Récits du Demi-Loup, Tome 3: Mers brumeuses de Chloé Chevalier

 

 

Récits du Demi-Loup, Tome 3: Mers brumeuses de Chloé Chevalier,

Publié aux Moutons électriques,

2017, 364 pages.

 

 

Crassu est un adolescent sourd. De Véridienne à Mercan, des côtes des Mers brumeuses aux Eponas en passant par la citadelle de Nül-Noch, le jeune homme découvre les intrigues de la cour. Dans l’Empire, Adelmor est parvenu à retourner la situation en sa faveur.

Les éditions Les Moutons électriques ont eu la gentillesse de m’envoyer le tome 3 des Récits du Demi-Loup. J’avais adoré le premier tome en découvrant la plume aguerrie de Chloé Chevalier. Le tome 2 avait confirmé le talent de l’auteur. Ce tome 3 emmène le lecteur un peu plus loin et prend des allures de Game of Thrones tant l’action politique et l’intrigue de cour se resserrent sur les protagonistes.

Cette chronique se fera en deux parties, la seconde dévoilant un morceau de l’intrigue.

Tout d’abord, la plume de Chloé Chevalier est toujours aussi belle, aussi travaillée. J’aime particulièrement l’univers qu’elle développe à travers un monde où chaque peuple possède son propre univers, son parler, ses habitudes. Le deuxième tome nous avait fait découvrir les plaines jaunes. Ici, nous passons beaucoup de temps aux Eponas du côté de l’armée des Chats ainsi qu’à Véridienne. C’est assez étonnant comment les mots, la langue de Chloé Chevalier permettent de faire résonner les ambiances. Ainsi, j’ai ressenti le froid, la brume, l’humidité de ces contrées comme si j’y étais. Nous découvrons aussi la forteresse abandonnée de Nül-Noch dans laquelle l’art des baladins et des troubadours trouve un point de chute bienvenu. 

Dans ce troisième tome, les choses se corsent et l’intrigue politique fomentée par Cathelle et Aldemor bat son plein. A la manière d’un jeu d’échecs, l’auteur concentre son talent dans une intrigue politique complexe. On ne sait plus vraiment qui tire les ficelles mais comme le conclut Cathelle à la fin du roman: « La monture s’est emballée, il faut la laisser nous emporter jusqu’à l’essoufflement de sa course ». Les dés sont jetés. Aucun personnage ne peut revenir en arrière et le piège semble se refermer sur Malvane et Calvina. A ces tensions politiques, l’auteur apporte des tensions sociales. Les femmes en rouge de Nersès réquisitionnent les vivres dans les villages au nom de Véridienne; la Preste mort fait des ravages; la guerre civile menace de plus en plus entre Eponas et Véridienne. Chloé Chevalier nous offre ici un vrai morceau de bravoure. Pas facile de concilier une intrigue politique complexe et solide avec une intrigue plus « personnelle » où les rancœurs de chacun dominent.

Du coté des personnages, ça bouge pas mal aussi. Attention, cette partie risque de vous dévoiler certaines choses si vous n’avez pas lu les tomes précédents. D’abord, le roman débute par l’arrivée de Crassu, fils sourd, adoptif de Nersès. C’est assez étonnant car j’avais considéré que ce personnage était plutôt secondaire dans les autres tomes. Ici, Crassu prend toute sa place et il devient évident que son futur potentiel d’héritier de Véridienne le place au cœur de l’intrigue. Crassu est peut-être l’un des personnages les plus attachants du récit. Il a dû surmonter sa surdité pour s’intégrer à la cour. Il est régulièrement l’objet de moquerie. A travers ce troisième tome, Crassu renonce à son enfance pour devenir un homme. Envoyé aux Eponas pour espionner Calvina, c’est là-bas qu’il se plaira le plus et qu’il trouvera enfin un peu de considération. Ce troisième tome fait office de roman d’apprentissage pour lui.

Enfin du côté de l’intrigue politique, les choses évoluent vite. Si j’ai été un peu perdue au début de ma lecture (le temps de remettre les choses en place), j’ai vite compris que Cathelle et Aldemor risquent fort d’être dépassés par leur soif de vengeance. La guerre civile menace mais bien plus grave encore, l’Empire de l’Est semble vouloir s’étendre de plus en plus tandis que la révolte des Comtes gronde en arrière-plan. Bref, l’ensemble est cohérent, diaboliquement complexe et Chloé Chevalier termine son récit en laissant de nombreuses questions en suspens.

Avec Mers Brumeuses, Chloé Chevalier montre que sa saga ne s’essouffle pas. Bien au contraire, elle prend de l’ampleur. Ce troisième tome est remarquable par la justesse de son intrigue et la manière dont les personnages sont dépeints. Outre, la beauté du texte, on peut saluer également le travail accompli sur la couverture et la carte intérieure effectués par Melchior Ascaride. J’ai hâte de découvrir la suite….

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3 réflexions sur “Récits du Demi-Loup, Tome 3: Mers brumeuses de Chloé Chevalier

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