Les Veilleurs, Tome 1: Enfant du chaos de Eva Simonin

 

 

Les Veilleurs, Tome 1: Enfant du chaos de Eva Simonin,

Publié aux éditions Les Moutons électriques,

2017, 331 pages.

 

 

 

Depuis la mort du dieu de l’Équilibre, le chaos ne cesse d’augmenter.
À Okkia, il engendre des spectres, êtres monstrueux qui se nourrissent des humains. Les pompiers régulent la menace de leur mieux, mais ils arrivent trop tard pour sauver la famille d’Anielle. Unique rescapée, la jeune femme décide de rejoindre leur rang pour lutter à son tour contre incendies, tempêtes surnaturelles et créatures dangereuses.
Mais ses origines pèsent lourd sur ses épaules et compromettent sa place parmi les pompiers. Son existence n’est-elle qu’une nouvelle manifestation du chaos ? Anielle n’aura de pire ennemi que sa propre nature, convoitée par certains, redoutée par d’autres.

Encore merci aux éditions Des Moutons électriques de m’avoir gâtée en m’envoyant en avant première ce roman. Comme d’habitude, je loue le réel travail d’édition réalisé par l’équipe. La couverture est sublime et il faut regarder minutieusement les petits détails qui la composent.

Eva Simonin nous plonge dans un premier tome ambitieux qui pose pas mal de bases pour une future histoire plus dense même si celle-ci l’est déjà. Elle nous décrit ici un monde pétri de magie et de superstitions. Pas facile de tout suivre au départ car l’auteur nous plonge au cœur d’un univers complexe. Ici, pas de narrateur ou de personnage pour nous expliquer comment fonctionne ce monde: c’est au lecteur de saisir les informations au fur et à mesure de l’intrigue. En tout cas, l’auteur nous plonge dans une des sphères qui composent le monde: il s’agit d’Okkia. Les sphères ont leur propre singularité, leurs propre peuple et coutumes. Pour communiquer entre les sphères, les veilleurs ont la charge d’équilibrer les forces cosmiques d’une sorte de portail. Or, depuis quelques temps, tout voyage est impossible. C’est le chaos qui règne en maître provoquant des tempêtes arcaniques dévastatrices mais surtout produisant des spectres, comprenez des monstres qui dévorent les humains.

C’est dans ce contexte que va débarquer Anielle. Toute sa famille a été décimée par un spectre. Elle est la seule rescapée. Elle décide alors de s’engager auprès des pompiers dont la mission est de lutter contre ces fameuses bestioles. Le nom du personnage m’a fait tilter car Anielle évoque bien sûr un animal doux et docile. Si je n’ai pas été vraiment émue par ce personnage, j’ai tout de même apprécié sa complexité. Si Anielle apparaît bien douce au départ, son personnage va évoluer au fil de l’intrigue et prendre une direction à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Bon point de ce côté-là puisque l’auteur a de la ressource et sort des clichés habituels.

Les autres personnages m’ont en revanche paru un peu plus stéréotypés à commencer par la princesse Maranée que j’ai trouvée plutôt prévisible. Coléreuse, égoïste et avide de pouvoir, je l’imaginais un peu comme la méchante belle-mère dans Blanche-Neige. Allez savoir pourquoi. Les autres personnages sont plus anecdotiques même si on sent que certains vont prendre une place prépondérante dans le tome suivant à commencer par Yone et Eryann.

L’intrigue est plutôt bien menée. On suit l’évolution d’Anielle au sein de sa brigade. En parallèle, Okkia est menacée par un coup d’État emmené par la princesse Maranée qui profite du chaos pour assouvir sa soif de pouvoir. Je ne me suis pas du tout ennuyée en tout cas même si le début du roman met un peu de temps à se mettre en place. Seule bémol à ma lecture: les tournures négatives qui ne sont pas respectées. Alors j’ai bien compris qu’il s’agissait de marquer la frontière entre nobles et gens du peuple mais n’empêche, ça m’a un eu chagrinée

Avec ce premier tome, Eva Simonin nous entraîne dans un monde complexe. Elle parvient à surprendre son lecteur avec une héroïne qui sort des sentiers battus. La fin du roman promet un deuxième tome intéressant et prenant.

