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Toujours un livre à la main


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Saga Harry Potter de J.K Rowling

Cet été, j’ai décidé de me lancer à nouveau dans la re(rere)lecture de la saga Harry Potter. Je ne compte plus les fois où j’ai lu tel ou tel tome. Mes souvenirs sont quand même un peu confus. Je profite donc de mes deux mois de vacances pour relire la saga en version numérique sur ma liseuse Kobo.

Plutôt que de chroniquer chaque tome, ce qui serait fastidieux et long et peut-être inintéressant tant ils ont été lus, je vais me contenter de vous livrer de minis avis au fur et à mesure de mes lectures.

 

Commençons donc par le 1er tome, Harry Potter à l’école des sorciers. C’est clairement un tome de mise en place des personnages et du monde de Harry. Ce 1er tome fait figure de grosse introduction et c’est bien normal étant donné la complexité de l’intrigue à venir et du monde imaginé par l’auteur. En relisant ce tome, je ne me rappelais plus vraiment de la cruauté des Dursley. Rowling insiste vraiment sur leur étroitesse d’esprit et leur manque de cœur. Elle en dresse un portrait vraiment noir.

Ce que je préfère dans ce tome, c’est découvrir en même temps que Harry le monde des sorciers. Comme le héros, le lecteur est novice en la matière. J’aime à chaque fois me plonger dans la découverte de Poudlard et dans tout ce qui fait la spécificité du monde magique de Harry. L’auteur parvient à rendre le tout très crédible et j’admire cette force d’écriture. Rien n’est laissé au hasard.

Quant à l’intrigue, elle est assez basique. Je m’étonne juste d’une chose. A priori Dumbledore semble bien au courant de ce que trafique Harry et ses amis or il n’intervient à aucun moment. Étrange pour ce grand maître de la magie!

 

 

Dans ce deuxième tome, les choses s’accélèrent. Harry a (un peu) grandi. Poudlard n’a presque plus de secrets pour lui. C’est dans ce tome qu’il fait une entrée fracassante au collège à bord de la voiture volante. J’aime beaucoup le début du roman quand Harry passe quelques jours chez les Weasley. Leur maison bancale pleine de ressources me fait rêver! L’intrigue se corse un peu plus. Cette fois-ci, Harry est confronté au souvenir de Voldemort qui revit à travers un journal intime maléfique. Il s’agira en fait d’un Horcruxe (voir les tomes 6 et 7). C’est dans ce tome qu’Harry comprend qu’il a hérité de certains pouvoirs de Voldemort comme la faculté de pouvoir parler le Fourchelang. La comparaison entre Harry et Tom Jedusor (alias Voldemort) est d’ailleurs assez troublante. L’épisode dans la forêt interdite avec l’araignée Aragog me dégoûte toujours autant. Enfin, j’adore le personnage de Gilderoy Lockhart: l’auteur prend énormément de plaisir à en faire un fanfaron doublé d’un imbécile. Le tome 2 est un tome que j’apprécie particulièrement pour cette touche d’humour.

 

 

Dans ce tome, l’atmosphère devient plus sombre. Harry Potter découvre l’existence de Sirius Black qui en veut à sa peau. Tout au long du roman, le lecteur se demande si Sirius est vraiment le psychopathe en puissance que l’on décrit. Du côté des nouveaux personnages, le Professeur Lupin apparaît. Si son nom de famille donne déjà un précieux indice sur son secret, Harry et ses amis ne vont par tarder à découvrir quelle est sa vraie nature. Lupin est un personnage que j’apprécie beaucoup. Il est à la fois doux, sensible et doué d’une grande puissance magique. C’est un personnage que l’on retrouvera par la suite. Ce tome met un peu de temps à se lancer d’autant plus que les premiers chapitres reviennent sur les derniers événements. Une fois que l’action est lancée cependant, elle ne s’arrête plus. C’est dans ce tome qu’Hermione utilise le fameux "retourneur de temps", objet magique que j’aimerais bien employer de temps à autre!! Encore une fois, la relecture de ce tome m’a énormément plu car elle annonce des événements terribles…

 

 

