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Toujours un livre à la main


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Fille d’Hécate, Tome 1 de Cécile Guillot

  Fille d’Hécate, Tome 1 de Cécile Guillot,

  Publié aux éditions du Chat noir,

  2013, 138 pages,

  Pour l’acheter: Fille d’Hécate

 

 

 

 

 

Je croyais n’être qu’une étudiante ordinaire et sans doute trop renfermée. Et puis, il a eu cette expérience étrange, la découverte de mon don… Maintenant je dois apprendre à m’accomplir en tant que sorcière, développer mes pouvoirs et trouver ma place en ce monde. Tout aurait-été parfait s’il n’y avait pas eu ces cauchemars et ces malaises. Quelqu’un cherche à me nuire ! Mais qui pourrait bien me harceler ainsi ?
Et, pour ne rien arranger, j’ai aussi un mémoire à écrire pour valider ma dernière année de psycho. Ma vie n’est vraiment plus de tout repos !"

Maëlys nous ouvre les portes d’un univers étrange et déroutant, celui de la Wicca. La quête spirituelle qui est sienne va l’exposer à des menaces insoupçonnées. Surtout que le destin pourrait bien placer sur son chemin, les clés qui l’aideront à résoudre les mystères d’une existence parsemée d’ombres… Car, une sorcière peut-elle s’épanouir coupée de ses racines, ignorante d’un passé dont pourrait dépendre l’avenir ?

 

J’ai profité d’une promotion aux éditions du Chat noir pour m’offrir les deux tomes de Fille d’Hécate. J’ai lu beaucoup de critiques positives sur ce roman et j’ai vraiment eu envie de me lancer à mon tour dans l’aventure.

Ce premier tome met en scène Maëlys. C’est une jeune fille plutôt solitaire. Elle a perdu ses parents adoptifs dans un accident et depuis, elle vit seule, dans son appartement à Aix en Provence. Maëlys fait des études de psychologie et au cours d’une expérience, elle apprend qu’elle possède certains dons et qu’elle n’est autre qu’une sorcière.

Dès le début du roman, j’ai accroché avec l’héroïne. Elle paraît tout de suite attachante. Peu sûre d’elle, solitaire, elle traîne un passé assez lourd. C’est une fille simple comme on en croise chaque jour dans la rue. J’ai beaucoup apprécié ce parti pris de l’auteur qui n’en fait pas tout de suite une super héroïne aux pouvoirs illimités. Au contraire, Maëlys est une jeune femme qui au départ refuse "son pouvoir". Petit à petit, elle l’apprivoise et se fait à l’idée qu’elle est une sorcière.

Ce premier tome est donc un tome de découverte, d’apprentissage. Maëlys va se découvrir et entrevoir un petit pan de son passé. Elle va être aidée par une amie, elle aussi sorcière qui va lui révéler certaines choses et lui enseigner l’existence de la wicca, un courant plus ou moins religieux qui fait la part belle aux sorcières. Tout comme Maëlys, le lecteur est pris par la main et guidé à travers les méandres de la wicca. Sans jamais être pédant ou ennuyant, l’auteur nous fait découvrir ce monde à part.

J’ai aussi beaucoup apprécié que l’intrigue se déroule à Aix en Provence et à Marseille. J’habite tout à côté et j’ai adoré retrouver à travers le livre les rues, les magasins dans lesquels Maëlys déambule. L’auteur donne de nombreux détails et c’est un plaisir de voir sa ville décrite sur les pages du roman et parcourue par l’héroïne.

J’aurais juste un reproche à faire à ce premier tome: l’enchaînement des événements est parfois trop rapide, trop grossier. En effet, dès les toutes premières pages, Maëlys apprend son don de sorcellerie. L’intrigue aurait pu être plus développée. C’est dommage car l’effet est quelque part un peu gâché. De même, la fin du livre apparaît comme très visuelle. L’intrigue se termine rapidement, les péripéties s’enchaînent trop vite. Là aussi, l’auteur aurait pu ajouter quelques pages pour rendre plus crédible son histoire.

C’est presque un sans faute pour cette lecture. Hormis quelques petits défauts, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Maëlys et j’ai hâte de continuer avec le tome 2 qui m’attend dans ma liseuse.


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Les Errants, tome 1 de Denis Labbé

  Les Errants, tome 1 de Denis Labbé,

  Publié aux éditions du Chat Noir,

  286 pages, 2013,

  Pour l’acheter: Les Errants, tome 1

 

 

 

 

 

Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.