Monsieur Jean a un plan de Thomas Montasser

 

 

Monsieur Jean a un plan de Thomas Montasser,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 234 pages.

 

 

 

Monsieur Jean est concierge de nuit dans un palace au bord du lac de Zurich, ou plutôt il était concierge, car l’heure de la retraite a sonné. Lui qui ne vivait que pour l’hôtel va devoir réapprendre à dormir la nuit et à occuper ses journées. Mais Monsieur Jean n’est pas du genre à se laisser aller, et il compte bien continuer à donner un coup de pouce au destin des inconnus qui croisent son chemin. Dans l’immédiat, il lui faut réconcilier deux anciennes ballerines fâchées depuis plus de trente ans, remettre un pickpocket sur le droit chemin et aider une jeune femme à ouvrir son café… On aimerait tous avoir un Monsieur Jean dans notre vie.

Il y a quelques temps, j’avais lu Une année particulière de Thomas Montasser, l’histoire de Valérie qui se retrouve libraire du jour au lendemain. J’avais beaucoup aimé ce petit roman. Je remercie une fois de plus les éditions Presses de la Cité pour avoir pensé à moi en m’envoyant le tout dernier livre de l’auteur.

Avec Monsieur Jean a un plan, l’auteur nous entraîne une fois de plus dans un roman feel good, sans prise de tête avec pour toile de fond Zurich et un café.

L’intrigue débute avec Monsieur Jean qui, après des années de bons et loyaux services à l’hôtel Le Tour au lac, prend sa retraite. Enfin, ça c’est ce que pense tout le monde car Monsieur Jean n’est pas du tout ravi d’être enfin à la retraite. Lui qui a été le concierge d’un des hôtels le plus prestigieux de Zurich doit réapprendre à vivre pour lui. Que va-t-il d’abord faire de ses journées lui qui travaillait la nuit? A qui rendre service ensuite, lui qui connaissait les lubies et les moindres envies de ses clients? Alors Monsieur Jean passe à l’attaque. Il a un plan pour réconcilier deux vieilles ballerines brouillées depuis bien trop longtemps; améliorer la quotidien de Sophie, cette jeune femme qui désire faire sa place à l’hôtel; et surtout aider Ana à ouvrir son café.

Encore une fois, je le répète, ce roman n’est pas prise de tête. Il se déguste gentiment. Le lecteur suit la petite vie de Monsieur Jean qui est à l’image de la ville de Zurich: propre, lisse, bien nette même si on comprend vite que Monsieur Jean n’est pas tout à fait celui qu’on croit et qu’il possède plus d’une facette. Les personnages du roman sont sympathiques bien qu’un peu stéréotypés parfois. L’intrigue est de toute manière centrée autour de Monsieur Jean, un voisin tel qu’on rêverait d’en avoir un, un doux rêveur, un vrai gentil.

Les chapitres sont courts et les différentes histoires se mêlent. C’est peut-être la seule chose que je reprocherais au roman. J’ai parfois eu du mal à me repérer tant on passe rapidement d’un personnage à l’autre, d’une intrigue à l’autre. Heureusement qu’à la fin, tout converge! Le style de l’auteur est vif et il nous raconte la vie de Monsieur Jean avec beaucoup d’humour!

Monsieur Jean a un plan est un roman feel good qui vous laisse entrevoir une petite parcelle supplémentaire d’humanité chez votre voisin ou votre voisine (Si, si!). Un roman qui se veut résolument optimiste et qui fait du bien jusqu’à nous faire sourire….

