La voie de l’ascendance, Tome 1: La complainte de Danseur de Ian C. Esslemont

La voie de l’ascendance, Tome 1: La complainte de Danseur de Ian C. Esslemont,

Publié aux éditions Leha,

2022, 460 pages.

Avec ce premier tome, Ian Esslemont écrit là le préquel de la saga du Livre des Martyrs de Steven Erikson. J’ai adoré ce roman. Je n’ai pas vu défiler les pages même si l’univers développé reste assez complexe.

Tout commence dans une grotte où notre héros principal Dorin va faire deux rencontres: celle de Wu, un mage étrange, gaffeur et loufoque et celle d’un monstre. Les deux personnages échappent de peu à la mort. Leur chemin se sépare. Dorin dont le métier est d’être assassin va tenter sa chance dans la ville de Li-Heng. Peu à peu la situation se dégrade. La ville est assiégée. Dorin ne trouve pas à se faire employer et bien du monde semble lui en vouloir…

Ce premier tome permet d’introduire le monde de fantasy créé par l’auteur. Les chapitres sont assez longs et multiplient les points de vue des personnages: Dorin, Soie le mage dandy, Iko et tant d’autres. Mais l’auteur a l’intelligence de nous présenter ses personnages petit à petit. J’ai adoré le binôme (malgré lui) Dorin/Wu qui dynamise le récit et avec lequel l’auteur s’amuse beaucoup!

Ce tome est bourré d’actions. Dorin échappe souvent de peu à la mort. Il n’est pas pour autant un super héros car il a de nombreuses failles. Les intrigues se mêlent et s’entrecroisent: On suit Dorin bien sûr mais aussi Iko qui appartient à une unité d’élite kanienne féminine, la protectrice de la ville qui vit entourée de mages ou encore Soie, un mage étrange et dandy.

L’auteur ne nous prend pas par la main. Il y a de nombreuses ellipses et c’est au lecteur de faire l’effort de contextualiser de mettre en place les pièces du puzzle mais cela ne m’a pas gênée tant l’univers est riche, bien construit. Je suis sans doute passée à côté de certaines choses (n’ayant pas lu Le livre des martyrs) mais pour moi c’est justement une bonne porte d’entrée vers la saga d’Erikson. J’ai hâte d’en savoir plus sur le système politique et magique de cet univers!

Avec ce premier tome, Ian C. Esslemont pose les bases d’un univers de fantasy passionnant. Je n’ai qu’une envie: lire la suite!

Le monde des Premiers, tome 1 de Lucie Thomasson

Le Monde des Premiers, Tome 1 de Lucie Thomasson,

Publié aux éditions Mnemos, Naos,

2022, 304 pages.

Loin des intrigues de cours, au fin fond du royaume des Eristène, l’Académie prépare l’éducation des futurs serviteurs des Premiers. Tous sont de pauvres Terciers, sans magie ni droit, la classe dont le labeur consiste à veiller au bien-être des puissants du Continent.Victoire, son frère adoptif, Guilhem, et leur ami Dimitri rêvent d’une place auprès des plus grands : la cérémonie de fin d’étude approche et bientôt, une mission leur sera attribuée pour la vie. Et si Dimitri se voit Jardinier, Guilhem, Majordome, Victoire, elle, a les griffons dans la peau : elle sera éleveuse de créatures magiques chez les Hamilcar. Ou rien.

Dans cet univers de fantasy, le monde est régi par des codes et des castes. En haut, on retrouve les Premiers qui possèdent des pouvoirs et règnent. Puis viennent les seconds aux pouvoirs moindres et enfin les terciers qui eux, servent les Premiers. Guilhem, Dimitri et Victoire appartiennent à cette dernière caste. Ils quittent leur Académie pour entrer au service de familles puissantes. Victoire entre ainsi au service de la famille Hamilcar pour s’occuper de leurs créatures magiques, des griffons…

J’ai beaucoup aimé ce roman de fantasy young adult. On y retrouve en effet une intrigue assez classique à ce niveau-là: l’apprentissage de jeunes gens, la découverte d’un nouvel univers, … Cependant, Lucie Thomasson a su donner une impulsion originale à son récit via son univers. En effet, elle divise la société en castes et il semble impossible pour les personnages de renverser l’ordre établi. Chacun reste à sa place. Ainsi Guilhem est contraint de servir une peste comme j’en ai rarement vu! Dimitri deviendra jardinier. Cet ordre semble immuable avec ses codes. Et pourtant dans l’ombre complots et assassinats font loi! L’intrigue prend son temps en effet mais il est nécessaire pour comprendre l’univers imaginé par l’autrice.

Tout au long du roman, l’autrice glisse des articles de journaux, des articles d’encyclopédie qui nous en apprennent plus justement sur les différentes familles qui régissent cet univers. Mais sa grande force d’écriture réside dans la façon qu’elle a de traiter ses personnages. En effet, les chapitres alternent entre le point de vue de Victoire et de Guilhem. Elle donne à ce dernier une certaine gouaille qui n’est pas pour me déplaire. Quant à Victoire, le mystère s’épaissit autour d’elle et j’ai hâte de connaître la suite de cette saga.

Ce premier tome reste donc un tome assez introductif mais il laisse entrevoir un univers riche et intéressant. J’ai hâte de lire le tome 2.

Time Corridor de Dahlia Perez

Time corridor de Dahlia Perez,

Publié aux éditions Les nouveaux auteurs,

2022, 546 pages.

