Bilan Lecture de novembre

C’est déjà décembre et j’ai pris un peu de retard pour vous faire le bilan lectures de mon mois de novembre. J’ai réussi mon Pumpkin Autumn Challenge haut la main. Si j’ai un peu moins lu que le mois dernier, je clôture novembre avec quand même 6 belles lectures.

Le thriller Helena de Jérémy Fel m’aura tenue en haleine un petit moment. Avec ses plus de 700 pages, ce beau pavé confirme le talent de ce tout jeune auteur. L’unité alphabet de Jussi Adler Olsen est aussi une belle petite brique. J’ai beaucoup aimé ce thriller qui se déroule pour moitié pendant la seconde guerre mondiale.

 

 

 

Côté fantasy, j’ai achevé (à regret) la saga des Haut Conteurs. La Mort noire de Patrick McSpare porte bien son nom puisque les morts s’enchaînent dans cet ultime tome qui plonge le lecteur au cœur de la Rome médiévale. J’ai également fini la saga de Douglas Kennedy, La Symphonie du hasard. J’ai adoré retrouver Alice dans ce tome très new-yorkais.

 

 

J’ai lu également un roman young adult: 7 nuits de Pa Ming Chiu m’a fait retourner en adolescence, là où tout semble possible. Ma seule déception sera pour Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer que j’ai trouvé particulièrement insipide et sans intérêt.

 

Côté achat, j’ai tenu ma résolution puisque je n’ai rien acheté. J’ai simplement reçu trois services presses: 7 nuits de Pa Ming Chiu, La Femme aux mains jointes de Laurette Autouard et La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino.

J’ai publié deux points lectures en vidéo et un article dans lequel je reviens sur mon rapport aux adaptations ciné ou télé des romans.

Le mois de décembre commence doucement avec seulement un livre de lu pour le moment (la faute aux conseils et autres réunions) mais je compte bien me rattraper pendant les vacances de Noël.

Et vous, quel bilan faites-vous du mois de novembre?

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La Main de l’empereur d’Olivier Gay

 

 

La Main de l’empereur, Tome 1 d’Olivier Gay,

Publié aux éditions Bragelonne,

2018, 480 pages.

 

Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ? DANS LA MAIN D’UN EMPEREUR, LES MORTELS NE SONT QUE DES PIONS.

J’ai rencontré Olivier Gay lors du dernier salon de l’imaginaire de Lambesc. C’est un auteur connu surtout pour ses romans YA. La Main de l’empereur est le préquel de sa saga Les épées de glace. Il y raconte les origines de Rekk, ancien gladiateur adulé, devenu combattant pour l’empereur Bel Ier. Olivier Gay présente ici un roman destiné aux adultes dans lequel la guerre devient l’épicentre de son intrigue. S’il est classé dans la catégorie fantasy c’est parce qu’il y invente un monde imaginaire fortement inspiré de l’antiquité romaine.

Dans ce premier tome, le lecteur fait la connaissance de Rekk. Il vit dans la caserne des gladiateurs à Mushein, sorte de Rome revisitée. Rekk est en fait le fils d’un célèbre gladiateur et d’une femme mariée. Rejeté à sa naissance, il sera élevé par une prostituée. Son chemin est tout tracé puisqu’il devient lui-même gladiateur. Par un concours de circonstances, Rekk s’engage dans l’armée impériale pour bouter et conquérir le peuple des Koushites. Dans la jungle, Rekk se révèle être un bon soldat qui va vite grimper les échelons.

La première partie du récit est pour moi la plus réussie. Olivier Gay s’inspire de la Rome antique pour construire son intrigue. On y retrouve le monde des gladiateurs. Rekk évolue dans un univers violent dans lequel il reçoit pourtant l’amour d’une mère adoptive. Ce monde là est bien décrit et bien construit. J’ai beaucoup aimé cet aspect du récit qui se fonde finalement sur une réalité historique.

