Library Jumpers, Tome 1 de Brenda Drake

 

 

 

 

Library Jumpers, Tome 1: La voleuse de secrets de Brenda Drake,

Publié aux éditions Lumen,

2016, 493 pages.

 

 

Fervente lectrice, passionnée d’escrime, Gianna a perdu sa mère à l’âge de quatre ans. Elle visite pour la première fois l’Athenæum, l’une des plus anciennes bibliothèques de Boston, accompagnée de ses deux meilleurs amis, quand elle remarque le comportement étrange d’un mystérieux jeune homme. L’inconnu finit même par se volatiliser presque sous ses yeux, penché sur un volume des Plus Belles Bibliothèques du monde. Lorsque Gia s’approche à son tour de l’ouvrage, elle se retrouve transportée de l’autre côté du globe, à Paris, dans une magnifique salle de lecture dont une bête menaçante arpente les rayons, comme elle ne tarde pas à le réaliser avec un frisson…

La jeune fille vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage : une poignée de bibliothèques anciennes mène en effet vers un monde où magiciens, sorcières et créatures surnaturelles s’affrontent depuis des siècles pour éviter que le peuple des hommes ne découvre leur existence. Gia apprend qu’elle est l’une des Sentinelles chargées de protéger cette société secrète. Pire encore, qu’elle est la fille de deux de ces guerriers d’exception – une union interdite – et que sa naissance n’est autre que le présage de la fin du monde. Une malédiction qui lui interdit absolument de se rapprocher d’Arik, l’inconnu aux yeux noirs de l’Athenæum…

C’est d’abord la couverture du roman et le titre qui m’ont véritablement accrochée. Un roman qui se déroule dans une bibliothèque avec tout un tas de livres en toile de fond, le pied!

Dès le premier chapitre, j’ai été happée par l’écriture (et la traduction) de Brenda Drake. Je crains toujours que le style ne soit pas à la hauteur quand il s’agit d’un livre dédié à la jeunesse. Force est de constater ici que Brenda Drake écrit bien et qu’elle ne simplifie pas son style. C’est fort agréable. Bon point de ce côté-là donc.

L’ambiance est aussi au rendez-vous! Imaginez les descriptions de magnifiques bibliothèque à l’ambiance tamisée, aux boiseries cirées et aux livres tous plus intéressants les uns que les autres! Je ne pouvais qu’adhérer.

En revanche, ça se gâte du côté de l’intrigue. Si le début est très intéressant – Gia découvre un monde caché dans les bibliothèques et comprend qu’elle en est une sorte de sentinelle – la suite se gâte. Je reconnais à l’auteur un talent de conteuse. Elle tisse, invente, développe un monde très complet et intéressant. En revanche, les informations sont trop fournies, parfois données à la va-vite et j’ai été noyée dans le flot de révélations, de descriptions. Brenda Drake a l’art du rythme mais trop c’est trop! Il se passe une action importante à chaque chapitre ce qui rend la narration brouillonne et le déroulement de l’intrigue invraisemblable. L’auteur a voulu donner du punch à son roman mais pour moi, le rythme trop soutenu, m’a vraiment dérangée. J’aurais aimé qu’elle prenne le temps de poser les choses, de les expliquer. Sachant qu’il s’agit d’une saga, elle aurait pu développer certains aspects un peu plus tard. A trop vouloir donner d’informations, elle prend le risque de perdre son lecteur.

En outre, on retombe une fois de plus dans le travers sempiternel du trio amoureux. Dès le départ, (je spoile pas promis!), Gia rencontre Arik et c’est le coup de foudre des deux côtés. Il y aura un peu plus tard l’apparition d’un troisième personnage « promis » à Gia. Encore une fois, l’auteur n’a pas su éviter l’écueil du trio amoureux, du « je t’aime moi non plus », du « je t’aime mais notre amour est impossible ». Pourrait-on sortir pour une fois de ce cliché vu et revu depuis bien trop longtemps et qui m’ennuie sérieusement?

Si je reconnais un style soigné, une construction qui ne cède pas à la facilité, je n’ai pas aimé le rythme trop soutenu  du roman qui noie le lecteur sous un flot d’informations continu. Je reconnais à Brenda Drake un certain talent de conteuse mais l’intrigue résolument trop jeunesse ne m’a pas plu! Une déception pour moi!

 

 

Leona, Tome 2: La fin justifie les moyens de Jenny Rogneby

 

Leona, Tome 2: La fin justifie les moyens de Jenny Rogneby,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 460 pages.

