Leona, Tome 2: La fin justifie les moyens de Jenny Rogneby

 

Leona, Tome 2: La fin justifie les moyens de Jenny Rogneby,

Publié aux éditions Presses de la Cité,

2017, 460 pages.

 

 

 

Six mois après la résolution de l’affaire des braquages, Leona Lindberg, l’inspectrice à la froideur implacable, est harcelée par un banquier à qui elle doit une somme astronomique. Pour s’acquitter de ses dettes, elle va faire ce pour quoi elle est le plus douée : organiser un nouveau hold-up. Mais au moment où elle constitue son équipe de malfrats, sa direction lui confie l’interrogatoire d’un kamikaze ayant survécu à ses blessures.
Cette fois encore, Leona doit jouer un double jeu… et elle n’est pas la seule, car un indic s’est glissé dans son escouade. C’est alors que tout s’emballe : le banquier maître-chanteur menace de s’en prendre au seul enfant qui lui reste, sa fille Beatrice.

En piochant dans le catalogue des éditions Presses de la Cité, j’ai aperçu ce titre qui m’a tout de suite attiré. Quatrième de couverture alléchante, couverture sublime et héroïne forte. La boulette que je suis n’a juste pas vu qu’il s’agissait d’un tome 2. Peu importe, Jenny Rogneby fait tout au début de son roman pour vous rappeler les élément essentiels de la vie de son héroïne Leona et je n’ai pas du tout été perdue.

Leona est inspectrice au sein de la police suédoise. C’est une héroïne assez atypique qui flirte sans cesse avec le danger et qui aime passer de l’autre côté de la loi. Elle est adepte des braquages et déploie ses talents de policière hors pair pour détourner la loi à son avantage dès qu’elle le peut. Un peu barrée donc, la nana, surtout qu’elle est en plus divorcée et qu’elle a perdu son petit garçon récemment. Tout ça fait beaucoup pour elle et comme ça ne tourne pas toujours très rond, elle consulte régulièrement une psy.

Le début du roman s’ouvre sur l’explosion d’une bombe en plein cœur du parlement. Manque de bol, le kamikaze n’est pas mort. A l’hôpital, il ne veut parler qu’à Leona. Celle-ci est donc dépêchée sur l’enquête. Leona de mauvaise grâce se prête au jeu de l’interrogatoire et commence à se prendre de compassion sur ce pauvre type que la vie a brisé. Pourquoi se confie-t-il à Leona? Plus les interrogatoires se succèdent plus l’intensité et le suspens montent.

Parallèlement, elle doit un gros paquet de fric à Armand, un banquier à moitié mafieux (ce qui va bien ensemble). Elle décide alors de monter un gros coup pour braquer une banque et réunit une équipe de malfrats, la crème de la crème, pour se faire un max de blé.

Jenny Rogneby ose tout dans son roman et le pire c’est que ça marche. Léona va dispenser des cours du soir à des bandits pour leur montrer le meilleur moyen de ne pas se faire attraper par les flics. L’idée fonctionne assez bien et certaines passage restent très drôles même si j’aurais voulu en savoir plus et que je suis restée un peu sur ma faim.  L’auteur n’hésite pas non plus à entremêler à cela une histoire de terrorisme plutôt vraisemblable et originale. Le rythme du roman est rapide et les scènes s’enchaînent sans laisser le temps au lecteur de reprendre haleine. Le tout est très visuel et on verrait bien le livre adapté à la télé. La construction peut paraître étrange mais je l’ai trouvé intéressante car elle permet au lecteur d’embrasser la totalité de la personnalité torturée de Leona.

Seule la fin m’a véritablement posé problème car pour le coup j’ai trouvé ça trop lourd et rocambolesque. L’exercice final est casse-gueule et c’est dommage car cela laisse une impression de chaos, de brouillon.

Je remercie les éditions Presses de la Cité pour la découverte de ce roman. Leona est une héroïne forte et étrange qui détonne parmi les autres personnages de policier. Même si tout n’est pas parfait dans le roman, j’ai apprécié le rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine et la construction habile de l’auteur.

Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra

 

Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra,

Publié aux éditions Julliard,

360 pages, 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné avec des motifs berbères jusqu’aux poignets, on dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce.
Dans ce décor de rêve, tandis que le monde s’éveille à ses propres paradoxes, la Belle au bois dormant a rompu avec les contes.
Elle est là, et c’est tout.
Fascinante et effroyable à la fois.
Telle une offrande sacrificielle… »

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Une femme, Nora Bilal, est chargée de mener l’enquête, loin de se douter que sa droiture est un danger mortel dans un pays livré aux requins en eaux troubles.
C’est dans le cadre de mon book club consacré à la littérature africaine que j’ai lu Qu’attendent les singes. J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur lors d’une dédicace à Aix en Provence. Je n’avais jamais entendu parler de ce titre et la quatrième de couverture m’avait fait envie. Hélas, ce n’est clairement pas le meilleur roman de l’auteur. Beaucoup de choses m’ont déplu dans ce livre.

L’auteur met en scène le meurtre rituel d’une jeune femme dont le corps a été retrouvé, mutilé, au cœur de la forêt algérienne. Nora Bilal, commissaire au central d’Alger, mène l’enquête mais sa tâche va se révéler délicate. En effet, Nora va vite s’apercevoir que cette jeune fille retrouvée morte a un lien avec un magnat de la presse appelé Harmelaine et que s’attaquer à cet homme de pouvoir c’est s’attaquer à l’État algérien.

L’enquête menée par Nora est ce qui m’a clairement donné la motivation pour continuer ma lecture. En effet, on suit les investigations menées par Nora dans les hautes sphères du pouvoir algérien. L’auteur distille savamment ses indices et, sans que la résolution de l’enquête ne soit si compliquée que ça, on se prend à vouloir en connaître le fin mot de l’histoire. Alors, clairement, l’intrigue n’est pas haletante; il n’y a pas de rebondissements fulgurants mais c’est assez bien mené dans l’ensemble.

En revanche, certains passages du roman sont en total décalage avec l’enquête menée par Nora et paraissent donc artificiels. En réalité, l’enquête sert le propos de l’auteur qui veut dénoncer la corruption, la gangrène des pots de vin et la mollesse d’un État algérien faible gouverné non par le peuple mais par quelques privilégiés qui règnent en véritables despotes. J’ai bien saisi le message lancé par l’auteur mais les chapitres dans lesquels il met en scène cette corruption tombent comme un cheveu sur la soupe et font perdre du rythme au roman.

Les personnages campés par l’auteur ont eux aussi quelque chose d’artificiel. J’ai trouvé qu’ils étaient trop superficiels et caricaturaux. Cela va du flic alcoolique au despote complètement égocentrique. Seule Nora, la commissaire, apparaît comme intéressante mais là encore, l’auteur tombe dans la caricature de la flic lesbienne entichée d’une prostituée qui lui en fait baver.

L’auteur cherche avant tout à critiquer le système politique de son pays et dresse un constat accablant. Il a écrit son roman avec une sorte de rage qui fait que les personnages sont peu aboutis. Seule l’intrigue policière a retenu mon attention. C’est dommage car j’apprécie la plume de Yasmina Khadra. Qu’attendent les singes ne m’a pas vraiment convaincue et je suis plutôt déçue de ma lecture.

J’agonise fort bien, merci d’Oren Miller

 

 

J’agonise fort bien, merci d’Oren Miller,

Publié aux éditions de L’homme Sans Nom,

 2016, 417 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Sainte-Marie-La-Grise. Son cadre exceptionnel près de la côte d’émeraude en fait une destination de vacances des plus prisée. De magnifiques paysages, un mystérieux folklore breton et des morts qu’on a aidés à trépasser raviront les plus aventureux d’entre vous. Profitez de l’hospitalité chaleureuse des habitants qui sauront vous mettre à l’aise. Afin d’apprécier pleinement votre séjour, veillez cependant à respecter trois règles : 1.
Ecoutez toujours les murmures de ceux que vous ne voyez pas. 2. Gardez-vous des créatures sinistres qui frappent avant d’entrer. 3. Soyez sage. Très sage.

