Les Errants, Tome 2: Évolution de Denis Labbé

 

 

Les Errants, Tome 2: Évolution de Denis Labbé,

Publié aux éditions du Chat Noir,

2014, 311 pages.

 

 

 

« Enfermés dehors… Aux portes de nos foyers, dans une ville familière mais infestée d’Errants… Qu’allions-nous faire ? »
Après avoir réchappé aux premiers massacres, Marion et ses amis arrivent enfin à Lunéville, certains d’y retrouver leurs proches et un havre de paix.
Pourtant, dès leur arrivée, tout ne se passe pas comme prévu.
Non seulement les zombies sont partout, mais en plus, certains semblent avoir muté. D’abri, ils ne trouvent qu’un village en état de siège, dans lequel ils devront redoubler d’astuce et de force, compter sur de nouveaux alliés et se serrer les coudes malgré les tensions au sein de leur groupe, tout ça dans l’unique but de survivre.?

Période d’Halloween oblige, je me suis concocté une petite PAL spécial frissons. Après le sublime Carnaval aux corbeaux d’Anthelme Hauchecorne, j’ai voulu m’essayer aux zombis avec le tome 2 des Errants. J’avais lu le premier tome sur ma liseuse il y a un petit moment déjà et j’avais été déçue. Alors pourquoi réitérer avec la suite de la saga? Parce que j’ai rencontré l’auteur au dernier salon du livre de Paris et que je suis faible. Pourtant je lui avais dit que je n’avais pas accroché avec son roman, la faute à un ton trop « ado » pour moi. Cependant, il m’a tellement bien parlé de son livre que je me suis laissé convaincre. Bref, si j’ai passé un agréable moment divertissant, je n’ai pas non plus été emballée par la plume de l’auteur.

On quittait nos ados en pleine guerre zombiesque, l’épidémie ne cessant de se propager. Les voilà aux portes de Lunéville, sur les traces de leurs parents. Là encore, l’épidémie a fait des dégâts et la petite bande ne cesse de croiser des morts vivants en pagaille. Tout semble se compliquer quand les sept adolescents se rendent compte que certains zombis ont évolué et semblent plus rapides. Les choses se corsent et leur quête est loin d’être terminée!

Encore une fois, l’auteur nous plonge au cœur de l’action. Il n’y a pas de temps morts sans mauvais jeu de mots. Les zombis sont partout et nos ados doivent avant tout penser à sauver leur peau. Ils sont plus organisés et chacun semble avoir trouvé sa place au sein de la troupe. La narration est toujours prise en charge par Marion. Dans le tome 1, elle s’était improvisée chef d’équipe. Ici, elle semble avoir abandonné son rôle, trop éprouvée par les événements vécus.

J’ai aimé l’ambiance ville abandonnée à la Walking dead avec son lot de recoins sombres et de mauvaises surprises. Les zombis ont muté et ne se contentent plus d’avancer à deux à l’heure. Ils sont plus organisés, parfois plus rapides et la bande d’ados doit sans cesse s’adapter et renouveler son inspiration pour les supprimer. J’ai même frissonné quelques fois lorsque l’une de ces horreurs ambulantes s’approchait trop près des personnages. Bon point de ce côté-ci donc avec un art du suspens et de l’horreur plus maîtrisé.

J’ai aussi aimé la partie plus sombre du roman. Les ados vont faire des rencontres humaines éprouvantes et comprendre que le Mal n’est pas toujours là où on l’attend. Ils mûrissent à vitesse grand V. Certains choix seront difficiles notamment lorsqu’une vie humaine sera en jeu.

Cependant, ça ne matche toujours pas avec l’héroïne Marion et je crois que ma déception vient de là. Je la trouve incroyablement niaise. Alors qu’elle a échappé à un massacre, qu’elle est poursuivie sans cesse par des zombis attardés, elle ne pense qu’à elle et à ses peines de cœur. En effet, au sein du groupe une rivalité s’installe entre Marion et Nellie pour le même garçon Louis. C’est là que je ne comprends pas où l’auteur veut en venir. Cette histoire d’amour et de jalousie tombe à plat. Je ne vois pas comment dans les circonstances l’héroïne peut seulement penser à fricoter avec son prince charmant. Cette esquisse de trio amoureux donne lieu à des scènes et des dialogues absurdes. Marion entre dans des colères folles parce qu’elle ne peut lutter contre sa jalousie. J’ai trouvé certains échanges peu crédibles entre les personnages. Cette histoire secondaire gâche le roman en fait et je m’en serais bien passé. C’est vraiment dommage.

