L’Arabe du Futur de Riad Sattouf

L’Arabe du futur de Riad Sattouf,

Publié aux éditions Allary,

2015, 158 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce livre raconte l’histoire vraie d’un enfant blond et de sa famille dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad.

Voilà pour le résumé de l’éditeur. Assez Sibyllin, n’est-ce pas? L’Arabe du futur c’est l’histoire de Riad Sattouf, petit garçon, balloté par ses parents entre la France, la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez.

La BD débute, bien sûr, par la rencontre des parents de Riad: son père est un étudiant syrien, venu étudier en France grâce à une bourse; quant à sa mère, elle est française et elle va tout quitter pour suivre son mari.

Diplômé en économie, le père de Riad obtient un poste à l’université de Tripoli et toute sa famille suit. Ils s’installent d’abord dans une maison allouée par l’université mais un jour, en revenant d’une course, les Sattouf se rendent compte que leur demeure est occupée par une autre famille. En effet, comme l’explique un Libyen, tout appartient à tout le monde ici: la règle est donc de ne pas s’éloigner de chez soi sous peine de ne plus retrouver ses affaires personnelles ou de voir sa maison squattée en bonne et due forme!!C’est l’une des contradictions auxquelles devra se heurter le petit Riad qui observe les choses avec ses yeux d’enfant et qui permet de pointer du doigt de manière impertinente les absurdités du régime libyen. C’est d’ailleurs l’objectif que s’est fixé l’auteur: raconter le Moyen-orient à travers les yeux candides d’un enfant.

C’est plutôt à travers les réactions du père que le lecteur prend conscience de la difficulté à comprendre ces différents pays. Le père de Riad est plein de contrariétés: il ne croit pas en Dieu, mange du porc. Il critique allégrement la société orientale en martelant que les arabes doivent d’abord être éduqués. Mais d’un autre côté, il défend des valeurs obsolètes, tente de montrer à quel point son pays, la Syrie, est beau alors que tout autour de lui tombe en ruine et que la violence fait loi dans les rues. Son discours est souvent contradictoire et on comprend pourquoi. Le père de Riad est déchiré entre deux cultures: sa culture originelle et sa culture occidentale récemment acquise. La mère de Riad apparaît plus tempérée voire réservée.

A travers ses différents voyages – la Libye puis la Syrie – le petit Riad livre au lecteur des tranches de vie. La vie en Libye, sous le régime de Kadhafi, avec pour toile de fond une population affamée et des passe-droits pour les plus riches; la Syrie, dévastée, qui n’arrive pas à évoluer, engluée, désolée, en ruines. A chaque page, Riad écorne d’un trait d’humour ou d’une remarque tout simplement naïve l’image que ces pays veulent donner au monde: la corruption, la polygamie, la violence ancrée dans les mentalités, la haine des juifs sont pointées du doigt régulièrement.

C’est un voyage aussi bien sociologique que politique qui permet d’ouvrir les yeux du lecteur sur l’évolution d’une partie du monde souvent méconnue.

Quant au graphisme de la BD, j’ai beaucoup apprécié le contraste entre ce petit garçon mignon, attendrissant et les dessins plus sombres qui permettent de faire ressortir la violence des pays dans lesquels la famille Sattouf s’installe.

L’Arabe du futur est le premier tome d’un triptyque qui promet d’être passionnant.

Je remercie Price Minister de m’avoir fait parvenir cette BD à laquelle j’attribue la note de 20/20.

Liebster Award

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J’ai été taguée par Liliatigre’s Library et voici les questions auxquelles je dois répondre:

  • Si tu pouvais avoir un pouvoir magique, ce serait quoi ?

Le pouvoir de me métamorphoser ou de me télétransporter là où j’en aurais envie.

  • Cite un livre qui a été un coup de cœur mais qui est peu connu.

Le Bouc-émissaire de Daphné du Maurier: un livre peu connu qui développe un suspens digne des plus grands polars. J’invite chacun à le lire.

  • Cite un personnage (de livre) que tu adores mais que tu ne voudrais pas être et pourquoi ?

J’adore Hermione Granger: j’aime son côté 1ère de la classe mais elle a un côté « je-sais-tout » insupportable qui s’arrange quand même avec le temps. Je trouve que sa relation avec Harry est troublante. En tout cas, je n’aurais pas choisi Ron!

  • Quelle est ta plus grande bizarrerie ?

Parler à mon chat comme à un être humain peut-être, même si beaucoup le font déjà!

  • Quel est l’auteur que tu aimes le moins et pourquoi ?

Ce n’est pas tant l’auteur mais l’univers développé qui me tombe des mains. Je dirais donc Musso, Lévy: j’ai dû mal avec ce genre de littérature trop superficielle à mes yeux tout comme les 50 nuances de machin et autres trucs qui se veulent « sulfureux ».