Rendez-vous au Cupcake café de Jenny Colgan

 

 

 

 

Rendez-vous au cupcake café de Jenny Colgan,

Publié aux éditions Prisma,

2017, 504 pages.

 

 

Lorsqu’elle est licenciée, Issy décide de tenter sa chance en ouvrant à Londres un salon de thé spécialisé dans les cupcakes. En effet, la jeune femme a un talent particulier pour réaliser ces petits gâteaux. Un don qu’elle tient de son grand-père boulanger. Mais les ennuis ne vont pas tarder à arriver, et Issy devra se battre pour réaliser son rêve.

Merci à Babelio et aux éditions Prisma pour l’envoi de ce roman reçu dans le cadre de la dernière #MasseCritique! J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman qui m’a surprise plus d’une fois.

Jenny Colgan est connue pour son roman La petite boulangerie du bout du monde qui a rencontré un joli petit succès sur la blogo. Avec Rendez-vous au Cupcake café, elle réitère dans l’univers des douceurs sucrées en nous faisant saliver tout au long de son joli roman.

Ici, elle met en scène Isabel dite Issy. Elle travaille dans une boîte qui fait dans l’immobilier et son travail ne la passionne pas des masses. En outre, elle sort avec un des patrons de la boîte, Graeme, un type beau comme un dieu mais odieux avec Issy. Mais voyez-vous, la belle a la trentaine et pense être amoureuse de ce bel étalon… Mais Issy a une botte secrète: la pâtisserie, une passion héritée de son grand-père Joe. Aussi, quand Issy est licenciée, elle se lance et ouvre sa pâtisserie de cupcake.

L’intrigue du roman est assez sage et conformiste. Je l’aurais bien vu adaptée sous forme de télé-film comme ceux que l’on peut trouver sur M6 au moment de Noël. Jenny Colgan nous offre une lecture douceur, une lecture réconfortante, un peu comme un des cupcakes d’Issy. On va suivre cette trentenaire un peu maladroite, un peu rondelette qui m’a fait d’ailleurs penser à Bridget Jones. Elle choisit l’emplacement de son café dans une petite ruelle située dans un quartier cosmopolite de Londres. On y croise des mères qui ne jurent que par le yoga et les crudités, des vendeurs de henné et de falafels, des boutiques branchées de jouets en bois. Bref, dans ce joyeux bazar, Issy va trouver sa place.

Les débuts sont difficiles. Issy travaille dur pour s’en sortir. Au fil des pages, elle va faire des rencontres et fédérer pas mal de personnes différentes autour de son café. Ce roman est aussi un livre sur l’amitié entre femmes car Issy va voir qu’on peut aimer de différentes façons. A travers son héroïne, Jenny Colgan porte un regard amusé et ironique sur la société londonienne. Je me suis prise à rire de nombreuses fois. L’auteur ne tombe pas dans le cliché du tout beau, tout propre. Issy a des faiblesses mais elle a aussi du tempérament et j’ai apprécié son aspect « à côté de la plaque ».

Le seul bémol irait à l’intrigue amoureuse. Même si elle est secondaire, elle m’a fait vraiment penser à celle de Bridget Jones avec ce triangle amoureux où on sait pertinemment qui finira avec qui…

Rendez-vous au cupcake café est un roman rafraîchissant qui vous fera passer un agréable moment plein de douceurs. Une lecture feelgood, doudou à déguster avec une tasse de thé à la main et un cupcake!!

Les Dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi

 

 

Les Dames de Kimoto de Sawako Ariyoshi,

Publié au Mercure de France,

2016, 288 pages.

 

 

 

 

 

Elles sont trois, ces dames de la famille Kimoto, avec leurs amours, leurs passions, leurs drames qui
racontent le destin de la femme japonaise de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui….

