Rien ne va plus de Douglas Kennedy

 

 

 

Rien ne va plus dans l’anthologie Des héros ordinaires de Douglas Kennedy,

Publié aux éditions Omnibus,

2015, 400 pages.

 

 

 

 

 

 

En Californie, de nos jours, comme tous les scénaristes d’Hollywood que David Armitage rêve d’être riche . Alors que David désespère de réussir un jour, son agent, Alison Ellroy, que l’un des scénarios qu’il a écrits, vient d’être acheté, par la télévision …

Dernier roman de l’anthologie Des héros ordinaires parue aux éditions Omnibus, Rien ne va plus est un récit qui entraîne le lecteur sur les traces de David Armitage, scénariste raté, qui en attendant son heure de gloire, travaille dans une librairie. C’est sa femme Lucy qui parvient tant bien que mal à faire vivre la famille. Mais un jour, la chance tourne pour David. Un de ses scripts est repéré pour la télévision et David est bien vite consacré comme un des meilleurs scénaristes d’Hollywood.

On suit donc l’ascension de David dans la première partie du roman. Bien entendu, David plaque Lucy pour partir avec une femme beaucoup plus jeune, il achète un magnifique loft, une porsche et se voit courtiser par les plus grands réalisateurs. Bref, après des années de vache maigre, la vie sourit à David et le succès lui monte bien vite à la tête jusqu’au moment où sa vie bascule….

Clairement, j’ai adoré et dévoré ce roman de Douglas Kennedy. L’auteur nous entraîne dans le monde très fermé d’Hollywood. On suit l’ascension et la chute spectaculaire de David Armitage dans un univers sans pitié. La première partie du roman nous emmène dans un tourbillon de luxe et de volupté où rien n’est trop beau pour David. Le point d’orgue se situera sur l’île du milliardaire Philip Fleck où David passera une semaine paradisiaque.

Et puis on se doute que tout est trop beau, trop brillant, trop facile. A Hollywood, les apparences comptent plus que tout et il est tout aussi facile de gravir les échelons que de les dévaler. Douglas Kennedy entraîne alors son personnage dans une spirale infernale qui le traînera plus bas que terre. Le monde de David va s’écrouler tout comme ses belles illusions.

J’ai dévoré ce roman en quelques jours. Kennedy a l’art de captiver son lecteur jusqu’à la dernière page. Le récit a du rythme et on ne s’ennuie à aucun moment! Bref, j’ai passé vraiment un très bon moment de lecture.

Rien ne va plus est le livre idéal pour les vacances: l’ascension et la chute de David Armitage ne vous laisseront pas indifférents!

Terres Rares de Sandro Veronesi

 

 

Terres rares de Sandro Veronesi,

Publié aux éditions Grasset,

2016, 459 pages.

 

 

 

 

 

En l’espace de vingt-quatre heures, un homme perd le contrôle de sa vie : il commet une faute professionnelle, se fait retirer son permis de conduire et égare son téléphone portable. De retour à son bureau, il trouve sa secrétaire en pleurs, la police a tout emporté et son associé a pris la fuite. Pendant ce temps, alors que son monde s’écroule autour de lui, sa compagne le quitte et sa fille part s’installer chez sa tante.
Cet homme, c’est Pietro Paladini, le héros de Chaos calme, soudain pris dans le tourbillon de la vie. Seul, craignant d’être traqué par la police pour des délits dont il ne sait rien, Pietro décide de disparaître à son tour et cherche désespérément à retrouver la vie normale qu’il a perdue ou du moins, qu’il pensait être la sienne…

J’ai gagné ce roman tout à fait par hasard grâce à l’émission de radio Laissez-vous tenter sur RTL en retweetant un de leur post. J’ai donc reçu ce livre dont je ne connaissais ni le thème ni l’auteur. Gagné en mars, je me suis seulement donné le temps de le sortir de ma PAL car je trouvais la couverture franchement moche et le résumé peu alléchant.

J’ai passé outre cette couverture de mauvais goût qui n’a rien à voir avec le sujet et je me suis lancée en m’apercevant que le type qui avait pondu la quatrième de couverture n’avait pas dû dépasser la page 30 du bouquin! Et bien m’en a pris car j’ai adoré ma lecture! Terres Rares est la suite de Chaos calme qui mettait déjà en scène le personnage de Pietro Paladini. Rassurez-vous, vous pouvez lire Terres rares sans avoir lu Chaos calme car l’action se situe dix ans plus tard.

