Aurora Teagarden, Tome 2: Un crime en héritage de Charlaine Harris

 

 

 

 

Aurora Teagarden, Tome 2: Un crime en héritage de Charlaine Harris,

Publié aux éditions J’ai Lu,

2013, 252 pages.

 

 

Une vieille dame a légué tous ses biens à Aurora. Dans la maison, cette dernière découvre un crâne humain caché sous une banquette. Elle va devoir résoudre ce meurtre sans éveiller les soupçons du voisinage.

J’ai découvert Charlaine Harris, un peu comme tout le monde, à travers sa saga La Communauté du Sud. En fouillant un peu, je me suis aperçue qu’elle avait aussi écrit une série de petites enquêtes mettant en scène le personnage d’Aurora Teagarden. J’avais beaucoup apprécié le premier tome de la série. Cette année, j’ai décidé d’avancer dans la saga en m’attaquant au tome 2.

Alors, je vous le dis tout de suite: ce n’est pas de la grande littérature ou du grand roman policier. C’est rafraîchissant, parfait pour les vacances. Les romans se lisent vite et bien et c’est parfois seulement ce dont j’ai envie comme lecture.

Dans ce tome 2, Aurora hérite de la maison d’une vieille dame. Elles se fréquentaient, étaient toutes deux de grandes lectrices de polars mais n’étaient pas si proches que cela. Aurora est d’abord étonnée de cet héritage inespéré qui lui permet de regonfler ses finances et de reprendre son souffle. Cependant, elle trouve vite que ce legs est étrange. Elle pense que la maison cache un secret et en effet, en fouillant un peu, Aurora découvre un crâne humain dissimulé dans une banquette. Elle mène alors l’enquête…

Comme je l’ai dit plus haut, vous n’aurez pas un suspens de fou en lisant ce roman. L’enquête progresse doucement et finalement, sa résolution n’a rien d’extraordinaire. Ce que j’aime le plus dans cette série, c’est le personnage d’Aurora. Elle est très attachante et c’est une héroïne du quotidien qui nous ressemble. Maladroite, fleur bleue, pas toujours sûre d’elle, elle me fait beaucoup rire. En outre, c’est une lectrice invétérée, bibliothécaire de surcroît. On s’invite dans sa petite vie de tous les jours: ses soucis d’argent, d’amour, sa mère étrange. J’aime me plonger dans ces petits romans comme je le ferais dans un bon bain chaud.

Ce tome 2 a donc parfaitement répondu à mes attentes. Ce fut une lecture rafraîchissante et bienvenue!

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La perfection du crime de Helen Fields

 

 

 

La Perfection du crime d’Helen Fields,

Publié aux éditions Marabout,

2018, 364 pages.

Perdu dans une région montagneuse isolée, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent d’identifier les restes carbonisés de l’avocate Elaine Buxton. Dans une pièce dissimulée aux yeux de tous, dans une grande maison d’Edimbourg, la vraie Elaine Buxton hurle dans le noir.
L’inspecteur Luc Callanach vient juste de prendre ses fonctions quand l’affaire de la disparition d’Elaine est requalifiée en meurtre. Ayant abandonné une carrière prometteuse à Interpol, il tient à faire ses preuves aux yeux de sa nouvelle équipe. Mais le meurtrier a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Bientôt, une autre jeune femme disparaît, et Callanach se trouve embarqué dans une course contre la montre. Du moins le pense-t-il…
Le véritable sort des deux femmes se révélera être bien plus terrible tout ce qu’il pourrait imaginer.

La Perfection du crime est arrivé entre mes mains un peu par hasard puisque je l’ai reçu gentiment dans ma BAL grâce aux éditions Marabout (que je remercie d’ailleurs pour la surprise). C’est toujours sympa de recevoir des livres, encore plus quand ils sont intéressants et captivants.

La Perfection du crime est un roman qui tient à la fois du roman policier classique mais aussi du thriller. Ce qui est intéressant dans ce livre et qui ne plaira peut-être pas à tous d’ailleurs, c’est que l’on connaît dès le départ l’identité du tueur et son modus operandi. Je crois que c’était Simenon qui disait qu’on reconnait un bon roman policier au fait que l’identité du tueur est sue dès les premières pages du livre et que l’intrigue doit se concentrer sur l’enquête. C’est exactement le cas ici.