Si j’ai un peu plus apprécié ce tome 2 qui m’a semblé plus mature, je n’ai toujours pas accroché avec l’héroïne trop « neuneu » à mon goût. L’intrigue amoureuse secondaire est de trop pour moi et c’est dommage car elle vient gâcher une partie de l’intrigue qui perd en crédibilité.

 

 

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L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau

L’Ouroboros d’argent d’Ophélie Bruneau,

Publié aux éditions du Chat Noir,

2013, 255 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Axel est généreux. Axel est amoureux. Axel est trop gentil. Aujourd’hui, il doit traverser la France pour acheminer un héritage. Célia est fière. Célia est implacable. Célia est un loup-garou. Aujourd’hui, secondée par deux jeunes de sa meute, elle doit retrouver l’objet responsable d’une vieille malédiction. À la croisée des chemins, le piège se referme dans le Massif Central. Prête à tout pour mener à bien sa mission, Célia n’hésitera pas à détruire la vie d’Axel s’il le faut. Le jeune homme a de la résistance à revendre et des amis prêts à l’aider. Pourtant, cette fois, il pourrait bien finir broyé au nom de l’Ouroboros d’argent. L’artefact vaut-il seulement tous ces sacrifices ?

C’est chez Bazar de la littérature que j’ai repéré ce roman. Outre le titre intriguant, j’ai eu envie de découvrir cette histoire parue aux très bonnes éditions du Chat Noir. La couverture m’a également incitée à en savoir plus. On peut dire que je ne suis pas déçue de ma lecture et que L’Ouroboros d’argent est quasiment un coup de cœur.

L’intrigue nous plonge au cœur de la Bourgogne, d’abord près de Dijon puis dans la Nièvre. Ophélie Bruneau marque déjà un point avec moi car j’ai fait toutes mes études supérieures à Dijon. J’ai eu plaisir à découvrir des petits morceaux de « ma » ville dans son roman. Ironie du sort, j’ai effectué mes premières années en tant que professeur à Nevers! Je connais donc par cœur les deux villes décrites dans le roman et cela à apporté un petit plus à ma lecture.

A Dijon, l’auteur met en place l’intrigue autour de Célia, Claudio et Capucine. Ce sont des loups-garous appartenant à la même meute. Leur job de loup est, entres autres, de neutraliser les lunards, des hommes qui n’ont pas tout à fait réussi leur transformation en garou et qui sont potentiellement dangereux pour la communauté humaine car ils ne contrôlent pas leurs pulsions. Après l’une de ses missions, Célia se rend chez son grand-père. L’un de ses plus vieux ennemis vient de mourir. Or il possédait un objet magique: une ceinture d’argent. C’est avec ce talisman, qu’il y a des années, il a fait du grand-père de Célia, un simple humain, incapable de se transformer en loup. Célia a donc pour mission de retrouver ce talisman.

A Nevers, nous suivons Axel, un jeune homme dynamique, qui travaille dans une école. Lui aussi est un loup-garou mais il s’est éloigné de sa meute, préférant rester un humain tout ce qu’il y a de plus normal. Il partage sa vie entre sa petite amie, son colocataire Dérénik plutôt étrange et le boulot. Un jour, il reçoit un coup de fil de son chef de meut basée à Nantes. Il doit récupérer un étrange objet en argent ayant appartenu à un loup-garou qui vient de mourir.

Les deux intrigues vont donc d’abord se jouer en parallèle l’une de l’autre pour mieux se rejoindre un peu plus tard car chaque garou convoite le même objet mystérieux. Autant vous dire qu’il n’y a aucun temps mort dans ce roman. L’action maintient en éveil le lecteur. Les pages se tournent d’elle-même et je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai vraiment pris plaisir à suivre ces deux intrigues avec d’un côté la fougueuse Célia et de l’autre le calme et tempéré Axel. De la Bourgogne, nous passons en Auvergne, dans les forêts touffues et le long des chemins de campagne. Qui sera le premier à récupérer ce fameux artefact?