 

 

 

Six mois après la résolution de l’affaire des braquages, Leona Lindberg, l’inspectrice à la froideur implacable, est harcelée par un banquier à qui elle doit une somme astronomique. Pour s’acquitter de ses dettes, elle va faire ce pour quoi elle est le plus douée : organiser un nouveau hold-up. Mais au moment où elle constitue son équipe de malfrats, sa direction lui confie l’interrogatoire d’un kamikaze ayant survécu à ses blessures.
Cette fois encore, Leona doit jouer un double jeu… et elle n’est pas la seule, car un indic s’est glissé dans son escouade. C’est alors que tout s’emballe : le banquier maître-chanteur menace de s’en prendre au seul enfant qui lui reste, sa fille Beatrice.

En piochant dans le catalogue des éditions Presses de la Cité, j’ai aperçu ce titre qui m’a tout de suite attiré. Quatrième de couverture alléchante, couverture sublime et héroïne forte. La boulette que je suis n’a juste pas vu qu’il s’agissait d’un tome 2. Peu importe, Jenny Rogneby fait tout au début de son roman pour vous rappeler les élément essentiels de la vie de son héroïne Leona et je n’ai pas du tout été perdue.

Leona est inspectrice au sein de la police suédoise. C’est une héroïne assez atypique qui flirte sans cesse avec le danger et qui aime passer de l’autre côté de la loi. Elle est adepte des braquages et déploie ses talents de policière hors pair pour détourner la loi à son avantage dès qu’elle le peut. Un peu barrée donc, la nana, surtout qu’elle est en plus divorcée et qu’elle a perdu son petit garçon récemment. Tout ça fait beaucoup pour elle et comme ça ne tourne pas toujours très rond, elle consulte régulièrement une psy.

Le début du roman s’ouvre sur l’explosion d’une bombe en plein cœur du parlement. Manque de bol, le kamikaze n’est pas mort. A l’hôpital, il ne veut parler qu’à Leona. Celle-ci est donc dépêchée sur l’enquête. Leona de mauvaise grâce se prête au jeu de l’interrogatoire et commence à se prendre de compassion sur ce pauvre type que la vie a brisé. Pourquoi se confie-t-il à Leona? Plus les interrogatoires se succèdent plus l’intensité et le suspens montent.

Parallèlement, elle doit un gros paquet de fric à Armand, un banquier à moitié mafieux (ce qui va bien ensemble). Elle décide alors de monter un gros coup pour braquer une banque et réunit une équipe de malfrats, la crème de la crème, pour se faire un max de blé.

Jenny Rogneby ose tout dans son roman et le pire c’est que ça marche. Léona va dispenser des cours du soir à des bandits pour leur montrer le meilleur moyen de ne pas se faire attraper par les flics. L’idée fonctionne assez bien et certaines passage restent très drôles même si j’aurais voulu en savoir plus et que je suis restée un peu sur ma faim.  L’auteur n’hésite pas non plus à entremêler à cela une histoire de terrorisme plutôt vraisemblable et originale. Le rythme du roman est rapide et les scènes s’enchaînent sans laisser le temps au lecteur de reprendre haleine. Le tout est très visuel et on verrait bien le livre adapté à la télé. La construction peut paraître étrange mais je l’ai trouvé intéressante car elle permet au lecteur d’embrasser la totalité de la personnalité torturée de Leona.

Seule la fin m’a véritablement posé problème car pour le coup j’ai trouvé ça trop lourd et rocambolesque. L’exercice final est casse-gueule et c’est dommage car cela laisse une impression de chaos, de brouillon.

Je remercie les éditions Presses de la Cité pour la découverte de ce roman. Leona est une héroïne forte et étrange qui détonne parmi les autres personnages de policier. Même si tout n’est pas parfait dans le roman, j’ai apprécié le rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine et la construction habile de l’auteur.

Jeux de miroirs de E.O Chirovici

 

 

 

Jeux de miroirs de E.O Chirovici,

Publié aux éditions Les Escales,

2017, 315 pages.

 

 

 

Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé Jeux de miroirs qui l’intrigue immédiatement. En effet, l’un des personnages n’est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fi n des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ? Persuadé d’avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l’intrigue, l’agent tente d’en savoir plus. Mais l’auteur du manuscrit est décédé et le texte inachevé. Qu’à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d’investigation pour écrire la suite du livre. Mais, de souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d’un maelström de fausses pistes.