Et puis la machine s’emballe lorsque Rekk est obligé d’abandonner son métier de gladiateur et de s’engager dans l’armée impériale. Il doit combattre le peuple des Koushites réputé cannibale, violent, sanguinaire et traître. C’est la partie de l’intrigue qui m’a le moins plu. J’ai trouvé que l’histoire tournait en rond. Les scènes dans la jungle sont très répétitives. Et surtout, tout est prévisible. J’avais deviné sans peine l’issue de l’intrigue. Comme dans un film de guerre, les scènes clés apparaissent: la défaite puis la remontée extraordinaire, l’attaque finale, la victoire. Je n’ai pas trouvé que c’était très innovant. Je me suis presque ennuyée à certains passages.

Mais la chose qui m’a le plus dérangée ce sont les personnages que j’ai trouvé creux. Ce préquel est censé nous expliquer pourquoi Rekk est devenu le personnage froid et sanguinaire des Épées de glace (que je n’ai pas lu!). Mais justement, ce tome ne creuse pas assez les choses. On brosse le portrait du personnage de manière assez superficielle. Je suis restée sur ma faim car il m’a manqué un petit truc pour trouver de l’épaisseur aux personnages. Seule Dareen tire son épingle du jeu pour moi. Quant à Bishia, c’est une vraie caricature ambulante sans aucun intérêt.

Au final La Main de l’empereur est un roman qui m’aura laissé une impression mitigée. J’ai aimé la partie historique du livre mettant en scène les gladiateurs et s’appuyant sur des références précises. En revanche la superficialité des personnages et l’intrigue trop prévisible m’auront déçue.

La Symphonie du hasard, Tome 3 de Douglas Kennedy

 

 

La Symphonie du hasard, Tome 3 de Douglas Kennedy,

Publié aux éditions Belfond,

2018, 398 pages.

 

 

Après la découverte d’Alice et de sa famille dans le Livre 1 et l’escapade irlandaise du Livre 2, Douglas Kennedy nous ramène aux États-Unis dans le Livre 3, entre New York et Boston, sur les traces d’une Alice dévastée, en quête désespérée d’une forme de sérénité. Sous le choc du drame advenu à Dublin, Alice est rentrée aux États-Unis. En rupture avec sa mère, elle quitte la maison familiale et trouve refuge dans le minuscule appartement de son ami Duncan à New York. L’heure est à la résignation : elle accepte un poste d’enseignante dans une petite université progressiste du Vermont et multiplie les allers-retours à New York. Retrouver le goût des autres, simplement de la vie, c’est tout ce qu’elle cherche.

Mais comment trouver la paix dans une période où tout n’est que changement ? Il lui faudra un dernier choc, esthétique, naturel, fondamental, pour réaliser que la vie est une succession d’incertitudes, une symphonie du hasard qui vaut le risque d’y prendre part.

Il est toujours difficile de parler du tome 3 d’une saga sans dévoiler l’intrigue en partie. Je ne parlerai donc pas de l’histoire mais je vous donnerai simplement mon avis sur ce que j’ai pu ressentir à la lecture de cet ultime tome. Quand j’ai ouvert ce troisième tome, c’était comme me glisser dans un bon bain chaud. J’ai retrouvé Alice et sa famille, à New-York. Cette héroïne, avec ses faiblesses et ses forces, est incroyablement attachante. Alors qu’elle a vécu un drame terrible, on va assister à sa reconstruction. Pas d’atermoiements ici. Douglas Kennedy est américain et cela se sent. Alice va s’en sortir par le travail et l’abnégation.

Elle nous fait pénétrer dans les coulisses d’une maison d’éditions, faisant le métier qui lui tenait tant à cœur. Alice apparaît comme une héroïne moderne. Nous sommes dans les années 80. Elle est indépendante financièrement, ne souhaite ni se marier ni avoir d’enfants rapidement et elle fait passer sa vie professionnelle avant sa vie amoureuse. On est loin des clichés féminins et cela fait du bien.

Ce tome est peut-être plus politisé que les autres et j’ai parfois eu du mal, je l’avoue, à m’y retrouver. Douglas Kennedy ancre ses personnages dans leur temps et les références à telle ou telle politique, à tel ou tel président ne sont pas toujours évidentes. Cependant, j’ai apprécié ce coté de l’intrigue qui donne plus de poids à l’histoire.