Pietro Paladini est un concessionnaire auto. Il saisit des voitures de luxe impayées pour les revendre. Il s’est associé à un ami Lello et leur petite affaire marche bien. Pietro est veuf et il a une fille de 18 ans, Claudia, avec laquelle le courant ne passe pas toujours très bien. Le frère de Pietro, Carlo, est en cavale à la suite d’une vaste escroquerie. Enfin, notre héros fréquente Diana, une fille un peu paumée dont l’ex drogué la harcèle toujours. Bref, Pietro a une vie somme toute rangée.

Un jour, Lello s’absente pour une soi-disant opération. Pietro doit se charger d’aller récupérer un véhicule saisi chez une très belle jeune femme. Mais les choses vont se compliquer. A son retour (chaotique), Pietro trouve ses bureaux sans-dessus-dessous. La police a tout saisi: dossiers, ordinateurs, portables. Et pire que tout, Pietro comprend bientôt que son associé n’est pas celui qu’il croyait. Voilà notre héros en cavale lui aussi pour le meilleur et surtout pour le pire…

Terres rares est un roman dans lequel on ne s’ennuie pas. Pietro est un personnage auquel il va arriver des tas d’histoires. C’est le genre de type qui n’a pas de chance mais qui réussit quand même à retomber sur ses pattes. Il a un côté très attachant même et je ne sais toujours pas si je me le mets du côté des loosers ou pas. Finalement c’est un homme honnête qui veut faire les choses bien mais qui se rend compte qu’autour de lui les gens ne sont pas aussi clairs que lui. Il se débat, souvent de manière pathétique, dans une histoire complètement insensée. Les situations sont parfois loufoques et j’ai bien ri en voyant notre héros tenter de survivre tant bien que mal.

L’Italie est le second personnage du roman et aucun doute qu’à la lecture, vous aurez envie d’y aller. Veronesi peint une Italie accueillante, chaleureuse mais aussi corrompue et étriquée. Il nous balade à travers Rome et ses quartiers miséreux ou encore à Milan. Au détour d’une page, on quête une recette de salades de tomates ou de pâtes, on déguste avec le narrateur un vin italien, on se rafraîchit à la San Pellegrino.

A travers sa cavale, Pietro va réaliser certaines choses et devenir enfin un homme qui assume ses erreurs dans toute son intégrité. Sandro Veronesi réussit un roman brillant, enlevé et enjoué qui vous fera voyager.

Va et Poste une sentinelle de Harper Lee

 

 

Va et poste une sentinelle d’Harper Lee,

Publié aux éditions Grasset,

2015, 336 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Louise Finch, dite « Scout », l’inoubliable héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, est de retour dans sa petite ville natale de l’Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père Atticus. Vingt ans ont passé. Nous sommes au milieu des années 1950, à l’aube de la déségrégation, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle s’est éloignée en partant s’établir à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit et voir vaciller toutes les fondations de son existence, politiques, sociales et familiales.
Va et poste une sentinelle est le deuxième roman de Harper Lee, mais fut écrit avant le mythique Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, qui reçut le Prix Pulitzer en 1961. Dernier volet de ce qui devait être au départ une trilogie romanesque dont l’Oiseau moqueur aurait été le premier tome, ce roman inédit marque le retour, après soixante-cinq ans de silence, de l’un des plus grands auteurs américains du siècle.

Il y a quelques années, j’avais lu et adoré Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur, chef-d’œuvre de la littérature américaine. Une bonne fée, m’a offert la suite à Noël et autant dire que j’ai passé un excellent moment.

L’histoire prend place vingt ans après le premier roman. Jean-Louise dite « Scout » a bien grandi. Elle vit et étudie à New-York. Elle décide de rentrer une quinzaine de jours dans sa famille, en Alabama. Là-bas, elle retrouve son cher père et modèle Atticus, sa tante casse-pied Alexandra et son prétendant Henry dit « Hank ». Les retrouvailles se passent à merveille et Scout, au gré des jours, se souvient d’épisodes plus ou moins marquants de sa jeunesse. En point de mire, elle s’interroge quand même sur son possible mariage avec Hank qu’Atticus considère comme son fils. Mais un jour, Scout tombe sur une brochure anti-noirs chez son père. Elle comprend que beaucoup de choses ont changé et qu’elle va devoir s’affirmer.