Dès le départ, donc, le lecteur sait qui enlève et tue. Les motivations du tueur sont un peu plus mystérieuses cependant. L’histoire se recentre alors sur la manière dont la police va gérer l’affaire et enquêter. Helen Fields introduit alors son personnage principal: Luc Callanach. Il vient d’arriver à Édimbourg et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fait pas l’unanimité. A moitié français et écossais, il est perçu comme un arriviste, un étranger. Luc doit à la fois gérer son intégration au sein de son unité mais aussi cette série de meurtres qui lui tombe dessus. Si le personnage de Luc ne m’a pas tout à fait convaincue (parce qu’il est trop beau et que son passé difficile ne m’a pas vraiment touchée), j’ai aimé le fait qu’il ne soit pas montré justement comme un héros. C’est d’abord le petit frenchy pour ses équipiers, celui qui ne comprend pas toujours l’accent écossais ou les expressions idiomatiques. C’est aussi un personnage parfois arrogant qui peut se tromper et qui a des failles gigantesques.

J’ai aussi aimé la manière dont l’auteur nous raconte cette enquête. Nous, lecteurs, sommes du bon côté puisque nous savons qui est le tueur et comment il opère. Les passages qui le concernent sont d’ailleurs effrayants. On bascule dans la noirceur de l’âme humaine la plus totale. La police, elle, n’a rien, aucune piste, aucun témoin, aucun suspect. En effet, comme l’indique le titre du roman, les crimes commis sont parfaits et ne laissent place à aucun détail oublié. C’est donc très intéressant de voir comment Luc va s’accrocher à la moindre petite intuition qui le conduira enfin sur la bonne piste.

L’intrigue prend donc son temps et il ne faut pas s’attendre à lire un roman haletant dans lequel il se passe quelque chose à chaque page. L’auteur pose les choses et montre comment elles évoluent, un peu comme le ferait une véritable enquête, rendant le tout très crédible.

Avec La Perfection du crime, Helen Fiels signe ici un roman intense et captivant qui prend le lecteur par la main pour l’emmener sur les traces d’un tueur maniaque et minutieux. Diabolique et bien ficelé…

Et Dieu se leva du pied gauche d’Oren Miller

 

 

 

 

Et Dieu se leva du pied gauche d’Oren Miller,

Publié aux éditions HSN,

2018, 335 pages.

 

 

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de cause inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires, si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Evariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série et esprits diaboliques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison. CAR L’ARAIGNEE A SOUVENT LE DESSUS SUR LE PAPILLON.

C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver le fameux duo d’enquêteurs Isabeau/Evariste. Oren Miller signe une fois de plus un polar intéressant et captivant à plusieurs points de vues.

Evariste et Isabeau vont enquêter à la demande de Louise Duval. Traumatisée par la seconde guerre mondiale, Louise est au service d’une fondation à Neuchâtel qui tente de soigner les blessés de guerre, que les blessures soient physiques ou psychologiques. Mais lors d’un gala, sept collaborateurs de Louise trouvent la mort. Elle est bien sûr suspectée et fait donc appel aux services d’Evariste pour prouver son innocence. En débarquant à Neuchâtel, les enquêteurs pensaient mettre les pieds dans une charmante bourgade suisse mais rien ne se passe comme prévu.

Dans cette nouvelle enquête, Oren Miller sonde la noirceur de l’âme humaine en faisant planer sur la fondation et ses patients une ombre menaçante. Son intrigue se déroule en 1951 et si la majeure partie de la population veut oublier la guerre, le traumatisme qu’ont subit les résistants ou les déportés est bien présent et ne s’efface pas. Sachez seulement que l’auteur nous parle d’expérimentations nazies et que ça fait froid dans le dos.

Comme toujours, ce que je préfère dans les romans d’Oren Miller, c’est le duo Evariste et Isabeau. Le premier a toujours le bon mot. Il possède un style désuet presque suranné que j’apprécie énormément. Le second, Isabeau, prend plus de consistance, s’opposant parfois à son mentor. Leurs joutes verbales restent savoureuses tout au long du récit. Même si on a parfois envie de détester Eavriste, il reste un personnage aux répliques cinglantes pour le plus grand bonheur du lecteur.

Le majordome Georges et ses apparitions impromptues m’ont beaucoup fait rire. Car l’humour, c’est aussi une des grandes forces de l’auteur. Il est souvent noir mais apporte du rythme au récit et on se prend à rire à de nombreuses reprises. Ajoutez à cela, une intrigue sans temps mort, des personnages tous plus ou moins suspects et une fin imprévisible, et vous obtenez un très très bon polar.

Une fois de plus, Oren Miller prouve qu’elle maîtrise parfaitement sa narration et ses personnages!