Les personnages sont plutôt bien campés. Célia est un personnage complexe. Je me suis pris de sympathie pour elle au début du roman puis très vite, la demoiselle m’a un peu dérangée. Elle est impulsive et fait de cette quête de l’Ouroboros sa vendetta personnelle. Quant à Axel, j’ai adoré ce personnage calme, réfléchi, qui finalement n’aspire qu’à une vie rangée et normale. Il cache pas mal de secrets, révélés au fil du roman. Les deux acolytes de Célia, Claudio et Capucine, sont eux aussi intéressants. Capucine est une loup-garoue effacée, qui ne s’accommode pas de sa condition et qui répugne à faire le mal autour d’elle. J’ai beaucoup aimé ce personnage qui « voit » ce que d’autres n’imaginent même pas. J’aurais d’ailleurs aimé que cet aspect soit davantage exploité (peut-être dans un autre roman?). Ophélie Bruneau sort des clichés et c’est rafraîchissant. Pas de jeune écervelée ou de mâle à la testostérone surdimensionnée. Elle donne une vision du loup-garou dépoussiérée et très intéressante.

Quant à l’écriture de l’auteur, c’est peut-être ce qui m’a le plus plu. J’ai adoré la plume d’Ophélie Bruneau. Ses phrases sont claires, bien construites. Son vocabulaire est riche et surtout, elle ne met pas d’obscénités dans la bouche de ses personnages toutes les deux phrases! Comme quoi on peut être un loup-garou et rester poli!

Le seul bémol de l’ouvrage revient à sa fin, pour le coup, un peu cliché. J’imaginais les relations entre les personnages évoluer différemment. Les choses se précipitent un peu et Célia, après avoir assouvi sa vengeance, redevient une jeune femme bien sous tous rapports, ce qui m’a déconcertée.

L’Ouroboros d’argent est une lecture intéressante. Ophélie Bruneau dépoussière le mythe du loup-garou et nous offre un roman bien écrit, aux multiples rebondissements. Un sans faute. 

Les Nécrophiles anonymes, Tome 3: Le dernier des Nephilim de Cécile Duquenne

   Les Nécrophiles anonymes, Tome 3: Le dernier des Néphilim de Cécile Duquenne,

   Publié aux éditions Voy’el,

   2015, 226 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gabrielle et son frère, Abraham, sont les derniers des nephilim. Ils ont échappé au massacre qui a frappé les leurs, et ont été chargés en échange de protéger l’humanité des dérapages de la Création divine. Une occupation que Gabrielle prend très à cœur, ce qui lui a valu d’avoir bien mauvaise réputation, notamment chez les sangsues. Mais le nouveau drame qui se noue ne va pas vraiment lui laisser le choix… Elle va devoir accepter l’aide d’alliés dont elle se serait bien passée si elle veut résoudre l’affaire et clôturer un chapitre particulièrement douloureux de son passé !

Hé voilà, une page se tourne avec la lecture du dernier tome de la saga des Nécrophiles anonymes. J’ai suivi avec passion le récit mené tambour battant par Cécile Duquenne avec les premier et deuxième tomes. L’histoire se conclut donc ici avec le personnage de Gabrielle Van Hellsing.

En effet, ce dernier tome lui est consacré. Souvenez-vous, nous l’avions déjà croisée dans le deuxième tome. La demoiselle est donc de retour et le récit est raconté de son point de vue. J’ai trouvé donc ce tome plus pêchu car Gabrielle déborde d’énergie. Le rythme de l’histoire est soutenu et on ne s’y ennuie pas une seconde.

Dans ce dernier  tome, Gabrielle est aux trousses d’un mystérieux alchimiste qui semble vouloir créer une super race de vampires résistants à tout et presque invincibles. Sur son chemin, elle va croiser la route de Nicolas, Lieutenant à la PAS, une brigade qui enquête sur les êtres et phénomènes surnaturels. Ces deux-là vont devoir faire équipe pour découvrir celui qui se cache derrière ces expériences et ces manipulations d’êtres surnaturels.