Coup de cœur assumé pour ce roman, déjà best-seller, qui m’a littéralement enthousiasmée et que j’ai dévoré en trois jours. E.O Chirovici a le don pour balader son lecteur et pour le tenir en haleine. Si vous avez aimé les romans de Joël Dicker, vous serez sûrement séduit par celui-ci.

A travers trois parties bien distinctes, l’auteur met en lumière l’assassinat jamais élucidé d’un professeur d’université et la disparition d’un mystérieux manuscrit qui pourrait bien être la clé de voûte du roman. La première partie de l’histoire met en scène Peter Katz. Il est agent littéraire et reçoit un jour les 50 premières pages d’un manuscrit. L’auteur de ce texte inachevé, Richard Flynn, y aurait raconté dans quelles circonstances le professeur Wieder, éminent psychologue, aurait été assassiné dans les années 70. La première partie du livre nous donne donc à lire ce fameux manuscrit vérité. Peter Katz, emballé par sa lecture (tout comme le lecteur en chair et en os) cherche à en savoir plus. Il contacte donc l’auteur mais celui-ci est décédé. Peter va donc engagé un journaliste free-lance afin qu’il retrouve la fin du manuscrit.

La deuxième partie met alors en scène John Keller. Il est journaliste. Peter lui a demandé de mettre la main sur le reste du manuscrit. S’il ne parvient pas à le retrouver, il aura alors la tâche d’enquêter et de reconstituer les faits tels qu’ils se sont déroulés lors de la mort du professeur Wieder. La troisième partie du roman met enfin en scène un flic à la retraite qui reprend lui aussi l’enquête afin d’en savoir plus sur la mort de Wieder.

Les trois parties s’imbriquent les unes dans les autres et adoptent toutes un point de vue différent. Tandis que Peter Katz se contente de lire le manuscrit de Richard Flynn; John et le policier vont enquêter pour savoir si ce que raconte Flynn est vrai. Comme le titre du roman l’indique, il s’agit d’un jeu de miroirs entre les différentes versions de l’histoire. Un même événement est démultiplié pour montrer de quelle manière il a pu être vécu selon la personne concernée. L’auteur nous entraîne au cœur d’une histoire haletante. Même si l’intrigue reste conventionnelle, j’ai trouvé l’enquête passionnante. Finalement, ce n’est pas tant l’identité du coupable qui importe ici. L’auteur joue plutôt sur les effets de la mémoire, le problème du souvenir et de la subjectivité. La question de la déformation des événements passés tient ici une place prépondérante et j’ai beaucoup aimé la façon qu’avait l’auteur de traiter ce problème.

Jeux de miroirs est définitivement une lecture coup de cœur. Ce roman m’a tenu en haleine et l’auteur maîtrise parfaitement sa narration. L’enchaînement des points de vue m’a beaucoup plu et permet une réflexion intéressante sur les pouvoirs de la mémoire.

La Menace de S.K Tremayne

 

La Menace de S.K Tremayne,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 380 pages.

 

 

 

 

Quand Rachel épouse David Kerthen, un bel et brillant avocat, sa vie prend enfin un sens. Loin de Londres et de ses années de célibat elle y gagne le grand amour, la richesse, un sublime manoir en Cornouailles et un beau-fils affectueux, Jamie. Une existence parfaite en apparence.
Mais la jeune femme déchante rapidement. Les lieux, hantés par l’ombre de Nina la première épouse de David, ressemblent à une sinistre prison. L’atmosphère devient étouffante le jour où Jamie commence à faire des prédictions dérangeantes. A-t-il sombré dans la folie? Et si la mort de Nina n’était pas un accident? Qu’est-il arrivé à Nina ? Que lui cache son mari? Tandis que la suspicion commence à ronger le couple, Jamie prédit à Rachel qu’elle mourra à Noël…

Merci aux éditions Presses de la Cité qui une fois de plus m’ont fait découvrir un auteur plutôt doué. Avec La Menace, S.K Tremayne entraîne son lecteur dans un jeu dangereux où la folie n’est jamais très loin de la vérité.

La Menace c’est d’abord toute une ambiance. L’intrigue se déroule sur une lande battue par les vents, en Cornouailles, dans un immense manoir érigé là depuis des siècles. Rachel, nouvelle épouse de David Kerthen, emménage rapidement dans cette demeure somptueuse. Le manoir est un personnage à lui tout seul. Immense, labyrinthique, parfois lugubre comme avec la salle des moines, il suscite tantôt l’admiration, tantôt la peur. Niché au creux d’un vallon, isolé de tout, le lieu va donner des sueurs froides à l’héroïne Rachel.