Au dernier Salon du livre de Paris, j’ai succombé au joli minois et à la verve d‘Oren Miller qui m’a convaincue d’acheter son nouveau roman. J’ai vraiment bien fait de l’écouter ce jour-là car grâce à elle, je viens d’avoir mon premier coup de cœur de l’année!

Lisez J’agonise fort bien, merci car ce roman est une pure merveille, un bijou mêlant intrigue bien ficelée et joutes verbales savoureuses.

L’auteur nous entraîne en Bretagne à Sainte-Marie-La-Grise dans les années 50. Isabeau, beau jeune homme, est envoyé par son patron afin de prêter main-forte à Évariste Fauconnier, notaire de son état. Ce dernier doit malheureusement régler les droits de succession de son amie défunte Catherine. Le fils et la fille de celle-ci, Dorian et Agathe, mûrissent des soupçons sur les circonstances de la mort de leur mère. Il n’en faut pas plus pour qu’Évariste et Isabeau mènent l’enquête dans le milieu de la bourgeoisie bretonne…

Si vous aimez les romans policiers à la Agatha Christie ou à la Arthur Conan Doyle, ce roman est fait pour vous! L’auteur met en scène un duo d’enquêteurs qui fait certes penser au couple Sherlock Holmes/Docteur Watson mais qui est d’une finesse incroyable! Il y a d’abord Isabeau, qui porte bien malgré lui un nom féminin! Orphelin, il n’a qu’un but: devenir quelqu’un. Sous ses dehors naïfs, c’est un garçon très intelligent et observateur qui ne demande qu’à apprendre. Il va trouver en Évariste, une sorte de mentor. Ce dernier se présente sous la fonction de notaire mais le personnage cache de nombreux secrets et reste assez mystérieux. L’auteur a su peindre un personnage à la fois drôle et cynique. Évariste aime le sarcasme. Ses répliques sont de vrais petits bijou de réparties et j’ai énormément ri. C’est un personnage qu’on peut détester au départ mais qu’on apprend à apprécier. J’ai eu un coup de cœur pour ce dernier qui allie l’intelligence à la verve. Un pur régal.

J’agonise fort bien, merci est aussi une petite merveille du point de vue de l’intrigue. Le titre en dit déjà suffisamment long. L’auteur déroule son récit dans une petite ville bretonne assez chic. Sous des apparences lisses et bien sous tous rapports, Sainte-Marie-La-Grise traîne pas mal de casseroles. C’est ce qu’Évariste et Isabeau vont s’ingénier à démontrer. L’auteur a su peindre un monde à la fois très moderne et replié sur lui-même. Dans ces terres bretonnes, le folklore a encore sa place et le petit peuple n’est jamais très loin lorsque des choses étranges se passent. Chaque figure emblématique de la ville est passée au crible : chaque habitant semble traîner un lourd passer et l’enquête menée s’avère plus complexe qu’elle n’y paraissait. J’ai adoré cette ambiance de petite ville battue par les vents et la pluie, ce mélange de bourgeoisie impeccable et de traditions ancestrales. On imagine sans peine la ville de Sainte-Marie-La-Grise, perchée sur une falaise au bord de la mer.

Le style de l’auteur est superbe. Les dialogues sont bien ficelés et jubilatoires. C’est vraiment bien écrit et on sent la qualité du travail sur la langue! L’auteur a su donner un côté charmant et désuet à ce roman et j’ai adoré!

Bref, vous l’avez compris: j’ai adoré ce roman. J’ai aimé l’intrigue, les personnages, les dialogues fins et ciselés. Je n’ai qu’une envie: qu’il y ait une suite aux aventures de nos deux enquêteurs!

