Miniaturiste de Jessie Burton

Miniaturiste de Jessie Burton,

Publié aux éditions Folio,

2017, 506 pages.

Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa soeur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste.
Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

Nella, 18 ans, est mariée à Johannes, riche commerçant d’Amsterdam, beaucoup plus âgé qu’elle. C’est un mariage qui arrange les deux parties: la famille de Nella est criblée de dettes quant à Johannes, il est temps pour lui, à 40 ans, de prendre une épouse. Quand Nella arrive dans sa nouvelle et riche demeure, elle est accueillie par sa belle-sœur, très austère, Marin. Cornelia, la servante et Otto, le valet noir, viennent compléter le tableau. Où Nella a-t-elle mis les pieds? Quels secrets sont jalousement gardés dans cette maison respectable?

Miniaturiste est un roman qui prend son temps. Les cent premières pages m’ont parues longues. Je me suis demandée où l’autrice voulait en venir. Elle commence par nous dépeindre des personnages austères, froids. Nella n’est clairement pas la bienvenue dans cette maison. Et puis il y a ces miniatures qui sont livrées à Nella, au compte-goutte. D’abord un berceau, puis un petit chien, du mobilier, tous étant les répliques exactes des objets ou des meubles grandeur nature de la maison. Et puis le roman se fait plus noir jusqu’à une certaine révélation pour Nella et le lecteur qui précipite les choses.

A partir de là, j’ai été happée par le récit, ne pouvant quitter ma lecture. L’autrice nous plonge dans un monde de secrets, de non-dits. La vérité, terrible, aura des répercutions sanglantes. Dans ce XVIIème siècle, la religion tient un rôle prépondérant dans la société. Les commerçants d’Amsterdam s’enrichissent, vivent dans le luxe mais il faut dans le même temps montrer son dépouillement. A l’image de cette société hypocrite, Nella va devoir jouer sur les deux tableaux. La duplicité de Nella et des autres personnages n’est que le reflet d’un monde d’apparences.

Jessie Burton nous offre un véritable roman d’apprentissage dans lequel les personnages sont bien malmenés. La place des femmes, le racisme, sont autant de thèmes abordés avec précision et intelligence. Et il y a le secret des ces petites miniatures qui sont autant d’indices laissées au lecteur A mesure que le roman se fait plus noir, il est tout autant difficile de le lâcher!

« Miniaturiste » est un coup de cœur pour moi. C’est un roman d’une noirceur rare, un bijou ciselé par un style pur, sans défauts.

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