Comme je le disais plus haut, le rythme du récit est très soutenu: au menu, course-poursuite et combats épiques contre les vampires, aucun temps mort. Gabrielle est le personnage que je préfère de toute la saga. Elle appartient à la race des Néphilim, comprenez qu’elle est mi-ange mi-humaine. Elle a douze mille ans et un tas de vie derrière elle. J’ai adoré me plonger dans son passé! On en apprend un peu plus à chaque page: elle nous raconte des bribes de sa vie pendant le déluge, sous l’antiquité et au moyen-âge. Grâce à ses vies, elle nous fait voyager. Elle se réincarne régulièrement. J’ai trouvé vraiment intéressant la façon dont l’auteur traite ces réincarnations successives! On comprend que Gabrielle est parfois usée, fatiguée de devoir sauver l’humanité et qu’elle n’aspire qu’à un peu de tranquillité. Cette vision des choses rend ce personnage plus « humain », plus profond. Elle n’est pas juste une super-héroïne.

J’ai tout de même énormément apprécié ce côté super-héros justement. Gabrielle fonce souvent dans le tas et réfléchit après. C’est plutôt son frère qui réfléchit. Elle n’est pas infaillible et prend pas mal de coups. Une autre de ses qualités est son humour parfois cynique. Les répliques s’enchaînent et je me suis prise à sourire lorsqu’elle débat à bâtons rompus avec Nicolas et qu’elle l’envoie sur les roses. Bref, Gabrielle est une sorte de Buffy en un peu plus ronchon!

Outre le personnage de Gabrielle, j’ai adoré me retrouver plongée dans cette intrigue qui court sur plusieurs tomes. Gabrielle et Nicolas mènent une véritable enquête qui prend parfois des allures steampunk lorsqu’ils se retrouvent embarqués sur un dirigeable! L’auteur ne manque pas de ressources pour mener son intrigue à bien!

En refermant ce troisième tome, j’ai ressenti un peu de tristesse car je m’étais attachée à tous ces personnages plus loufoques les uns que les autres. Bien heureusement, la fin du tome laisse entrevoir une suite, la fin d’un cycle. Je l’attends de pied ferme!

Purespace, Saison 1 de Cécile Duquenne

   Purespace, Saison 1 de Cécile Duquenne,

   Publié aux éditions du Petit caveau,

   2015, 188 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Reine du plus vaste clan d’Europe, Shereen est une vampire dont le but est d’offrir aux victimes une seconde chance, soit par la vengeance, soit par l’immortalité. Elle tient plus que tout à son groupe, chaque membre étant quelqu’un qu’elle a sauvé des griffes de ses bourreaux Alors qu’elle vient de sauver une nouvelle victime de ses tortionnaires, son clan est attaqué par une véritable soucoupe volante qui décime ses rangs. Cette invasion extra-terrestre semble viser uniquement les espèces surnaturelles. La légende dit qu’ils s’appellent les Purespaces…

 

J’avais lu les 3 premiers épisodes de Purespace et les avais chroniqués très rapidement en vous disant que j’avais beaucoup aimé. Je me suis offert la saison 1 version papier (dédicacée!) lorsqu’elle est sortie. Enfin, j’ai une vision globale de cette saison qui s’achève sur un cliffhanger de folie (mais l’auteur m’avais prévenue) et je ne suis toujours pas déçue. J’attends même la saison 2, qui viendra clôturer la saga, avec impatience.

Dans Purespace ce qui m’a d’abord séduit c’est l’univers développé par l’auteur. C’est de la bit-lit intelligente et qui pour une fois s’éloigne des clichés que l’on trouve régulièrement. Shereen est une reine vampire à la tête d’un vaste clan. J’ai adoré ce personnage, qui malgré sa nature, se révèle altruiste et très humaine. Quand elle « transforme » un humain en vampire c’est pour lui donner une seconde chance dans l’existence. Ainsi elle se prend de pitié pour les malheureux, les cabossés de la vie, ceux et celles qui ont subi le pire dans leur vie humaine et que seule la mort pourrait soulager. Tout au long du roman, on en apprend plus sur cette reine humaniste, capable de sentiments envers ceux qu’elle a transformés, les considérant même comme ses « enfants ».