Ce tome-là amorce clairement le côté sombre de la saga. C’est d’ailleurs un des plus longs. Il commence par la coupe du monde de Quidditch qui permet à l’auteur de mentionner l’apparition de phénomènes liés à Voldemort. Il continue avec le tournoi des 3 sorciers organisés à Poudlard et auquel Harry participe bien malgré lui. Certes, il y a quelques longueurs dans ce tome 4 mais j’aime toujours autant me plonger dans les épreuves du tournoi aux côtés de Harry. J’admire une fois de plus l’imagination sans limite de J.K Rowling qui fait preuver d’ingéniosité et d’inventivité. C’est ici qu’on apprend l’existence d’autres écoles de sorcellerie notamment l’école française de Beauxbâtons aux vélanes envoûtantes.  J’aime aussi énormément relever les différents indices qui permettent d’identifier l’imposteur de Poudlard avant Harry et sa bande. C’est l’avantage d’avoir déjà lu le roman! Seul bémol: la quête d’Hermione en faveur des elfes de maison qui apporte de la distraction mais qui présente peu d’intérêt.

 

 

En cours de lecture…..

 

 


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Northanger Abbey de Jane Austen

  Nothanger Abbey de Jane Austen,

  édition Archipoche,

  2011, 355 pages,

  Pour l’acheter: Nothanger Abbey

 

 

 

 

 

Une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath, prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du cœur. L’héroïne se retrouve égarée au milieu de conjonctures qui la rabaissent aux yeux du lecteur. En toute occasion, elle se comporte en référence à son livre de chevet, ‘Les mystères d’Udolphe’ de Mrs Radcliffe.

J’ai eu la chance de recevoir pour mon anniversaire les deux tomes consacrés à Jane Austen dans la prestigieuse édition de la Pléiade. Le premier tome rassemble des œuvres connues comme Orgueil et préjugés mais aussi des œuvres de jeunesse.  J’ai donc commencé par le commencement et ce 1er tome débute par Nothanger Abbey.

Ce fut une totale découverte pour moi. Les seuls éléments que je connaissais à propos de ce roman portaient sur son caractère gothique dont Jane Austen se moque allégrement. Je ne connaissais rien à l’intrigue ou aux personnages et j’avoue avoir été conquise.

L’intrigue débute avec Catherine Morland. Elle est issue d’une famille nombreuse et modeste mais tout à fait respectable. Son parrain Mr Allen lui propose de l’accompagner en vacances à Bath. Ce sera l’occasion pour Catherine de tenir compagnie à Mrs Allen et de se divertir un peu. On suit donc Catherine dans son voyage à Bath. Une fois installée, elle accompagne Mrs Allen en ville ou dans les lieux publics où toute la bonne société se retrouve. Mrs Allen se plaint sans cesse de ne connaître personne et d’être seule à Bath mais bientôt les deux femmes font la connaissance d’Isabella Thorpe et de son frère. C’est le début d’une amitié entre Isabella et Catherine.

Ce qui surprend le plus dans ce roman, c’est l’extrême naïveté de Catherine. Elle apparaît dénuée de tout sens critique et de méchanceté à l’encontre de ceux qui l’entourent. Isabella devient bien vite son amie mais Catherine ne se rend en aucun compte qu’il s’agit d’une grande manipulatrice et séductrice. L’auteur prend un mal et un plaisir à jouer avec son héroïne en la mettant aux prises avec cette Isabella qui récite de beaux discours et de belles promesses mais qui ne tient jamais sa parole. Catherine lui trouve sans cesse des excuses afin de la disculper.

Le roman devient vraiment très drôle lorsque le frère d’Isabella s’en mêle. Il s’agit d’un garçon mal dégrossi, impoli qui tombe bien vite amoureux de Catherine et qui tente de la séduire en lui parlant de chiens de chasse et de chevaux. Fanfaron, menteur et maladroit, il passe vraiment pour l’imbécile de service. Catherine s’en rend vite compte cette fois-ci et cherche à tous prix à l’éviter. Elle l’esquive sans cesse lors des bals et c’est un plaisir de voir enfin notre héroïne sortir de sa réserve habituelle.