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock

 

 

 

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock,

Publié aux éditions Albin Michel,

2018, 379 pages.

« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. » Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel. Heloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ? Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.

Attention, coup de cœur pour ce roman policier! Cela fait bien bien longtemps que je n’avais pas éprouvé ce sentiment addictif vis-à-vis d’un bon polar, du genre qui vous rend addict et qui vous prend vraiment aux tripes. Anne Mette Hancock est la révélation du polar danois et c’est tout à fait justifié:

Avec Fleur de cadavre, elle met en scène Heloise, journaliste d’investigation sur les sujets de société et d’économie. Alors qu’elle est prise dans la tourmente parce qu’elle aurait écrit un article aux sources pas tout à fait fiables, Heloise reçoit une étrange lettre. Une certaine Anna Kiel, meurtrière d’un avocat célèbre et recherchée par Interpol, lui envoie une série d’enveloppes contenant des messages peu clairs. Heloise va alors rouvrir l’enquête et aidée de l’inspecteur Erik Schäfer, elle va chercher à savoir ce qu’il s’est réellement passé pour qu’Anna Kiel passe à l’acte…

Dès les premières pages du roman, j’ai été toute entière absorbée par ma lecture. Tout est réuni pour que le lecteur passe un excellent moment aux côtés d’Heloise. Il y a les lettres étranges qu’elle reçoit, d’abord au bureau puis chez elle. Anna Kiel semble très bien connaître Heloise. Comment sait-elle tout cela? Il y a ensuite ces messages étranges qui font référence à la fleur de cadavre: une plante d’origine indonésienne qui a la particularité, outre sa forme de phallus de sentir la chair en décomposition. Heloise se demande pourquoi Anna Kiel prend contact avec elle. Est-elle folle, psychopathe comme le dit la presse? Ou a-t-elle des révélations à lui faire?

Le lecteur va donc enquêter aux côtés d’Heloise et c’est vraiment grisant. Je ne sais pas comment l’expliquer vraiment mais j’ai trouvé qu’il y avait un petit côté Mikael Blomkvist aka le journaliste de Millénium! Nous sommes au cœur de l’enquête et dès le départ, l’auteur captive son lecteur. On sent bien que l’histoire d’Anna est louche et qu’elle traîne des trucs pas nets dans son passé. Je peux juste vous dire que les 100 dernières pages sont dingues. L’intrigue est très bien ficelée et si j’ai émis des hypothèses qui se rapprochaient de la vérité, j’en était bien loin.

Anne Mette Hancock nous fait visiter les plus hautes sphères du pouvoir comme les pires bas-fonds de Copenhague et elle nous montre que l’homme n’a pas d’égal pour faire subir les pires horreurs. Alors on est là, nous pauvre lecteur, suspendu aux paroles d’Heloise qui n’y comprend d’abord rien et qui, en avançant petit à petit, comprend qu’elle est liée à cette Anna.

Avec Fleur de cadavre, Anne Mette Hancock nous livre un roman incroyable! Elle captive son lecteur dès les premières pages pour lui offrir un dénouement percutant et poignant! A lire absolument.

L’Héritier de Moriarty de Annelie Wendeberg

 

 

 

L’Héritier de Moriarty de Annelie Wendeberg,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2018, 320 pages.

Anna Kronberg revient… enceinte et traquée. Enceinte de son pire ennemi, Anna Kronberg a repris espoir quand elle est parvenue, épaulée par Sherlock Holmes, à empoisonner Moriarty. Mais le redoutable professeur a tout mis en œuvre pour pouvoir continuer, même après sa mort, à torturer la mère de son enfant à naître : il a demandé au colonel Moran, son homme de main et grand chasseur de gibier, de mettre la main sur Anna et Holmes, puis d’attendre la naissance de l’enfant, d’enlever le nouveau-né et de tuer les deux acolytes. Commence alors une course-poursuite entre plusieurs continents, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques, de réseaux d’espionnage et de prémisses de grand conflit mondial. Holmes et Kronberg sont prêts à tout pour contrer les funestes projets de Moriarty, même à mettre en scène une fausse-couche…

L’Héritier de Moriarty est le troisième tome d’une saga mettant en scène Sherlock Holmes et Anna Kronberg, une femme médecin brillante et intrépide. J’avais lu le deuxième tome il y a peu découvrant une héroïne forte aux prises avec l’horrible James Moriarty. Si vous n’avez pas lu ce deuxième tome, il vous sera peut-être difficile de suivre l’intrigue de celui-ci. En effet, il fait directement suite à La dernière expérience.