Un voyage temporel vertigineux dans les prémices du nazisme. Automne 2029. Hans Hartmann, aristocrate allemand converti au judaïsme, emménage avec sa femme et son fils dans une demeure isolée et vétuste au cœur de Jérusalem. Il disparaît de longues heures pour travailler à Tel-Aviv et leur fils Ezriel, qui souffre d’autisme, se renferme de plus en plus sur lui-même. A l’insu de sa femme, Hans a inventé pour les services secrets israéliens une application pour circuler dans les couloirs du temps. Quand leur fils emprunte accidentellement un passage temporel vers la Nuit de Cristal, à Berlin, en 1938, il se lance à sa recherche. Son propre arrière-grand-père, haut gradé de la SS, dirige le programme T4 d’extermination des enfants handicapés. Une course contre la montre infernale
débute alors…

Hans Hartmann, un Allemand converti au judaïsme, vit à Jérusalem avec sa femme. Il est chargé d’élaborer une application pour circuler dans les couloirs du temps et voyager à travers les époques. Son petit garçon semble souffrir d’autisme et un jour, défiant la surveillance de ses parents, il s’engouffre dans une faille temporelle. Hans se rend à sa recherche, en 1938, en pleine nuit de cristal…

J’ai beaucoup aimé ce livre qui tient plus du roman historique pour moi que du thriller. Le côté thriller est à rechercher du côté « course contre la montre » puisque Hans recherche son fils, catapulté dans l’Allemagne nazie de 1938. Mais c’est surtout le côté historique qui m’a le plus plu ici. L’autrice nous plonge au cœur de la nuit de cristal, aux côtés d’une famille juive allemande. En effet, on ne se contente pas seulement de suivre la quête de Hans qui recherche son fils mais on suit également la famille d’Elvira, qui par un concours de circonstances, va s’allier à celle d’Hans.

Cette période historique si particulière est très bien rendue. Les personnages sont nuancés que ce soit du côté des juifs allemands que des nazis et j’ai aimé ce parti pris. J’ai aussi apprécié le fait que l’autrice place son intrigue lors de la nuit de cristal, une nuit qui va tout changer pour la communauté juive. En effet, les juifs allemands peinent à réaliser que leur vie va changer du tout au tout: confiscation des biens, obligation de porter l’étoile jaune, interdiction de fréquenter certains lieux. La machine nazie se met en place petit à petit. Hans fait figure ici de démiurge qui « sait ». Il tente d’avertir les juifs qu’il rencontre de fuir l’Allemagne tant qu’il en est temps mais on ne change pas le cours de l’Histoire sans conséquences….

Le côté fantastique du roman ne m’a pas plus gênée que cela. Il faut juste convenir qu’on parle de voyage temporel. Seule la fin m’a déçue car elle est trop abrupte pour moi, trop ouverte. J’aurais aimé des réponses à mes questions. Mais tel fut le choix de l’autrice.

« Time corridor » est un excellent thriller historique qui m’a tenu en haleine tout en explorant une partie de l’Histoire de l’Allemagne et des juifs allemands d’une façon très intéressante.

Andrea Cort, Tome 3: La guerre des marionnettes de Adam-Troy Castro

Andrea Cort, Tome 3: La guerre des marionnettes de Adam-Troy Castro,

Publié aux éditions Albin Michel Imaginaire,

2022, 537 pages.

Toujours à la poursuite des Démons Invisibles, responsables de la mort de ses parents, Andrea Cort se rend sur la lointaine planète Vlhan. Ses imposants habitants y pratiquent un rituel qui tient tout autant du spectacle de danse que du suicide collectif. Une fois, par le passé, le ballet a dégénéré, et les habitants de Vlhan se sont retournés contre les spectateurs présents pour les massacrer. Andrea est convaincue qu’élucider le mystère à l’origine de cette tragédie peut la mener à ses Démons Invisibles. Mais la disparition d’une jeune fille vient rapidement compliquer sa quête personnelle. Vlhan est une planète dangereuse et Andrea ignore à quel point elle s’apprête à danser avec la mort.

Avec ce troisième tome, Adam-Troy Castro signe l’un des meilleurs de sa saga. J’ai tout simplement adoré cette intrigue. J’ai été happée par l’histoire. Pour les novices, la saga Andrea Cort est une saga de SF. Andrea Cort est procureure et elle enquête sur différentes planètes de la galaxie. Si chaque tome est consacré à une enquête différente, il est important de lire les tomes dans l’ordre car la vie personnelle d’Andrea Cort y a une importance capitale. Je vous invite donc à lire mon avis sur le premier tome de cette superbe saga.

Mon attention est donc de ne pas vous spoiler ce tome. Andrea Cort se retrouve sur une nouvelle planète pour assister au ballet des Vlhanis, une entité constituée d’un énorme tronc rond et de sortes de tentacules. Mais lors de ce ballet annuel, un massacre va être commis. Andrea en réchappe de peu. Elle doit donc chercher à comprendre pourquoi ces Vlhanis ont d’un seul coup perpétré cette tuerie.

L’auteur a été très malin car il a scindé son intrigue avec deux points de vue: celui d’Andrea et celui de Skye, sa Porrynyard. C’est un tome très sombre avec comme arrière-fond une scène inaugurale de chaos qui va semer le trouble et rebattre les cartes. C’est clairement mon tome préféré car il n’y a aucun temps mort. On en apprend toujours plus sur Andrea et le pacte qu’elle a conclu avec les IA mais ce que j’apprécie le plus c’est qu’on a des réponses à nos questions et qu’en même temps, le mystère s’épaissit.

Les deux nouvelles qui encadrent le roman ne sont pas là pour faire joli mais servent vraiment le propos en éclairant davantage l’univers et les psychologies des personnages.

Avec ce troisième tome, Adam-troy Castro signe un bijou de SF d’une noirceur absolue. Vivement la suite!