Nul si découvert de Valérian Guillaume

 

 

 

Nul si découvert de Valérian Guillaume,

Publié aux éditions de L’Olivier,

2020, 127 pages.

 

Il salive devant les produits alignés sur les rayons du supermarché. Il prie pour être le gagnant d’un jeu-concours organisé par une marque de nourriture mexicaine. Il adore lorsque les vigiles le palpent à l’entrée du magasin. Il se jette sur les distributeurs de friandises, les buffets en libre-service et les stands de dégustation.
Qui est-il, ce garçon qui sue à grosses gouttes et qui rit même quand on se moque cruellement de lui ? Pourquoi cherche-t-il la chaleur humaine dans les allées du centre commercial ?
Depuis qu’il va à la piscine, sa vie a trouvé un sens : Leslie est à l’accueil. C’est un ange, une fée. Elle occupe ses pensées, le rend fou d’amour. Mais pour la conquérir, il lui faudra lutter contre le démon qui s’empare de lui dans les pires moments.

Dans ce très court roman, le lecteur suit une narration et un narrateur bien étranges. La narration d’abord est originale. Tout au long du livre, le lecteur lit une seule et immense phrase. Pas de ponctuation ici si ce n’est ces sauts de ligne de temps à autre comme une respiration. C’est au lecteur de faire le phrasé, le découpage. Autre originalité, nous suivons un seul et unique narrateur. Dans ce long monologue intérieur, nous voyons à travers ses yeux innocents la société telle que nous la consommons.

Il y a ensuite ce narrateur bien étrange. Pas de nom, seulement ses pensées parfois décousues, souvent poétiques. Ce n’est jamais énoncé à voix haute mais ce narrateur est un peu simplet, c’est un innocent, le ravi de la crèche. Il a un cœur en or, des pensées souvent enfantines, des rituels comme faire le tour des boutiques du centre commercial, tous les jours. Il contemple les bijoux chez Claire’s, touche les carreaux de plastique chez Leroy Merlin, se contente des seules caresses qu’on veut bien lui accorder: la fouille des vigiles.

Et puis il y a la rencontre avec Leslie, la caissière de la piscine qui ravit le cœur du narrateur. Leslie, sirène échouée au milieu de cette zone commerciale lugubre et sans âme…

A travers ce roman, Valérian Guillaume dresse le portrait d’un homme simple, qui nous fait voir avec ses yeux d’enfant trop vite grandi les perversions de la société. J’ai beaucoup ri lorsque le narrateur décrit les caddies remplis des consommateurs, les gondoles qui l’émerveillent, faites pour appâter le chaland, consommer toujours plus, toujours plus…Le roman frôle parfois l’absurdité pour montrer les dérives de la consommation à outrance. C’est aussi un récit bien émouvant. Notre personnage ne se rend pas compte de son handicap alors il prend les brimades et les moqueries des autres pour de l’amitié. C’est cette innocence qui met en relief la cruauté des autres et du monde.

Certes, « Nul si découvert » est un roman spécial, sans véritable intrigue mais la plume de l’auteur vaut vraiment le coup d’œil. Un roman OVNI qui happe finalement le lecteur jusqu’à la dernière page. A découvrir.

Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez

 

 

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez,

Publié aux éditions Fleuve noir,

2019, 529 pages.

Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme qui conduisait n’était pas le propriétaire du véhicule et encore moins le coupable.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d’un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu’il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l’horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille. Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d’une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.

Je continue le #Challengedespavés avec ce thriller découvert par hasard en boîte à livres. On peut dire que j’ai dévoré ce pavé et pour une première rencontre avec l’auteur, c’est plutôt une réussite.