Côté intrigue, il m’a totalement surprise dans ce troisième tome. Je n’ai pas vu venir la fin. Alors que tout semble s’apaiser, tout vole soudain en éclats d’une manière logique et implacable. A ce jeu là, Mr Kennedy est très fort. Il n’hésite pas non plus, via Howie, l’ami homo d’Alice, d’introduire le problème de l’épidémie de Sida qui a décimé la population gay de New-York dans les années 90 sans que les autorités ne fassent grand-chose. Certaines pages sont bouleversantes.

J’étais vraiment triste de laisser Alice et sa famille, l’ambiance new-yorkaise, les librairies et les discussions autour d’un bon cocktail mais Douglas Kennedy est un cachottier! La fin du tome 3 nous laisse sur un « A suivre » très prometteur! Tant mieux!

Pour aller plus loin: mon avis sur le deuxième tome.

Les Haut Conteurs, Tome 5: La mort noire de Patrick McSpare

 

 

Les Haut Conteurs, Tome 5: La mort noire de Patrick McSpare,

Publié aux éditions Pocket,

2014, 440 pages.

 

 

 

Rome, dernière destination du périple européen des Haut-Conteurs. Un tome double pour conclure une série à succès.
Rome, automne 1193. Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville. Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d’un ennemi fait d’ombres et de secrets. Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l’heure est venue de tout comprendre, comme Roland le pressentait, lui, l’enfant maudit piégé dans un combat inégal contre son destin. Pourtant, il n’abandonne pas et se battra jusqu’au bout de son ultime aventure. Car nul mieux qu’un Haut-Conteur ne sait quand une histoire doit trouver sa fin…

J’ai enfin terminé la saga des Haut-Conteurs avec ce dernier tome! Mais quel tome! Patrick McSpare ne se fiche pas de son lecteur en lui offrant un dénouement digne et triste.

Nous voilà plongés au cœur de la Rome médiévale. Les Haut-Conteurs sont appelés à élucider des crimes commis de manière odieuse. Des hommes se faisant passer pour des Haut-Conteurs sèment la mort noire c’est à dire la peste. Bientôt, la peur et la haine dominent la Cité éternelle. Mathilde, Roland et Salim doivent mener l’enquête incognito tandis que l’ombre du démon Trezdané plane toujours…

Dans ce tome, l’intrigue ne connaît aucun temps mort. J’ai beaucoup aimé le cadre de l’enquête des Haut-Conteurs puisque nous sommes plongés dans la Rome médiévale. Ainsi les ruines grandioses de l’Empire côtoient les ruelles les plus sordides. Patrick McSpare choisit ici de réunir l’intrigue romanesque à une intrigue plus historique. Car si on accuse les Hauts-conteurs à tort c’est parce qu’on veut se débarrasser en plus haut lieu de cet ordre païen qui gêne l’installation de la religion catholique. 

Il clôt également sa saga par une intrigue très sombre où les morts s’accumulent. La mort noire sème des cadavres partout sur son chemin et l’auteur n’a aucune pitié avec ses personnages comme il n’a aucune pitié envers son lecteur. La fin de sa saga est surprenante, incroyable, un peu frustrante aussi mais finalement très juste.

Je ne m’étalerai pas plus sur ce tome 5 mais je vous donnerai des arguments pour vous décider à lire cette saga:

– C’est d’abord un univers médiéval où la fantasy s’invite de manière subtile. On baigne dans l’atmosphère médiévale avec ces haut-conteurs qui fonctionnent comme une caste, un ordre antédiluvien venant au secours de plus faibles, à la manière des chevaliers.

– Les intrigues de chaque tome sont bien ficelés et comportent beaucoup d’actions. On ne s’y ennuie pas une minute.

– Les personnages sont bien fouillés. Mention excellente à Mathilde et à Salim, deux personnages qui m’auront marquée.

– Enfin, Le fameux livre des Peurs, cherché par tous les Haut-conteurs, marque les tomes de son ombre menaçante et révèle tous ses secrets dans l’ultime tome!

Les Haut-Conteurs est une saga que je ne peux que recommander. Complexe, fouillée, toujours intéressante, elle fait partie des grandes sagas de fantasy française.

 

Livres VS Adaptations ciné: lire ou voir?