Rien de plus succinct que cette quatrième de couverture qui ne nous apprend rien sur l’intrigue de ce roman japonais. Je vais donc m’y coller et faire le job

Hana est une jeune japonaise de vingt ans à la fin du 19ème siècle. Il est grand temps qu’elle épouse enfin un homme. Surprotégée par sa chère grand-mère, elle descend le fleuve Ki pour se marier avec un homme de la famille des Matani. Répondant en tous points à ses devoirs d’épouse modèle, Hana donne naissance à deux enfants dont une fille un peu rebelle Fumio. Cette dernière donnera elle aussi naissance à une fille, faisant d’Hana une grand-mère comblée.

Les Dames de Kimoto est donc une fresque familiale qui court sur plusieurs générations et dont l’élément principal est Hana. Celle-ci, dans le dernier quart du 19ème siècle, sera confrontée à la naissance d’un Japon moderne, occidentalisé dans lequel la place des femmes devient de plus en plus importante.

Avec ce roman, le dépaysement culturel est assuré. Outre l’histoire de ces femmes qui court sur plusieurs générations, l’auteur met en perspective plusieurs manières d’envisager le Japon. A Hana, très conservatrice dans les traditions, s’oppose Fumio qui revendique l’égalité homme/femme et une place plus valorisante dans la société. Mais les choses demeurent plus complexes. N’est-ce pas finalement Hana qui a mené habilement son mari jusqu’au plus haut sommet de l’État? N’est-ce pas finalement elle, la femme soumise, qui tire les ficelles dans l’ombre de sa maison?

L’auteur propose au lecteur une plongée au cœur des traditions japonaises. Certaines semblent étranges comme lorsque Fumio enceinte doit veiller à la propreté des toilettes si elle veut un accouchement parfait. Les traditions de bienséance et de soumission féminine font parfois lever les yeux au ciel mais l’auteur laisse entendre à chaque fois qu’Hana a finalement été beaucoup plus libre que sa propre fille Fumio. A travers le portrait de ces femmes, l’auteur ressuscite un Japon pris entre les feux de la tradition et de la modernité.

Sans fioritures ni envolées lyriques, elle nous raconte simplement l’histoire de ces trois femmes sur trois générations. Alors oui, j’ai aimé ce roman car il m’a littéralement dépaysée. J’ai aimé ce côté « exotique » du Japon qui me fascine tant: les palais, les règles de politesse, les kimonos, les coiffures, le code moral. Mais le style de l’auteur très dépouillé m’a un peu déconcertée. L’intrigue n’est pas vraiment haletante. On suit simplement ces femmes dans une société qui évolue continuellement.

Les Dames de Kimoto reste un roman agréable à lire pour tous ceux qui aiment s’évader à travers la littérature. Les fans de saga familiale seront à l’inverse déçus. Un roman pour les passionnés du Japon.

Représailles de Hans Koppel

 

 

Représailles de Hans Koppel,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2016, 283 pages.

 

 

 

 

Calle Collin, journaliste free-lance, rédige pour un hebdomadaire le portrait de Kent, un adolescent mort des années plus tôt dans un tragique accident. Il rencontre son frère, Mattias, homme de main et amant de Sara, redoutable femme d’affaires mafieuse.
Après avoir lu l’article, Anders Malmberg, célèbre chroniqueur, qui était en classe avec Kent, est choqué. Il décide de rétablir la vérité sur la personnalité de Kent, son harceleur, son pire cauchemar… au risque de provoquer Mattias, et surtout Sara, qui aurait préféré que certains secrets restent enfouis.
Les représailles de la jeune femme, qui seront d’une cruauté proche de la folie, ne font que commencer… Personne ne sera à l’abri.

Grâce aux éditions Presses de la Cité, j’ai pu lire Représailles, sortie littéraire de la rentrée de janvier. Ce thriller plutôt court sort des sentiers battus. L’intrigue est assez simple même si le résumé de la quatrième de couverture ne rend pas justice au roman.