Au fur et à mesure, Catherine va en effet gagner en maturité et en confiance. En somme, Jane Austen nous livre ici une sorte de roman d’apprentissage car Catherine a du mal à se confronter à la réalité. Elle souhaiterait que sa vie se déroule comme dans les livres. Catherine lit beaucoup de romans en effet. Elle se passionne pour Le Château d’Udolphe d’Anne Radcliffe, un roman gothique très à la mode à l’époque. Jane Austen se moque d’ailleurs de ces lectures qui ne comportent que châteaux hantés et jeune filles effarouchées. Elle s’en moque mais en fait à la fois l’apologie car Northanger Abbey est avant tout une ode à la lecture. Tout au long de ce roman, Jane Austen n’oublie pas que Catherine reste son personnage et qu’elle peut en faire ce qu’elle veut. Elle le rappelle sans cesse au lecteur en émettant toutes sortes d’hypothèses avec ces mots: "Notre héroïne aurait pu…".

Même si l’extrême naïveté de Catherine a parfois de quoi décontenancer ou agacer le lecteur, j’ai adoré me plonger dans ce roman plein d’humour et d’auto-dérision. Une fois de plus la plume de Jane Austen a su faire mouche.


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Purespace, épisodes 1, 2 et 3 de Cécile Duquenne

  Purespace de Cécile Duquenne,

  éditions numériques Le Petit Caveau,

  2014,

  Pour l’acheter: Purespace

 

 

 

 

 

Reine du plus vaste clan d’Europe, Shereen est une vampire dont le but est d’offrir aux victimes une seconde chance, soit par la vengeance, soit par l’immortalité.
Elle tient plus que tout à son groupe, chaque membre étant quelqu’un qu’elle a sauvé des griffes de ses bourreaux.
Alors qu’elle vient de sauver une nouvelle victime de ses tortionnaires, son clan est attaqué par un véritable vaisseau spatial qui décime leurs rangs.
Cette invasion extra-terrestre semble viser uniquement les espèces surnaturelles. On les appelle les Purespaces.

 

Je me suis laissée convaincre une fois de plus par le talent de Cécile Duquenne. J’ai tenté l’aventure Purespace et j’ai adoré! Dans cette saga (pour l’instant 3 épisodes sont parus), nous suivons Shereen, une reine vampire. Elle a créé son clan qui s’élève à une centaine d’autres vampires jusqu’au jour où il se fait attaquer par une entité extraterrestre: les purespaces.

Au départ, nous faisons la connaissance de Shereen alors qu’elle cherche à sauver une jeune femme, kidnappée et portée disparue depuis plusieurs mois. Chaque jour, cette jeune femme reçoit "la visite" de ses bourreaux. Shereen, dont l’une des capacité est de pénétrer l’esprit des gens, décide de la sauver et d’en faire une vampire. On apprend plus tard que tout son groupe relève de ce même altruisme. Shereen ne transforme pas n’importe quel être humain. Rien n’est le fruit du hasard: elle privilégie ceux qui ont souffert. J’ai beaucoup aimé cette idée développée par l’auteur qui sort des clichés. Finalement Shereen a gardé un côté très humain malgré les apparences. Cet altruisme est d’ailleurs lié à son passé douloureux. Je ne vous révèlerai rien ici mais j’ai été scotchée par l’ingéniosité de l’auteur. Les pages qui retracent sa vie passée m’ont profondément émue et j’espère en apprendre plus dans les épisodes futurs.

L’intrigue de Purespace est donc construite autour d’un personnage féminin fort comme je les aime. Au-delà de Shereen, il y a aussi toute une galerie de portraits. Shereen est amie avec l’alpha d’un clan de loup-garou, Aramis, dandy distingué et intelligent. J’ai particulièrement aimé le clin d’œil au troubadour de la troupe de Shereen, Guilhem. C’est vraiment bien vu de la part de l’auteur. Comme d’habitude, les références littéraires sont légion et j’ai toujours plaisir à les débusquer.

Enfin l’intrigue générale est très bien trouvée. Le clan de Shereen est gravement menacé par une entité qui semblerait extraterrestre. Là encore, l’auteur cultive l’art du suspens et sait ménager son lecteur. Chaque épisode contient son lot d’action bien dosée, jamais surexploitée. Du grand art! Dans le dernier épisode, l’auteur ose même convoquer les états généraux des êtres surnaturels. C’est malin, intelligent et très fin.