La Maison biscornue d’Agatha Christie

La Maison Biscornue d’Agatha Christie,

Publié au Livre de Poche,

1995, 189 pages.

 

 

 

Sous la domination d’un aïeul tyrannique, une étrange famille habite cette maison biscornue : deux fils, deux belles-filles, trois petits-enfants, une vieille tante…
Mais aussi la toute jeune seconde épouse du grand-père et le précepteur qui pourrait bien être son amant… Puis le grand-père meurt, qui peut bien l’avoir tué ? La seule personne qui semble avoir une idée précise sur la question c’est Joséphine, douze ans. Joséphine a des idées sur tout. Y compris sur l’art dramatique, les motivations des criminels et l’art d’empoisonner les gens. C’est un petit monstre très sympathique.
Et il faut être attentif aux petits monstres.

C’est dans le cadre de mon book club, dont le thème est Agatha Christie, que j’ai lu ce roman. J’avoue une chose: en dehors des Dix petits nègres ou du Crime de l’Orient Express, les romans d’Agatha Christie ne me font pas rêver. Sur le blog, j’en ai déjà chroniqué plusieurs comme La Plume empoisonnée, Le Crime d’Halloween ou encore Un cadavre dans la bibliothèque. Ils ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable. En revanche, je ne saurais que trop vous conseiller son autobiographie, passionnante, mais ceci est un autre sujet. La Maison Biscornue m’a séduite grâce à sa couverture (qui fait très maison hantée, fantôme, période d’Halloween) et sa quatrième de couverture…

Au début du roman, nous faisons la connaissance de Charles. C’est le narrateur de l’histoire qui commence par nous raconter dans quelles circonstances il a connu celle qui deviendra sa femme, la belle Sophia Léonidès. Sophia est la petite fille d’Aristide Léonidès, un homme d’affaire à la tête d’une immense fortune. Alors qu’il doit rejoindre sa belle, après deux ans (!) passés en Inde, Charles apprend une terrible nouvelle: Aristide Léonidès est mort. On soupçonne même un assassinat. C’est sûr, tant que le mystère n’est pas élucidé, Charles ne pourra pas épouser la belle Sophia. Grâce à son père, enquêteur à Scotland Yard, Charles suit l’enquête de près. Bientôt, les soupçons se portent sur l’un des membres de la famille Léonidès.

En effet, toute l’enquête réside dans ce huis-clos puisque les membres de la famille sont assignés à résidence. Dans cette enquête, il y a beaucoup de témoignages. En effet, chaque personnage appartenant au clan Léonidès est suspect. Charles va donc assister aux nombreux interrogatoires et découvrir l’existence d’un testament qui pourrait bien être l’objet de convoitise. Tous ces bavardages m’ont un peu ennuyée. En bref, il y a énormément de dialogues et très peu d’actions! Charles navigue entre les étages, prêtant une oreille attentive aux uns et aux autres. Il se rend bientôt compte que les choses ne sont pas si simples dans cette famille. A commencer par la très jeune veuve Brenda qui aurait pu empoisonner son vieil époux pour vivre la dolce vita avec son amant; ou alors les deux fils d’Aristide, Roger et Philip, qui semblent en vouloir tous deux à leur père. Il y a enfin les deux petits enfants Eustace et Joséphine.  Or Joséphine semble en savoir beaucoup….

Charles n’est finalement qu’un simple spectateur. Il ne mène pas vraiment d’enquête et observe simplement, écoute les conversations avec attention. Bien sûr, son idée du meurtrier sera fausse. La révélation ne se fera qu’à la toute fin du roman. Néanmoins, j’avais ma petite idée sur l’identité de l’assassin grâce à un indice que l’auteur nous cède volontiers. Cependant, l’intrigue n’est pas exaltante. On se demande, bien sûr, qui a tué l’ancêtre mais surtout pourquoi. C’est davantage l’ambiance qui m’a séduite dans ce roman. La maison dans laquelle se déroule les faits est d’apparence baroque. Elle est biscornue et cache des coins et des recoins mystérieux. L’intrigue se déroule également dans la bourgeoisie anglaise. J’aime particulièrement le portrait qu’en fait l’auteur. Les personnages semblent a priori sans reproches mais ils cachent tous une part d’ombre et de mystère et quoi de mieux qu’étudier leur caractère, une tasse de thé à la main?