Ensuite, c’est l’histoire de la famille Kerthen qui va hanter le roman. Les aïeuls de David ont bâti leur richesse sur l’exploitation des mines d’étain. Ces mines ont la particularité d’être construites sous la mer. Les récits de la vie des mineurs, des morts innombrables et des accidents vous donneront la chair de poule. D’autant plus que la mine Morvellan, puits sans fond, domine la lande, ajoutant du lugubre au décor. C’est justement dans ce puits que Nina, l’ancienne femme de David, est morte. Suicide? Accident? Assassinat? Les circonstances de son décès sont troubles.

Rachel, la nouvelle femme de David, a des doutes sur la mort de Nina. Quelque chose la trouble profondément. Jamie, son beau-fils de 10 ans, fait de drôles de prédictions et semble voir sa mère apparaître dans les couloirs du manoir. Nina est-elle en vie? Jamie voit-il des fantômes ou est-ce Rachel qui sombre peu à peu dans la folie?

L’auteur brouille parfaitement les pistes et jusqu’au bout, il nous mène par le bout du nez. Il réunit tous les ingrédients pour une intrigue parfaite: la lande déserte, le manoir isolé, l’ombre de Nina qui vient hanter les habitants de Carnhallow. On sent clairement l’influence de Daphné du Maurier et on pense à sa Rebecca. En tout cas, j’ai adoré me plonger dans cette ambiance lugubre et sombre qui fait douter jusqu’à la dernière page.

La Menace est un thriller réussi qui saura tenir en haleine son lecteur. Les personnages torturés sèment le doute. Les paysages rudes et arides sauront parfaire l’ambiance terrifiante. Bref, du très bon thriller psychologique!!

La promesse d’un ciel étoilé d’Alison McQueen

 

La Promesse d’un ciel étoilé d’Alison McQueen,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 464 pages.

L’impossible et sublime histoire d’amour d’une anglaise, fille de médecin, et d’un jeune domestique indien dans les splendeurs des palais des Maharajas. Quand Sophie revient en Inde, dix ans après son départ, c’est au bras de Lucien. Elle a accepté d’épouser cet ambitieux diplomate qu’elle connaît à peine, mais n’a rien oublié du pays de son enfance, ni de son premier amour… En elle vibre l’espoir de guérir enfin des blessures du passé. Mais à quel prix ?

Attention! Coup de cœur pour ce roman des éditions Presses de la Cité. J’ai été emportée et profondément émue par cette histoire d’amour racontée avec grâce.

Alison McQueen plonge son lecteur au cœur de l’Inde, en 1948. Sophie, jeune anglaise, accompagne ses parents auprès d’un puissant maharadja. Mais la jeune fille de 17 ans s’ennuie. Elle fait alors la connaissance de Jag, un valet indien. Tout semble opposer les deux jeunes gens, pourtant, ils tombent amoureux et deviennent amants. Lorsque l’on découvre leur idylle, ils sont séparés. Jag et Sophie n’auront alors de cesse de penser l’un à l’autre.

L’histoire d’amour entre ces deux personnages m’a vraiment plu. Je ne suis pourtant pas fleur bleue mais j’ai trouvé que l’auteur décrivait cette passion amoureuse avec beaucoup de pudeur. Sophie et Jag ont un coup de foudre et leur couple devient l’un de ces couples mythiques que tout oppose. Elle est anglaise et blanche; il est indien et musulman. Dans un cas comme dans l’autre, les familles ne veulent pas de cette union dévoyée. Pourtant, l’auteur parvient à nous restituer toute la pureté de leurs sentiments. C’est tout simplement magnifique.

L’intrigue nous plonge également au cœur de l’Inde. Elle parvient à nous faire voyager à travers les descriptions des palais et des paysages tous plus beaux les uns que les autres. L’auteur a placé sa petite histoire au cœur de la grande puisqu’en arrière fond, elle nous fait vivre les événements dramatiques qui ont suivi la proclamation de l’indépendance de l’Inde. Musulmans et hindous sont tout d’un coup divisés et séparés sur leur propre territoire alors que le Pakistan émerge. Les massacres, les viols, les enlèvements et les exils forcés ponctuent ce récit et donnent une couleur plus intense à l’intrigue. Cette description de la séparation entre les peuples répond en écho à celle entre Jag et Sophie.