  • Si tu pouvais n’en choisir qu’un, quel est le pays (ou la ville) que tu aimerais visiter ?

Ce serait les USA sans aucun doute: San Francisco et la côte Est comme la Nouvelle-Angleterre, refuges de bon nombre d’écrivains.

  • Raconte une de tes hontes;

Bizarrement rien ne me vient à l’esprit! J’assume mes bizarreries et mes erreurs.

  • Quel est ton jeu de société préféré ?

J’adore le Time’s Up pour son côté ludique et intellectuel à la fois.

  • Quel est ton livre préféré ?

Orgueil et Préjugés peut être mais il y en a tellement d’autres comme la Saga Harry Potter, Rebecca de Daphné du Mauier…

  • Si tu étais un élément (feu, eau, terre, etc), lequel serais-tu ?

Je suis capricorne donc sans aucun doute la terre!

  • Quelle est la sortie livresque que tu attends le plus ?

C’était la biographie de Daphné du Maurier par Tatiana de Rosnay. Je suis en train de la lire et l’attente en valait le coup!

 

Je ne tague personne cette fois-ci! Chacun peut répondre aux questions posées s’il le souhaite!

 

Bain de lune de Yanick Lahens

   Bain de lune de Yanick Lahens,

   Publié aux éditions Sabine Wespieser,

   2014, 273 pages.

 

 

 

 

 

 

Après trois jours de tempête, un pêcheur découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir réchappé à une grande violence. La voix de la naufragée s’élève, qui en appelle à tous les dieux du vaudou et à ses ancêtres, pour tenter de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Cette voix expirante viendra scander l’ample roman familial que déploie Yanick Lahens, convoquant les trois générations qui ont précédé la jeune femme afin d’élucider le double mystère de son agression et de son identité.
Les Lafleur ont toujours vécu à Anse Bleue, un village d’Haïti où la terre et les eaux se confondent. Entre eux et les Mésidor, devenus les seigneurs des lieux, les liens sont anciens, et le ressentiment aussi. Il date du temps où les Mésidor ont fait main basse sur toutes les bonnes terres de la région.
Quand, au marché, Tertulien Mésidor s’arrête comme foudroyé devant l’étal d’Olmène (une Lafleur), l’attirance est réciproque. L’histoire de ces deux-là va s’écrire à rebours des idées reçues sur les femmes soumises et les hommes prédateurs.

Ce roman de Yanick Lahens a reçu le prix Femina 2014. C’était une surprise pour moi de le découvrir au pied du sapin et comme j’aime toujours faire des découvertes et que les critiques dans la presse étaient bonnes, je me suis lancée sans aucune hésitation dans cette lecture. J’en ressors plutôt mitigée. Je ne peux pas dire que je n’ai pas apprécié ma lecture mais elle ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je n’ai pas retrouvé l’engouement que ce roman a suscité dans les médias. Mon avis sera donc assez court.

Le roman se déroule à Haïti. C’est une île dont je ne connais pas grand chose à part le terrible tremblement de terre survenu il y a peu. L’auteur retrace la vie d’une famille, les Lafleur, sur plusieurs générations. On suit la vie des uns et des autres au gré des changements de gouvernement, des coups d’état. Comme à chaque fois que je me lance dans une lecture et que je me retrouve perdue « historiquement », je me renseigne sur Internet pour en savoir un peu plus sur l’Histoire politique et économique de cette île et j’apprends toujours beaucoup de choses. L’auteur tisse en toile de fond l’Histoire de son pays et la mêle très étroitement à l’histoire de ses personnages.

Justement, ses personnages sont assez nombreux même si au final, l’intrigue se concentre sur deux ou trois d’entre eux. Le lecteur fait d’abord la connaissance des Lafleur, famille de cultivateurs sans histoire. Puis la menace de la famille Mésidor se fait vite sentir. Les Mésidor sont les maîtres d’une partie de l’île, Anse bleue. Ils font régner leurs lois par l’intimidation et la violence. Un jour, Tertulien Mésidor tombe amoureux d’Olmène Lafleur. Enfin, « amoureux » est un bien grand mot. Il la désire et veut la posséder. Olmène cède aux sirènes du pouvoir et devient une de ses concubines. Ainsi les Lafleur et les Mésidor se retrouvent liés par le mariage.

A partir de cette union, l’auteur raconte la descendance et la destinée des Lafleur, une famille prise entre un désir de progrès et une volonté de se plier aux traditions ancestrales et conservatrices. A travers cette famille, elle dresse le portrait de jeunes gens qui ne souhaitent qu’une chose: s’exiler sur le continent américain pour y vivre une vie meilleure. Le sort semble s’acharner: quand on naît haïtien, on le reste. L’histoire semble se répéter indéfiniment et finalement rien ne change vraiment dans la vie de ces pauvres cultivateurs. Les gouvernements se succèdent, la violence fait office de loi et tout semble figé. Bref, rien de bien réjouissant.

