Le grand livre de la sorcellerie, des sciences occultes et de la magie

Le Grand livre de la sorcellerie, des sciences occultes et de la magie.

Publié aux éditions Flammarion,

2021, 307 pages.

Attention, beauté! Ce magnifique livre propose de retracer toute l’histoire de la sorcellerie et de la magie à travers les siècles, les cultures et les civilisations.

L’objet livre est d’abord très beau. C’est un hard-back qui offre de très belles illustrations en double page, accompagnées de textes et d’explications. La couverture est brillante (on ne s’en rend pas compte ici) et d’une très belle couleur bronze.

L’autrice et ses collaborateurs se proposent de dresser une histoire complète de la sorcellerie. Elle fait débuter son histoire à la préhistoire pour la terminer de nos jours. Chaque grande partie est dédiée à une époque: les racines antiques puis le moyen-âge, la renaissance et le grand siècle, le siècle des Lumières et enfin la magie moderne. On suit donc un ordre chronologique nécessaire puisqu’il vient montrer l’évolution de la magie et de la sorcellerie. J’ai adoré la partie consacrée aux savants et aux sabbats dans laquelle on découvre les procès des sorcières de Salem mais aussi que cette magie tant redoutée est finalement aux origines de la science.

On y parle aussi bien rituels funéraires, invocation des dieux mais aussi pouvoirs de guérison par les plantes, légendes, chasse aux sorcières et magie noire. C’est vraiment complet. Les textes qui accompagnent les illustrations viennent donner des explications claires et concises sans jamais tomber dans le pédant ou le complexe. Cet ouvrage se veut avant tout à la portée de tous, tout en apportant des connaissances nouvelles. C’est un livre que j’ai pris plaisir à feuilleter. J’ai aimé m’arrêter sur certaines pages et je le garderai comme livre de chevet, c’est certain. C’est en soi une vraie somme littéraire à consulter.

Très bel ouvrage, cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année, je vous recommande la lecture de ce livre magnifique!

Les Mystères du Trône de Fer: Les mots sont du vent de Thierry Soulard

 

 

Les Mystères du Trône de Fer: Les Mots sont du vent de Thierry Soulard,

Publié aux éditions Pygmalion,

2019, 320 pages.

« Les mots sont du vent »
C’est une phrase qui peu à peu s’installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, Le Trône de Fer. On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c’est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.
Avant d’être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l’univers de Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l’œuvre.

« Les mots sont du vent ». Cette phrase revient bien souvent dans l’œuvre de George R.R Martin. Est-ce à dire que les mots ne sont que des paroles fugitives? Qu’on peut leur faire dire ce que l’on veut? Partant de cette phrase qui revient comme un leitmotiv, Thierry Soulard se propose de revenir sur des mots emblématiques qui jalonnent Le Trône de Fer.

Cet essai est une réflexion sur l’emploi des mots, sur les procédés littéraires qui émaillent la saga. Thierry Soulard revient d’abord sur la polysémie de certains termes: la main par exemple ou encore le mouton. Il s’appuie ensuite sur les couleurs, les symboles qui représentent les personnages, les maisons. Il s’avance en enquêtant sur les fameux fils de la Harpie et sur cette Harpie. Qui sont-ils? Qui est-elle?

En revenant sur le sens des mots, l’auteur fournit une analyse très intéressante, jamais pédante du Trône de Fer. J’ai dévoré cet opus. J’ai trouvé les théories de l’auteur très instructives et innovantes. Certains passages sont captivants comme lorsqu’il enquête sur la Harpie en apportant des preuves concrètes et textuelles! Il compare aussi l’intrigue du roman à l’intrigue de la série, montrant les rapprochements mais aussi les points de dissension. Il attire surtout l’œil du lecteur sur les choses qui paraissent anodines à première vue comme les chansons des baladins et les paroles des fous. Il met en lumière des paroles prononcés par les personnages apportant un angle nouveau, montrant que George R.R Martin pèse chacun de ses mots et que rien n’est dit à la légère justement. Je me rend compte ainsi que je suis passée à côté d’un millier d’indices que je n’ai pas su décoder…

Je recommande cet ouvrage aux lecteurs de la saga. Ceux qui n’auront vu que la série seront perdus car Thierry Soulard revient sur de nombreux épisodes qui n’y figurent pas! Les fans seront en tout cas ravis de retrouver un peu du Trône de Fer en attendant la prochaine intégrale!

