La Femme de mon ami de Polly Dugan

 

 

La Femme de mon ami de Polly Dugan,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 361 pages.

 

Garrett avait oublié cette promesse faite lors d’une soirée très arrosée, jusqu’au jour où, des années plus tard, Leo meurt dans un accident de ski. Sans hésiter, Garrett quitte tout pour rejoindre Audrey et ses trois fils à Portland et les aider à surmonter cette épreuve. Prêt à rester le temps qu’il faudra, il décide de poursuivre les travaux d’agrandissement de la maison et prend peu à peu la place laissée par le défunt.
Quand Audrey et Garrett commencent à se rapprocher, Garrett n’a plus le courage de révéler l’existence du fameux pacte. Que se passerait-il si Audrey le découvrait ?

Un grand merci aux éditions Presses de la Cité qui m’ont fait parvenir ce tout nouveau roman dévoré en trois jours! Polly Dugan entraîne le lecteur dans une histoire familiale émouvante et pleine d’espoir.

Leo et Audrey sont un couple heureux et très unis. Ils ont trois garçons. Malheureusement, Leo meurt dans un accident de ski, laissant Audrey seule et désemparée. Le meilleur ami de Leo, Garret, quitte tout pour rejoindre Audrey et sa famille afin de les aider du mieux qu’il peut. Garret est lié par une promesse qu’il a fait des années auparavant à Leo. Il lui a juré de tout faire pour Audrey s’il lui arrivait malheur et de veiller sur sa famille. Garret plaque tout pour tenir sa promesse….

Polly Dugan place dès le départ ses personnages dans une situation très compliquée. Audrey perd son mari du jour au lendemain et se retrouve seule pour élever ses trois enfants. Garret, professeur à Boston, pas très stable sentimentalement se retrouve bien malgré lui propulsé au sein de cette famille. Tout semble opposer Garret et Audrey et pourtant ils sont tous les deux dotés d’un courage et d’une force exceptionnels. Garret va tenir sa promesse et tout plaquer (job et copine) pour s’occuper d’Audrey et des enfants. Il prend comme prétexte de terminer les travaux d’extension de la maison entamés par Leo. Il construit cette extension seul, métaphore de son installation au cœur de la famille de Leo.

Bien évidemment, Audrey et Garret vont petit à petit se rapprocher. J’ai aimé la manière dont l’auteur amenait les choses. L’histoire ne se transforme pas d’un coup en conte de fée. Les choses sont beaucoup plus compliquées que cela. Les personnages culpabilisent beaucoup, rongés par l’ombre de Leo qui pèse sur leurs épaules. Garret est un personnage assez complexe. Il est lié par une promesse à Leo qu’il aurait tout aussi pu « oublier », or il ne le fait pas. Ce personnage si instable dans ses relations amoureuses va jusqu’au bout de sa démarche pour s’occuper d’Audrey mais surtout de ses trois garçons.

J’ai aimé la narration adoptée par l’auteur. Les chapitres alternent les points de vue qu’il s’agisse de celui d’Audrey, de Garret ou même des garçons. Le lecteur a ainsi une vue globale de l’histoire qui se déroule et de la manière dont chaque membre de la famille ressent les choses.

L’histoire d’Audrey et de Garret est aussi une histoire triste. Certains passages m’ont mis les larmes aux yeux. La tension psychologique, la tristesse des personnages et leur désarroi se font vraiment sentir. C’est parfois lourd à porter, dur à lire. La question du deuil et la manière dont on l’affronte est au cœur du roman. La détresse d’Audrey paraît réelle et on se prend à s’imaginer dans sa situation. Que ferions-nous? Comment réagirions-nous? Polly Dugan pose les bonnes questions à travers son roman. Peut-on encore aimer après avoir perdu son âme sœur? Comment aimer?