Harper Lee ne m’a pas une seule fois déçue avec ce roman. J’ai d’abord adoré retrouver le personnage de Scout tellement attachant. C’est une jeune femme surprenante qui s’affirme et qui a des idées sur tout. Elle sort du lot dans sa petite ville natale. Là où toutes ses anciennes « amies » se sont mariées et se complaisent dans une existence morne, Scout a vécu. Elle étudie à New-York et ses études lui ont fait une tête bien pleine mais bien faite! C’est un plaisir de la voir juger ses contemporaines et de la voir si indépendante d’esprit et de corps! Ses réparties font mouche et j’ai vraiment adoré ce petit bout de femme qui affirme son caractère dans ses années 50 américaines.

Scout, à travers différentes anecdotes, nous fait revivre également ses souvenirs de gamine du temps où Jem, son frère, était encore en vie. J’ai adoré ces moments où elle évoque ses souvenirs d’enfant que ce soit lorsqu’elle jouait près de l’étang ou encore quand elle raconte son bal de promo pendant lequel elle perd son rembourrage de soutien-gorge!

Harper Lee décrit avec finesse la vie au milieu des années 50 dans cette petite ville perdue d’Alabama. Scout apparaît à la fois comme une habituée mais aussi une étrangère à la ville, elle qui vit si loin et qui s’est forgée de nouvelles idées. Mais le roman prend une dimension plus profonde alors que Scout se pose des questions sur sa vie sentimentale: elle va faire une découverte qui va bouleverser son existence et remettre en cause tout ce à quoi elle croyait jusque là!

Avec Va et Poste une sentinelle, Harper Lee fait naître la conscience de Scout. Ce roman est en réalité un roman d’apprentissage dans lequel Scout va devoir faire des choix. En toile de fond, Harper Lee développe l’épisode de la déségrégation des USA. Au Nord, les choses se sont fait plus rapidement, alors qu’au Sud, les États revendiquent encore la faiblesse de l’homme noir par rapport à l’homme blanc. Certains propos tenus par les personnages sont durs voire choquants mais hélas, bien réels pour l’époque. Pour Scout, c’est une désillusion. Elle va quitter définitivement le monde de l’enfance pour entrer dans celui des adultes. Scout découvre que dans sa ville (presque) rien n’a changé! Les Noirs sont toujours considérés comme des voleurs ou des fainéants. Scout va devoir abandonner son innocence et s’affirmer une nouvelle fois. Elle doit tuer l’enfant qui est en elle pour évoluer et grandir enfin!

Avec Va et poste une sentinelle, Harper Lee signe un grand roman d’apprentissage. A lire absolument!

 

La Nuit des cœurs froids d’Esther Brassac

 

 

 

La Nuit des cœurs froids d’Esther Brassac,

Publié aux éditions du Chat noir,

2014, 429 pages.

 

 

 

 

 

 

Harald était un vampire psychique heureux jusqu’à ce qu’une pénurie énergétique frappe les cadavres dont il se nourrit, mettant sa santé en péril. Très vite, il constate que ces dépouilles ont des organes aberrants et le mystère s’épaissit encore lorsque ses homologues buveurs de sang tentent, sans raison apparente, de stopper ses recherches. Avec l’aide d’amis, Harald découvre qu’il n’est pas seul victime de phénomènes pour le moins étranges : au même moment, Glasgow subit une vague affolante de suicides et voit l’apparition d’humains mutants. Tous ces événements ont-ils seulement un lien entre eux ? Nicolas Flamel, devenu immortel grâce à la pierre philosophale, observe, conscient de leur gravité. Il décide alors de réunir une équipe pour enrayer cette menace qui se profile à l’horizon.
Mais les enjeux sont-ils aussi évidents qu’ils le croient ? Bien des surprises les attendent…

La Nuit des cœurs froids traînait dans ma PAL depuis un petit moment déjà et je me suis enfin décidé à le lire. J’ai passé un excellent moment de lecture même si ce roman n’est pas un coup de cœur pour moi.

Esther Brassac a déjà une très grande qualité: elle écrit vraiment bien et c’est important de le souligner dans un monde de l’édition qui publie parfois un peu tout et n’importe quoi. Elle a un style parfois désuet, que j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié. Elle ne cède pas à la facilité et écrit de la bonne fantasy.