 

J’ai profité de la promo opérée par les éditions du Chat noir sur leurs ebooks pour m’offrir le premier tome des Errants. J’avais déjà lu Petit Papa errant du même auteur, une petite nouvelle gratuite, qui m’avait bien plu. Si j’ai aimé le début de ce premier tome, j’ai au final été plutôt déçue.

L’idée de départ est assez bonne. Quelques lycéens, accompagnés de leurs professeurs, vont visiter le camp du Struthof. Cette sortie pédagogique n’est pas vraiment du goût de Marion, la narratrice, mais elle voit là une occasion de s’amuser. Autour d’elle, peu d’élèves semblent peu concernés par l’Histoire du lieu. Les uns et les autres préfèrent flirter, s’amuser ou singer la terrible prof qui leur sert de chaperon. Tandis que les groupes s’organisent et se dispersent dans tout le camp, Marion fait plus ample connaissance avec ses camarades. Elle apparaît désorientée car sa meilleure amie ne figure pas dans son groupe. Peu importe, il lui faut écouter le blabla inintéressant du prof.

A la pause déjeuner, tous les élèves sont sensés se retrouver or il en manque une bonne partie. Marion assiste aussi à une scène étrange. Des employés du Struthof sortent du camp en trombe, semblant fuir quelque chose. Les ennuis commencent alors pour Marion qui ne peut s’empêcher de fouiner. Elle s’aperçoit très vite qu’un danger les menace tous: une épidémie qui semble réduire les humains à l’état de zombie…

Si l’idée de départ est plutôt bonne (des expériences menées pendant la seconde guerre mondiale qui auraient mal finies), on tourne finalement vite en rond. J’aurais d’abord tendance à dire que la cible du roman est plutôt les ados. En effet, je n’ai pas été touchée par les personnages qui sont tous lycéens. Leurs répliques sont celles d’ados de leur âge (et c’est bien normal) et sont parfois lourdes. En outre, Marion, la jeune narratrice apparaît bien obnubilée par ses histoires de cœur. Soit, dans tous romans, il y a le spectre d’une histoire d’amour contrariée ou en devenir mais j’ai trouvé que cette préoccupation revenait trop souvent. Quand on doit sauver sa peau, on ne passe pas son temps à essayer de plaire ou à se demander ce que trucmuche va penser de notre attitude, de notre look. C’est dommage car ce côté bluette décrédibilise pas mal les personnages et l’enjeu du roman à savoir la survie.

La manière dont l’auteur amène l’apparition des zombies est bien trouvée et originale. En revanche, l’intrigue tourne vite en rond. Passé les premières paniques, l’organisation et la fuite, le scénario est toujours le même: arrivée dans une ville, attaque des zombies, défense puis fuite. Bref, je me suis un peu ennuyée et j’ai attendu, en vain, que l’intrigue décolle enfin! De même, l’auteur veut faire passer ses personnages ados pour des héros. J’ai bien compris que l’enjeu du roman était qu’ils s’en sortent par eux-mêmes mais les adultes passent au final pour des abrutis/incapables/idiots (à vous de cocher le bon terme). Les adultes semblent être doués pour courir en tous sens et se faire tuer très rapidement.

C’est donc raté pour moi. Si j’ai aimé l’intrigue en générale, je n’ai en revanche pas du tout adhéré aux personnages et j’ai trouvé que le scénario tournait en boucle. L’auteur du roman a prévu une suite, j’espère que dans celle-ci les choses s’accéléreront.


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Incubes d’Anthony Holay

  Incubes d’Anthony Holay,

  Publié aux éditions House Made of Dawn,

  2014,

  Pour l’acheter: Incubes

 

 

 

 

Un couple, qui vient de perdre leur enfant, décide de s’isoler du monde en louant un chalet à la montagne pour les vacances. Mais, tandis que la femme se remet difficilement de ce deuil, l’homme commence à percevoir des formes inquiétantes dans l’obscurité…

Je tiens d’abord à remercier l’auteur qui m’a fait confiance en m’offrant cet ebook. Je n’ai pas l’habitude de lire des romans ou des nouvelles horrifiques. L’hémoglobine en cascade ne me plaît guère mais l’auteur m’a rassurée sur ce point en m’assurant que beaucoup de choses étaient suggérées. Bon point pour lui car c’est le cas!

Dans cette novella, Anthony Holay met en scène un couple qui tente de se reconstruire après la perte d’un enfant mort-né. Le narrateur a organisé un petit séjour à la montagne avec sa femme Justine. Dès le départ, l’auteur pose le cadre: le chalet choisi est isolé, à des kilomètres du premier village. Le téléphone ne passe pas et les conditions météo se dégradent: il neige du soir au matin. Les éléments sont donc tous réunis pour que la novella devienne un huis-clos angoissant, laissant les personnages aux prises avec d’étranges démons.

