La fille sous la glace de Robert Bryndza

 

 

 

La fille sous la glace de Robert Bryndza,

Publié aux éditions Belfond,

2018, 438 pages.

La glace a immortalisé sa jeunesse, sa beauté… et son mystère : qui était vraiment Andrea ? Victime ou manipulatrice ? Encore marquée par la mort en service de son mari, l’inspectrice en chef Erika Foster découvre son nouveau poste dans un commissariat de Londres. Premier jour, première affaire et non des moindres : le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche industriel, a été retrouvé dans le lac gelé du Horniman Museum de Forest Hill. Que faisait la jeune femme mondaine dans ce quartier mal famé ? Effondrée par la disparition d’Andrea, sa famille semble pourtant redouter ce que l’enquête pourrait dévoiler d’eux. Hasard ? Vengeance ? Crime passionnel ? Pour faire éclater la vérité, Erika Foster devra faire la lumière entre règne des apparences et sombres secrets.

Nouvelle étoile montante du polar Outre-Manche, Robert Bryndza rencontre un franc succès avec son roman La fille sous la glace. Si j’ai aimé globalement ce livre, je n’en suis pas ressortie non plus complètement convaincue…

La DCI Foster est appelée en renfort à Londres où le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche homme politique, est découvert sous la glace. Elle a été assassinée sauvagement. Erika Foster, qui peine à se remettre de la mort de son mari Mark, débarque pour enquêter.

Assez rapidement, elle se rend compte qu’Andrea n’était pas vraiment la jeune fille que tout le monde pensait qu’elle était. Elle avait des pratiques douteuses, passait d’un homme à l’autre alors qu’elle était sur le point de se marier. L’enquête se corse quand Erika se rend compte que la richissime famille d’Andrea a bien des choses à cacher.

L’intrigue du roman reste assez conventionnelle. L’enquête est menée tambour battant. L’auteur permet au lecteur de voir les dessous de l’affaire d’un point de vue plus politique. Si on met des bâtons dans les roues d’Erika, c’est bien parce qu’elle risque de dévoiler de lourds secrets liés à des hommes politiques. Les guerres intestines au sein de la police font rage et le lecteur se rend compte que cette dernière n’a pas les coudées franches.

La fin du roman ne m’a pas surprise plus que cela. Je m’y attendais un peu et je n’ai pas été tenue en haleine, tournant frénétiquement les pages de mon livre. J’ai même encore du mal, en y repensant, à percevoir les liens entre les différents protagonistes impliqués.

En revanche, là où l’auteur est doué (pour moi en tout cas), c’est dans son personnage d’Erika Foster. C’est d’abord une femme flic à la tête de son unité. Certes, elle traîne un passé douloureux mais elle a le mérite d’apparaître davantage comme une anti-héroïne qu’une super-héroïne. Elle se plante, se fait virer, surprend tout son entourage sur un coup de tête et surtout, elle reste pugnace et déterminée malgré tout ce qu’elle endure. J’ai trouvé que ce personnage tirait son épingle du jeu et sortait de l’ordinaire.

La Fille sous la glace est un polar bien ficelé avec un personnage fort et intéressant. Il m’a cependant manqué un petit quelque chose d’angoissant pour qu’il me tienne parfaitement en haleine.

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Le Fil de la falaise de Olivier Lebleu

 

 

Le Fil de la falaise d’Olivier Lebleu,

Publié aux éditions Amok,

2016, 116 pages.

Un homme encore jeune, mais déjà à bout de souffle, se retrouve au bord du gouffre. Dans une semaine, il saura s’il est condamné. Un compte à rebours s’engage. Que faire de ce temps ? Devenir fou ou devenir… tout court. Il s’offre une dernière chance. Celle d’une île, de rencontres nouvelles, d’un passé à révéler. Et si la réponse était dans la quête ?

Le Fil de la falaise est un court récit d’Olivier Lebleu paru aux éditions Amok. On y suit un instant de la vie d’un homme (je crois d’ailleurs qu’on ne connait pas son prénom) à un tournant de son existence. En effet, il attend impatient et terrifié les résultats d’un test VIH. Est-il contaminé? Pour fuir sa peur, sa vie faite de tromperie et de mensonges, il décide de partir quelques jours.