La fin du roman m’a en revanche bluffée. Je n’imaginais pas l’auteur aussi cruelle avec ses personnages. Finalement, elle sauve la morale et les apparences. Tout rentrera dans l’ordre même si encore une fois, la fin est surprenante!

La Maison biscornue est une enquête sympathique qui dresse le portrait d’une famille bourgeoise rongée par la jalousie et l’envie. Je retiendrai surtout la fin, bien surprenante, qu’a osé l’auteur.

Aurora Teagarden, Tome 1: Le Club des amateurs de meurtres de Charlaine Harris

Aurora Teagarden, Tome 1: Le Club des amateurs de meurtres de Charlaine Harris,

Publié aux éditions J’ai Lu,

2013, 254 pages.

 

 

 

 

 

Aurora Teagarden, dite Roe, est bibliothécaire dans la ville de Lawrenceton, en Géorgie. Un de ses passe-temps est de faire partie du Real Murders Club pour étudier une fois par mois les cold cases. Un soir, elle tombe sur le corps sans vie d’un des membres du club. Ce crime ressemble à un de ceux non résolus qu’ils devaient analyser. D’autres suivent. Aurora enquête.

Je ne sais plus sur quel blog j’avais repéré ce roman mais la quatrième de couverture et l’intrigue m’avaient plu. C’est en fouinant sur Price Minister que j’ai trouvé mon exemplaire. En lisant quelques critiques, j’étais un peu inquiète à l’idée de lire ce roman tant les critiques n’étaient pas élogieuses. Contre toute attente, j’ai bien accroché et j’ai passé un moment très agréable en compagnie d’Aurora.

Aurora Teagarden habite à Lawrenceton, une petite ville de Géorgie aux États-Unis. Elle est bibliothécaire, vit seule et se partage entre sa mère, son père et son boulot qu’elle adore. Bref, rien de bien folichon. Aurora a tout de même la particularité d’appartenir à un club très spécial. Chaque mois, ils sont une dizaine à se réunir pour parler de meurtres célèbres en tous genres. En effet, le club des amateurs de meurtres revient sur des affaires non élucidées en essayant justement d’élaborer une hypothèse sur l’identité du criminel ou à l’inverse sur des affaires déjà résolues, et dans ce cas, les membres du club tentent de comprendre comment le meurtrier a été confondu. Chaque mois, l’un des membres présente un cas célèbre or en ce mois d’automne pluvieux c’est au tour d’Aurora. Elle choisit l’affaire Wallace. Quelle surprise lorsqu’elle découvre, le corps de Mamie, l’une des membres du club, exactement assassinée de la même manière que la victime dans l’affaire Wallace! Bientôt les meurtres se succèdent dans la petite ville. Le meurtrier prend un plaisir à tuer ses victimes en imitant des assassinats célèbres. Les mises en scène sont de plus en plus macabres. Aurora va mener l’enquête….

J’ai trouvé l’intrigue assez bien menée du début à la fin. Le meurtrier copie des meurtres anciens et prend un certain plaisir à la faire. L’auteur ne fait pas dans la dentelle et n’épargne pas son héroïne. En effet, les meurtres sont de plus en plus cruels. J’ai beaucoup aimé ce parti pris de l’auteur. On aurait pu croire que l’histoire allait être édulcorée. Bien au contraire, on nous fait sentir l’ombre et la dangerosité du meurtrier tout au long du livre. D’ailleurs, dès le début, on ne nous cache pas que le meurtrier est sûrement l’un des membres du club des amateurs de meurtres. J’ai beaucoup aimé être dans la confidence dès le départ: ma lecture a été active et j’ai tenté, moi aussi, de démasquer le tueur. J’ai d’ailleurs trouvé son identité au 3/4 du roman ce qui ne m’a pas déçue du tout. Au contraire, la révélation de l’identité du meurtrier n’est pas tirée par les cheveux pour une fois et tient d’un bout à l’autre!