J’ai aimé cette façon qu’a eu l’auteur de poser les choses. L’angoisse monte petit à petit. Le narrateur remarque peu à peu certaines choses étranges. Il y a d’abord cette fenêtre qui s’ouvre d’un seul coup, en plein milieu de la nuit, et qu’il n’arrive pas à refermer. Il y a aussi cette étrange torpeur qui semble envahir sa femme: elle passe de nombreuses heures à dormir et sa peau devient de plus en plus translucide. Il y a enfin ces empreintes dans la neige en forme de trident. Étranges…..

Je n’en dirai pas plus sous peine de dévoiler la suite du récit. Je regrette simplement que cette novella ne soit demeurée qu’une novella. En effet, le format oblige concision et rapidité d’action or certains événements s’enchaînent trop rapidement à mon goût et c’est dommage. Un roman, forcément plus long, aurait donné lieu à plus d’angoisse, plus de tension et de développements intéressants. Le personnage principal par exemple aurait gagné à être davantage développé. Il se prend de passion pour un étrange alcool que lui a laissé le propriétaire du chalet. L’auteur joue d’ailleurs assez bien avec le rôle de cet alcool maison dans l’intrigue. Le narrateur abuserait-il trop de la boisson? L’auteur sème le doute dans l’esprit du lecteur jusqu’à la fin. Cette hypothèse est abordée mais pas assez exploitée. Je le répète encore une fois, c’est bien le format choisi qui est en cause ici et non l’histoire. Peut-être qu’une version plus longue serait envisageable?

Le style de l’auteur n’est pas encore parfait mais reste fluide et bien écrit. J’ai tiqué sur quelques comparaisons malheureuses mais rien de très grave en soi.

Dans l’ensemble, Incubes est une novella intéressante. Certes, l’auteur ne renouvelle pas le genre mais il l’exploite à sa manière et laisse présager de bons augures pour ces futures parutions! J’ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à cette lecture et je remercie une fois de plus l’auteur de m’avoir permis de lire cette novella.


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Nous sommes tous morts de Salomon de Izarra

  Nous sommes tous morts de Salomon de Izarra,

  Publié aux éditions Rivages,

  2014, 131 pages,

  Pour l’acheter: Nous sommes tous morts

 

 

 

 

 

Nous sommes tous morts est le journal de bord de Nathaniel Nordnight, jeune second du baleinier Providence. Le voyage tourne au cauchemar lorsque le bateau est pris dans les glaces. Entre un récit d’aventure à la Stevenson et un roman d’épouvante lovecraftien.

Quelle révélation! Salomon de Izarra nous offre à travers son roman un petit bijou d’horreur, de fascination morbide, de frissons. Le titre donne déjà le ton. "Nous sommes tous morts" sont les premières paroles prononcées par le narrateur Nathaniel. Ce dernier s’est embarqué sur un baleinier "La Providence". Alors que tout se déroule pour le mieux, l’équipage essuie une violente tempête. Le lendemain, au réveil, les marins se rendent compte que leur bateau est emprisonné par une mer de glace. Impossible de s’en extraire!

Comment cela est-il possible d’ailleurs? Le capitaine assure que le bateau n’a pu dériver en aussi peu de temps aussi loin vers le pôle nord. Alors chacun fait des hypothèses. Et puis, il y a cette brume à perte de vue qui ne laisse deviner que des contours, et ces marins retrouvés le matin en état catatonique, pupilles grandes ouvertes comme gorgées d’horreur. Qu’ont-ils vu? Où se trouvent-ils désormais? Dans les limbes, au purgatoire ou en enfer comme le laisse sous-entendre le pieux capitaine? Et que dire de cette glace qui semble vivante et qui grignote peu à peu le bateau?

Salomon de Izarra sème le doute chez ses personnages et chez le lecteur. Ce qui devait être une formidable expédition pleine d’aventures devient un huis-clos, angoissant, tétanisant où chaque homme devient peu à peu fou. Nathaniel et ses camarades vont devoir se sacrifier et renoncer à leur humanité jusqu’au dernier tabou…

L’auteur embarque son lecteur dans une aventure peuplée de fantômes, de ténèbres, d’angoisse. On frissonne, on se pose des questions, on se demande si les marins vivent cette réalité décalée ou la rêvent. Bref, on navigue en plein dans le fantastique. La tension monte petit à petit jusqu’à l’explosion, la révélation finale.

