Nevernight, Tome 2: Les grands jeux de Jay Kristoff

Nevernight, Tome 2: Les grands jeux de Jay Kristoff,

Publié aux éditions De Saxus,

2021, 793 pages.

Mia fait maintenant partie des Lames de Notre-Dame du Saint Meurtre au sein de L’Église rouge. Mais beaucoup pensent qu’elle n’a pas mérité ce titre. Elle commet des assassinats au nom de l’organisation, mais au fond d’elle son objectif est resté le même : se venger des responsables de l’assassinat de sa famille. Après une confrontation avec un mystérieux ennemi, Mia commence à douter des vraies motivations de L’Église rouge.

Vous n’êtes pas prêts… Ce deuxième tome de Nevernight est à la hauteur du premier. Nous y retrouvons Mia dans une sale posture. A présent devenue une lame au sein de l’Église Rouge, Mia a toujours pour projet de se venger du consul Scaeva et de Duomo. Pour cela elle élabore un plan qu’elle pense infaillible: intégrer une équipe de Gladiatii et participer aux grands jeux…

Ce deuxième tome ne vous laissera aucun répit. Le lecteur est projeté aux côtés de Mia dans un univers encore plus dense et violent. Jay Kristoff s’est ici inspiré des jeux antiques romains pour construire son intrigue. Les références sont nombreuses et je dois dire que j’ai particulièrement adoré cet univers. Mia intègre donc une équipe de gladiatii. Une fois de plus, Jay Kristoff nous brosse des personnages au cordeau, tous plus intéressants les uns que les autres. Mia va devoir s’humilier et devenir une esclave volontairement pour se rapprocher de sa vengeance. La violence est encore plus présente que dans le premier tome. Il faut avoir le cœur bien accroché.

Ce tome est dynamique, rempli d’actions. On suit Mia à travers ses différents combats. Elle devra faire des alliances. Celle qui prétend ne jamais pardonner, ne jamais oublier devra tout de même mettre de l’eau dans son vin. Ne pas se faire d’amis est bien plus difficile qu’elle ne le pensait.

J’aime toujours autant les notes de bas de pages dans lesquelles le narrateur nous renseigne davantage sur le monde de Sepulcra mais dans lesquelles il n’hésite pas non plus à nous insulter, nous les lecteurs, ou à nous invectiver! Jay Kristoff manie un humour corrosif parfois vulgaire mais ça marche toujours autant avec moi!

Ce tome est aussi le tome des révélations chocs. On en apprend plus sur Mia et sur sa nature d’enténébrée. L’auteur est machiavélique d’un bout à l’autre. Les retournements de situation sont nombreux. Bref, j’adore, je suis accro à cette plume efficace et si déroutante parfois.

Ce tome 2 est une fois de plus un coup de cœur et je n’ai qu’une hâte: dévorer le tome 3 pour clore cette saga incroyable!

Horreurs boréales de Teudor Abajero

Horreurs boréales de Teudor Abajero,

Publié aux éditions Librinova,

2020, 228 pages.

Enric et Marie réalisent leur voyage de noces en Arctique, le rêve de leur vie. Un an plus tard, ils disparaissent mystérieusement. La cousine de Marie, Lou Forestier, journaliste, et son compagnon, le commandant Aghilas Fauré partent à leur recherche. La découverte d’un charnier dans la forêt de Marly leur permettra de remonter aux sources et de découvrir un scandale environnemental et sanitaire sans précédent et dépassant tout ce qu’ils pouvaient imaginer.

Aghilas Fauré est policier. Il est amoureux de Lou. Pour plaire à sa belle, il décide d’enquêter sur la disparition de sa cousine Marie. Mais Aghilas ne sait pas encore où il a mis les pieds…

Horreurs Boréales est un thriller efficace qui met en avant une intrigue liée à l’écologie. Le lecteur va suivre à la fois l’enquête d’Aghilas et les derniers jours de Marie et de son compagnon Enric. Tous deux écolos convaincus, ils vont disparaître lors de leur voyage de noces. Où sont-ils? Et pourquoi a-t-on voulu les faire disparaître? Qu’avaient-ils découvert de si compromettant?

Teudor Abajero joue avec nos nerfs tout au long du thriller. Marie est-elle morte? Est-elle en vie? L’auteur souffle le chaud et le froid tout au long de son roman. Le suspens est à son comble jusqu’à la dernière ligne. J’ai beaucoup aimé aussi le parti pris de l’intrigue qui donne la part belle au thème écologique, thème trop peu souvent évoqué dans ce genre.

Le seul bémol pour moi est la brièveté du roman qui ne permet pas de développer toute la psychologie des personnages. J’aurais aimé parfois en savoir plus et que l’auteur prenne davantage son temps. Le personnage du policier m’a beaucoup plu mais le roman est trop court à mon goût pour développer toute sa psychologie.

Horreurs boréales est un thriller qui tient toutes ses promesses en menant le lecteur par le bout du nez.