Calle Collin est journaliste free-lance à Stockholm. Il rédige des chroniques sur des personnes décédées à la demande des familles, ultime hommage à leurs chers disparus. Il est un jour contacté par la mère de Kent, un adolescent mort tragiquement à 13 ans dans un accident de la route.

Parallèlement, on suit Sara, une jeune danoise aux dents longues. Elle tient des boîtes de nuit aux allures de peep show à Copenhague, donne dans le proxénétisme et n’a aucun scrupule à supprimer les collaborateurs qui lui font faux bond. Son homme de main du moment s’appelle Mattias, frère de Kent.

Tout ce petit monde va se retrouver dans une histoire bien tordue et Calle Collin va en souffrir bien malgré lui….

Dans ce roman, l’auteur n’y va pas par quatre chemins. L’intrigue file vite. Sara, la méchante, est plutôt flippante. C’est une femme froide, calculatrice, dénuée de tous sentiments. Elle fait exécuter à tout va sans que cela ne lui pose problème. Sa perversité est telle qu’elle parvient même à persuader un homme de se suicider!!

Calle Collin incarne quant à lui un journaliste sans grandes ambitions amoureuses ni professionnelles. Les flics qui enquêtent forment un duo plutôt comique. Ils ne pensent qu’à manger et régler les choses le plus vite possible. Les personnages peuvent paraître superficiels, brouillons mais je pense qu’il s’agit d’une volonté propre de l’auteur. A part Sara, les personnages sont banals. On peut les croiser chaque jour dans la rue et je pense que c’est là que réside la force de ce thriller. La violence peut venir heurter chacun d’entre nous, comme ça, de plein fouet, pour une phrase anodine prononcée un peu trop fort.

La fin du thriller est d’ailleurs assez déroutante. Là encore, l’auteur a choisi de brouiller les pistes. Il ne s’encombre pas de fausse morale ce qui laisse un goût bien amer voire acide au lecteur.

Avec Représailles, Hans Koppel nous offre un thriller original et déroutant. Il brouille les pistes habituelles pour mieux perdre son lecteur dans les méandres de la violence la plus pure.

Harry Potter et l’enfant maudit

 

 

 

Harry Potter et L’enfant maudit,

D’après J.K Rowling,

Publié aux éditions Gallimard Jeunesse,

2016, 341 pages.

 

Etre Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

De nombreux blogs ont déjà chroniqué, critiqué, commenté le dernier Harry Potter qui vient apporter une pierre de plus à l’édifice Potterrien bien que ce ne soit pas J.K Rowling qui l’ai écrite, on est bien d’accord. Je ne vais pas révolutionner la blogo avec mon avis mais je poste ça là, comme ça, on ne sait jamais.

D’abord, je vais commencer par dire que j’ai aimé ce bouquin tout simplement parce que c’est Harry et qu’on retrouve un peu de magie dans cette pièce. Les personnages ne sont pas si mal que ça. J’ai trouvé que les Harry, Ron, Hermione, Drago et Ginny sont assez fidèles à l’idée que je m’en faisais une fois devenus grands. Harry est toujours cet être torturé qui reste maladroit dans ses relations avec les autres; Hermione incarne bien la Miss-je-sais-tout que l’on connaît et la voir à un si haut poste du ministère de la magie lui va parfaitement bien.

Quant aux enfants des différents héros, j’ai aimé les découvrir. La relation Albus/Scorpius m’a d’abord paru étrange et puis finalement je me suis dit que oui, c’était pas mal de voir les choses évoluer ainsi.

Cependant (parce qu’il y a bien un bémol) au bazar, j’ai trouvé que l’ensemble était truffé de faiblesses scénaristiques. Les dialogues sont parfois un peu absurdes pour ne pas dire abscons. Certaine scènes m’ont aussi laissé perplexe. Il y a par exemple un souci de temps et de lieu lorsqu’Albus et Scorpius se retrouvent d’un coup propulsés en 1989. Je n’ai pas compris pourquoi on sautait subitement du coq à l’âne!! Bref, certains passages sont très très bizarres.