L’auteur a su créer une ambiance vaporeuse, faite de brume et de glace qui permet de ressentir le froid, la peur. Il joue avec les nerfs du lecteur et ceux de Nathaniel, son narrateur. Sa maîtrise du genre vaut vraiment le coup d’œil et ne laissera pas insensible quiconque osera franchir cette mer de glace…


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Le Lys de Brooklyn de Betty Smith

  Le Lys de Brooklyn de Betty Smith,

  Publié aux éditions Belfond,

  2014, 708 pages,

  Pour l’acheter: Le Lys de Brooklyn

 

 

 

 

Dans le quartier de Williamsburg, Brooklyn, entre 1912 et 1920. Francie Nolan a 9 ans, des rêves plein la tête, un optimisme à toute épreuve et une envie un peu folle : écrire. Écrire sur sa mère, Katie, qui sait insuffler de la poésie dans leur quotidien ; sur Johnny, son père, son héros, la plus belle voix de Brooklyn ; sur Neeley, son petit frère, un débrouillard qui court les rues avec ses copains ; sur ses tantes, la douce Evy qui a marié le laitier et la pétulante Sissy, qui collectionne les « John », des fiancés si éphémères qu’elle ne prend plus la peine de retenir leur véritable prénom ; sur l’arbre dans la cour, dans lequel elle s’abrite du soleil en été ; sur Williamsburg, son quartier, où tout le monde se connaît et s’entraide. Mais Francie voudrait aussi pouvoir écrire la vérité : sur sa mère qui s’use les mains à faire des ménages ; sur son père qui dépense le peu d’argent qu’il gagne au café du coin ; sur Neeley et les petits de Williamsburg qui fouinent, fouillent, volent ferrailles et haillons pour les revendre aux chiffonniers ; sur la faim qui les tenaille jour après jour ; sur ces hivers où il fait si froid ; sur Williamsburg, le quartier le plus misérable de New York, celui où échouent tous les immigrants venus chercher fortune en Amérique. Alors Francie va lire tous les livres de la bibliothèque, écouter toutes les histoires de sa grand-mère, observer toute la vie de Williamsburg, avant de réussir à trouver sa voix…

 

S’il y a un livre que vous devez lire cet été, c’est celui-là. Le Lys de Brooklyn est une perle, un trésor, un biscuit savoureux qui fond sous la langue. Ce classique de la littérature américaine est étudié dans les lycées et les universités américaines au même titre que Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee.

Dans son roman, Betty Smith raconte la vie de Francie entre 1912 et 1920. Francie est américaine mais d’origine irlandaise. Elle vit à Brooklyn avec son père Johnny, sa mère Katie et son frère Neeley. La vie de Francie est plutôt misérable. Johnny, le père, est alcoolique. Il est serveur et chanteur dans des réceptions et ne parvient pas à garder un emploi plus d’un mois. Katie, la mère, fait des ménages. Elle reste dévouée à son mari même si elle sent que l’amour s’éteint petit à petit. Quant à Neeley et Francie, ils essaient eux aussi de ramener un peu d’argent en ramassant chiffons et métaux qu’ils revendent afin de gagner quelques sous.

Betty Smith peint avec amour mais aussi cruauté la vie de cette famille pauvre. Même s’ils ont peu d’argent, les Nolan semblent heureux. Ils sont soudés et les petits riens du quotidien font leur bonheur. Ils tentent de s’en sortir par tous les moyens et Katie ne souhaitent qu’une chose: que ses enfants fassent des études pour s’élever dans la société. En effet, sa propre mère, illettrée, lui a répété que l’ascension sociale se ferait par l’instruction. Aussi, Katie impose à ses deux enfants de lire chaque soir une page de la Bible et une page de Shakespeare! Francie est ainsi capable de déclamer des vers tirés des pièces du célèbre dramaturge!

Francie sera ainsi animée d’une rage de s’en sortir tout au long du roman. Elle est vive et intelligente. Elle décide de lire tous les livres de la bibliothèque de quartier dans l’ordre alphabétique. Elle emporte le livre choisi sur son balcon et là, calée entre deux coussins, elle lit et dévore le monde des yeux. Elle observe tout: la voisine qui se prépare pour sortir, le laitier qui revient de sa tournée, les femmes qui étendent leur linge.

Au-delà de la vie de Francie, Betty Smith nous offre un panorama de la société américaine au début du 20ème siècle. L’illettrisme, l’ignorance, la violence sont les codes qui semblent régir ce quartier de Brooklyn. Mais il y a aussi la solidarité, l’amour. Ces hommes et ces femmes sont pauvres mais tentent de s’en sortir dignement à l’image de Katie qui refuse toute charité.

