Point lecture n°3

Et voici ma dernière vidéo dans laquelle je vous parle de mes trois dernières lectures:

 

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Fais de moi la colère de Vincent Villeminot

 

 

Fais de moi la colère de Vincent Villeminot,

Publié aux éditions Les Escales,

2018, 275 pages.

 

Le jour où son père, pêcheur de longue date, se noie, Ismaëlle se retrouve seule. Seule, vertigineusement, avec pour legs un métier d’homme et une chair de jeune fille.

Mais très vite, sur le lac franco-suisse, d’autres corps se mettent à flotter. Des morts nus, anonymes, par dizaines, par centaines, venus d’on ne sait où – remontés des profondeurs de la fosse. C’est en ces circonstances qu’Ismaëlle croisera Ezéchiel, fils d’un  » Ogre  » africain, qui a traversé les guerres du continent noir et vient sur ces rives affronter une Bête mystérieuse.

Il est des livres dont on passe complètement à côté! Fais de moi la colère est de ceux-là. J’avais pourtant bon espoir. Vincent Villeminot est un auteur reconnu dans le champ de la littérature jeunesse et jeune adulte. Fais de moi la colère est son premier roman du côté des « adultes ». Malheureusement, si le début du livre s’est montré prometteur, j’ai souffert tout au long de ma lecture n’y trouvant pas grand chose à comprendre.

Ismaëlle est orpheline. Sa mère meurt en couches; son père se noie alors qu’il pêche sur le lac Léman. Ismaëlle reprend alors l’affaire du père. Sans aucune expérience, elle devient elle aussi, pêcheuse. Bientôt, d’étranges choses surviennent sur le paisible lac Léman. Des dizaines puis des centaines de cadavres venant des profondeurs remontent à la surface. D’où viennent-ils? Qui sont-ils? Parallèlement, Ismaëlle se lie d’amitié avec « l’ogre noir », le fils d’un dictateur africain qui embarque alors la jeune femme sur le lac pour traquer un monstre terrible.

Ismaëlle, un monstre marin. Tout ceci ne nous fait penser à rien? Il s’agit bien sûr d’une réécriture de Moby Dick d’Herman Melville. En remplaçant un vieux marin par une orpheline sans expérience, en substituant l’océan par le paisible lac Léman, Vincent Villeminot propose ici de reconstruire le mythe de la fameuse traque à la baleine d’une manière très moderne. Si le début du roman était prometteur puisqu’il mettait en scène cette jeune Ismaëlle livrée à elle-même, très vite, l’auteur parle de manière métaphorique, entraînant son lecteur sur une pente glissante.

A partir de la rencontre d’Ismaëlle avec l’ogre noir, j’ai été un peu perdue. Vincent Villeminot dévie son propos pour nous parler d’une traque, d’une chasse au monstre, métaphore de l’argent sale, l’argent blanchi en Suisse. Son ogre noir, fils de dictateur africain, vient ici en qualité de vengeur pour montrer au monde la vérité entière. Ismaëlle tombe d’ailleurs folle amoureuse de ce personnage mais cette histoire d’amour à sens unique perd de sa profondeur.

Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur nous propose ici un texte très métaphorique. Ses chapitres sont très courts, certes emplis de poésie, mais j’ai été déstabilisée justement par le côté opaque du récit. Je ne dirais pas que je n’ai rien compris mais il reste de nombreuses zones d’ombre et j’ai trouvé le propos final un peu tiré par les cheveux.

Fais de moi la colère est donc un roman qui ne m’a guère plu. les métaphores répétées du roman m’ont lassée et laissée de marbre. Merci aux matchs de la rentrée littéraire de #Rakuten pour l’envoi de ce roman! #MRL18

Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Matha Hall Kelly

 

 

 

Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly,

Publié aux éditions Charleston,

2018, 574 pages.

 

 

 

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé. De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, laisse de côté son enfance pour travailler dans la résistance et faire passer des messages. Mais la moindre erreur peut être fatale. Pour l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre d’enfin montrer toutes
ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes…
La vie de ses trois femmes va se retrouver liée à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Ne vous y trompez pas, Le Lilas ne refleurit bien qu’après un hiver rigoureux a beau être un titre long, il n’a rien à voir avec tous ces romans guimauves aux titres infinis. Le livre de Martha Hall Kelly est une pure merveille, un récit poignant et émouvant qui restera gravé longtemps dans ma mémoire parce qu’il fait écho à un passé douloureux mais aussi à ma propre histoire familiale.