La Femme de mon ami est un très beau livre à la fois puissant et émouvant. La plume de Polly Dugan m’a étrangement rappelé celle de Douglas Kennedy (sans le côté politique). J’aime les intrigues dans lesquelles le personnage perd tout pour mieux recommencer et celle-ci en fait clairement partie!

La Ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

 

 

La Ferme du bout du monde de Sarah Vaughan,

Publié aux éditions Préludes,

2017, 439 pages.

 

 

 

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ? Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant. Destinées prises dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale, enfant disparu, paysages envoûtants de la Cornouailles, La Ferme du bout du monde a tout pour séduire les lecteurs de L’Île des oubliés, d’Une vie entre deux océans et de La Mémoire des embruns.

Les Cornouailles, une histoire de famille et une couverture sublime, il ne m’en fallait pas plus pour craquer pour ce roman paru aux éditions Préludes. D’un bout à l’autre, j’ai dévoré ce livre tout en faisant traîner ma lecture afin de continuer à vivre quelques instants aux côtés des personnages.

Sarah Vaughan nous plonge dans un paysage aride, dur, souvent hostile mais tellement pur et tellement beau. Elle décrit à la perfection les Cornouailles, cette région au bord de l’océan où elle place son intrigue. Elle entremêle ainsi deux histoires séparées par plus de 70 ans. D’un côté, l’histoire de Maggie en 1944, jeune femme de 16 ans qui dans la ferme de Skylark va rencontrer l’amour de sa vie; de l’autre, l’histoire de Lucy qui en 2014 renonce à son mari, son job et sa vie londonienne pour revenir sur la terre de Cornouilles auprès de Maggie sa grand-mère et de sa mère Judith. Les chapitres alternent donc entre la période 1944 et la période actuelle.

J’ai tout aimé dans ce livre: les personnages sont croqués avec finesse et complexité. On découvre Maggie (devenue la grand-mère de Lucy) à deux époques différentes. J’ai vraiment aimé le récit qui nous parle de sa vie en 1944 et de sa rencontre avec Will. Si on s’attend à la tournure que prennent les événements ultérieurement, j’ai quand même aimé découvrir le secret qui aura hanté toute sa vie et dont elle ne se sera jamais remise.

J’ai aussi apprécié l’histoire de Lucy, même si son récit est moins poignant. Quand elle arrive à Skylark, elle vient de quitter son mari qui l’a trompée. Elle cherche à se reconstruire et à faire le point sur sa vie. Elle va alors se jeter à corps perdu dans le travail pour tenter de redresser les affaires de la ferme qui se porte bien mal. C’est une femme fragile mais pas nunuche qui hésite entre renouer avec son ancienne vie ou changer carrément de cap. L’auteur ne cède pas à la facilité et évite l’écueil du roman sentimental.

L’histoire de cette famille est vraiment prenante et en reprenant ma lecture chaque soir là où je l’avais laissée, j’avais l’impression de me fondre dans une sorte de cocon. L’atmosphère âpre et si particulière de la ferme de Slylark m’a profondément séduite et j’ai été emportée par ce récit de famille poignant.

Avec La Ferme du bout du monde, Sarah Vaughan réussit le pari de nous livrer une histoire forte et émouvante. Elle entraîne le lecteur sur les traces de Maggie à travers une histoire bouleversante.

 

Par la grâce des Sans Noms d’Esther Brassac

 

 

 

Par la grâce des Sans Noms d’Esther Brassac,

Publié aux éditions du Chat Noir,

2015, 476 pages.

