Denali de Patrice Gain

Denali de Patrice Gain,

Publié aux éditions Le Livre de Poche,

2021, 288 pages.

Dans les territoires immenses du Montana, Matt Weldon, adolescent livré à lui-même et maltraité par l’existence, tente de renouer avec ses origines. Il fouille le passé d’un père décédé dans l’ascension du mont Denali et d’une mère internée. II découvre au fil des jours une vie qu’il ne soupçonnait pas, partagé entre admiration et stupeur. Incontrôlable et dévasté, son grand frère Jack est habité par une rage qui le mettra en travers de sa quête et le conduira à commettre l’irréparable. Comme Matt, le lecteur est aux prises avec la rudesse du monde rural et autarcique qui habite cette aventure, ne trouvant du répit que dans les instants où l’osmose avec une nature grandiose devient salvatrice.

Matt vit avec sa grand-mère, dans un ranch au fin fond du Montana. Son père est mort lors de l’ascension du Mont Denali. Sa famille a alors volé en éclats. Sa mère est internée dans un asile psychiatrique, son grand frère Jack a fugué. Lorsque sa grand-mère meurt à son tour, Matt se retrouve seul avec pour ennemi ce qui rôde dans la nature…

Denali est un roman noir qui s’apparente au genre du Nature Writing. Le décor du roman a pour cadre un Montana sauvage et grandiose. Si Matt s’acclimate rapidement à sa vie d’orphelin, vivant de chasse et de pêche, il va vite se rendre compte que le danger ne vient pas forcément de cette nature qu’il chérit tant mais bien de l’Homme.

Patrice Gain fait de ce livre un roman initiatique. Matt, seul, va devoir lutter pour sa survie en devenant un homme plus vite que prévu. Certaines scènes sont assez violentes. Le fantôme de son père, disparu tragiquement vient tourmenter Matt qui s’efforcera de lever le voile sur cette mort mystérieuse. Son frère Jack agit comme un miroir déformant: le jeune fugueur va sombrer dans la drogue et la violence la plus infâme. Patrice Gain choisir de nous brosser deux portraits d’orphelins qui se répondent en écho: d’un côté Matt et la nature, de l’autre Jack et les paradis artificiels comme deux manière opposées de faire son deuil.

Matt va devoir faire des choix cruciaux et affronter la dure réalité de voir sa famille s’effondrer sans qu’il n’y puisse rien. J’ai vraiment aimé ce roman et mon seul regret est qu’il ne soit pas plus long car j’aurais aimé côtoyer Matt un peu plus longtemps. L’évocation de cette nature sauvage, parfois hostile, est parfaitement rendue. Matt va s’en accommoder et composer avec. Le constat est sans appel et bien amer pour Matt: c’est l’Homme qui est un loup pour l’Homme.

Avec « Denali », Patrice Gain signe un roman noir sublime, une ode vibrante à la nature.

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