Le personnage d’Aurora m’a aussi beaucoup plu. Elle a d’abord un patronyme qui lui va à ravir! Elle s’avère également attachante et assez drôle. Aurora a une vie confortable mais un peu casanière. Elle est bibliothécaire dans sa ville et vit entourée de romans. Aussi, quand le premier meurtre est commis, elle n’hésite pas à se lancer dans l’enquête et à risquer sa vie. Tout reste bien sûr dans la mesure des choses. Pas de super héroïne ici mais une jeune femme qui cherche à faire la lumière sur ce qui se passe dans sa ville. Elle reste à notre portée de lecteur avec ses peurs et ses faiblesses et c’est plutôt appréciable! L’auteur n’hésite d’ailleurs pas à mêler un peu d’humour à son histoire macabre puisque la sage Aurora va se retrouver coincée entre deux hommes qu’elle apprécie fortement sans savoir lequel choisir!

C’est enfin l’ambiance générale du roman qui m’a le plus accrochée. J’ai adoré cette pluie, ce brouillard, ces thés chauds au coin du feu, ces confidences au détour d’un rayon de bibliothèque. J’ai été plongée dans une ambiance qui collait parfaitement au moment de ma lecture. J’ai imaginé sans peine l’appartement cosy d’Aurora, rempli de bouquins; cette petite ville de Géorgie dans laquelle tout le monde se connaît; cette petite bibliothèque d’où parte pas mal de rumeurs! J’avais hâte de retrouver ma lecture le soir venu….

A ma grande surprise, ce premier tome m’a énormément plu et reste une belle découverte. Je me lancerai volontiers dans les suivants!

 

 

L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

   L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May,

   Publié aux éditions Babel,

   2013, 432 pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans.
Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair.
Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod.

 

C’est dans le cadre de mon book club du mois de juin que j’ai lu ce polar. Le thème est en effet de lire un roman d’un auteur écossais ou un roman qui se déroule en Écosse. Avec L’île des chasseurs d’oiseaux je fais coup double puisque Peter May est écossais et que son intrigue se déroule sur l’île écossaise de Lewis.

L’intrigue commence à Edimbourg. Fin McLeod est inspecteur de police. Il est chargé d’une enquête particulièrement horrible: on a retrouvé le corps d’un homme éventré et pendu. Fin est bientôt appelé sur les lieux d’un crime similaire mais cette fois-ci sur l’île de Lewis, son île natale. C’est un ancien camarade de classe, Ange McRichtie, une brute épaisse que tout le monde détestait, qui est retrouvé mort de la même manière. Fin prend le premier avion et s’envole pour Lewis.

Ce qui est d’abord étonnant dans ce polar, c’est la narration adoptée par l’auteur. Les chapitres alternent entre deux points de vue différents. Quand il s’agit de l’enquête menée par Fin, le point de vue adopté est externe. On suit Fin dans ses interrogatoires, sur le terrain. Il parcourt la lande de l’île de Lewis avec un autre inspecteur, George Gunn. L’enquête se révèle alors de facture classique: suspicion, interrogation des témoins, fausses pistes, revirements de situation. Cependant, l’enquête progresse lentement et on se rend bien vite compte qu’elle n’est pas au cœur du roman. Elle est même presque à l’arrière-plan. En effet, ce qui devient particulièrement intéressant, c’est finalement le passé de Fin lié à l’île.

C’est là qu’interviennent les chapitres racontés du point de vue de Fin. C’est lui qui prend alors la parole pour nous plonger dans son propre passé. On suit avec passion et beaucoup d’intérêt la vie de Fin. Il remonte assez loin dans son enfance pour nous raconter sa vie sur l’île: ses parents décédés alors qu’il n’avait que huit ans, son amour de jeunesse pour Marsaili, sa relation étrange avec Artair et ce fameux jour sur l’île de An Sgeir qui verra sa vie basculer.