 

Mars 1890.
Voilà près de vingt ans que la guerre franco-prussienne est terminée. Le canon hypersyntrophonique utilisé par Napoléon III a assuré une victoire retentissante au goût pourtant amer. Les retombées de l’arme monstrueuse ont causé des millions de morts à la surface de la Terre, détruisant également la faune par une lèpre incurable tandis que la végétation mourait peu à peu. Grâce à l’intelligence des scientifiques autant qu’au pouvoir des enchanteurs, un dôme de trois mille six cents kilomètres carrés a été construit, permettant de sauvegarder une zone du sud-ouest de la France, le Royaume garonnais.
Alors que tout espoir de voir la vie renaître au-delà de la frontière artificielle est perdu, des crimes en série abjects sont perpétrés dans la cité tolossayne. Le préfet charge un fin limier, Oksibure, spectre coincé entre le monde des vivants et celui des morts, de résoudre cette terrible affaire.
Au même moment, Aldebrand loue une maison dans le centre de la cité pour y résider quelques mois avec ses amis : Cropityore, un incube de dix-huit mille ans et Katherine de Clair-Morange, humaine récemment transformée en vampire en raison d’une vieille malédiction. Tous trois désirent créer un album gothique pour le compte d’une prestigieuse maison d’édition. Bien qu’il soit à la recherche de sa jumelle disparue dans d’étranges circonstances, Aldebrand va devoir aider Katherine à assumer les pénibles répercussions de sa métamorphose. Tout au moins, croit-il que ce sont là des problèmes bien suffisants à assumer. Il est loin d’imaginer que la demeure louée va bientôt concrétiser des cauchemars plus terribles encore.

Esther Brassac développe un univers assez particulier auquel j’avais déjà goûté dans La nuit des cœurs froids. Son écriture est dense et elle possède un goût pour le détail. Point d’esprit synthétique ici donc mais une envie de prolonger la vie des personnages et d’apporter un souffle héroïque à son intrigue.

La quatrième de couverture la résume d’ailleurs très bien cette intrigue. Je ne vais donc pas revenir dessus. Les chapitres alternent entre l’enquête d’Oksibure et la tâche artistique d’Aldebrand, Katherine et Cropityore. Vous aurez aussi remarqué le don de trouver des noms compliqués et pas toujours facile à prononcer! Bref, chaque intrigue se noue dans son coin jusqu’au moment où bien sûr elles se rejoignent. C’est peut-être le seul bémol que j’apporterai au roman. Pour faire coïncider ces deux intrigues, le point de jonction m’a paru un peu tiré par les cheveux. L’intrigue s’étale trop à mon goût et les rebondissements s’enchaînent pour ne (presque) jamais finir. A part cela, j’ai véritablement apprécié l’atmosphère du livre.

Les personnages sont coupés du monde à la suite d’une catastrophe causée par un gigantesque canon. Ils vivent sous une bulle. Vampires et loups-garous sont tolérés. Esther Brassac a véritablement le don de développer un univers dans le moindre détail. Ici, la science est devenue la nouvelle religion et le préfet de la ville sait qu’il en va de la survie de la population. Le roman est clairement étiqueté steampunk et c’est assez bien fichu, juste la bonne dose pour faire voyager le lecteur dans un autre monde.

Les personnages sont également bien développés. J’ai particulièrement apprécié Cropityore, qui malgré son nom à coucher dehors, est un personnage truculent. Démon succube, il possède un ego surdimensionné. Il est fan de Baudelaire et joue les poètes incompris. J’ai vraiment adoré ce personnage haut en couleur et finalement très drôle. Oksibure, le spectre-détective m’a aussi beaucoup plu. Il fait équipe avec une petite flamme nommée Piouf-Lune tellement adorable! Et que dire du loup-garou, bouquiniste, qui a peur de tout même de son ombre! C’est vraiment le point fort du roman: les personnages ont tous de l’épaisseur et une personnalité propre.

Il faut du temps devant soi pour se plonger dans ce beau pavé de 476 pages où chaque détail compte. La lecture est dense mais l’intrigue et les personnages très intéressants. Esther Brassac prouve une fois de plus qu’elle possède un réel talent pour entraîner son lecteur dans son univers.

Hunkeler et l’Affaire Livius de Hansjörg Schneider

 

Hunkeler et l’Affaire Livius de Hansjörg Schneider,

Publié aux éditions Le Verger éditeur,

2017, 277 pages.