 

Cléopâtre d’Alberto Angela

 

 

Cléopâtre d’Alberto Angela,

Publié aux éditions Harper Collins,

2019, 494 pages.

 

« Revivre l’Histoire, sur les traces de Cléopâtre. Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire. Si, après deux mille ans, elle continue de nous fasciner et de nous inspirer, c’est peut-être parce qu’au-delà des images et du fantasme, elle est le visage de la modernité. »

J’ai eu la chance de gagner cet exemplaire de Cléopâtre grâce à Laure du blog Boulimie livresque. Dans ce livre, Alberto Angela propose au lecteur un voyage dans le passé, sur les traces de Cléopâtre. Chacun connaît la légende qui lui est attachée: son grand amour pour César, sa beauté légendaire, sa mort tragique.

Alberto Angela propose au lecteur de s’éloigner de ces clichés pour se rapprocher le plus près possible de ce qu’a pu être Cléopâtre. On apprend alors qu’elle a joué un rôle fondamental dans le partage du monde romain. Rome aurait-elle rayonné de la même manière sans l’influence de Cléopâtre?

Fine stratège politique, oratrice hors pair, d’une intelligence rare, Cléopâtre a su mettre à ses pieds les hommes les plus puissants: d’abord César puis Marc-Antoine. Elle a bien sûr joué de sa beauté, de son charme mais elle était avant tout une femme cultivée, sûre d’elle qui œuvrait pour son peuple et le rayonnement de la culture hellénistique dont elle est issue.

C’était un récit passionnant. Alberto Angela sait capter on lecteur comme personne. Certains chapitres sont haletants. Il décrit les scènes de façon très visuelle laissant le spectateur dérouler le film dans sa tête. Il m’a appris des tas de choses sans jamais être barbant ou pédant. A la façon d’un très bon professeur, il parvient à capter son public, fasciné par cette reine grandiose. Il peut passer du récit d’une bataille sanglante à une anecdote sur la façon de se soigner ou de se maquiller. A l’aise dans tous les domaines, il maîtrise parfaitement son sujet.

Je vous recommande chaudement ce livre si vous aimez l’histoire ou que vous vous intéressez au personnage de Cléopâtre. Vous y apprendre de nombreuses choses et serez plongé au cœur d’une antiquité mystérieuse et fascinante.

Les Miscellanées de Jean-Philippe Jaworski

 

 

Les Miscellanées de Jean-Philippe Jaworski,

Publié aux éditions Les Moutons électriques,

2019, 186 pages.

 

Les miscellanées sont des textes littéraires et non littéraires qui constituent un recueil.

Avec cet ouvrage, Jean-Philippe Jaworski offre à son lecteur des nouvelles inédites, des réflexions sur la littérature et deux entretiens avec des journalistes: un vrai cadeau pour ses plus fervents lecteurs!

L’ouvrage s’ouvre sur quatre nouvelles inédites qui embarquent le lecteur de l’Antiquité grecque au moyen-âge. Dès les premières pages, à chacune de ses nouvelles, j’ai été embarquée par l’auteur. La première nouvelle reprend le mythe d’Oreste. Condamné par les dieux, il doit fuir les terribles furies qui cherchent à le punir. On ressent dès les premières lignes la traque, la peur du chassé, l’angoisse qui monte. C’est vraiment bien vu de la part de cet auteur qui exploite dans chacune des nouvelles un grand mythe comme celui d’Attila le Hun. On passe ainsi de l’antiquité grecque au moyen-âge asiatique: une vraie découverte.

S’ensuivent des articles consacrés, entre autres, à Julien Gracq ou encore au Seigneur des Anneaux. Jean-Phlippe Jaworski s’affirme ici en penseur de la littérature. Son propos est clair et vraiment très intéressant.

Enfin, deux entretiens viennent clore le recueil. L’un porte sur Rois du monde et l’autre sur Gagner la guerre et permettent d’éclairer ces deux ouvrages. Indispensables pour lire ou relire ces romans, ces entretiens sont vraiment intéressants et reviennent sur les inspirations de l’auteur notamment en matière de mythologie celte ou romaine.

Je recommande ce petit ouvrage pour les admirateurs de ce grand auteur!