J’ai aussi adoré en apprendre plus sur l’existence humaine de Shereen, rescapée d’Auschwitz. Les flash-back qui témoignent de son passé douloureux sont terribles, émouvants et poignants. C’est une excellente idée qu’à eu l’auteur et elle parvient à restituer avec émotion cette vie humaine condamnée d’avance. J’ai hâte d’en savoir plus sur cette vie d’avant la transformation.

Un peu plus loin dans le récit, Shereen va se retrouver aux prises avec une entité extraterrestre qui cherche à détruire les membres de son clan. Elle va donc trouver refuge auprès d’Aramis, son meilleur ami loup-garou. Ces deux-là ont un passé commun et sont extrêmement complices. J’ai beaucoup aimé ce lien d’amitié développé par l’auteur. En outre, Cécile Duquenne a su éviter un écueil qui me fatigue dans le genre de la bit-lit: le fameux triangle amoureux!! Ouf! On peut être une femme et ne pas hésiter entre deux mecs, merci!

La fin du roman m’a bluffée. Il n’y a pas de temps mort. Les événements s’enchaînent rapidement et comme je le disais en préambule, on a qu’une envie: connaître la suite du roman dans la saison 2. L’auteur réussit le pari audacieux de mêler science-fiction et bit-lit et ça marche!

Enfin, je terminerai par l’évocation du style de l’auteur à la fois travaillé et fluide. On sent le soin qu’elle apporte à ses phrases et aux images développées. Purespace ne développe pas seulement une bonne intrigue, c’est aussi un roman écrit avec beaucoup de soin et de qualité, chose non négligeable quand on lit certains romans de bit-lit écrits à la va-vite!!

Bref, c’est un sans faute. A quand la saison 2?

Rebecca Keane, Tome 1: traquée de Cassandra O’Donnell

   Rebecca Keane, Tome 1: Traquée de Cassandra O’Donnell,

   Publié aux éditions J’ai Lu,

   2011, 474 pages,

   Pour l’acheter: Rebecca Keane

 

 

 

 

 

 

Burlington…nouvelle Angleterre. Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des États unis, bref un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement, parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs ici que partout ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il…

Je ne suis pas fan de la bit-lit, j’aime à le répéter. Pourtant, je me suis laissée tenter par ce roman parce que Cécile Duquenne du blog SFFF  ne m’en a dit que du bien et que j’ai rencontré l’auteur lors du salon du livre fantasy de Lambesc. J’ai pas mal de préjugés sur le genre à cause de la grossièreté gratuite de certaines romans et des schémas vus et revus du triangle amoureux. C’est donc avec quelques appréhensions que je me suis lancée dans Rebecca Keane. Si je n’ai pas détesté, je ne sors pas non plus ultra convaincue et enthousiaste. Il y a encore trop de choses qui m’ont déplu.

Encore une fois, c’est le côté « dialogues pour boucher les trous » qui m’a déçu. Il y a du dialogue à chaque page. Je comprend bien qu’il permet de faire avancer les choses mais trop c’est trop. La plupart du temps il m’est apparu vide, creux, sans raison d’être. Il y a pourtant d’autres moyens d’en dire plus. En outre, l’héroïne se contente bien souvent d’agresser ses interlocuteurs. Il n’y a donc rien de constructif pour moi et c’est décevant. Je n’aime pas le blabla pour le blabla. J’ai eu l’impression de tourner en rond comme si le dialogue venait combler les trous.

J’ai aussi été déçu par le côté « romance » du livre. Là aussi, le sacro-saint triangle amoureux sévit même s’il est un peu différent. Pourquoi l’héroïne doit-elle toujours choisir entre deux hommes? Le dilemme en devient ridicule et c’est lassant. J’aurais aimé moins de tergiversations. L’héroïne est confrontée à des choix cruciaux mais il était peut être inutile d’en rajouter un sur le plan amoureux.

J’ai également été dérangée par les descriptions. Une chose m’a frappée: l’auteur commence toujours par décrire ses personnages masculins par leur taille! Des 1 mètre 90 ou 1 mètre 80, en veux-tu, en voilà! A quoi cela sert-il vraiment? Personnellement, je me fiche de connaître la taille exacte des personnages. La répétition de cette manie stylistique m’a perturbée. Je ne voyais pas où l’auteur voulait en venir. La seule explication plausible est que Rebecca jauge ses adversaires comme le ferait un animal face à un ennemi potentiel. D’autre part, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de rebondissements. J’ai saturé de ce côté-là. Je ne savais plus où donner de la tête. L’idée d’une enquête est bien trouvée mais les choses partent un peu dans tous les sens et c’est bien dommage.