Vous l’avez compris, j’ai adoré Purespace. J’ai hâte de découvrir les prochains épisodes.


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Fille d’Hécate, Tome 2: Le parfum du mal de Cécile Guillot

  Fille d’Hécate, Tome 2: Le parfum du mal de Cécile Guillot,

  éditions du Chat noir,

  2013, 160 pages,

  Pour l’acheter: Fille d’Hécate, Tome 2

 

 

 

 

«Il parait que je suis devenue une femme et une sorcière accomplie… pourtant j’ai besoin plus que jamais qu’Hécate guide mes pas. Me voilà au service de la police, à tenter d’élucider des meurtres grâce à mes pouvoirs naissants. Ajoutez à cela ma recherche de boulot et mon ex qui refait surface… Voilà de quoi être déboussolée ! » Après la découverte de ses dons d’empathie, Maëlys est propulsée au sein d’une enquête macabre : des jeunes filles ont été retrouvées atrocement mutilées, les scènes de crime évoquant la magie noire. Elle et ses amies vont devoir explorer les côtés les plus sombres de Marseille tandis que la vie sentimentale et professionnelle de notre héroïne ne fait que se compliquer de plus en plus…

Souvenez-vous… Il y a quelques jours, j’ai profité de la promotion des éditions du Chat Noir pour m’offrir les deux tome de Fille d’Hécate. J’ai lu et chroniqué le premier tome La voie de la sorcière que j’ai particulièrement aimé pour l’ambiance et l’intrigue. Hélas, ce second tome m’a bien déçue. Je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme du premier. Voici pourquoi.

Dans ce second tome, nous retrouvons notre héroïne Maëlys. Elle expérimente toujours ses nouveaux talents de sorcière. Au début du roman, elle est appelée par la police. Un crime horrible a été commis. Une jeune fille a été retrouvé égorgée dans une ruelle marseillaise avec une sorte d’inscription magique à ses côtés. L’inspecteur en charge de l’affaire demande à Maëlys d’essayer d’entrer en contact avec la morte afin d’en savoir plus.

J’ai trouvé que cette entrée en matière était spéciale. Maëlys a certes des pouvoirs de télépathie mais de là à ce que la police l’appelle pour résoudre un crime, il y a du chemin. J’ai trouvé cela étrange et décalé. Cette intrigue arrive comme un cheveu sur la soupe et ne semble pas vraiment réaliste.

La suite de l’histoire a confirmé mes doutes. Maëlys reprend son petit traintrain quotidien jusqu’à l’arrivée de son ex dans sa vie. Là aussi, l’intrigue manque de cohérence et d’organisation. On voit bien où l’auteur cherche à nous entraîner: le trio amoureux! Hé oui, comment y échapper? Il semblerait que ce soit le détour obligé pour qui veut construire une histoire d’amour. Alors qui de son ex ou du bel Alex, Maëlys choisira-t-elle? Cette situation ne m’a pas une seule fois émoustillée ni fait rêver mais plutôt gonflée. Je trouve cela dommage car l’intrigue retombe dans le mièvre, la bluette amoureuse sans intérêt.

Enfin, le dernier point négatif pour moi concerne la résolution de l’intrigue. Comme dans le premier tome tout va extrêmement vite. En deux pages, le tour est joué. Une fois de plus, l’héroïne se jette tête baissée dans le piège tendu pas "le méchant". Une fois de plus, elle est sauvée in extremis. Les dialogues qui accompagnent d’ailleurs son moment de bravoure sont, avouons-le, ridicules. Et puis je n’ai pas toujours vraiment compris ce que cherchait à obtenir le méchant de l’histoire: la fin du monde? Le pouvoir absolu? Bref, ça sent le réchauffé et ça manque d’idées.

J’avais vraiment apprécié le premier tome que j’avais trouvé rafraîchissant. Ce second tome n’a pas réussi à me convaincre. C’est vraiment dommage pour cette saga.


