Le Goût du bonheur, Tome 1: Gabrielle de Marie Laberge

 

 

Le Goût du bonheur, Tome 1: Gabrielle de Marie Laberge,

Publié aux éditions Pocket,

2009, 877 pages.

 

Réunis dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. La crise des années trente les a épargnés.
Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante.
Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire a encore plus de liberté, prête à la révolte. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l’Irlandais Nic McNally.
Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du coeur, des menaces, des trahisons, la maladie.
Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l’énergie vitale des Miller.

Le Goût du bonheur est une de ces sagas familiales qu’il est vraiment difficile de lâcher. Malgré l’épaisseur de la brique (877 pages pour être exacte), je n’ai pas vu défiler le temps et j’ai dévoré ce premier tome à vitesse grand V. Repéré sur le blog de Margaud Liseuse, j’ai vite succombé au charme de cette famille québécoise!

Le goût du bonheur nous plonge dans les années 30, au Québec. On va suivre dans ce roman la famille Miller. Ce premier tome est centré sur la mère de famille Gabrielle, exceptionnelle à tous points de vue. Mère de cinq enfants, Gabrielle est une belle femme, désirable et désirée par son mari franco-irlandais, Edward. La première surprise du roman vient de ce couple fusionnel, amoureux, passionnel. Ce n’est peut-être pas évident mais à l’époque, les mariages sont souvent arrangés et les filles se marient avant tout pour se caser, poussées par leurs parent qui souhaitent se débarrasser d’elles passé un certain âge. Mais Gabrielle a fait un mariage d’amour. Elle a désobéi à son père et s’est mariée avec Edward. Aussi son couple est heureux dans la vie de tous les jours. Il émane d’eux une complicité rayonnante qui ne disparaît pas malgré les grossesses et l’âge. C’est important de resituer les faits selon moi car le roman va principalement tourner autour de la place de la femme dans la société, son désir d’émancipation et de liberté.

Forte de ces principes, Gabrielle élève ses enfants avec bienveillance et amour. Ils ont le le droit de donner leur avis, de parler à table et les gestes tendres parents/enfants sont quotidiens. Là encore, Gabrielle dénote complètement dans un monde où les enfants ne sont pas considérés et où ils doivent obéissance aveugle à leurs parents. A travers la vie de Gabrielle, le lecteur va donc voir grandir les enfants à commencer par Adélaïde, l’aînée des filles, au caractère déjà bien affirmé pour son jeune âge. Gabrielle est un personnage complexe. Certes, elle cherche à s’émanciper (et son mari Edward la pousse dans ce sens) mais ce n’est pas un personnage de rebelle qui envoie tout valser. Marie Laberge écrit son intrigue avec réalisme. Gabrielle porte sur elle le poids d’un héritage patriarcale mais aussi religieux. Elle est toujours prise entre son envie de se libérer du joug des hommes et la réalité de son combat. Elle va prendre conscience qu’elle a ses propres armes et que chaque chose vient en son temps.

Derrière l’histoire de cette famille, l’auteur en profite aussi pour nous raconter le Québec des années 30: le krach de 29 et ses conséquences, la misère des femmes et des enfants livrés à eux-mêmes dans la rue, la maladie mais aussi la sexualité bridée, contrôlée par les hommes, le poids de la religion et des apparences. Que de chemin parcouru et qu’il semble loin le temps où il fallait épouser l’homme choisi par ses parents!

Les personnages plus secondaires ne sont pas négligés par l’auteur, bien au contraire! Isabelle, la nièce, jeune fille mal aimée de sa vraie mère qui trouvera en Gabrielle une mère de substitution; Florent, le protégé d’Adélaïde, surdoué; Nic, amoureux fou d’une chimère; Edward, le mari de Gabrielle passionné et ouvert d’esprit….

Cet article, j’en ai conscience, ne rend pas justice à la beauté et à la densité du roman. Marie Laberge nous projette au cœur d’une famille où il fait bon vivre et s’épanouir. J’aimerais encore vous parler des étés sur l’île si merveilleux, d’Adélaïde qui s’épanouit et prend plus d’espace au fil des pages, de l’imminence de la seconde guerre mondiale qui rend encore plus haletant ce roman….Les quinze années sur lesquelles s’étend ce premier tome m’auront arraché bien des larmes. Un seul mot d’ordre: lisez-le!

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6 réflexions sur “Le Goût du bonheur, Tome 1: Gabrielle de Marie Laberge

  1. Moi aussi j’ai découvert ce roman via la chaîne de Margaud Liseuse et j’avais très envie de lire d’autres avis sur cette saga familiale. Ton avis me donne encore plus envie de le découvrir ! Pourtant, je ne suis pas forcément fan de ce genre de livres à la base … ou plutôt, je ne prends pas le temps d’en lire. En tous cas celui là va rejoindre ma wish list 😀

  2. Pingback: Bilan Lectures Juin | Carolivre

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