Franck Thilliez nous propose dès le départ un roman original et vertigineux. Ce qu’on s’apprête à lire n’est pas le roman de l’auteur mais le roman de Caleb Traskman, terminé par son fils. Dans le prologue, le fils de Caleb nous explique qu’il a du achever le roman de son père, Caleb, célèbre romancier. On va donc bien lire un manuscrit inachevé, enfin tout du moins complété par un personnage de papier. Franck Thilliez propose donc ici une mise en abyme, un roman dans le roman, qu’il triple puisque le roman du fictif Caleb Traskman, met en scène lui aussi une romancière Léane Morgan. C’est vertigineux comme sensation: un roman dans le roman dans le roman…

Cette sensation de vertige, le lecteur la ressent tout au long du livre. Franck Thilliez joue sur les effets de double, de miroir, les palindromes. Tout se reflète. C’est un roman brillant qui joue avec le lecteur, avec ses références culturelles et littéraires.

Concernant l’intrigue, on suit d’un côté Léane Morgan, brillante romancière à suspens qui vit éloignée de son mari depuis quatre ans. Leur fille Sarah a été enlevée par Andy Jeanson, un tueur en série, et son corps n’a jamais été retrouvé. Malgré tout, le mari de Léane s’accroche et cherche toujours…

Parallèlement, l’inspecteur Vic, de la brigade de Grenoble, enquête sur un accident. Après une course-poursuite avec la douane, un jeune homme finit sa course dans le décor. Il avait volé une voiture dans le coffre de laquelle, les enquêteurs retrouvent un corps mutilé. A qui appartient ce corps défiguré? Qui a commis ce crime sordide?

Les enquêtes sont vraiment prenantes et passionnantes. J’ai trouvé que l’auteur menait bien son intrigue. Il n’y a aucun temps mort. Tout est parfaitement ajusté, calculé. C’est un ouvrage qu’il est difficile de lâcher. Les personnages sont très bien campés et ne souffrent d’aucune faiblesse de caractère. On est dans une enquête qui patine, qui recule, qui avance par à coups. C’est rudement bien mené. Même si la fin peut sembler un peu convenue, j’ai été happée par ce livre. L’auteur nous mène par le bout du nez et il faudra être un bon élève pour avoir le fin mot de l’histoire. Manipulations, mensonges, jeu sur la mémoire, Franck Thilliez ne nous épargne rien et joue avec nos nerfs.

Avec « Le manuscrit inachevé », Franck Thilliez nous offre un roman sombre bien mené qui donne le vertige.

 

 

Un livre de Martyrs américains de Joyce Carol Oates

 

 

Un livre de martyrs américains de Joyce Carol Oates,

Publié aux éditions Philippe Rey,

869 pages, 2019.

2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d’une petite ville de l’Ohio et, se sentant investi de la mission de soldat de Dieu, tire à bout portant sur le Dr Augustus Voorhees, l’un des « médecins avorteurs » du centre.
 Luther Dunphy est à la fois un père rongé par la culpabilité car responsable de l’accident qui a causé la mort d’une de ses filles, et un mari démuni face à la dépression de sa femme. Pour ne pas sombrer, il se raccroche à son église où il fait la rencontre décisive du professeur Wohlman, activiste anti-avortement chez qui il croit entendre la voix de Dieu. Comme un sens enfin donné à sa vie, il se sent lui aussi chargé de défendre les enfants à naître, peu importe le prix à payer.
Dans un camp comme dans l’autre, chacun est convaincu du bien-fondé de ses actions. Mené par des idéaux humanistes, Augustus Voorhees, le docteur assassiné, a consacré sa vie entière à la défense du droit des femmes à disposer de leur corps. Les morts de Luther et d’Augustus laissent derrière eux femmes et enfants, en première ligne du virulent débat américain sur l’avortement.

J’avais peur de m’attaquer au dernier roman de Joyce Carol Oates. Elle peut avoir un style déroutant et elle aborde toujours des problématiques fortes et marquantes. Que ne l’ai-je lu avant? Ce roman est un coup de cœur total. Joyce Carol Oates frappe fort une nouvelle fois avec un livre poignant et tellement bien mené.