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Autres temps, Légendes oubliées de Sébastien Tissandier

  Autres Temps, Légendes oubliées de Sébastien Tissandier,

  Editions Boz’Dodor,

  2014,

  Pour l’acheter: Autres Temps, Légendes oubliées

 

 

 

Certaines légendes peuplent notre folklore et notre enfance : quelques unes nous ont marqués profondément, d’autres ont été oubliées depuis longtemps… Le chat aux yeux d’argent dévorera-t-il l’âme de la jeune Evangeline en échange de ses services ?
Quel lourd secret sera mis à jour par le père Martin en enquêtant sur le village d’Angles et sa bête mystérieuse ? Quelle créature a été réveillée sous un château basque perdu dans la brume ? Anton parviendra-t-il à tuer cette biche blanche, trophée convoité par tant de chasseurs avant lui ? Le destin de Séraphine aurait-il été différent si elle n’avait pas agi contre les règles imposées par la Compagnie ?
Le golem de Rabbi Löw changera-t-il les conditions de vie de son peuple et à quel prix ?
Plongez dans l’univers de ces légendes délaissées, où se mêlent créatures fantastiques et ambiance steampunk, cet univers caractéristique issu de la révolution industrielle, où les machines à vapeur dominent.

Dans ce recueil de nouvelles, l’auteur se propose de revisiter certaines légendes connues ou plus obscures de notre enfance. J’avoue que je n’en connaissais qu’une seule, celle de la biche blanche, et j’ai beaucoup aimé découvrir toutes ces légendes venant soit d’une région de France soit d’un autre pays. L’auteur parvient à nous entraîner dans son monde folklorique avec beaucoup de talent et il possède un certain art de conter toutes ces légendes.

Chaque nouvelle met en scène un personnage principal en proie avec un monstre, un être surnaturel. L’auteur n’hésite pas à verser dans les détails horrifiques quelques fois. C’est peut-être la seule chose qui m’a déplu dans ce recueil mais avouons que je suis une petite nature. Dans tous les cas, chaque légende apporte quelque chose de mystérieux, d’obscur et d’ambivalent.

J’ai bien sûr apprécié certaines nouvelles plus que d’autres. Ainsi la toute première nouvelle m’a beaucoup plus. Matagot, le chat diabolique raconte l’histoire d’une jeune fille qui fait un pacte avec un envoyé du diable, un chat noir. Celui-ci lui ramène chaque matin le double d’argent qu’elle lui a donné la veille à condition qu’elle lui serve du lait d’une femme allaitante et qu’elle le couvre de caresses. Bien entendu, la lassitude et l’appât du gain s’installent et on devine rapidement l’issue funeste de la nouvelle.

J’ai particulièrement aimé la nouvelle s’intitulant L’oiseau de métal. Une jeune minière trouve un jour un œuf. Lorsqu’il éclot, elle s’aperçoit que l’oiseau qui en est né est un oiseau en métal, couvert de pierres précieuses. La jeune fille et l’oiseau deviennent amis mais le destin va se mettre en travers de leur route. C’est peut-être la nouvelle qui m’a le plus émue car elle met en scène une jeune fille désintéressée qui se bat pour conserver son oiseau, bien plus précieux que tout l’or du monde.

Sans revenir sur chacune des nouvelles, j’ai aussi aimé Le chasseur et la biche, fable écologique, Le golem de Rabi Löw, récit également très émouvant. La seule nouvelle que je n’ai pas apprécié est Le trésor de Carcolh. Je ne lui ai pas trouvé grand intérêt car elle met principalement en scène une lutte entre des hommes et un monstre sanguinaire.

C’est avant tout le style de l’auteur qui m’a conquise. Il possède réellement le talent de conter et de nous entraîner dans son univers dès les premières pages. En outre, il n’hésite pas à mêler des éléments de steampunk à son récit, rendant le tout plus moderne, plus fluide.

Autres temps, légendes oubliées reste un recueil de nouvelles très sympathique. J’ai découvert et surtout redécouvert certaines légendes avec beaucoup de surprise. Merci aux éditions Boz’Dodor et à Livraddict de m’avoir permis de découvrir cet auteur et ce recueil de légendes.