 

 

 

Le corps d’un homme est découvert le jour de l’an dans un jardin des faubourgs de Bâle, dans un territoire sous juridiction française. Le mort a été abattu, mais a été suspendu à un croc de boucher aux solives de son cabanon de jardin, comme un quartier de viande.

Je remercie Le Verger éditeur pour sa confiance et Camille pour sa gentille attention. Ils m’ont proposé de découvrir la première enquête traduite en français de l’inspecteur Hunkeler, très connu en Allemagne et en Suisse. J’étais curieuse de connaître ce personnage célèbre Outre-Rhin et j’ai été charmée par ma lecture.

Passez votre chemin si vous recherchez du suspense, des course-poursuites et de l’action. Hansjörg Schneider, l’auteur de ce roman policier, prend tout son temps et c’est moins l’intrigue qui compte que la profondeur des personnages et l’atmosphère du livre.

Son inspecteur Hunkeler est d’abord un policier qui n’est ni alcoolique ni dépressif. Il mène sa vie tranquille avec Hedvig, sa compagne, dans une petite ferme alsacienne. On fait appel de temps en temps à lui pour enquêter car le bonhomme sait s’y prendre. Alors qu’il vient de fêter le nouvel an, Hunkeler est appelé car un homme a été retrouvé abattu d’une balle et suspendu à un croc de boucher, dans un jardin communautaire de Bâle. C’est l’occasion pour Hunkeler de mener des interrogatoires, la plupart du temps devant un bon repas. En effet, ici on prend son temps. Au détour d’un indice, Hunkeler déguste un plat typiquement alsacien, s’envoie du bon vin et quelques cigarettes. L’auteur nous fait voir la Suisse côté face avec son lot de misère, ses jalousies mais aussi ses paysages magnifiques. Avec une élégance, il nous décrit cette Suisse et cette Alsace rurale, un peu reculées mais tellement belles. Les hommes sont taiseux, on se méfie de l’étranger et pourtant Hunkeler parvient à mener sa barque. Hunkeler c’est la force tranquille qui connaît bien son sujet.

Avec beaucoup d’humour également, l’auteur montre la rivalité entre la police suisse et française qui se mettent des bâtons dans les roues pour aboutir à des réunions absurdes. L’Alsace est aussi un personnage à part entière. Ni vraiment française ni vraiment allemande, elle porte en elle une identité forte et l’auteur parvient à nous le faire voir avec beaucoup d’intelligence sans jamais tomber dans le cliché. 

C’est aussi l’occasion pour l’auteur de dresser un portrait intéressant de la société bâloise. Hunkeler interroge aussi bien des suisses natifs que des immigrés. Avec douceur et psychologie, il parvient à faire parler les gens. L’auteur immerge son lecteur dans une ambiance de café doucement sur le déclin où l’on côtoie des ouvriers attablés devant des saucisses au foie, de quartiers authentiques où les kebabs s’alignent auprès des saunas. J’ai vraiment eu l’impression de parcourir les rues de Bâle aux côtés d’Hunkeler.

L’intrigue policière m’a plu. Même si elle met du temps à démarrer, j’ai beaucoup aimé son côté historique qui nous fait remonter jusqu’à la seconde guerre mondiale et qui montre qu’une fois de plus la page n’est pas totalement tournée.

Avec Hunkeler et L’affaire Livius, j’ai découvert un roman policier bien construit, aux personnages intéressants et touchants. L’aspect contemplatif du roman plonge le lecteur dans une atmosphère particulière qui donne envie d’aller faire un tour du côté suisse. A savoir que le roman a été adapté en téléfilm.

Le Doute de S.K Tremayne

 

 

Le Doute de S.K Tremayne,

Publié aux éditions Pocket,

2017, 384 pages.