Martha Hall Kelly choisit de raconter trois histoires de femmes dans trois pays différents et dans trois positions sociales diverses. En Amérique, à New-York, il y a Caroline Ferriday, riche héritière, qui œuvre pour les orphelins français. La main sur le cœur, elle est prête à tout pour lever des fonds et venir en aide aux plus démunis. En Pologne, Kasia, jeune fille de seize ans, assiste à l’envahissement de son pays par les nazis. Elle s’enrôle dans la résistance mais se fait rapidement arrêtée avec sa mère et sa sœur. Elle seront déportées à Ravensbrück, un camp de rééducation pour femmes. En Allemagne, Herta fait partie des jeunesses hitlériennes. Elle hait les juifs et les polonais. Médecin, la jeune femme va exercer « son art » à Ravensbrück.

A partir de ces trois destins, l’auteur plonge son lecteur dans la tourmente, en plein cœur de la seconde guerre mondiale avec un point de vue exclusivement féminin. On avance, on chemine petit à petit aux côtés de Caroline; on hait Herta; on pleure pour Kasia et les siennes.

L’histoire qui m’a le plus touchée est celle de Kasia bien sûr. Résistante polonaise, elle est envoyée à Ravensbrück, camp situé en Allemagne du Nord. Là-bas, elle va subir les intimidations, la peur, la faim, les appels sans fin à quatre heure du matin mais pire encore, elle va servir de cobaye aux médecins allemands. Le récit de Kasia est glaçant et pourtant tellement réaliste! L’auteur s’est énormément documentée pour raconter le calvaire des femmes emprisonnées à Ravensbrück. Ma propre grand-mère y a été déportée. Comme dans le roman, elle m’a racontée les appels interminables, le tri à l’arrivée du train, le souffle des bergers allemands sur les mollets des femmes, la faim et la maladie qui en ont emporté plus d’une! Ces pages sont tellement atroces. On ressent toute la souffrance et la détresse de Kasia et des siennes.

A côté de cela, l’histoire d’Herta apparaît comme glaçante et terrifiante. Convaincue du bien-fondé du parti nazi, Herta devient cruelle presque insensible. Elle ne considère pas les prisonnières comme des femmes mais comme de possibles cobayes sur lesquels elle peut se livrer à des expériences terribles. On ne peut que haïr ce personnage dont l’armure se fend pourtant un peu aux côtés d’Halinna. Savoir qu’elle a réellement existé et qu’elle a pu terminer sa vie assez paisiblement ne peut que révolter le lecteur.

Enfin l’histoire de Caroline est poignante bien que plus lointaine. C’est elle qui s’avèrera être le noeud de l’histoire, celle qui permettra de relier tous les fils de l’histoire. Elle mène un combat incroyable pour les orphelins français, n’hésitant pas à franchir les océans pour la bonne cause. Femme moderne pour son époque, elle marque les esprits par sa répartie et son courage hors du commun.

Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux est un coup de cœur pour moi. Ce livre plein d’humanité m’a émue aux larmes et restera longtemps gravé dans ma mémoire!

Bilan Lectures du mois de septembre

 

Septembre est déjà passé! Vive l’automne et ses longues soirées à bouquiner, un thé chaud à portée de main. Malgré la reprise du boulot, j’ai bien avancé dans mes lectures notamment dans mon #PumpkinAutumnChallenge. Voici mon bilan côté lectures et côté réceptions livresques.

En septembre, j’ai adoré My Absolute Darling de Gabriel Tallent. Je comprends pourquoi ce roman a été élu meilleur roman de l’année par certains. Quelle claque! J’ai aussi beaucoup aimé Magnifica de Maria Rosaria Valentini, un livre plein de poésie et de grâce. Dans un tout autre registre, j’ai eu un coup de cœur pour le tome 4 des Hauts-conteurs de Patrick McSpare qui m’a donné quelques sueurs froides.

 

 

 

 

 

Dans la vallée de Hannah Kent m’a aussi beaucoup plu même s’il manquait un petit quelque chose pour qu’il devienne un coup de cœur. Créatures, dernier recueil collectif de nouvelles des Imaginales, m’a fait passer un bon moment. Quant au tome 1 de Magie Ex libris de Jim C.Hines, j’ai découvert un univers SFFF incroyablement riche

 

 

 

 

Dans les bras de Verdun de Nick Dybek m’a un poil déçue. L’intrigue et les personnages ne tiennent pas toutes leurs promesses. Enfin, Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud m’a plu même s’il reste imparfait pour moi.