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Les St. Charles de Molly Keane

  Les St. Charles de Molly Keane,

  Publié à La petite vermillon,

  2014, 388 pages,

  Pour l’acheter: Les St.Charles

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire des St Charles est celle d’une famille anglo-irlandaise, noble mais ruinée, vivant dans un mélange d’élégance et de décrépitude, et qui refuse de prendre en compte les réalités contemporaines. La narratrice, Aroon, est la fille de la maison. Mal aimée par sa mère, éperdue d’admiration pour son père, elle passera toute sa vie à Temple Alice, et finira par devenir une vieille fille dure, oscillant entre la nostalgie et la violence intérieure.
Derrière le monde de rêve et de bonnes manières que décrit Aroon, le lecteur devine la vérité des passions tragi-comiques qui détruisent les St. Charles.

 

Je connaissais déjà Molly Keane à travers son magnifique roman Et La vague les emporta. J’aime son style, ses intrigues, ses personnages. Elle critique la bonne société anglaise et irlandaise du début du 20ème siècle avec beaucoup d’objectivité et de cruauté. Dans son roman Les St. Charles, elle ne déroge pas à la règle.

Elle situe son roman en Irlande, dans une famille noble, les St. Charles. La famille occupe une vaste maison où les domestiques s’activent toute la journée. Le père est major dans l’armée. Il passe son temps à cheval pour chasser, pour parier. La mère est quand à elle toujours occupée par son jardin ou ses horribles peintures. Il y a enfin les deux enfants: Hubert et Aroon, la fille de la maison.

Aroon est la narratrice du roman. Elle apparaît comme une jeune femme peu sûre d’elle, renfermée, timide. En outre, elle est ronde, reproche à demi-voilé répété inlassablement par sa mère qui la condamne d’office à rester vieille fille. Comment s’affirmer dans cette famille avec un père plus préoccupé par ses chevaux que par sa femme et un fils beau, intelligent, ambitieux?

A travers ce roman, Molly Keane peint le quotidien d’une famille noble mais complètement désargentée et au bord de la ruine. Seule Aroon semble prendre conscience de la décrépitude qui guette sa famille. Ses parents font comme si de rien n’était: bals, dépenses fastueuses, gages des domestiques, rien n’arrête leur train de vie. Sa mère passe son temps à cacher les factures dans un tiroir pour ne pas voir la réalité des choses. La guerre de 14-18 va alors tout changer. Le père d’Aroon est mobilisé et reviendra avec une jambe amputée. Le faste de la famille semble alors s’écrouler.

J’aime particulièrement la façon dont Molly Keane dépeint l’envers du décor. Sous le vernis des bonnes manières, il y a la tromperie, le mépris, le déni. Et que dire des sentiments qui doivent être tus en toute circonstance? Dans la famille d’Aroon, il est malvenu de montrer son chagrin et ses larmes. Quand Aroon apprend le décès de son frère, les seuls mots de son père qui lit le télégramme seront: "je crois qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle". Aucun mot, aucune geste ne viendra réconforter Aroon. Seules les apparences comptent. Et que dire de cette mère volatile, à côté de la plaque qui méprise profondément sa fille, qui se réjouit de l’infidélité de son mari et qui préfère parler à ses plantes?

Aroon va alors se construire une vie, s’inventer des amours et un avenir. Sa candeur, ses espoirs m’ont profondément émue car au fond, le lecteur sait parfaitement qu’elle se leurre et qu’elle finira seule, comme ses parents l’ont décidé. C’est un personnage fragile qui va se révéler au fil des pages. Si son innocence et sa méconnaissance des choses de la vie peuvent faire sourire, elle n’apparaît pas moins comme une femme qui va gagner son indépendance et sa liberté.

A travers ce roman, Molly Keane dépeint le destin d’une famille sur le déclin: magnifique, magistral.


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Villette de Charlotte Brontë

  Villette de Charlotte Brontë,

  Publié aux éditions Archipoche,

  2013, 711 pages,

  Pour l’acheter: Villette

 

 

 

 

 

 

 

Lucy Snowe est engagée comme aide par Miss Marchmont, une vieille dame, en tant que dame de compagnie. À la mort de celle-ci, pleine d’attentes et d’espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l’internat pour jeunes filles de Mme Beck.
Dans cette école, un certain Dr John rend souvent visite à la coquette Ginevra, dont il est amoureux. Mais on apprend que le Dr John n’est autre que Graham Bretton, une ancienne connaissance de Lucy….