Au départ, il s’agit pour lui de fuir la réalité, de fuir cette vie minable qui lui colle à la peau. Il prend le premier train qui part de la gare Saint- Lazare, le premier ferry et vient s’échouer sur une île bretonne. Là, il vit de tout, de rien: il réapprend au contact des habitants.

En commençant ce récit, je n’étais pas convaincue. L’auteur m’entraînait sur une piste déjà explorée et puis c’était surtout le style que je n’aimais pas: ces phrases courtes, lapidaires, souvent nominales comme pour frapper l’esprit du lecteur. Et puis, en même temps que le narrateur débarque sur l’île, les mots de l’auteur se font plus ouverts, plus lumineux à l’image de ce personnage qui se cherche et qui se trouve peut-être.

Mon point de vue a alors changé du tout au tout. Je me suis laissée embarquer dans cette histoire d’autant plus que le narrateur va mener une enquête fort peu développée certes mais intéressante! Sur fond de seconde guerre mondiale, l’auteur parvient à tisser une intrigue intéressante et captivante.

Avec ce court récit, Olivier Lebleu nous livre le récit poignant d’un homme au bord de la falaise dont la vie ne tient plus qu’un un fil….

Les enfants de Venise de Luca Di Fulvio

 

 

 

Les Enfants de Venise, de Luca Di Fulvio,

Publié aux éditions Slatkine et Compagnie,

798 pages, 2017.

 

 

« Quand Mercurio s’était jeté dans le canal, Giuditta avait eu la tentation de le retenir. Ou de s’y jeter avec lui. Elle ne voulait pas renoncer à la sensation de sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas renoncer à lui. Déjà, les nuits précédentes, dans le chariot, elle avait senti une forte attraction pour les yeux de cet étrange garçon. Qui était-il ? Il n’était pas prêtre, il le lui avait avoué. Quels mots avait-il dits en sautant du bateau ? Elle se souvenait à peine. Sa tête se faisait légère. “Je te retrouverai”, voilà ce qu’il avait dit. »

J’avais adoré ma lecture du Gang des rêves de Luca Di Fulvio. Un roman incroyable, prenant et passionnant. Je vous le recommande encore et encore car il fut l’un de mes coups de cœur de 2017. Je me suis donc précipitée sur Les Enfants de Venise. J’ai aussi aimé ce roman dense (belle brique de deux kilos!). Je l’ai cependant trouvé un cran en dessous de l’indétrônable Gang des rêves. Luca Di Fulvio nous invite cependant encore une fois à suivre des personnages inoubliables

Cette fois-ci l’intrigue plonge le lecteur à Venise au début du XVIème siècle. Mercurio est un jeune orphelin qui a fui Rome avec Benedetta et Zulfo afin de trouver une vie meilleure. Escroc professionnel, il vit de vols et d’arnaques. Sur la route, les trois associés croisent la route d’un convoi militaire revenant de la bataille de Marignan. A son bord, le juif Isacco et sa fille Giuditta. Dès que Mercurio croise le regard de Giuditta, il en tombe follement amoureux. Tous ces personnages se réunissent, se retrouvent puis s’éloignent pour vivre leur propre vie à Venise.

Luca Di Fulvio adopte une narration éclatée. Chaque chapitre suit un personnage. Il y a d’abord Giuditta et son père Isacco. Ils sont tous les deux juifs dans une Venise de plus en plus antisémite. D’un point de vue historique, l’auteur nous plonge au cœur du premier ghetto créé pour les juifs à Venise. Traqués, pointés du doigt, Luca Di fulvio montrent ces juifs, exclus de la société et vilipendés. Isacco, médecin escroc, va se consacrer au mal français qui atteint les prostituées de Venise comme dans une sorte de rédemption tandis que Giuditta, va exploiter son talent inné pour la couture en créant des robes incroyablement belles, suscitant la jalousie des Vénitiennes.

On suit aussi Mercurio. C’est le personnage principal du roman. Rebelle, orphelin et débrouillard, il cherche un but à sa vie. En tombant amoureux de Giuditta, il va donner un sens à sa vie. Mais comment lutter contre les préjugés, lui le non-juif, lui le petit escroc?