 

 

 

 

Côté réception de SP, j’ai été gâtée puisque j’en ai reçu trois: Dans les bras de Verdun de Nick Dybek aux Presses de la cité, Dans la Vallée de Hannah Kent aux Presses de la cité, Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud. Ils ont tous été lus et chroniqués à ce jour.

Grâce à la Masse critique de Babelio, j’ai reçu Magnifica de Maria Rosaria Valentini aux éditions Denoël et grâce aux matchs de la rentrée littéraire organisés par Rakuten, j’ai reçu Fais de moi la colère de Vincent Villeminot aux éditions Les Escales.

 

 

 

 

Côtés achats, j’ai été raisonnable puisque je me suis offert d’occasion les deux premiers tomes de la saga Magie Ex Libris de Jim C.Hines aux éditions L’Atalante et un livre de recettes de gâteaux au chocolat aux éditions Marabout (parce que la bouffe ça compte aussi). J’ai aussi reçu mon magnifique exemplaire de Mrs Dalloway de Virginia Woolf aux très belles éditions Tibert.

 

 

 

 

 

Enfin j’ai reçu on traditionnel cadeau de rentrée aka le dernier Amélie Nothomb:

 

 

 

J’ai repris la chaîne Booktube et j’ai déjà publié 3 vidéos. Je vous invite à y jeter un œil!

Avec 8 livres lus ce mois-ci, je suis assez satisfaite de mon rythme. Le mois d’octobre sera consacré à l’avancée dans mon Pumpkin Autumn Challenge. Je serai présente au salon du livre de Lambesc le week-end du 13 et 14 octobre avec des achats en vue!!

Et vous, avez-vous fait de belles lectures ce mois-ci?

Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud

 

 

Atlas des courants invisibles de Thomas Gerbaud,

Publié aux éditions Amazon,

2018, 451 pages.

 

Chacun d’entre nous a, un jour ou l’autre, ressenti la part d’invisible qui nous gouverne. L’intuition. Le déjà-vu. L’empathie. Les pressentiments. Et s’ils n’étaient que d’infimes fenêtres de perception sur la véritable nature du monde ? Anton est né avec un talent extraordinaire : il lit dans les pensées. Mais un talent extraordinaire, quand on ne le contrôle pas, ça peut vite virer au cauchemar. Lorsque sa bien-aimée disparaît, Anton entreprend un voyage initiatique au cours duquel il va rencontrer d’autres individus doués de talents similaires au sien. Et découvrir la menace qui pèse sur chacun d’entre eux : dans l’ombre, un homme les traque, avec le dessein d’utiliser leurs pouvoirs pour ouvrir une porte auparavant fermée à l’Humanité.

Atlas des courants invisibles m’a été gentiment proposé par son auteur Thomas Gerbaud. L’histoire qui mêle science-fiction, fantasy et roman d’aventures m’a beaucoup plu et je l’ai lu en quelques jours, happée par l’intrigue aux rebondissements multiples.

Le roman s’ouvre sur la vie de Tara et d’Anton, tous les deux patients d’un hôpital psychiatrique en région parisienne. Tara, d’origine indienne, a des tocs étranges puisqu’elle aime que tout soit aligné, droit, carré. Anton, souffre d’un mal plus mystérieux. Il ressent des choses, entend des sortes de voix et n’arrive pas à les maîtriser. Sont-ils fous? C’est ce que leur famille pense en tout cas.

Bientôt, Anton observe le manège d’un homme qu’il appelle « le veilleur« . Ce dernier vient, s’assoit sur un banc puis repart comme si de rien n’était. Anton se décide à lui parler et l’homme, Richard, propose de lui en dire plus sur cet étrange mal qui l’enferme dans cet hôpital car il en est frappé aussi. Anton découvre alors qu’il possède un don, un talent et qu’il n’est pas le seul puisque bientôt Tara disparaît…. Anton s’élance alors sur les traces de Tara et découvre qu’il est au centre d’une gigantesque expérience.

Atlas des courants invisibles est un roman qui va très vite. On passe de l’hôpital psychiatrique d’Anton à un laboratoire secret en Suisse pour finir au Népal sur les traces d’un enfant bien mystérieux. Si vous aimez l’aventure, ce livre est fait pour vous car il n’y a aucun temps mort. Tout s’enchaîne très rapidement. Si le début du roman laisse le lecteur dans le flou quant à la nature d’Anton et de Tara, le lecteur a bien vite des réponses à ses questions. L’intrigue prend alors une tournure plus scientifique voire carrément fantastique puisque l’auteur nous oriente vers des personnages aux talents extraordinaires. On voyage beaucoup aussi: de la Suisse au Népal en passant par la Russie, l’auteur promène son lecteur multipliant les flash-back pour nous en révéler plus.

