine jusqu’à la fin. La deuxième partie du roman est tout à fait intéressante car elle se passe sur terre. L’humanité survit péniblement et une deuxième mission s’organise.

« L’Hiver du monde » est un excellent roman de SF qui saura vous happer. Cette histoire sur fond de catastrophe planétaire a tout bon, des personnages à l’intrigue!