De ce fait, c’est surtout l’histoire personnelle de Fin qui m’a le plus intéressée. Je l’ai dit plus haut, l’enquête sur la mort d’Ange devient quasi secondaire. En réalité, l’auteur nous happe avec le passé de Fin. En effet, pour comprendre sa situation actuelle, il faut se plonger dans son passé chaotique et torturé. J’ai vraiment adoré les moments dans lesquels Fin se remémore sa jeunesse. Il nous immerge dans une Écosse encore profondément ancrée dans la religion. Le dimanche est consacré à la prière. Le poids des traditions est très lourd. J’ai d’ailleurs été étonnée par certaines coutumes. Les femmes ne peuvent pas pénétrer dans le cimetière lors d’un enterrement par exemple. La vie décrite par Fin est très rurale, très sommaire. Sur l’île de Lewis, il y a peu de perspectives d’avenir réjouissant. On élève les moutons, on se chauffe grâce à la tourbe, on vit du produit de la pêche. Fin nous raconte la manière dont il s’est extirpé de tous ces dogmes. Il a eu la chance de quitter l’île contrairement à ses camarades de classe qui y sont restés.

Au cours de son enquête, Fin va devoir remuer le passé. Ce qu’il a oublié ou ce qu’il n’a pas voulu voir va refaire surface. C’est assez bien amené par l’auteur. L’enquête sur la mort d’Ange et le passé de Fin se rejoignent d’une manière assez inattendue.

J’ai cependant peu apprécié la conclusion de l’enquête qui m’a paru incongrue voire un peu bâclée. Les derniers mots prononcés par Fin sonnent faux quand on connaît le contexte de l’histoire. J’ai eu l’impression que l’auteur voulait absolument un happy end. C’est dommage car j’avais apprécié tout au long du roman la tristesse, le gris de cette île battue par les vents, aux personnages rudes et accablés par leur situation.

L’île des chasseurs d’oiseaux est presque un sans faute pour moi. Malgré une intrigue policière secondaire, j’ai adoré me plonger dans le passé torturé de Fin et en apprendre plus sur cette fameuse île de Lewis.

 

Délivrance de Jussi Adler Olsen

    Délivrance de Jussi Adler-Olsen,

   Publié aux éditions Le Livre de Poche,

   2015, 744 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Wick, aux confins de l’Ecosse, une bouteille en verre dépoli traine depuis des années sur le rebord d’une fenêtre du commissariat. A l’intérieur, une lettre que personne n’a remarquée. Et quand on l’ouvre enfin, personne ne se préoccupe non plus de savoir pourquoi les premiers mots, Au secours, sont écrits en lettres de sang et en danois…
La lettre finit par arriver sur le bureau des affaires classées de Copenhague où l’inspecteur Carl Mørck croit à une mauvaise plaisanterie. Mais quand Carl et ses assistants, Assad et Rose, commencent à déchiffrer le message, ils réalisent qu’il a été écrit par un jeune garçon enlevé avec son frère dans les années 90. Cet SOS serait leur dernier signe de vie. Qui étaient-ils ? Pourquoi leur disparition n’a-t-elle jamais été signalée ? Sont-ils encore en vie ?
Carl et Assad progressent lentement dans l’univers glacé et calculateur du kidnappeur pour découvrir que le monstre est encore en activité.

Délivrance est la troisième enquête du département V menée par le lieutenant de police Carl Morck et son assistant Assad. J’avais clairement eu le coup de cœur pour le premier tome Miséricorde et le deuxième Profanation (non chroniqués). La découverte des personnages et l’ambiance des romans m’avaient vraiment séduites. En outre, les enquêtes s’étaient avérées palpitantes et très réussies.

Avec Délivrance, je n’ai pas été aussi conquise. Je n’ai pas été déçue non plus mais il a manqué un petit quelque chose pour qu’il soit à la hauteur des deux premiers tomes. Je l’ai tout de même lu d’une traite (en seulement 4 jours) mais c’est décidément l’enquêté menée par les policiers à laquelle je reproche de manquer de peps.