Dans l’Ohio, Gus Voorhees est médecin dans un centre pour femmes. Il pratique des avortements. Le centre est protégé par des policiers car des manifestants pro-vie brandissent leurs pancartes quotidiennement, menaçant femmes et personnels. Luther Dunphy, charpentier, fait partie de ces manifestants. Très pieux, il manifeste chaque matin. Un jour, il brandit un fusil et abat le docteur Voorhees. Luther est enfermé et jugé. Il sera condamné à la peine de mort

Joyce Carol Oates s’attaque dans ce roman à deux sujets typiquement américain: le droit à l’avortement et la peine de mort. Son roman est découpé de telle sorte qu’on suit des chapitres alternant la vie de Luther et celle du Docteur Voorhees et plus tard la vie de Dawn Dunphy et celle de Naomi Voohrees, filles des principaux personnages.

Cette façon de procéder permet à l’auteur de nous présenter les protagonistes de l’intrigue et leurs motivations sans jamais juger. Il y a d’abord Luther. Dans le déni total, il ne voit pas la dépression de sa femme, il ne parvient pas à affronter ses démons intérieurs liés à la mort de Daphne, leur petite fille. Il se réfugie alors dans la religion. Il trouve du réconfort auprès de son église et semble communiquer directement avec Jésus. Luther incarne l’Amérique des travailleurs pauvres, peu éduqués, cette classe sociale négligée souvent récupérée par les extrémistes qu’ils soient religieux ou politiques.

De l’autre côté on suit Gus Voorhees, médecin progressiste et féministe qui assiste toutes ces femmes qui souhaitent avorter. Gus est un médecin particulièrement investi qui fait souvent passer son travail avant sa famille, qui ose défier les pro-vie et les provoque parfois à travers ses déclarations dans les journaux. Là encore, Gus incarne une partie de l’Amérique: les professions intellectuelles supérieures, athées et progressistes.

Les événements s’enchaînent très rapidement. Gus est abattu, Luther est condamné à la peine de mort. La population en fait des martyrs. Martyr religieux pour Luther qui a sauvé des centaines de vies en tuant Gus. Joyce Carol Oates nous fait basculer dans un monde totalement fanatique. La misère sociale et affective de Luther permet d’expliquer son fanatisme total pour une cause qu’il pense être juste. Là où l’auteure est juste, c’est qu’elle parvient à instiller à son lecteur de la compassion pour cet homme qui a commis l’innommable. De l’autre côté, il y a Gus, lui aussi martyr de la société: un homme bon et juste, mort alors qu’il faisait son devoir. Mais là encore, l’auteur nous peint un personnage gris, en demi-teinte.

Et puis, il y a la suite du roman qui s’ouvre sur les filles de Luther et de Naomi, l’explosion de deux familles à la mort des pères, le poids des regards quel que soit le camp dans lequel on se trouve. C’est tout simplement brillamment traité. Chaque personnage est convaincu du bien-fondé de ses actions, de sa pensée. L’auteur ne porte jamais de jugement. Seules les générations futures se permettent de douter, de comprendre l’autre.

La plume de Joyce Carol Oates mène son lecteur par le bout du nez. Elle nous livre ici une histoire captivante, passionnante et surtout fascinante. La deuxième partie du roman m’a le plus plu car elle confronte les enfants, ceux qui restent après la bataille. On referme livre bouleversé, sur une ultime image qui m’aura mise K.O.

Avec « Un Livre de martyrs américains », Joyce Carol Oates nous offre un roman fort et éprouvant, magnifique et salvateur. Une véritable autopsie de la société américaine brillamment menée !

Chevauche-Brumes, Tome 2: Les Flots sombres de Thibaud Latil-Nicolas

 

 

Chevauche-Brumes, Tome 2: Les Flots sombres de Thibaud Latil-Nicolas,

Publié aux éditions Mnemos,

2020, 346 pages.

Les Chevauche-Brumes ont quitté les légions royales du Bleu-Royaume pour traquer les créatures maléfiques issues du brouillard noir. Ces dernières sont désormais dispersées aux quatre coins du monde où elles attaquent les populations civiles sans défense.

J’avais adoré le premier tome de Chevauche-Brumes. Souvenez-vous, dans un royaume lointain, des légionnaires sont appelés en renfort pour combattre des créatures maléfiques et terribles, naissant de la brume et détruisant tout sur leur passage. L’univers est original, passionnant et bien construit.