Nous retrouvons donc ici Anna Kronberg, enceinte de son pire ennemi. Accompagnée par Sherlock Holmes, elle tente de semer ses poursuivants qui en veulent à sa vie et à celle de son futur enfant. Pas de repos ici pour Anna. L’intrigue va vite, très vite et multiplie les rebondissements. J’ai été, je dois dire, un peu perdue par tout ce qui arrive à notre héroïne. C’est dommage que l’auteur n’ait pas pris de temps justement de poser les choses. J’ai parfois eu l’impression qu’elle sautait du coq à l’âne avec pour résultat de perdre son lecteur. On retrouve notre intrigue initiale, à savoir l’élaboration d’une arme chimique au niveau mondiale. Or, les personnages ont tendance à partir dans tous les sens donnant une impression de décousu.

Côté positif, j’ai aimé retrouver Anna Kronberg. Ses joutes verbales avec Holmes sont délicieuses. Ce qui est intéressant ici, c’est que le lecteur perçoit Sherlock Holmes à travers le prisme d’un tiers. Il apparaît souvent comme un être insupportable d’ailleurs. Je pense que la grande force du roman est justement la relation entre les deux personnages qui se désirent et se repoussent sans cesse un peu comme deux aimants. Leurs deux cerveaux réunis tournent à plein régime et montrent au lecteur qu’ils sont bel et bien deux génies incompris. Quand à savoir s’ils sauront s’accorder, c’est une autre histoire.

Je reconnais aussi à l’auteur un style énergique et entraînant qui ne laisse pas le lecteur s’ennuyer. Elle décrit très bien la société anglaise de l’époque corsetée tout comme les bas-fonds de Londres noirs de suie et dangereux. J’ai beaucoup aimé quand Anna dénonce l’hypocrisie de la société dans laquelle elle vit. Être enceinte, c’est admettre qu’on a eu des relations sexuelles avec un homme et c’est souvent gênant pour les hommes justement! Anna n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat… C’est une héroïne forte comme je les aime et qui ne laisse pas indifférent.

Ce troisième tome vient conclure la trilogie consacrée à Anna Kronberg. Avec un style énergique, l’auteur entraîne le lecteur dans une course-poursuite haletante. Mon seul bémol sera pour le fond de l’intrigue qui manque parfois de rigueur.

 

Secret meurtrier de Pascal Launay

 

 

Secret meurtrier de Pascal Launay,

Publié aux éditions ABM,

2018, 470 pages.

 

 

Aurélia, femme d’affaires à la quarantaine accomplie, découvre que sa meilleure amie, mariée et mère de trois enfants, entretient une liaison avec une autre femme.
Alors qu’en France le débat sur le « mariage pour tous » fait rage, les schémas familiaux d’Aurélia s’effondrent peu à peu. Sa propre sexualité ne tarde pas à s’en voir chamboulée ...

Gentiment proposé par l’attachée de presse de l’auteur et gentiment envoyé par ce dernier, j’ai lu d’une traite Secret meurtrier! L’histoire se déroulant à Aix en Provence ne pouvait que m’intéresser. Si le livre comprend quelques imperfections, j’ai vraiment aimé cette intrigue rudement bien menée.

La quatrième de couverture ne rend pas vraiment justice au contenu du roman. Certes, dans la première partie du livre, le lecteur découvre Aurélia, qui par hasard, découvre que sa meilleure amie Ally vit une histoire d’amour passionnée avec une autre femme! Le monde d’Aurélia s’écroule alors. Elle qui n’avait que des certitudes voit sa vie lui échapper complètement. Elle se pose énormément de questions sur sa sexualité, sa loyauté vis-à-vis de sa famille. Parallèlement, on suit Julien, flic au 36 quai des Orfèvres. Alcoolique et dépressif suite à la mort de sa petite fille, il est muté à Aix en Provence.

Si ce premier tiers du roman peut paraître long et parfois poussif, c’est parce que l’auteur prend le temps de camper ses personnages mais surtout le milieu duquel ils sont issus. Aurélia évolue dans la bourgeoisie aixoise où les apparences priment avant tout le reste et sont bien souvent trompeuses. Alors oui, les états d’âme d’Aurélia qui se pose mille questions m’ont un peu agacée dans ce début de roman mais après être arrivée au bout de l’intrigue, je comprends mieux pourquoi l’auteur pose tous ces jalons nécessaires à la « révélation » ultime!