Il y a quand même deux ou trois choses à sauver. Je ne suis pas fan de l’héroïne mais elle apparaît quand même un poil moins vulgaire que ses alter ego. Il y a une chose qui m’a plu chez elle, j’en avais d’ailleurs parlé avec l’auteur. Quand le roman commence, Rebecca est un être qui ne sait pas vraiment faire la part des choses: le Bien et le Mal ont tendance à se confondre. Cette saga est entre autres son apprentissage de valeurs humaines. Rebecca va faire l’expérience des limites entre ce qui est bien et ce qui est mal. C’est un aspect assez intéressant du roman qui selon moi vaut le coup.

J’ai enfin apprécié l’humour de l’auteur qui nous situe une héroïne française au pays de l’oncle Sam. Les références aux caractère râleur et rebelle des français sont bien là. Rebecca ne manque pas d’aplomb et j’ai beaucoup aimé cette touche d’humour frenchie.

Je ne continuerai sans doute pas la saga. Je n’ai pas été assez accrochée pour poursuivre les aventures de Rebecca mais si vous cherchez un roman bit-lit qui change un peu des sentiers battus, je ne peux que vous le conseiller.

 

Purespace, épisodes 1, 2 et 3 de Cécile Duquenne

  Purespace de Cécile Duquenne,

  éditions numériques Le Petit Caveau,

  2014,

  Pour l’acheter: Purespace

 

 

 

 

 

Reine du plus vaste clan d’Europe, Shereen est une vampire dont le but est d’offrir aux victimes une seconde chance, soit par la vengeance, soit par l’immortalité.
Elle tient plus que tout à son groupe, chaque membre étant quelqu’un qu’elle a sauvé des griffes de ses bourreaux.
Alors qu’elle vient de sauver une nouvelle victime de ses tortionnaires, son clan est attaqué par un véritable vaisseau spatial qui décime leurs rangs.
Cette invasion extra-terrestre semble viser uniquement les espèces surnaturelles. On les appelle les Purespaces.

 

Je me suis laissée convaincre une fois de plus par le talent de Cécile Duquenne. J’ai tenté l’aventure Purespace et j’ai adoré! Dans cette saga (pour l’instant 3 épisodes sont parus), nous suivons Shereen, une reine vampire. Elle a créé son clan qui s’élève à une centaine d’autres vampires jusqu’au jour où il se fait attaquer par une entité extraterrestre: les purespaces.

Au départ, nous faisons la connaissance de Shereen alors qu’elle cherche à sauver une jeune femme, kidnappée et portée disparue depuis plusieurs mois. Chaque jour, cette jeune femme reçoit « la visite » de ses bourreaux. Shereen, dont l’une des capacité est de pénétrer l’esprit des gens, décide de la sauver et d’en faire une vampire. On apprend plus tard que tout son groupe relève de ce même altruisme. Shereen ne transforme pas n’importe quel être humain. Rien n’est le fruit du hasard: elle privilégie ceux qui ont souffert. J’ai beaucoup aimé cette idée développée par l’auteur qui sort des clichés. Finalement Shereen a gardé un côté très humain malgré les apparences. Cet altruisme est d’ailleurs lié à son passé douloureux. Je ne vous révèlerai rien ici mais j’ai été scotchée par l’ingéniosité de l’auteur. Les pages qui retracent sa vie passée m’ont profondément émue et j’espère en apprendre plus dans les épisodes futurs.

L’intrigue de Purespace est donc construite autour d’un personnage féminin fort comme je les aime. Au-delà de Shereen, il y a aussi toute une galerie de portraits. Shereen est amie avec l’alpha d’un clan de loup-garou, Aramis, dandy distingué et intelligent. J’ai particulièrement aimé le clin d’œil au troubadour de la troupe de Shereen, Guilhem. C’est vraiment bien vu de la part de l’auteur. Comme d’habitude, les références littéraires sont légion et j’ai toujours plaisir à les débusquer.