J’ai aimé découvrir Haïti à travers le récit de cette saga familiale mais je n’ai pas été transportée. Je garderai un souvenir confus de cette intrigue qui mêle l’Histoire avec un grand H à la petite.

Les Outrepasseurs, Tome 1: Les héritiers de Cindy Van Wilder

   Les Outrepasseurs, Tome 1: Les héritiers de Cindy Van Wilder,

   Publié aux éditions Gulf Stream,

   2014, 347 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis des siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Décidément, j’enchaîne les coups de cœur en ce moment. Après le magnifique roman de Katarina Bivald, je me suis lancée dans un tout autre style avec le premier tome des Outrepasseurs, repéré pour ses nombreuses et enthousiastes critiques sur la blogosphère.

Je ne m’attendais pas à ce genre d’intrigue mais plutôt à quelque chose de très marqué au niveau fantasy avec des fées, des dragons et de la magie comme on peut en lire dans de nombreux autres romans. J’ai été agréablement surprise par la tournure que prenait les choses au fur et à mesure de ma lecture et je ne peux que saluer le talent et la culture de l’auteur.

C’est d’abord le style, la langue employés par l’auteur qui m’ont étonnée. Cindy Van Wilder écrit vraiment bien, même très bien. J’ai souvent remarqué que dans les romans fantasy, le style est plus ou moins « sacrifié » au profit de l’intrigue. Je m’attendais à une narration simple, un peu basique. Dès les premières pages, l’écriture de l’auteur m’a ravie. On voit que Cindy Van Wilder maîtrise la langue. Son écriture est belle, fluide mais à la fois complexe. Elle sublime les mots. J’ai grandement apprécié la langue déployée tout au long de ce roman.

J’ai bien sûr aimé l’intrigue également. Elle commence avec Peter, un jeune garçon banal, simple qui aime jouer au foot et qui rêve d’entrer dans une équipe nationale. Rapidement, sa vie va basculer. Un soir, Peter est agressé. Un renard- j’ai bien dit un renard – vole à son secours. Sa mère lui explique succinctement qu’elle peut se transformer comme elle souhaite en renard et qu’elle sert un ordre mystérieux appelé les Outrepasseurs. Cette nuit-là, Peter va être initié et en apprendre plus sur ces fameux Outrepasseurs.

Ce premier tome est donc un tome qui met en place l’histoire des Outrepasseurs et qui présente les choses. Qui sont les Outrepasseurs? D’où viennent-ils? Grâce à un système de flashback, Peter va être plongé dans leur histoire. L’intrigue se met en place tout doucement et donne déjà beaucoup de clés au lecteur pour comprendre ce que sont ces fameux Outrepasseurs.

Il aurait pu s’agir d’une histoire simple, rapidement éclipsée par la propre destinée de Peter. Là encore, l’auteur déjoue tous les paramètres puisqu’elle raconte en détail (les 3/4 du roman en fait) l’histoire des Outrepasseurs. Et cette histoire va prendre racine au Moyen-âge, dans le petit bourg de Maupertuis. Ce nom ne vous dit rien? Et pourtant, il m’a mis la puce à l’oreille dès le départ. Les noms des personnages jouant un rôle dans cette intrigue n’ont fait que confirmer mes soupçons: Grimbert, Hermeline, Hersent et tous les autres font bien entendu référence au Roman de Renart, célèbre fabliau du Moyen-âge. Là encore, j’ai été bluffée par la culture et le culot de l’auteur. Aller chercher un fabliau du Moyen-âge et l’adapter ou en tout cas s’en servir de base pour construire son intrigue, il fallait le faire. Et c’est une vraie réussite!

L’auteur n’est pas tendre avec ses personnages. La violence parsème son récit. Encore une fois, elle prend le contre-pied de ce que le lecteur attend d’elle. Les fées ne sont pas gentilles, bien au contraire: elles sont sanguinaires, sans âme, maléfiques. Quant aux hommes, ils sont bien misérables face aux pouvoirs de ces fées étranges. Cindy Va Wilder restitue avec intelligence l’atmosphère de ce moyen-âge où les superstitions dominent, où la peur du diable invite les hommes à commettre l’innommable. J’ai été emportée par cette histoire de malédiction.

C’est un sans faute pour les Outrepasseurs. L’intrigue et la Plume de l’auteur m’ont subjuguée. Je n’ai qu’une hâte à présent: me procurer le deuxième tome!

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