Pour en avoir discuté avec Cécile Duquenne, la reine du synopsis en béton, nous en avons conclu que certaines choses nous échappaient tout simplement parce que nous sommes au théâtre! Il s’agit ici d’une matière vivante. Les personnages font des choses qui ne sont pas toujours précisées dans les didascalies. C’est peut-être pour cela que certaines choses m’ont totalement échappées.

Si j’ai aimé me replonger dans l’atmosphère d’Harry Potter, j’ai été en revanche déçue par une intrigue tirée par les cheveux et un scénario faiblard. N’est pas J.K Rowling qui veut! 

Ressentiments distingués de Christophe Carlier

 

 

Ressentiments distingués de Christophe Carlier,

Publié aux éditions Phébus,

2017, 174 pages.

 

 

 

 

Le microclimat de l’île : pluie et bourrasques. Ce qui n’empêche pas ses habitants d’avoir un bon fond, et d’accueillir le facteur avec un sourire, quel que soit son retard. Le pauvre homme souffre d’arthrose ; mais l’heure de la tournée n’intéresse pas grand monde. Nul n’envoie plus de lettres d’amour et les factures arrivent toujours trop tôt. Jusqu’à ce que des missives malveillantes atterrissent dans les boîtes aux lettres.
Un corbeau avive les susceptibilités, fait grincer les armoires où l’on cache les secrets. Serait-ce Tommy, le benêt ? La vaniteuse Marie-Odile ? Ou bien Adèle qui goûte tant les querelles ? Ou encore Emile, Laure, Marge ou Félicien ? Bien vite, les soupçons alimentent toutes les conversations. Sans que les bavards complices n’en retirent le plaisir d’être solidaires.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Phébus pour m’avoir permis de recevoir ce roman de la rentrée littéraire de janvier.

Ressentiments distingués est d’abord un tout petit roman qui se lit très facilement. Sur une île, un mystérieux corbeau envoie des cartes aux villageois. Semant le doute, la confusion et bientôt la zizanie, certains tentent d’en savoir plus en enquêtant.

Le roman se découpe en deux parties. Dans la première partie, nous suivons les habitants de l’île qui reçoivent des lettres anonymes et malveillantes. C’est parfois l’existence d’une sœur cachée qui est mis en cause ou le soupçon d’un adultère. Chacun est visé. Bientôt la méfiance règne sur l’île car chaque habitant est suspect. Les dissensions naissent et c’est bien souvent dans le seul café de l’île qu’on vient quêter les dernières nouvelles. L’auteur nous propose davantage des moments de vie, des instantanés plutôt qu’une enquête menée en bonne et due forme. Chaque habitant cache quelque chose finalement et le corbeau met à nue les tensions et les rancœurs.

Dans la seconde partie du roman, le lecteur voit l’identité du fameux corbeau dévoilé. Les raisons qui l’ont poussé à commettre ses actes sont d’ailleurs assez étonnantes. Dans cette partie, on observe les habitants qui tentent de trouver l’auteur des fameuses lettres.

A travers ce petit roman, Christophe Carlier nous offre la possibilité de passer un moment sur cette île close, à l’abri de tout mais quand le ver vient de l’intérieur, les dégâts sont beaucoup plus conséquents. Son roman m’a parfois fait penser à une enquête de Miss Marple pour le côté désuet. J’ai beaucoup aimé le charme littéraire de l’auteur qui nous permet de vivre quelques heures des vies banales des habitants de l’île. L’intrigue est certes éculée mais j’ai pris plaisir à lire entre les lignes les instants de vie de ces villageois.

Ressentiments distingués est un petit roman frais et plein de charme. Merci à Babelio et aux éditions Phébus pour cette belle découverte.