Villette est un beau pavé de 710 pages. Autant dire qu’il faut un peu de temps devant soi pour s’y plonger. J’ai donc mis plus d’une semaine pour en venir à bout. Si j’ai globalement apprécié ma lecture, il y a certains points du roman qui m’ont profondément dérangée.

Villette c’est d’abord l’histoire de Lucy Snowe, une jeune femme de 20 ans. Elle ne vient ni de l’aristocratie ni de la bourgeoisie. Orpheline et sans fortune, elle n’a d’autre choix que de travailler. Au début du roman, Lucy est dame de compagnie auprès d’une vieille femme. Si cet emploi ne lui convient pas forcément, elle fait contre mauvaise fortune bon cœur. A la mort de la vieille dame, Lucy décide de quitter l’Angleterre, son pays dans lequel elle n’a plus aucune attache.

Elle s’embarque pour la Belgique et débarque à Villette (ville imaginée par l’auteur). Alors que la tempête fait rage, Lucy se perd dans les rues inconnues et inquiétantes de la ville. Par hasard, elle sonne à une porte. Il s’agit d’un pensionnat de jeunes filles de bonne famille. Lucy est aussitôt engagée par la directrice Mme Beck comme gouvernante puis comme institutrice en anglais.

Charlotte Brontë a été influencée par les courants romantique et gothique. Elle fait de son personnage Lucy une héroïne perdue, sans le sous. J’ai apprécié le personnage de Lucy car sous ses airs de jeune fille naïve, elle cache en réalité un caractère fort et audacieux. Elle débarque dans un pays inconnu dont elle ne parle pas un mot. Doué d’une certaine intelligence, Lucy va apprendre seule la langue. Les filles du pensionnat vont lui mettre des bâtons dans les roues. Il faut lire la première scène dans laquelle elle donne son tout premier cours. Elle doit affronter une horde de jeunes filles prêtes à lui faire payer son étrangeté et sa différence et elle s’en sort avec brio!

Lucy sera perçue tout au long du roman comme une étrangère, comme celle qui est différente. Elle est anglaise et se comporte en anglaise. On lui reproche surtout d’être protestante donc hérétique. Tour à tour, les différents protagonistes essaieront de la convertir à leur religion, sans succès. C’est d’ailleurs dans ces pages que je me suis le plus ennuyée. En effet, l’auteur fait la part belle à la religion. Les grandes envolées lyriques de Lucy sont certes belles mais d’un ennui profond à ce sujet.

Au-delà de cette difficulté dans la lecture, j’ai apprécié le rythme du récit. On voit Lucy gravir tous les échelons du pensionnat. Elle passe de gouvernante à institutrice. Elle aura d’ailleurs un statut spécial par rapport aux autres professeurs. Charlotte Brontë dissèque les rouages de l’institution dans laquelle travaille Lucy avec un œil expert (rappelons qu’elle a elle-même exercé ce travail). Tous les coups sont permis et c’est souvent Lucy qui en fait les frais. Elle rappelle aussi qu’au 19ème siècle, une femme instruite, cultivée est souvent dénigrée et rangée dans la catégorie "non mariable". Lucy sera d’ailleurs traitée de "bas-bleu" à plusieurs reprises.

Au-delà de l’apprentissage de Lucy, l’auteur tisse une histoire d’amour qui en surprendra plus d’un tant elle paraît mal partie au départ. Les bals, les réceptions et les thés se succèdent et j’ai vraiment aimé me retrouver dans cette ambiance faite de conventions et de protocoles. Bien sûr, il y a des moments qui paraissent vraiment exagérés. L’auteur multiplie les scènes dites de reconnaissance dans lesquelles les personnages s’aperçoivent qu’ils se connaissent en réalité depuis très longtemps. C’est un peu grossier mais dans l’esprit romantique de l’époque.

Si certains passages extrêmement lyriques ou très tournés vers la religion m’ont ennuyée, j’ai cependant aimé suivre l’apprentissage de Lucy Snowe. Villette reste un roman complexe qui mérite qu’on s’y attarde.

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