Ensuite elle a su créer un monde, un univers dans lequel j’ai eu plaisir à m’immerger. Ses personnages prennent place dans un univers où le steampunk le dispute à la fantasy la plus pure avec son lot de loups-garous, vampires, goules et autres bestioles délicieuses. Et ça marche vraiment bien. Son petit monde m’a fait un peu penser à celui de Harry Potter dans lequel humains et bizarreries se côtoient tout à fait normalement. Ainsi on trouve des scientimagistères, des bureaux aux noms tous plus étranges les uns que les autres. La police fait équipe avec des lycans, Les châteaux sont magiques et les goules sont reporters!

Enfin, Esther Brassac développe des personnages loufoques auxquels je me suis attachée. Il y a d’abord Harald le vampire romantique et solitaire qui préfère se nourrir des âmes des morts plutôt que du sang des vivants; Pétunia la goule aux robes à pois qui utilise un langage à la fois châtié et délicieusement désuet; Irvine le policier, collectionneur honteux de papillons, moustachu et soupe au lait ou encore Nicolas Flamel, malicieux et facétieux, tels qu’on se l’imagine. Bref, cette galerie de personnages est un vrai régal et j’ai plusieurs fois ri à la lecture de dialogues bien sentis ou de situations cocasses.

Concernant l’intrigue, l’auteur imagine que du jour au lendemain, les suicides se multiplient sans raison. Une mystérieuse force pousse les gens à en finir tandis qu’Harald, de son côté, constate que les organes des cadavres se changent en métal après plusieurs jours d’inhumation. Et si tout était lié? Antoine, un touriste venu passer ses vacances en Écosse, va devenir enquêteur malgré lui aux côté d’un vampire psychique et d’un flic à bout!

L’auteur prend le temps pour développer son intrigue. Elle place tous ses éléments à commencer par ses personnages qui auront tous un rôle crucial dans l’affaire. Si le début du roman m’a enjouée, j’ai trouvé la fin un peu longue et embrouillée et je n’ai pas tout compris au dénouement. Cependant, j’ai adoré suivre les aventures des personnages et les rebondissements sont nombreux. Il n’y a aucun temps mort dans le récit.

Avec La Nuit des cœurs froids, Esther Brassac signe un roman enlevé et loufoque. A découvrir!

Cœurs Hybrides d’Anna Combelles

 

 

Cœurs Hybrides d’Anna Combelles,

Publié aux éditions Sudarènes,

2014, 195 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Au XIXe siècle, dans un monde où les dirigeables ont conquis le ciel et où les robes à dentelles frémissent dans tout Paris, les femmes sont pourtant considérées comme des êtres inférieurs. Rebelle, Jade, issue de la lignée des « Charismas » aux dons extraordinaires, décide alors de fuir la capitale, ravagée par une guerre fratricide entre sangs purs et hybrides.
À des milliers de kilomètres de là, Ethan parti chercher l’oubli, rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie.
Les destins de Jade et Ethan se trouveront liés d’une étrange façon.

C’est lors d’une rencontre entre auteurs et blogueurs que j’ai pu rencontrer la charmante Anna Combelles qui m’a très gentiment dédicacé son roman. Cœurs Hybrides est une romance qui se déroule dans un 19ème siècle steampunk. Si au départ je ne lis très peu, si ce n’est pour dire pas du tout, de la romance, j’ai bien apprécié ma lecture.

L’intrigue débute sur la côte canadienne, dans une pension de famille. Ethan s’y est réfugié pour fuir son passé. Il arpente les falaises escarpées et se laisse envahir par la mélancolie la plus douce. Dans la même pension réside Jason alias Jade. Jade est en fait un charisma qui peut prendre l’apparence de la personne qu’elle souhaite. Elle aussi fuit son passé. Ethan et Jason commence par nouer une sincère amitié qui évolue bien vite. Quand Ethan rentre précipitamment chez lui, il laisse Jason/Jade très attristé….

L’intrigue mise en place par l’auteur joue beaucoup sur la dualité entre les personnages et leur préjugés. Ethan pense s’être amouraché d’un autre homme et remet en cause sa sexualité; quant à Jade, elle est, elle aussi, tombée amoureuse d’un homme qu’elle ne peut posséder. En effet, derrière la romance, l’auteur rejoue une sorte de Roméo et Juliette. Les deux personnages ne peuvent s’aimer à cause de leur passé torturé et de leur condition.