On suit enfin le personnage de Benedetta. Amoureuse de Mercurio, femme blessée, elle va nourrir sa vengeance et devenir un personnage à l’âme noire.

Luca Di Fulvio nous ballotte donc d’un personnage à l’autre. L’intrigue est vraiment bien ficelée (même si on se doute de certaines choses parfois). Mais son sujet est véritablement Venise. En lisant ce roman, j’avais vraiment l’impression d’y être. On ressent les odeurs, on voit les petites rues, les couleurs, on entend presque la langue à travers ces pages! L’auteur nous projette au cœur d’une ville à part dans le paysage italien. J’ai adoré en savoir plus sur cette ville aux mille facettes. Le luxe le plus grand côtoie la misère la plus terrible. Mercurio nous invite à explorer les palais des doges comme les fossés boueux et putrides. Luca Di Fulvio décrit la misère, les exclus, la violence avec toujours autant de passion. La haine et l’amour sont présents à chaque page! On rit, on frissonne, on pleure presque aux côté de Mercurio. Véritable page-turner, l’auteur nous livre une histoire qui prend aux tripes. Les pages se tournent toutes seules, sans effort!

Avec Les enfants de Venise, Luca Di Fulvio confirme son talent de conteur. Laissez-vous embarquer vous aussi dans cette histoire de haine et d’amour dans la Cité des Doges.

 

Vernon Subutex, Tome 2 de Virginie Despentes

 

 

Vernon Subutex, Tome 2 de Virginie Despentes,

Publié au Livre de Poche,

408 pages, 2016.

 

Ils ont 20, 40, 70 ans, ils sont retraités, SDF, salariés plus ou moins précaires, les uns plutôt marginaux, les autres tant bien que mal intégrés dans l’ordre économique et social tel qu’il fonctionne – et dysfonctionne, surtout, malmène et brutalise les individus… Ils sont une quinzaine, dont pour la plupart on avait fait connaissance dans le premier volume. Les revoici, assemblée hétérogène d’individus dispersés à tous les horizons de la sphère sociale mais physiquement réunis, comme agglomérés autour de Vernon Subutex…

J’avais adoré le premier tome de Vernon Subutex, lu au mois d’octobre dernier. J’avais sous le coude, le deuxième tome que je tardais à lire pour le plaisir de patienter. Celui-ci est bon, voire meilleur que le premier opus. Virginie Despentes nous balade d’un bout à l’autre.

J’avais donc laissé mon vieux Vernon en bien mauvaise posture dans le tome 1. SDF, chassé de tous ses squats, sans amis, il n’allait pas quand même crever tout seul sur son banc parisien. On le retrouve donc en compagnie d’autres marginaux comme lui, des exclus, des poivrots, des fous, des dingos, des paumés. Vernon semble s’être habitué à sa nouvelle vie. Il s’est fait de nouveaux compagnons de galère et il est à mille lieux de se douter qu’on le cherche un peu partout.

Pendant ce temps-là, en effet, on recherche assidûment Vernon. Pas pour l’héberger ou le câliner, non. Ce sont toujours ses enregistrements d’Alex Bleach qui défoulent les passions. Mais l’auteur a l’intelligence de nous emmener là où ne nous serions jamais allés.

J’admire profondément la façon qu’à Virginie Despentes de faire avancer son intrigue sans en avoir l’air. Chaque « mini chapitre » (il n’y a pas vraiment de découpage en tant que tel), nous laisse plonger au cœur des pensées d’un des personnages. Et il y en a une sacrée galerie (à tel point qu’elle en a fait un sommaire en début d’œuvre). On suit donc Pamela Kant (j’adore!) la porno-star; Charles, le poivrot; Emilie; la Hyène; Laurent et j’en passe, dans leur vie quotidienne. Sous couvert de décrire ses personnages, l’intrigue avance. C’est vraiment brillant!

L’auteur décrit toujours avec verve et cynisme la société dans laquelle nous vivons. C’est piquant à souhait, parfois blessant, souvent offensant mais tellement vrai. Impossible de s’ennuyer avec cette écriture acide qui dit beaucoup de nous-mêmes. Alors certes, on s’éloigne un peu du personnage de Vernon mais j’ai tellement aimé en savoir plus sur les autres. Virginie Despentes me donne l’effet d’être dans une position de voyeuse. J’aime scruter ses personnages, les disséquer, les connaître au plus profond d’eux. Je sais que ce n’est pas toujours bien mais j’aime tellement cela!