 

 

 

Un an après la mort accidentelle de Lydia, 6 ans, ses parents et sa jumelle Kristie prennent un nouveau départ en s’installant sur une petite île écossaise isolée. Mais l’étrange comportement de Kristie sème bientôt le trouble. Elle demande à se faire appeler Lydia… Qui est-elle vraiment ?

Après avoir lu La Menace, les éditons Presses de le Cité ont eu la délicate attention de m’envoyer le premier roman de S.K Tremayne paru en France chez Pocket. J’ai beaucoup aimé cette lecture qui garde l’esprit de La Menace avec une atmosphère inquiétante et oppressante et une suspens garanti jusqu’au bout!

Dans Le Doute, Sarah et Angus ont eu le malheur de perdre une de leurs jumelles, Lydia, dans un banal accident domestique. Il reste Kirstie, déboussolée depuis la mort de sa sœur, sa moitié, son tout. La famille est au bord de l’éclatement: Angus n’a plus de boulot, tout va mal avec Sarah. Après avoir hérité d’un cottage sur une petite île écossaise, Angus embarque femme et enfant pour tenter de reconstruire ce qui leur reste.

Les choses se compliquent quand Kirstie commence à douter de sa propre personnalité. Elle demande à ses parents de l’appeler Lydia…Et si Angus et Sarah s’étaient trompés? Et si la fillette qu’ils pensaient morte n’est pas la bonne?

Le romancier a le chic pour semer le trouble chez son lecteur et son personnage. Ce roman porte bien son nom car des doutes, il va y en avoir pas mal tout au long du roman. D’abord sur l’identité de la jumelle survivante. Kirstie et Lydia étaient des jumelles monozygotes: rien ne peut les différencier ni physiquement ni génétiquement. Dès le début, Sarah émet des doutes sur la véritable identité de Kirstie. Cette dernière adopte d’ailleurs un étrange comportement. La folie s’empare-t-elle de la fillette qui croit voir le fantôme de sa sœur dans les miroirs?

L’ambiance contribue beaucoup au suspens. Sarah et sa famille vont se retrouver isolés sur une île dans un cottage humide et glacé. Le vent hurle à l’assaut de la maison; les vasières mortelles encerclent ce qu’ils pensaient être leur paradis. Bref, l’atmosphère devient de plus en plus glaçante toute comme l’entente entre Sarah et Angus. Les époux au bord de la rupture commencent par se soupçonner l’un l’autre. Et si la mort de Lydia n’était pas un accident? Quand l’amour devient de la haine, les plus folles théories sur l’autre font surface.

Jusqu’au bout, jusqu’à la dernière page, S.K Tremayne m’a tenu en haleine. Avec Le Doute, il est certain qu’il marquera les esprits pour longtemps.

Swap

Une fois n’est pas coutume, je vous présente aujourd’hui les nombreux cadeaux reçus lors d’un swap avec la talentueuse et imaginative Dormance petit chat grain. La belle, engagée dans le zéro déchet, fourmille d’idées pour tenter de préserver notre planète. Allez faire un tour sur son blog toujours bien rédigé et intéressant. C’est donc dans c’est esprit écolo que l’on a échangé.

Voici le résultat de mon butin:

 

D’abord des petites douceurs avec du sucre vanillé fait maison dans un joli pot en verre décoré et du thé noir (goûté ce matin, un délice).

Ensuite un peu de lecture avec un ouvrage de Pierre Rabhi « La sobriété heureuse », un joli marque-page et des trombones perruches trop mignons!!

 

Des couverts en bois réutilisables pour supprimer définitivement le plastique; de jolis enveloppes façon partition et un pense-bête maison sur les fruits et légumes de saison vraiment top!!

 

Enfin des sacs faits main à glisser dans la valise ou dans le sac à main. J’adore leur couleur et leur format!