De l’or et des larmes de Isabelle Villain

De l’or et des larmes de Isabelle Villain,

Publié aux éditions Taurnada,

2022, 256 pages.

Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée.
L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost. Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ?
Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir.
Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

Avec « De l’or et des larmes », Isabelle Villain nous offre un roman original. Il a pour cadre le monde de la gymnastique. C’est la première fois en effet que je lis un roman qui se déroule dans cet univers. On va y suivre Jean-Luc Provost, un entraîneur très médiatique, qui s’est donné pour but de rapporter au moins quatre médailles aux prochains jeux olympiques. Il entraîne des jeunes sportifs qui ne vivent que pour la gym. Mais un soir, le coach de l’équipe meurt dans un accident de voiture. Les freins ont été trafiqués. Rebecca et son équipe sont appelées pour mener l’enquête…

Dans ce polar, l’autrice nous mène par le bout du nez. Son style est efficace, sans chichi. Elle s’est beaucoup documentée pour écrire ce roman et s’est inspirée de faits réels! Elle plonge le lecteur au cœur de cet univers si particulier. Les jeunes qui s’entraînent quittent leur famille très tôt. Ils s’entraînent des heures et des heures par jour et par semaine pour un passage de quelques minutes sous les projecteurs. Nombreux sont ceux qui se blessent et il n’y a pas de place pour les plus faibles. Le récit est glaçant.

L’enquête va mettre au jour des faits terribles. On parle ici de suicide, d’abus sexuels, de dépression. Jusqu’où ces jeunes sont-ils prêts à aller pour toucher leur rêve du doigt? Isabelle Villain nous donne à lire un roman sans concession, souvent dur, comme un uppercut. On a parfois l’impression de suivre un documentaire tellement les faits relatés semblent réels!

A côté de cette enquête, j’ai adoré découvrir l’équipe de Rebecca. Les personnages sont très intéressants et l’autrice montre la cohésion de son groupe. Elle dose assez bien l’intrigue privée liée aux différents policiers de son unité et l’intrigue centrale du roman. J’ai hâte de lire d’autres romans mettant en scène la même équipe.

De l’or et des larmes est un polar bien ficelé, au rythme soutenu. J’ai adoré découvrir l’univers de la gymnastique de haut niveau sous cet angle!

Les Temps ultramodernes de Laurent Genefort

Les temps ultramodernes de Laurent Genefort,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

2022, 460 pages.

En 1895, d’énormes gisements de cavorite, un métal capable d’annuler la gravité, sont découverts. C’est le début d’une conquête massive des airs et de l’espace. Des paquebots volants relient les capitales ou voguent jusqu’à une Mars colonisée. Mais vingt-cinq ans plus tard, les réserves s’amenuisent et les empires occidentaux luttent pour récupérer les dernières miettes du précieux métal.

Laurent Genefort nous offre un roman SF mâtiné de steampunk que j’ai adoré. Les Temps ultramodernes c’est d’abord l’histoire d’une société française qui aurait pu être. En 1895, on découvre des gisements de cavorite, un métal capable d’annuler la gravité. De cette découverte va découler des inventions incroyables: bateaux flottants dans les airs, tramways aériens et voyages vers Mars qui est devenue une colonie. Dans cet univers ultramoderne, on suit Renée, une institutrice venue tenter sa chance à Paris; Marthe, une scientifique qui s’ennuie et rêve de grands espaces; Georges, un jeune artiste, qui s’acoquine avec des révolutionnaires et Marcel Chery, médecin aux pratiques illégales et douteuses. Tous ces personnages ont un point commun: la cavorite.

Difficile de vous parler de ce roman aux personnages multiples et aux intrigues qui s’entrecroisent et s’entremêlent. On ne voit d’abord pas vraiment le rapport entre Renée, Marthe et tous les autres. Chacun semble avoir son existence propre, ses préoccupations. Les chapitres alternent les points de vue et ont pour but, finalement, de montrer en quoi la cavorite a pu changer la société en profondeur.

Ce qui m’a le plus plu dans ce roman c’est l’atmosphère un peu désuète de ce début de siècle revisité. Laurent Genefort s’amuse à mélanger les grands événements historiques, à brouiller les pistes des dates pour réinventer un monde où la guerre contre les Prussiens est plus que récente, où les Tour Eiffel se multiplient et où les communards ont encore la parole. J’ai vraiment aimé cet univers hyper réaliste au final. Les descriptions de ce nouveau Paris sont tout simplement géniales.

Laurent Genefort aborde aussi une multitude de thèmes très intéressants: la place des femmes dans la société, le colonialisme, l’exploitation à outrance d’un métal qu’on maîtrise mal, les dérives eugéniques et j’en passe.

Le seul bémol revient peut-être à la fin du roman, trop rapide pour moi et tous ces personnages qu’on expédie finalement assez vite.

Les Temps ultramodernes est une uchronie qui m’a séduite et qui sort des sentiers battus de la SF!