Les chapitres alternent avec intelligence entre ceux consacrés à Sophie adolescente en 1948 et ceux consacrés à Sophie dix ans plus tard, en 1958. J’ai adoré cette construction qui permet de savoir ce qu’est devenue l’héroïne après sa rupture forcée avec Jag. Ces dix ans d’intervalle ajoute du suspens et tient en haleine le lecteur!

La fin du roman m’a profondément émue. Je me suis surprise à verser quelques larmes pour Sophie. Je ne peux que vous recommander ce livre bouleversant qui oscille entre histoire d’amour et roman historique. Les personnages bien campés nous font vivre des émotions intenses et le couple Jag/sophie restera longtemps dans ma mémoire! Un grand merci aux éditions Presses de la Cité et à Anne pour cette magnifique découverte!

Dead Zone de Stephen King

 

Dead Zone de Stephen King,

Publié aux éditions Le Livre de Poche,

501 pages, 2006.

 

 

 

John Smith, comme son nom l’indique, est un type banal. Jusqu’à ce qu’un accident de voiture le plonge dans un coma profond. Quand il revient enfin à lui, il est en apparence le même. Mais il a ramené quelque chose de la zone morte où il gisait pendant tant de mois ; un don de prémonition qui le mettra vite devant un terrible dilemme. Pour préserver le monde d’un mal inéluctable, devra-t-il tuer l’homme en passe de devenir le prochain président des États-Unis ?

C’est pour mon book club que j’ai lu ce roman de Stephen King. D’abord sceptique à la lecture de la quatrième de couverture, j’ai plongé tête la première dans Dead Zone pour ne plus relever le nez de ma lecture.

On peut affirmer une chose: Stephen King s’y connaît pour raconter des histoires. Le bougre s’y prend tellement bien que la vie d’un hamster dans une cage pourrait devenir passionnante. C’est surtout en cela, je crois, que King est un maître! Avec Dead Zone, ça n’a pas loupé. Dès les premières pages du roman, j’ai été happée par l’intrigue, les personnages et l’atmosphère.

Tout commence avec Johnny. Alors qu’il est encore gosse, il fait une chute en patins à glace. Pendant quelques minutes, il perd connaissance. Après cet accident, Johnny va commencer à percevoir les choses différemment. Il a des « intuitions« , il pressent certaines choses. Quelques années plus tard, alors qu’il est à la fête foraine avec Sarah, sa petite amie, il joue à un jeu de hasard et rafle la mise. Ce sont des petits trucs comme ceux-là qui font dire que Johnny est un peu différent des autres.

Alors qu’il rentre chez lui en taxi, Johnny est victime d’un très grave accident. Après 4 ans et demi de coma, il se réveille. Son don de « prémonition » s’est développé. En touchant les gens ou les objets, Johnny voit l’avenir ou le passé. De miraculé, il devient bientôt bête de foire…

A partir de pas grand chose, Stephen King réussit le coup de maître de bâtir une intrigue géniale et haletante. On suit donc Johnny qui va découvrir son don et l’exploiter quelques fois. Mais là où l’auteur est génial, c’est qu’il ne met pas le don magique de Johnny au centre du récit. Passez votre chemin si vous recherchez du fantastique pur et dur. Certes, Johnny possède des facultés extraordinaires mais l’auteur cherche avant tout à raconter la reconstruction physique et morale de cet homme qui a perdu beaucoup de choses à cause de son accident. Dans l’Amérique des années 70, Johnny est d’ailleurs perçu plutôt comme un envoyé du diable, une erreur de la nature. Fanatiques de tous bords lui adressent des lettres malveillantes, pleines de menace. Johnny n’aspire qu’à une seule chose: retrouver sa vie d’autrefois.

Parallèlement, Stephen King met en scène un homme politique, Greg Stillson, prêt à tout pour arriver au pouvoir. C’est un magouilleur de première qui n’hésite pas à employer la force pour arriver à ses fins comme embaucher des hell’s angels comme gardes du corps. Avec un discours démagogique, il sort des sentiers battus et plaît à la foule. Ce personnage n’est pas sans rappeler Donald Trump et étrangement, de manière prémonitoire, Stephen King met en scène un homme politique qui lui ressemble énormément! King nous plonge dans l’Amérique profonde et permet à ses deux intrigues de se rejoindre dans un dénouement explosif.