Subtilement, l’auteur tisse en toile de fond un monde dans lequel les humains côtoient des métamorphes, des vampires et des lycans qui ne peuvent se mélanger à cause de lois archaïques et dépassées. C’est peut-être ce qui m’a le plus déroutée au départ car l’arrière-plan du roman ne peut se comprendre qu’à sa toute fin. Tout au long du récit, on saisit quelques bribes sur la guerre entre les « hybrides » et les « purs« . C’est là où j’ai eu un peu de mal dans le sens où j’aurais aimé en savoir plus tout de suite. Le lecteur n’a qu’une vision éparpillée des événements qu’il reconstitue une fois la lecture achevée.

L’histoire d’amour entre les deux personnages est toutefois empruntes de sensualité et de jeu de séduction. L’auteur décrit avec une plume fine, parfois désuète, mais très travaillée. J’ai absolument adoré ce style qui prouve que la romance peut être très bien écrite. Les non-dits, les jeux de mots sont nombreux et rendent le texte très intéressant.

Enfin, l’ambiance steampunk du roman, s’il est discret, ancre parfaitement le récit dans un Paris sublimé et fantasmé avec son lot de dirigeables et de mécanismes en tout genre. C’est assez bien trouvé et très subtil. J’ai aussi aimé les descriptions des appartements parisiens qui montrent que l’auteur a un goût prononcé pour les univers cosy où les livres et les tasses de thé s’entassent dans tous les coins!

Cœurs Hybrides est une romance qui m’a séduite! L’univers développé par l’auteur est subtil. Les personnages sortent de l’ordinaire et ne vous laisseront pas indifférents.

Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent Del Socorro

 

Royaume de vent et de colères par Jean-Laurent Del Socorro,

Publié aux éditions Actu SF,

2015, 288 pages.

 

 

 

 

1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

C’est au mois d’octobre dernier que j’ai rencontré Jean-Laurent Del Socorro au salon du livre imaginaire de Fuveau. Nous avions beaucoup discuté de son premier roman ayant pour toile de fond historique Marseille et les guerres de religion. J’avais repéré ce titre des éditions Actu SF sur Internet et les critiques que j’avais lu étaient fort élogieuses. C’est donc une bonne pioche pour moi avec cette lecture qui m’a embarquée dès les premières pages.

En effet, Jean-Laurent Del Socorro nous offre ici un premier roman brillant, parfaitement maîtrisé et abouti qui emporte son lecteur dès le premier chapitre, c’est dire! Cette gageure revient au fait d’avoir écrit des chapitres très courts qui alternent entre les différents points de vue des personnages. Ainsi le lecteur a une vue d’ensemble de la situation avec des personnages forts et tous très intéressants. En lisant ces chapitres on s’attache très vite à Victoire, cette vieille femme à la tête d’une guilde redoutable mais aussi Axelle, ancienne mercenaire ou encore Silas, soldat turc à la répartie cinglante. L’auteur nous peint des personnages profonds, torturés qui recèlent tous une part de mystère. Grâce aux chapitres, on en apprend beaucoup sur leur passé et c’est littéralement passionnant.

L’ambiance du roman y est aussi pour beaucoup. L’intrigue se déroule à Marseille alors que les guerres de religion font rage en France. L’auteur laisse déambuler ses personnages dans les ruelles sombres et foisonnantes de vie du panier ou encore du vieux port. Le vent est un élément très important. En effet, le mistral qui souffle sur Marseille est un élément à part entière qui prend une dimension mythique apportant bonnes ou mauvaises nouvelles.

Enfin, l’intrigue est passionnante elle aussi. L’auteur a pris comme toile de fond le massacre des protestants par les catholiques. Henri IV tente d’imposer sa royauté tandis que Marseille résiste. Dans l’ombre, une guilde étrange tue et frappe selon le bon vouloir du noble qui paiera le plus. Les intrigues politiques sont bien menées et ne viennent pas gâcher le plaisir du lecteur qui découvre surtout avec délice les intrigues personnelles des personnages. L’auteur a ajouté aussi une pointe de magie qui vient ajouter à l’ensemble un effet mystérieux et qui apporte beaucoup au roman.