Enfin l’intrigue générale est très bien trouvée. Le clan de Shereen est gravement menacé par une entité qui semblerait extraterrestre. Là encore, l’auteur cultive l’art du suspens et sait ménager son lecteur. Chaque épisode contient son lot d’action bien dosée, jamais surexploitée. Du grand art! Dans le dernier épisode, l’auteur ose même convoquer les états généraux des êtres surnaturels. C’est malin, intelligent et très fin.

Vous l’avez compris, j’ai adoré Purespace. J’ai hâte de découvrir les prochains épisodes.

Les Errants, tome 1 de Denis Labbé

  Les Errants, tome 1 de Denis Labbé,

  Publié aux éditions du Chat Noir,

  286 pages, 2013,

  Pour l’acheter: Les Errants, tome 1

 

 

 

 

 

Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.

 

J’ai profité de la promo opérée par les éditions du Chat noir sur leurs ebooks pour m’offrir le premier tome des Errants. J’avais déjà lu Petit Papa errant du même auteur, une petite nouvelle gratuite, qui m’avait bien plu. Si j’ai aimé le début de ce premier tome, j’ai au final été plutôt déçue.

L’idée de départ est assez bonne. Quelques lycéens, accompagnés de leurs professeurs, vont visiter le camp du Struthof. Cette sortie pédagogique n’est pas vraiment du goût de Marion, la narratrice, mais elle voit là une occasion de s’amuser. Autour d’elle, peu d’élèves semblent peu concernés par l’Histoire du lieu. Les uns et les autres préfèrent flirter, s’amuser ou singer la terrible prof qui leur sert de chaperon. Tandis que les groupes s’organisent et se dispersent dans tout le camp, Marion fait plus ample connaissance avec ses camarades. Elle apparaît désorientée car sa meilleure amie ne figure pas dans son groupe. Peu importe, il lui faut écouter le blabla inintéressant du prof.

A la pause déjeuner, tous les élèves sont sensés se retrouver or il en manque une bonne partie. Marion assiste aussi à une scène étrange. Des employés du Struthof sortent du camp en trombe, semblant fuir quelque chose. Les ennuis commencent alors pour Marion qui ne peut s’empêcher de fouiner. Elle s’aperçoit très vite qu’un danger les menace tous: une épidémie qui semble réduire les humains à l’état de zombie…

Si l’idée de départ est plutôt bonne (des expériences menées pendant la seconde guerre mondiale qui auraient mal finies), on tourne finalement vite en rond. J’aurais d’abord tendance à dire que la cible du roman est plutôt les ados. En effet, je n’ai pas été touchée par les personnages qui sont tous lycéens. Leurs répliques sont celles d’ados de leur âge (et c’est bien normal) et sont parfois lourdes. En outre, Marion, la jeune narratrice apparaît bien obnubilée par ses histoires de cœur. Soit, dans tous romans, il y a le spectre d’une histoire d’amour contrariée ou en devenir mais j’ai trouvé que cette préoccupation revenait trop souvent. Quand on doit sauver sa peau, on ne passe pas son temps à essayer de plaire ou à se demander ce que trucmuche va penser de notre attitude, de notre look. C’est dommage car ce côté bluette décrédibilise pas mal les personnages et l’enjeu du roman à savoir la survie.

La manière dont l’auteur amène l’apparition des zombies est bien trouvée et originale. En revanche, l’intrigue tourne vite en rond. Passé les premières paniques, l’organisation et la fuite, le scénario est toujours le même: arrivée dans une ville, attaque des zombies, défense puis fuite. Bref, je me suis un peu ennuyée et j’ai attendu, en vain, que l’intrigue décolle enfin! De même, l’auteur veut faire passer ses personnages ados pour des héros. J’ai bien compris que l’enjeu du roman était qu’ils s’en sortent par eux-mêmes mais les adultes passent au final pour des abrutis/incapables/idiots (à vous de cocher le bon terme). Les adultes semblent être doués pour courir en tous sens et se faire tuer très rapidement.

C’est donc raté pour moi. Si j’ai aimé l’intrigue en générale, je n’ai en revanche pas du tout adhéré aux personnages et j’ai trouvé que le scénario tournait en boucle. L’auteur du roman a prévu une suite, j’espère que dans celle-ci les choses s’accéléreront.