Je ne suis pas aussi douée que Dormance pour le fait main mais j’espère qu’elle appréciera mes petites attentions. J’ai en tout cas apprécié ce swap qui n’était pas une course à l’achat et à la consommation! Merci encore pour ce bel échange!

Inséparables d’Elie Darco

 

 

Inséparables d’Elie Darco,

Publié aux éditions Magnard Jeunesse,

2017, 220 pages.

 

 

 

Ballotés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa sœur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles. Mais quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, loin de toute animation, l’ennui les gagne….

Je remercie d’abord Elie Darco et les éditions Magnard jeunesse pour m’avoir fait parvenir ce roman que j’ai énormément apprécié. Estampillé « jeunesse », je pense qu’il plaira aussi aux jeunes adultes et aux adultes tant le style et l’intrigue du roman sont extrêmement travaillés.

Elie Darco m’a d’abord étonnée par son écriture et son style. Loin de simplifier les choses sous prétexte qu’elle s’adresserait à des lecteurs plus jeunes, elle maîtrise parfaitement sa plume. Son écriture est très moderne. Les phrases sont percutantes et pleine de vie. Elle parvient en quelques lignes à instaurer toute une atmosphère: que ce soit par la complicité entre Beryl et Alec ou par l’ambiance inquiétante  de la ville de Morran. Bon point de ce côté-là donc pour moi.

Elle noue ensuite une intrigue très intéressante à tel point qu’elle mène son lecteur par le bout du nez. En effet, l’histoire débute par l’entrée en scène d’Alec et de Beryl. Ils sont frère et sœur, inséparables. Un peu livré à eux-mêmes, ils font les 400 coups. Leurs parents tous les deux militaires travaillent beaucoup. Alec et Beryl ont déménagé plusieurs fois. Ils ont donc l’habitude de se serrer les coudes et d’avancer de front. Très complices, ils s’aiment à la vie à la mort et ont besoin l’un de l’autre pour ne pas succomber à la routine et à l’ennui.

Un jour, ils déménagent une nouvelle fois dans une petite ville: Morran. Elie Darco ne situe pas exactement son intrigue et laisse volontairement les pistes brouillées. Elle décrit une petite ville paumée, grise et sombre, sous la pluie. A Morran tout le monde se connaît. La forêt entoure la ville et la coupe un peu du monde. On comprend aussi que le monde dans lequel Alec et Beryl vivent n’est pas vraiment le nôtre (ou alors il le sera dans quelques temps). L’énergie est économisée. On n’écrit plus sur du papier mais sur des tablettes. L’eau, l’essence sont rationnées. Bref, cela ajoute un sentiment d’oppression.

Alec et Beryl s’ennuient car il n’y a rien à y faire. Et puis un soir, alors qu’ils « jouent » à tirer dans les bois avec une arme, un drame survient.

L’auteur fait monter la pression petit à petit. Elle plante le décor. En lisant ce roman, j’imaginais parfaitement la petite ville de Morran repliée sur elle-même dégoulinante de pluie, assombrie par cette forêt qui la ceinture. L’atmosphère n’est pas des plus amicales et la tension monte de plus en plus jusqu’au soir du drame où les événements vont alors s’enchaîner. On se demande réellement où l’auteur nous entraîne. Elle parvient à semer le doute dans l’esprit de son lecteur. On va de découverte en découverte en se posant énormément de questions. Je ne peux guère vous en dire plus. Sachez seulement que le mystère s’épaissit au fil des pages. On bascule alors dans le thriller: qui a raison? Qui a tort? Le personnage est-il fou? J’ai élaboré des tas d’hypothèses avant de connaître le fin mot de l’histoire. 

Avec Inséparables, Elie Darco mène son lecteur par le bout du nez. L’atmosphère pesante et mystérieuse de la ville de Morran ajoute du suspens au roman. Les personnages vont de découverte en découverte. Jusqu’à la dernière page, l’auteur tient son lecteur en haleine. Une vraie réussite!