Vous l’aurez compris, Royaume de vent et de colères est un sans faute pour moi! J’ai adoré l’ambiance du roman mais surtout les personnages dépeints par l’auteur. Un vrai moment de grâce livresque!

Le Roi sombre d’Oren Miller

 

 

Le Roi sombre d’Oren Miller,

Publié aux éditions de L’Homme sans nom,

2015, 381 pages.

 

 

 

 

 

 

 

« Maintenant, il faut souhaiter qu’il meure vite. »
Mais les souhaits, par pur esprit de contradiction, se réalisent rarement et Ed ne meurt pas. Condamné à l’isolement à vie dans la pire des prisons spatiales pour un crime qu’il n’a pas commis, le jeune homme agonise lentement et avec beaucoup d’application.
Alors que débute sa vingt et unième année d’incarcération, une chose tout à fait improbable et imprévue se produit : Ed s’évade du seul endroit dont on ne s’évade pas. Pour une seule raison. Pour une seule destinée. La vengeance.
Cependant, il est un fait incontestable qu’aucune entreprise de haine, ou d’amour, ne se déroule jamais comme on le désire. Une espèce de grain de sable vient toujours enrailler les machinations les plus complexes, surtout quand elle est semée par des créatures plus insolites les unes que les autres.

Attention coup de cœur assumé! J’ai réitéré avec un titre des éditions de L’Homme sans nom mais surtout d’Oren Miller dont j’avais déjà lu le superbement bien écrit J’agonise fort bien, merci!

Avec Le Roi Sombre, je persiste et signe en affirmant qu’Oren Miller possède une plume aiguisée et bien fournie. L’auteur nous propose, ni plus ni moins, une nouvelle version du Comte de Monte Cristo à la sauce Space Opera. En effet, dans ce roman, le lecteur suit les aventures de Ed. A la suite d’une erreur, Ed est accusé de terrorisme. Il est alors envoyé à IF, initiales d’une prison dont on ne revient jamais.

Ed y fait la connaissance d’une entité étrange qui va l’aider à s’évader. Ed devient alors Hisham et n’aura de cesse de vouloir se venger de ceux qui ont causé sa perte.

J’ai adoré cette version futuriste qui se déroule dans la galaxie. L’auteur a su habilement jouer avec les codes en plaçant son intrigue sur Ixion, station stellaire, régie par une caste d’aristocrates aux noms étrangement romains: Nérion, Messaline ou encore Claudia sont des personnages qui font bien sûr écho à leurs illustres prédécesseurs. Les pirates interstellaires sont aussi légions et c’est en s’alliant à l’un d’eux que Hisham-Ed réussira à accomplir sa vengeance.

Oren Miller ne se complaît pas dans la facilité. Certains passages sont assez obscurs lorsqu’il y explique notamment le fonctionnement juridique de la station Ixion mais cela apporte plus de profondeur au roman. Son style est addictif et comme dans son autre roman déjà lu et chroniqué sur le blog, l’auteur aime tailler ses dialogues au cordeau. Même si je les trouve moins aboutis, j’ai adoré les échanges entre le pirate Jatalan et Hisham, plein de verve et de vivacité.

J’ai bien sûr adoré le personnage principal d’Hisham qui renonce à tout pour assouvir sa vengeance. Cette soif de vengeance est le fil conducteur de l’intrigue et on suit avec délices la mise en place des pièges par Hisham. Sa personnalité est attachante et évolue au fil du roman. C’est un personnage meurtri, empli d’une vengeance sanglante, cependant au fil de sa quête, il va devoir faire des choix et se rendre compte que la vengeance n’est pas la seule solution.

Le personnage secondaire c’est aussi l’univers créé et décrit par l’auteur. Il nous plonge au cœur d’un monde dans lequel les hommes auraient créé des stations stellaires. C’est vraiment passionnant d’imaginer toutes ces machines, ces vaisseaux spatiaux et ces villes gigantesques dans lesquels vivent les humains. J’ai eu souvent en tête le film de Luc Besson Le Cinquième élément pour m’imaginer les êtres vivants et l’architecture de ces mondes plongés au cœur des galaxies.

Avec Le Roi sombre, Oren Miller revisite le Comte de Monte Cristo et c’est vraiment réussi. Ce one-shot sort des sentiers battus et donne envie de découvrir ou redécouvrir le classique d’Alexandre Dumas.