Vous l’avez sans doute remarqué, depuis quelques années les adaptations des romans à succès ont le vent en poupe. Pas plus tard que mercredi, j’ai pu voir les deux premiers épisodes de L’affaire sur la vérité Harry Québert, roman de Joël Dicker publié aux éditions De Fallois. Elle est vraiment de bonne qualité avec des images superbes et colle, pour le moment, parfaitement au roman.

Sur les réseaux sociaux, j’ai pu constater que nombre de lecteurs et de lectrices en profitaient pour enfin découvrir le roman! L’adaptation télé a donc une vertu prescriptive ici car elle incite à découvrir cet énorme pavé et ça c’est vraiment cool.

Mais j’aimerais aller plus loin. En ce moment, je lis des passages du premier tome d’Harry Potter à mes élèves lorsqu’il me reste cinq ou dix minutes à la fin d’un cours et que la leçon est terminée. Ils adorent bien sûr! Mais en faisant un rapide sondage, j’ai découvert que très peu d’élèves avaient lu le roman. En revanche la presque totalité des élèves avaient vu l’adaptation cinématographique. Et là, ça me peine parce qu’à chaque fois que je parle d’un bouquin en classe les élèves me demandent s’il existe en film. Alors je sais bien que ce ne sont que des ados et que c’est une génération liée aux écrans. Je me dis quand même que c’est dommage de ne penser que ciné/télé et plus forcément livres et je leur dis et leur répète sans cesse que lire un roman est tellement mieux parce qu’on se fait soi-même son propre film!

Il m’est déjà arrivé de voir un film avant de lire le livre. Trois cas bien précis me viennent en tête. Le plus lointain remonte à la sortie ciné d’Harry Potter et la chambre des secrets. A l’époque (j’étais à la fac), une amie m’avait traînée au cinéma. En sortant de la séance, je m’étais dis que c’était vraiment un film pour les enfants. Je n’avais rien compris à cette histoire de moldus! Bref, Harry Potter ne me parlait pas du tout. Et puis, j’ai découvert les romans! Et là ce fut une révélation. L’univers imaginé par J.K Rowling n’a pas de limites et tout est bien pensé. C’est génial tout simplement. Heureusement que j’ai lu les romans autrement je me serais arrêtée à cette image négative et enfantine de la saga. Et on peut le dire, l’univers romanesque est dix fois plus intense, dix fois plus intéressant que l’univers cinématographique!

Mais j’ai aussi un contre-exemple. Prenons la saga du Seigneur des anneaux. J’ai commencé par voir les films et je me dis que j’ai bien fait. Souvenez-vous du premier tome, La Communauté de l’anneau. Les 150 premières pages ont été pour moi arides et difficiles à lire car Tolkien y décrit la vie chez les Hobbits. Si je n’avais pas vu les films, je crois que je n’aurais pas persévéré dans ma lecture. Là je me disais: « Allez ça va démarrer! Gandalf arrive… Courage ». Et j’ai bien fait de procéder ainsi car j’ai pu découvrir les détails d’un monde exceptionnel!

Je terminerai enfin mon article par la saga Game of Thrones de George Martin. Là aussi, j’ai commencé par voir la série et cela me suffisait bien! Je n’avais pas du tout prévu de lire les intégrales correspondant à chaque saison. Et puis, je me suis lancée entre deux saisons car le temps me paraissait bien long. Je pense avoir bien fait là aussi de devoir visionner la série avant de la lire. Le problème de Game of thrones réside dans sa galerie de personnages innombrables. Le fait d’avoir vu et mis un visage sur les différents personnages m’a permis de ne pas perdre le rythme du récit et de m’y retrouver même si au passage, j’imagine la tête des acteurs et pas mes propres représentations! La série télé fonctionne pour moi comme un repère dans le dédale de noms et de liens. 

Conclusion: je crois qu’il y a un temps pour tout. Je me dis que mes élèves auront peut-être envie de lire un roman qui a été adapté au ciné. Ce peut-être une très belle porte ouverte sur la littérature. Parfois, voir une adaptation déclenche l’envie de se replonger plus intensément dans l’œuvre originelle. En fait roman et adaptation ciné se complètent pour venir nourrir, sans cesse, l’imagination du lecteur que nous sommes.

Et vous, qu’en pensez-vous?