Avec ce deuxième tome, Thibaud Latil-Nicolas, confirme son talent et nous montre qu’il a plus d’un tour dans son sac. Les Chevauche-Brumes, après avoir essuyé une première vague d’attaques terribles et sanglantes, sont parvenus à défendre Crevet, une place forte stratégique. Pensant avoir échappée au pire, la troupe de légionnaires rentre faire son rapport au Roy du Bleu-Royaume mais sur la route ils se font de nouveau attaquer par des créatures tout aussi agressives. Le Mal semble s’être propagé bien loin à l’intérieur des terres. Parallèlement, sur la mer, des marins sont eux aussi attaqués par une créature gigantesque et terrifiante….

Ce second tome s’est révélé tout aussi bon que le premier. L’univers est bien installé et l’auteur se permet de creuser un peu plus les liens qui unissent les personnages, pour le plus grand plaisir du lecteur. Pour moi, c’est un tome qui contient moins d’actions mais qui laissent plus de place aux intrigues politiques et religieuses, ainsi qu’aux complots. C’est tout aussi intéressant. J’ai aimé ce choix pris par l’auteur. Il ne se contente pas de nous narrer des combats et des épreuves mais il veut emmener ses personnages plus loin et complexifier la narration.

J’ai adoré une fois de plus la galerie de personnages. Ils sont tous attachants que ce soit les doryactes (sortes d’amazones) ou les légionnaires qui composent cette drôle de troupe. Les dialogues sont savoureux et soulignent le caractère authentique de chaque personnage. C’est parfois même très drôle et jouissif de voir ces grands gaillards s’invectiver sur un ton amical et fraternel. C’est vraiment le point fort du livre pour moi. Impossible de ne pas s’attacher à ces personnages hauts en couleur qui donnent tout le sel au roman! Mention spéciale aux personnages féminins présents en force qui apportent de la fraîcheur.

Côté intrigue, l’action se déroule sur terre et sur mer. De manière plutôt astucieuse, l’auteur parvient à faire embarquer sa troupe sur un galion. Les scènes de bataille sont plutôt réussies et efficaces.

Enfin le style de l’auteur est toujours aussi impeccable: à la fois exigeant et accessible. C’est bien écrit, sans fioriture. La gouaille des personnages est un vrai régal. J’ai une fois de plus apprécié lire de la fantasy bien écrite sans que l’auteur ne fasse de concession au niveau du style!

Ce tome 2 des « Chevauche-Brumes » est une vraie réussite. Thibaud Latil-Nicolas confirme ici son talent de romancier en nous livrant un tome rondement mené. J’attends la suite avec impatience.

Les Mystères du Trône de Fer: Les mots sont du vent de Thierry Soulard

 

 

Les Mystères du Trône de Fer: Les Mots sont du vent de Thierry Soulard,

Publié aux éditions Pygmalion,

2019, 320 pages.

« Les mots sont du vent »
C’est une phrase qui peu à peu s’installe entre les pages de la saga de George R.R. Martin, Le Trône de Fer. On la retrouve aussi bien dans la bouche de Tyrion Lannister que de Daenerys Targaryen ou de Jon Snow, dans des contextes très différents. Mais sous la plume de George R.R. Martin, cette expression devient indice. Les mots sont du vent, c’est le rappel que les mots sont magiques, car polysémiques. Chargés de sens, mais de sens multiples et changeants.
Avant d’être un monde de dragons, de complots et de trahisons, l’univers de Trône de Fer est un monde de mots. Décrypter ces mots, et les multiples indices littéraires laissés par George R.R. Martin, permet de mieux comprendre les intrigues du livre et la portée de l’œuvre.

« Les mots sont du vent ». Cette phrase revient bien souvent dans l’œuvre de George R.R Martin. Est-ce à dire que les mots ne sont que des paroles fugitives? Qu’on peut leur faire dire ce que l’on veut? Partant de cette phrase qui revient comme un leitmotiv, Thierry Soulard se propose de revenir sur des mots emblématiques qui jalonnent Le Trône de Fer.

