Trois cartouches pour la Saint-Innocent de Michel Embareck

 

 

Trois cartouches pour la Saint-Innocent de Michel Embareck,

Publié aux éditions de L’Archipel,

2021, 216 pages.

Jeanne Moreau – rien à voir avec l’actrice – a tué son mari qui la maltraitait depuis des années. Trois balles dans le dos en guise d’épitaphe. Le soutien des réseaux sociaux et des associations de lutte contre les violences faites aux femmes lui a valu de n’effectuer qu’une partie de la peine à laquelle elle a été condamnée aux assises et de bénéficier d’une grâce accordée… le jour de la Saint-Innocent. Explorant un angle mort de l’affaire, un journaliste à la retraite décide de rouvrir le dossier. La septuagénaire – que certains proches surnomment « la Ravajou » – est-elle bien la victime que les médias se sont plu à dépeindre ?

Trois cartouche pour la Saint-Innocent est un roman qui oscille entre enquête et polar judiciaire. Franck Wagner est un journaliste, spécialiste des faits divers, à la retraite. Un peu livré à lui-même, il sillonne la France à bord de son camping-car, faisant quelques piges çà et là. Quand il croise le chemin d’une septuagénaire discrète, il est sûr de reconnaître en elle une ancienne gloire des faits divers. Il ne s’est pas trompé puisqu’il s’agit de Jeanne Moreau qui a tué son mari de trois balles dans le dos pour mettre fin à une vie de maltraitances. Graciée par le président, elle a refait sa vie loin du tapage des médias. Mais Wagner n’est pas convaincu par son alibi. Il rouvre l’enquête.

Ce roman n’est pas un polar ni un thriller. Je le classerai plutôt dans la catégorie de l’enquête judiciaire puisque Wagner va explorer un angle mort de l’affaire « Jeanne Moreau ». Interrogeant tour à tour anciens avocats, partie civile, famille, Wagner se rend compte que Jeanne Moreau cache de nombreux secrets et que sa condamnation est pleine de zones d’ombre. Il faut donc aimer ce genre de roman où l’on revient sur une enquête déjà bouclée et où on cherche la faille dans le dossier. Pour ma part, le roman a fait son job et si le suspens n’était pas à son comble, j’ai passé un bon moment de lecture.

Ce que je retiens surtout de ce roman c’est le style sans pareil de Michel Embareck qui développe une gouaille et un parler incroyables. On est au cœur de la ruralité française et j’ai adoré la manière dont il maniait la langue, un vrai délice qui m’a rappelé ma campagne profonde sans que cela soit péjoratif! Sa plume est authentique, sans concession. Alors on aime ou on n’aime pas mais ce style ne laisse pas indifférent.

S’inspirant d’un fait divers authentique, Michel Embareck dégomme politiques et médias dans un roman complètement politiquement incorrect!

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