Dead Zone est un très bon roman efficace et haletant qui vous tiendra éveillé longtemps! Stephen King a vraiment le talent de nous plonger au cœur du mystère à travers la vie de Johnny, tristement célèbre pour un don qu’il n’a pas désiré.

Les Veilleurs, Tome 1: Enfant du chaos de Eva Simonin

 

 

Les Veilleurs, Tome 1: Enfant du chaos de Eva Simonin,

Publié aux éditions Les Moutons électriques,

2017, 331 pages.

 

 

 

Depuis la mort du dieu de l’Équilibre, le chaos ne cesse d’augmenter.
À Okkia, il engendre des spectres, êtres monstrueux qui se nourrissent des humains. Les pompiers régulent la menace de leur mieux, mais ils arrivent trop tard pour sauver la famille d’Anielle. Unique rescapée, la jeune femme décide de rejoindre leur rang pour lutter à son tour contre incendies, tempêtes surnaturelles et créatures dangereuses.
Mais ses origines pèsent lourd sur ses épaules et compromettent sa place parmi les pompiers. Son existence n’est-elle qu’une nouvelle manifestation du chaos ? Anielle n’aura de pire ennemi que sa propre nature, convoitée par certains, redoutée par d’autres.

Encore merci aux éditions Des Moutons électriques de m’avoir gâtée en m’envoyant en avant première ce roman. Comme d’habitude, je loue le réel travail d’édition réalisé par l’équipe. La couverture est sublime et il faut regarder minutieusement les petits détails qui la composent.

Eva Simonin nous plonge dans un premier tome ambitieux qui pose pas mal de bases pour une future histoire plus dense même si celle-ci l’est déjà. Elle nous décrit ici un monde pétri de magie et de superstitions. Pas facile de tout suivre au départ car l’auteur nous plonge au cœur d’un univers complexe. Ici, pas de narrateur ou de personnage pour nous expliquer comment fonctionne ce monde: c’est au lecteur de saisir les informations au fur et à mesure de l’intrigue. En tout cas, l’auteur nous plonge dans une des sphères qui composent le monde: il s’agit d’Okkia. Les sphères ont leur propre singularité, leurs propre peuple et coutumes. Pour communiquer entre les sphères, les veilleurs ont la charge d’équilibrer les forces cosmiques d’une sorte de portail. Or, depuis quelques temps, tout voyage est impossible. C’est le chaos qui règne en maître provoquant des tempêtes arcaniques dévastatrices mais surtout produisant des spectres, comprenez des monstres qui dévorent les humains.

C’est dans ce contexte que va débarquer Anielle. Toute sa famille a été décimée par un spectre. Elle est la seule rescapée. Elle décide alors de s’engager auprès des pompiers dont la mission est de lutter contre ces fameuses bestioles. Le nom du personnage m’a fait tilter car Anielle évoque bien sûr un animal doux et docile. Si je n’ai pas été vraiment émue par ce personnage, j’ai tout de même apprécié sa complexité. Si Anielle apparaît bien douce au départ, son personnage va évoluer au fil de l’intrigue et prendre une direction à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Bon point de ce côté-là puisque l’auteur a de la ressource et sort des clichés habituels.

Les autres personnages m’ont en revanche paru un peu plus stéréotypés à commencer par la princesse Maranée que j’ai trouvée plutôt prévisible. Coléreuse, égoïste et avide de pouvoir, je l’imaginais un peu comme la méchante belle-mère dans Blanche-Neige. Allez savoir pourquoi. Les autres personnages sont plus anecdotiques même si on sent que certains vont prendre une place prépondérante dans le tome suivant à commencer par Yone et Eryann.

L’intrigue est plutôt bien menée. On suit l’évolution d’Anielle au sein de sa brigade. En parallèle, Okkia est menacée par un coup d’État emmené par la princesse Maranée qui profite du chaos pour assouvir sa soif de pouvoir. Je ne me suis pas du tout ennuyée en tout cas même si le début du roman met un peu de temps à se mettre en place. Seule bémol à ma lecture: les tournures négatives qui ne sont pas respectées. Alors j’ai bien compris qu’il s’agissait de marquer la frontière entre nobles et gens du peuple mais n’empêche, ça m’a un eu chagrinée

Avec ce premier tome, Eva Simonin nous entraîne dans un monde complexe. Elle parvient à surprendre son lecteur avec une héroïne qui sort des sentiers battus. La fin du roman promet un deuxième tome intéressant et prenant.