Dans Délivrance, tout commence par le repêchage d’une bouteille en verre dans la mer d’Écosse. La bouteille en question contient un message écrit avec du sang, un SOS. C’est seulement une quinzaine d’années après sa découverte – la bouteille ayant été oubliée sur le rebord d’une fenêtre – que Carl Morck va se pencher sur ce message troublant.

Au départ, il pense qu’il s’agit d’un canular de gosse et laisse de côté la bouteille pour se concentrer sur d’autres enquêtes plus importantes. C’est son assistant Assad qui va prendre les choses en main et décrypter le fameux message écrit en lettres de sang. L’intrigue est donc longue à se mettre en place au départ car Carl Morck hésite, tergiverse, part dans d’autres directions pour enfin se concentrer après une bonne centaine de pages sur cette fameuse bouteille. J’ai du coup eu l’impression de « perdre » du temps et que l’auteur voulait retarder les choses, noyer un peu le poisson avant de lancer activement son enquête. C’est dommage car le roman perd du rythme et certains lecteurs peuvent être tentés de décrocher.

De plus, cette histoire de bouteille à la mer repêchée puis exploitée près de 15 ans après sa découverte m’a paru tirée par les cheveux. Je ne suis pas sûre que la police est réellement du temps à consacrer à ce genre de cas. Certes, l’intrigue va s’avérer passionnante par la suite mais elle aurait pu commencer autrement que par ce drôle de SOS.

En parallèle de l’enquête, l’auteur introduit son « méchant » de l’histoire en lui consacrant des chapitres assez longs. C’est ce que j’apprécie chez l’auteur. Pour chaque enquête on sait finalement qui est le coupable et quelles sont ses motivations. Il n’y a pas de grandes révélations à la toute fin du livre comme dans d’autres polars et c’est pour moi la plus grande force de l’auteur. Son roman repose en effet sur la façon dans les policiers vont enquêter et remonter jusqu’au suspect. Dans Délivrance, l’auteur nous plonge dans le cerveau malade d’un sérial killer qui s’en prend aux membres de sectes religieuses. Peu importe lesquelles: il les honnit toutes. De nombreux flash back sur son passé personnel nous en dire d’ailleurs plus.

Je n’ai en revanche pas adhéré aux chapitres qui donnait la voix à la compagne du serial killer. Certes ils sont là pour témoigner de sa perversité et de son talent de dissimulation mais encore une fois, ils sèment le trouble dans la lecture et retarde pas mal l’avancée des choses. Au début de ma lecture, je me demandais même à quoi ils pouvaient servir: combler des chapitres? Donner des informations essentielles pour la suite? Je ne savais qu’en penser. Ils ne sont en tout cas pas capitaux pour le bon déroulement du roman.

Côté personnage, j’ai quand même adoré retrouvé Assad, le Syrien exilé au Danemark. Il a un côté « rafraîchissant »: c’est un personnage qui en sait plus qu’il ne le laisse entendre, débrouillard et qui cache pas mal de secrets. J’ai hâte de connaître le fin mot de son histoire dans les tomes suivants. Il vient donner un peu plus de peps à côté d’un Carl Morck toujours aussi sérieux et sombre, voire plus noir que dans les autres livres.

Quant à Rose, la nouvelle assistante, j’avoue ne pas avoir été convaincue par son trouble de la personnalité qui tombe, selon moi, comme un cheveu sur la soupe. Ce trait de personnalité sera peut être mieux exploité dans les livres à venir mais pour le moment je n’ai pas tout à fait compris les intentions de l’auteur.

J’ai apprécié ma lecture et l’ai dévoré en quelques jours même si l’intrigue a été longue à se mettre en place. Pour moi, Délivrance reste un poil en-dessous des deux premiers tomes. J’ai tout de même hâte de retrouver les personnages de la série dans les prochains volumes.