Betty Smith entraîne son lecteur jusqu’aux portes de la 1ère guerre mondiale à travers le regard de Francie. Cette jeune fille pose un regard à la fois naïf et réaliste sur le monde qui l’entoure. Elle a connu la pauvreté, elle connaîtra l’aisance mais elle n’oubliera pas ses racines.

Dans con roman, Betty Smith nous fait vivre quelques heures de ce quartier de Brooklyn. Francie devient une adulte qui peu à peu prend conscience du monde qui l’entoure et qui réussit grâce aux livres et à l’écriture. L’auteur nous offre un roman magnifique, envoûtant qui donne l’impression que les personnages nous appartiennent un peu et qu’ils font partie de notre famille.


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Le journal du Colonel Brandon d’Amanda Grange

  Le Journal du Colonel Brandon d’Amanda Grange,

  Publié aux éditions Milady,

  2013, 384 pages,

  Pour l’acheter: Le Journal du Colonel Brandon

 

 

 

 

 

 

James Brandon nous livre son désespoir : la femme qu’il aime, Eliza, est contrainte d’épouser son frère. Il s’engage alors dans l’armée et s’exile aux Indes pendant de longues années. De retour en Angleterre, il recueille la fille d’Eliza, devenue orpheline, et tombe sous le charme de l’impétueuse Miss Marianne Dashwood. Mais cette dernière lui préfère le beau Willoughby qui a déjà, par le passé, causé du tort au colonel Brandon…

 

Que de temps ce livre a passé dans ma PAL! J’ai eu le courage de le sortir et je ne suis pas déçue. Du même auteur et dans le même style, j’avais lu Le Journal de Monsieur Darcy. Cette fois-ci, il s’agit du journal du colonel Brandon, personnage de Raison et sentiments de Jane Austen.

L’intrigue débute alors que le colonel Brandon est fou amoureux d’une jeune fille, Eliza. Malheureusement, celle-ci est promise à son rustre de frère. Par dépit amoureux, il s’engage dans l’armée. Plusieurs années plus tard, il revient en Angleterre et s’occupe de sa pupille Eliza, la fille de la femme qu’il aimait et morte depuis (elle-même s’appelant Eliza). Il rencontre alors les sœurs Dashwood et tombe bien vite amoureux de Marianne…

Au début de ma lecture, je me suis demandée où l’auteur voulait nous emmener. En effet, James nous raconte sa vie: son amour pour Eliza puis son dépit et sa fuite en Inde, ses retrouvailles au fin fond d’une prison avec l’amour de sa vie et enfin l’adoption de sa pupille. Le tout est mené tambour battant, d’une manière très très romanesque! James Brandon apparaît comme un personnage bourré d’idéaux et extrêmement romantique.

C’est lorsqu’il rencontre les sœurs Dashwood que l’intrigue devient véritablement intéressante. En effet, très vite, il tombe amoureux de Marianne mais il a un concurrent de taille: Willoughby. Brandon va très vite découvrir qu’il s’agit d’un escroc, d’un séducteur qui aime séduire et délaisser ses amantes une fois lassé de leurs charmes. Tout va consister pour Brandon à tenter de confondre ce Willoughby. L’auteur en dresse d’ailleurs un portrait très noir, à charge. Willoughby incarne un être presque maléfique, un Dom Juan corrompu jusqu’à la moelle. Il m’a d’ailleurs fait énormément penser à Wickham dans Orgueil et Préjugés.

Quant au colonel Brandon, j’ai été étonnée de la manière dont l’auteur a traité ce personnage. En effet, dans le roman Raison et Sentiments, il apparaît comme un personnage discret presque sans importance or l’auteur parvient à lui donner une véritable existence. Elle réussit à imaginer ses pensées et ses actes avec un certain talent. Elle comble les interrogations du lecteur et nous en dit plus sur ce personnage énigmatique.

Quelques passages m’ont cependant chagrinée. En effet, le colonel Brandon apparaît quelques fois comme un personnage un peu mièvre, chose que je n’avais pas ressenti dans Le Journal de Mr Darcy. L’auteur s’éloigne parfois de l’image qu’il renvoie pour en faire un être romantique, limite "cucul la praline"!

Hormis cette tendance à voir la vie en rose, j’ai réellement apprécié cette lecture, pas la meilleure du genre selon moi mais elle a au moins le mérite d’éclairer le lecteur sur la personnalité du colonel Brandon.

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