L’Ivre cœur d’Anne Brobbel Dorsman

 

L’Ivre cœur de Anne Brobbel Dorsman,

Publié aux éditions de L’Armançon,

2016, 226 pages.

 

 

Huit années se sont écoulées depuis que Louise a été chassée par son père de leur maison familiale. Aujourd’hui, la main agrippée à celle d’Emma, son enfant, elle est de retour devant la porte de ce qui fut sa maison. De l’autre côté de cette porte, un père au bout de sa route, porteur de lourds secrets ; les fantômes de la guerre, le souvenir brûlant d’une passion sauvage vécue à une époque où la morale s’était égarée. Et les muets échos de ces actes qui résonnent jusqu’à aujourd’hui. Une porte que Louise n’ose ouvrir. Mais Emma se rit des portes et du passé, Emma est prête à libérer la vie avec la seule clé dont elle dispose : l’innocence.

L’ivre cœur est un roman qui m’a été offert. C’est donc sans presque aucune info (sauf la 4ème de couverture) que je me suis lancée dans ce livre. J’en ressors bien mitigée car j’aurais sincèrement voulu aimer ce roman. De nombreuses choses m’ont déplu.

L’ivre cœur s’ouvre sur une porte fermée! Louise, enceinte de son deuxième enfant, hésite à frapper à la porte de son père qui l’a mise à la rue il y a des années de cela. Accompagnée de sa fille Emma, elle franchit le pas. Les retrouvailles sont plutôt glaciales. Néanmoins grâce à Emma, le père de Louise, Albert, va reprendre goût à la vie, lui qui est sur le déclin et qui attend la mort. Cette première partie de l’intrigue met les choses en place, pose les personnages. Malheureusement, je l’ai trouvé beaucoup trop longue! La fille de Louise, Emma, a un rôle prépondérant et prend souvent la parole. L’auteur la fait donc parler comme une petite fille de six ans ce qui a eu le don de me taper sur le système! Je vous passe les « nanimaux » et autres niaiseries qui rendent le texte lourd! (Cœur de pierre, moi? Noooooooon.) Bref, je n’ai pas du tout été touchée par cet élan d’amour entre Emma et son grand-père.

Au bout d’une centaine de pages, la deuxième partie du roman débute et c’est elle qui mérite le plus d’attention. En effet, Louise retrouve dans un carton des cahiers ayant appartenu à son père. L’un est rempli de beaux dessins; l’autre d’échanges entre Albert, alors jeune homme, et une jeune allemande. En effet, le caractère taciturne d’Albert s’explique par le drame qu’il a vécu. Pendant la seconde guerre mondiale, Albert est fait prisonnier en Allemagne. Il aide alors une famille allemande aux travaux des champs. La vie n’est pas si mauvaise pour lui sauf que la fille de la famille fait partie des jeunesses hitlériennes….

Cette seconde partie est clairement la plus intéressante. On suit Albert, prisonnier sans vraiment l’être. A 25 ans, il est privé de sa femme Marie et de sa petite Louise. A la solitude et au manque d’amour, succède bientôt la vision d’un nouvel avenir au sein de cette famille allemande, qui au fond paraît bien aimable à Albert. Ainsi certains rapprochements ont lieu entre le personnage et la mère de famille et puis tout dérape…. La jeune fille de la famille qui hait Albert au plus haut point parce qu’il est français et ressemble à un « métèque » se prend de passion pour lui et vice-versa. L’auteur nous refait l’histoire à la sauce syndrome de Stockholm! C’est vraiment dommage car le texte perd en crédibilité et la fin du roman apparaît bien niaise. Je n’y ai pas cru du tout.

Enfin, j’ai peu apprécié l’écriture de la romancière. Je sais qu’il est difficile d’écrire et je loue l’effort qui a été fait mais ça m’a pas collé avec mes attentes. Le style est bien trop lourd. L’auteur place des jeux de mots un peu partout (le titre en est un bon exemple d’ailleurs) et explique certaines scènes symboliques qui n’auraient besoin d’aucun commentaire car elles se suffisent à elles-mêmes. A trop vouloir en faire, elle a dénaturé son texte et l’a rendu indigeste (même si là j’exagère).  J’ai aussi peu apprécié la manière dont l’histoire entre Albert et l’Allemande était racontée. Ce sont des extraits de journaux qui se succèdent, l’un en italique, l’autre pas, précédé de la mention « elle » ou « lui » au cas où on n’aurait pas pigé qui parlait! Bref, là encore tout est trop balisé et trop lourd pour la lectrice que je suis. Je vous passe la fin en mode « happy end »!

En résumé, L’Ivre cœur est un roman qui m’a déçu. J’ai aimé l’intrigue de fond même si elle apparaît parfois exagérée et absurde mais la manière dont l’auteur s’y est pris pour raconter son histoire ne m’a pas plu. Les bons sentiments ne sont pas ma tasse de thé, que voulez-vous!

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