Avec ce deuxième tome, Virginie Despentes apporte beaucoup de réponses à son lecteur. Elle transforme l’essai avec une intrigue toujours aussi prenante et une langue truculente. Une vraie réussite!

Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro

 

 

Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro,

Publié aux éditions Actu SF,

2017, 280 pages.

 

 

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Décidément, Jean-Laurent Del Socorro est un auteur qui a de la ressource et qui aime l’Histoire avec un grand h. J’avais beaucoup apprécié son premier roman qui se déroulait à Marseille, Royaume de vent et de colères. Il y mettait en scène les habitants de Marseille pendant les guerres de religion, en 1596. Avec Boudicca, l’auteur attache une fois de plus son écriture à l’Histoire. Changement total d’époque et de décor puisque le lecteur est projetée en Angleterre en l’an I après Jésus-Christ.

Le roman débute par la naissance de celle qui sera appelée Boudicca autrement dit « victoire » en celte. Elle est la fille d’un roi vieux et fatigué dont le royaume s’effrite. Boudicca va apprendre à devenir une héritière qui redonnera l’éclat à son peuple, les Icènes. On suit donc la jeune princesse tout au long de son apprentissage: manier les armes mais aussi manier le verbe grâce à l’enseignement des druides. Une tête bien faite dans un corps bien fait. Cette première partie qui marque l’initiation de Boudicca est celle qui m’a le moins plu.

Cependant, à la mort de son père, Boudicca prend le pouvoir et monte sur le trône. Elle est bien décidée à obtenir sa revanche contre l’Empire romain. L’auteur peint alors une reine fière, forte, prête à tout pour son peuple. Parfois impulsive, elle va mener la rébellion contre les envahisseurs romains.

Jean-Laurent Del Socorro nous immerge au cœur du peuple Icène avec ses mœurs et ses coutumes que je ne connaissais pas du tout et qui paraissent parfois très en avance sur notre temps. Ainsi, que Boudicca soit une femme ne change rien au regard que porte son peuple sur elle. Les relations homme-femme semblent beaucoup plus horizontales que ne le sont les nôtres. L’auteur s’est bien documenté et nous plonge au plus près des batailles, des traités et des us et coutumes icènes. C’est passionnant!

J’ai été emportée par le portrait de cette femme bien méconnue mais qui a réellement existé. Le roman est assez court et je n’aurais pas craché sur quelques pages en plus. Certains lecteurs se plaignent de la fin abrupte du roman. Elle l’est, c’est vrai. Pour en avoir discuté avec l’auteur, c’est une volonté de sa part. Il souhaitait laisser au lecteur une image de Boudicca au sommet de sa gloire et c’est vrai que c’est assez chouette comme ça.

Boudicca est donc une réelle réussite tant sur le plan historique que narratif. Une fois de plus, Jean-Laurent Del Socorro connaît son sujet sur le bout des doigts et nous plonge dans un roman passionnant et immersif.

 

La terre des mensonges, tome 1 de Anne B. Ragde

 

 

La terre des mensonges, Tome 1 de Anne B. Ragde,

Publié aux éditions 10/18,

2012, 351 pages.

 

Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l’aîné, se consacre à l’élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s’annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l’héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret. Anne B. Ragde décrit les relations ambiguës entre les trois frères avec un talent remarquable et signe un roman passionnant à l’humour grinçant.

Je crois que le premier tome de la saga d’Anne B. Ragde sera mon premier coup de cœur de l’année. Une année 2018 qui débute donc en fanfare avec ce livre qui m’aura procuré quelques heures de lecture incroyable. Pourtant, l’intrigue développée par Anne B. Ragde est banale en soit. Anna, la matriarche d’une ferme située en Norvège, est au bord de la mort. Ses trois fils sont réunis à son chevet. Il y a Tor, le plus âgé. Il a repris le flambeau de la ferme de ses parents. A plus de 50 ans, il a toujours vécu avec son père et sa mère. Si cette dernière vient à mourir, c’est son monde qui va s’écrouler. Il y a aussi Margido qui dirige une entreprise de pompes funèbres, athée convaincu, philosophe et pragmatique face à la mort. Il y a enfin Erlend, le petit dernier, qui vit librement son homosexualité à Copenhague, loin de ses frères et de ses parents qui ne l’ont jamais compris.