La machine s’emballe dans la deuxième partie de l’histoire puisqu’un crime va être commis. Et là, j’avoue, je n’ai pas pu décrocher de ma lecture! Le personnage de Julien mène une enquête approfondie avec ses équipiers et c’est réellement passionnant. Loin des clichés, Pascal Launay prend le lecteur par la main et lui montre en détails la manière dont Julien mène son enquête: fausses pistes, témoignages lacunaires, suppositions, tout y passe. J’avais l’impression d’être aux côtés des enquêteurs. Moi aussi j’ai fait des hypothèses et je peux dire que j’ai eu faux sur toute la ligne. L’auteur nous mène en bateau et il faut attendre les dernières lignes pour refermer le livre sur un twist final auquel je n’avais pas du tout pensé!

A travers cette enquête, c’est aussi toute une ville que l’auteur détaille et décrit. J’ai adoré toutes les références à la ville d’Aix et à ses environs. J’ai adoré aussi la critique sous-jacente du roman envers cette bourgeoisie aixoise que l’on croise dans les rues, au détour d’un café. Sans caricaturer pour autant, l’auteur vise vraiment juste!

Secret meurtrier est un roman qui gagne à être connu! J’ai vraiment été embarquée dans cette intrigue rondement menée. Pascal Launay signe ici un polar aux accents aixois passionnant et prenant!

La fille sous la glace de Robert Bryndza

 

 

 

La fille sous la glace de Robert Bryndza,

Publié aux éditions Belfond,

2018, 438 pages.

La glace a immortalisé sa jeunesse, sa beauté… et son mystère : qui était vraiment Andrea ? Victime ou manipulatrice ? Encore marquée par la mort en service de son mari, l’inspectrice en chef Erika Foster découvre son nouveau poste dans un commissariat de Londres. Premier jour, première affaire et non des moindres : le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche industriel, a été retrouvé dans le lac gelé du Horniman Museum de Forest Hill. Que faisait la jeune femme mondaine dans ce quartier mal famé ? Effondrée par la disparition d’Andrea, sa famille semble pourtant redouter ce que l’enquête pourrait dévoiler d’eux. Hasard ? Vengeance ? Crime passionnel ? Pour faire éclater la vérité, Erika Foster devra faire la lumière entre règne des apparences et sombres secrets.

Nouvelle étoile montante du polar Outre-Manche, Robert Bryndza rencontre un franc succès avec son roman La fille sous la glace. Si j’ai aimé globalement ce livre, je n’en suis pas ressortie non plus complètement convaincue…

La DCI Foster est appelée en renfort à Londres où le corps d’Andrea Douglas-Brown, fille d’un riche homme politique, est découvert sous la glace. Elle a été assassinée sauvagement. Erika Foster, qui peine à se remettre de la mort de son mari Mark, débarque pour enquêter.

Assez rapidement, elle se rend compte qu’Andrea n’était pas vraiment la jeune fille que tout le monde pensait qu’elle était. Elle avait des pratiques douteuses, passait d’un homme à l’autre alors qu’elle était sur le point de se marier. L’enquête se corse quand Erika se rend compte que la richissime famille d’Andrea a bien des choses à cacher.

L’intrigue du roman reste assez conventionnelle. L’enquête est menée tambour battant. L’auteur permet au lecteur de voir les dessous de l’affaire d’un point de vue plus politique. Si on met des bâtons dans les roues d’Erika, c’est bien parce qu’elle risque de dévoiler de lourds secrets liés à des hommes politiques. Les guerres intestines au sein de la police font rage et le lecteur se rend compte que cette dernière n’a pas les coudées franches.

La fin du roman ne m’a pas surprise plus que cela. Je m’y attendais un peu et je n’ai pas été tenue en haleine, tournant frénétiquement les pages de mon livre. J’ai même encore du mal, en y repensant, à percevoir les liens entre les différents protagonistes impliqués.

En revanche, là où l’auteur est doué (pour moi en tout cas), c’est dans son personnage d’Erika Foster. C’est d’abord une femme flic à la tête de son unité. Certes, elle traîne un passé douloureux mais elle a le mérite d’apparaître davantage comme une anti-héroïne qu’une super-héroïne. Elle se plante, se fait virer, surprend tout son entourage sur un coup de tête et surtout, elle reste pugnace et déterminée malgré tout ce qu’elle endure. J’ai trouvé que ce personnage tirait son épingle du jeu et sortait de l’ordinaire.

La Fille sous la glace est un polar bien ficelé avec un personnage fort et intéressant. Il m’a cependant manqué un petit quelque chose d’angoissant pour qu’il me tienne parfaitement en haleine.