Cet essai est une réflexion sur l’emploi des mots, sur les procédés littéraires qui émaillent la saga. Thierry Soulard revient d’abord sur la polysémie de certains termes: la main par exemple ou encore le mouton. Il s’appuie ensuite sur les couleurs, les symboles qui représentent les personnages, les maisons. Il s’avance en enquêtant sur les fameux fils de la Harpie et sur cette Harpie. Qui sont-ils? Qui est-elle?

En revenant sur le sens des mots, l’auteur fournit une analyse très intéressante, jamais pédante du Trône de Fer. J’ai dévoré cet opus. J’ai trouvé les théories de l’auteur très instructives et innovantes. Certains passages sont captivants comme lorsqu’il enquête sur la Harpie en apportant des preuves concrètes et textuelles! Il compare aussi l’intrigue du roman à l’intrigue de la série, montrant les rapprochements mais aussi les points de dissension. Il attire surtout l’œil du lecteur sur les choses qui paraissent anodines à première vue comme les chansons des baladins et les paroles des fous. Il met en lumière des paroles prononcés par les personnages apportant un angle nouveau, montrant que George R.R Martin pèse chacun de ses mots et que rien n’est dit à la légère justement. Je me rend compte ainsi que je suis passée à côté d’un millier d’indices que je n’ai pas su décoder…

Je recommande cet ouvrage aux lecteurs de la saga. Ceux qui n’auront vu que la série seront perdus car Thierry Soulard revient sur de nombreux épisodes qui n’y figurent pas! Les fans seront en tout cas ravis de retrouver un peu du Trône de Fer en attendant la prochaine intégrale!

 

Maman a tort de Michel Bussi

 

 

Maman a tort de Michel Bussi,

Publié aux éditions Pocket,

2016, 543 pages.

 

Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit. Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche. Le compte à rebours a commencé. Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Que les masques tombent. Qui est Malone ?

Je découvre enfin la plume de Michel Bussi. Confinement oblige, j’ai jeté mon dévolu sur le seul exemplaire qui était en notre possession. J’ai passé un très bon moment avec ce roman et il a rempli son job parfaitement.

La commandante Marianne Augresse enquête sur un braquage qui a mal tourné quelques mois plus tôt à Deauville. Le suspect n°1 est réapparu bien mal en point mais l’enquête patine. Où sont passés les bijoux volés et les complices du hold-up?

Parallèlement, Marianne reçoit un étrange appel. Un psy scolaire attire son attention sur Malone, un gamin de trois ans qui prétend que sa maman n’est pas sa vraie maman. Le psy insiste. Il est sûr qu’on cherche à effacer les souvenirs de Malone dont le cerveau est très malléable à cet âge. D’abord dubitative, Marianne se penche sur la cas du gamin quand elle comprend que les deux affaires sont liées…

Je peux dire que j’ai avalé les pages de ce roman en quelques jours. Le style de Michel Bussi est efficace, sans temps mort et il sait plonger son lecteur directement au cœur de l’action. J’ai été passionnée par les pages concernant le petit Malone et les explications du psy scolaire qui indique qu’avant trois ans, un enfant n’a pas de souvenirs et que ce sont finalement les adultes qui le lui créent. L’arrière-fond psychologique est très intéressant et toute l’intrigue repose sur cette base. C’est selon moi le point fort du roman.

L’enquête m’a tout de même semblé tirée par les cheveux et la manière dont les éléments coïncident les uns avec les autres paraît bien peu crédible. Mais après tout, si ce roman n’est pas le meilleur roman de l’année, il m’a permis de passer un bon moment, sans prise de tête. C’est tout à fait le genre de lecture que je recommanderais pour les vacances. Les personnages ne m’ont pas plus séduit que ça mais ils font bien leur boulot: divertir le lecteur le temps de quelques heures.

« Maman a tort » m’aura permis de découvrir la plume de Michel Bussi. Facile à lire, haletant, c’est un roman idéal pour se vider la tête pendant les vacances.