Anne B. Ragde plonge son lecteur au sein de cette famille d’origine rurale. D’abord aux côtés de Tor qui vit toujours à la ferme, élevant des cochons, ses seuls amis et compagnons. Rien n’a changé depuis des années: les mêmes rideaux, la même cuisine, l’économie paysanne poussée à l’extrême. L’auteur nous laisse entrevoir le quotidien d’un homme de manière effroyable. On sent derrière le personnage de Tor toute la détresse de l’éleveur de cochons. Tor est celui qui n’a jamais de temps pour lui-même, lié corps et âme à son travail harassant.

Puis il y a Erlend, l’homo, la honte de la famille, qui a fui pour se construire ailleurs loin des regards lourds et des reproches. C’est le personnage que j’ai préféré parmi les trois frères car il est à la fois drôle et pathétique. Il y a enfin Margido, le croque-mort, qui fait son travail avec cœur et distanciation et qui en sait plus que ses frères sur sa famille.

Anne B. Ragde nous laisse contempler une famille éclatée que la mort de la mère, ce tyran domestique, va rassembler bon gré mal gré. Derrière les conversations, les regards, on sent les non-dits et le poids du secret. Car La terre des mensonges est un roman sur les secrets de famille et je vous assure que celui qui nous est révélé à la toute fin du livre fait l’effet d’une petite bombe. Après cette révélation, les frères vont devoir remettre toute leur vie en question et le lecteur va devoir se procurer la suite de la saga!

Ce premier tome de La terre des mensonges est une vraie réussite. Malgré un rythme lent et détaillé qui permet de croquer chaque personnage, Anne B. Ragde réussit là un vrai tour de force avec cette famille norvégienne fêlée et éclatée. J’attends de lire la suite avec impatience!

Bilan 2017 et perspectives…

J’avais envie de vous faire un petit bilan de mon année livresque. J’ai lu moins que les autres années. J’inscris 71 livres à mon compteur cette année, la faute à ma vie de famille qui me prend bien sûr plus de temps.

J’ai eu des déceptions, des coups de cœur aussi. Parmi ces derniers, il y a la trilogie de Jean Vigne Néachronical. J’ai terminé cette série avec tristesse tant le personnage de Néa m’a plu.

   

Le Gang des rêves de Luca Di Fulvio a été aussi pour moi une belle découverte. J’ai tout aimé dans ce roman: l’intrigue, les personnages, le contexte historique. L’auteur possède un réel talent de conteur qui m’a emportée.

La horde du contrevent d’Alain Damasio m’a donné une vraie claque de SF! J’ai découvert un auteur au talent immense et aux ressources inépuisables. Nul doute que je relirai ce titre tant j’ai encore de questions restées en suspens.

Toujours côté fantasy, j’ai découvert Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski et Manesh de Stefan Platteau, deux maîtres pour moi de la littérature fantasy qui m’ont emmenée loin, très loin dans leur monde. Et avec la suite de leurs romans, je ne compte pas en rester là.

Côté salon du livre, je me suis rendue au salon du livre de Paris. J’étais avec une amie, nous avons donc passé un bon moment mais je ne sais pas si je retenterai cette année. Le prix d’entrée est trop élevé. Il y a trop de monde, pas assez de proximité avec les auteurs. J’aimerais tenter celui des Imaginales à Epinal mais il me demandera beaucoup plus d’organisation.

Je me suis aussi rendue au salon de l’Imaginaire de Lambesc, un petit salon du livre qui prend de plus en plus d’ampleur. J’y ai fait de belles rencontres et de belles découvertes. Nul doute que j’y serai au mois d’octobre!

Voilà pour mon année livresque. J’aimerais pour 2018 avoir davantage de temps pour lire! Je vous en souhaite tout autant. Passez une bonne année au milieu des livres.