J’ai beaucoup aimé ce côté de l’histoire car on en apprend toujours plus au fur et à mesure que les pages se tournent. Pourquoi en veut-on à Tara puis à Anton? Dans quelles circonstances nos personnages ont-ils développé leurs dons? Comment peuvent-ils parvenir à les maîtriser? J’ai aimé aussi le fait que leurs talents n’étaient pas spectaculaires au sens où on ne parle pas ici de magie mais plutôt de capacités physiques et intellectuelles hors du commun et c’était assez intéressant.

Le seul reproche que je ferais au roman est qu’il va parfois bien trop vite. En tout cas pour moi. J’aurais peut-être apprécié que certaines scènes soient plus détaillées, davantage décrites (oui, j’aime les descriptions). J’ai eu l’impression qu’on sautait d’une scène à l’autre et je préfère me poser, prendre mon temps dans la lecture.

Atlas des courants invisibles est un roman qui vous emmènera sur les pas de personnages hors du commun, dans une intrigue à cent à l’heure, tout au bout du monde!

Magnifica de Maria Rosaria Valentini

 

 

 

 

Magnifica de Maria Rosaria Valentini,

Publié aux éditions Denoël,

2018, 310 pages.

 

 

Années 50. Dans un petit village des Abruzzes. La jeune Ada Maria est la fille d’un couple sans amour. Son père, Aniceto, passe le plus clair de son temps avec Teresina, sa maîtresse, ou enfermé dans son atelier de taxidermiste. Eufrasia se contente d’être mère et de noyer sa fragilité dans les soins qu’elle apporte à ses enfants.
Lorsqu’elle meurt prématurément, Teresina prend peu à peu sa place dans la maison. La jeune Ada Maria s’occupe alors de son frère en s’efforçant d’ignorer Teresina. C’est pourtant dans ce quotidien en dehors du temps, rythmé par la couleur des frondaisons, la succession des naissances et des deuils, que l’Histoire fait un jour irruption. Dans un bois avoisinant le village, Ada Maria aperçoit un jour une ombre. Il s’agit d’un homme, hagard, désorienté, il n’a jamais quitté la cabane où il s’est réfugié à la fin de la guerre. Il est allemand. Les deux êtres vont se rapprocher. De cet amour naîtra une petite fille aux yeux clairs et à la peau diaphane, Magnifica, changeant à tout jamais le destin tranquille auquel Ada Maria se croyait cantonnée.

Magnifica est un roman d’amour délicat et raffiné. Dans les années 50, en Italie, dans un petit village isolé, Ada Maria découvre l’existence de Benedikt, un Allemand qui se terre dans une grotte depuis la fin de la guerre. De cette rencontre va naître un amour aussi bref et spectaculaire que la vie d’une rose.

Magnifica n’est pas un roman haletant dans lequel vous n’aurez pas la patience de tourner les pages. L’autrice nous livre ici une histoire lente et belle sur plusieurs générations. Dans ce petit village italien, on vit au rythme des saisons et de la nature. On s’adapte au caprice du temps. Un peu à l’image de la vie de ces habitants placides, Maria Rosaria Valentini nous offre ici un roman empreint de délicatesse et de poésie dans lequel l’amour est au centre de tout.

L’amour sous toutes ses formes empli le texte d’une puissance poétique immense. Il y a l’amour d’Eufrasia pour sa fille Ada Maria puis l’amour de cette dernière pour son petit frère Pietrino. Il y a un amour plus inattendu entre Teresina, l’amante du père et Ada Maria, la belle-fille. Et il y a l’amour fulgurant avec Benedikt mais si bref… C’est beau, tout simplement.

On suit finalement toutes ces femmes au fil des générations. Il faut prendre son temps pour savourer le texte de l’autrice, poétesse de formation. Il faut prendre son temps aussi pour goûter à la beauté d’âme de Magnifica. Hymne à l’amour, hymne à la vie, Magnifica m’a enchantée au fil des pages et a suspendu le cours du temps.

Magnifica est un magnifique roman empli d’amour, délicat et parfumé à l’image de son héroïne éponyme.